“Où sont les pères ?” se demande la société.
“Où sont les pères catholiques ?”, pouvons-nous demander de plus en plus souvent.
Un mariage sur 2 finit par un divorce, en France. Mais chez les cathos ? Ou même : chez les tradis ?
Pas de statistiques disponibles. Assez rarement… mais cela arrive.
Et, quand cela arrive, c’est souvent très conflictuel.
Analysons les raisons de ce conflit, et ses conséquences.
DEPART DES FEMMES EN GENERAL : « MON CHOIX, MA VIE, ETC. »
75% des divorces sont initiés par les épouses, en France.
Pour les cathos, pas de statistiques ici non plus, mais la tendance semble la même.
La différence fondamentale est ailleurs. Pour des femmes non-cathos, inutile de justifier le départ : c’est leur « liberté », la famille n’est pas un absolu.
DEPART DES FEMMES CATHOS : « IL EST VIOLENT »
Pour beaucoup de femmes cathos, c’est radicalement différent. La famille est la cellule de base de la société. Pour partir et faire exploser la famille, il faut une raison présentable aux proches, à la paroisse, à l’école, etc. La raison invoquée est souvent celle-ci : le père serait violent. Violent envers la mère (qui est témoin de l’intimité conjugale ?), violent avec les enfants (quel père n’a jamais donné une fessée ou crié sur les enfants ?). Autre vocabulaire commun : manipulateur, pervers, etc.
Dans certains cas, le fait est vrai, avec témoignages directs, par des personnes de confiance, dont des prêtres solides, des médecins honnêtes.
Dans d’autres cas, c’est « parole de la mère contre parole du père ». Dans le contexte des #MeToo, la société est toute prête à appuyer la mère, les juges aussi. Pour certains avocats et juges gauchistes, il y a même le plaisir de participer à la destruction d’une famille catho…
Parfois, la raison est justifiée ex post : la décision de partir est prise, et l’épouse provoque l’époux. Dans plusieurs cas par exemple, l’épouse est partie avec les enfants. Le père cherche l’aide de la force publique pour voir ses enfants, cela lui est refusé, il s’énerve… et finit en garde-à-vue. Ou bien le père écrit moult messages à la mère… qui porte plainte contre lui pour harcèlement.
Il ne s’agit pas de justifier ici un comportement du père : tout ce qui est délictueux est à proscrire, encore plus s’il s’agit de menaces contre la mère, de coups, etc.
Il faut donc conserver calme et patience.
Mais… force est de constater que calme et patience conduisent aussi au piège suivant… Aucune solution ne semble alors exister, la mécanique est inarrêtable…
LE CHANTAGE DES ENFANTS OTAGES
Souvent, constatons-nous, la mère quitte le foyer, avec les enfants. Elle va « se réfugier », loin du mari « violent », en « protégeant aussi les enfants ».
Quand cela est vrai, quand il y a eu factuellement violence, c’est légitime.
Mais quand cela est faux ?
Cela peut durer des mois, avant qu’une procédure JAF (juge aux affaires familiales) n’arrive. Pendant cette période, légalement, la mère est dans son droit : rien ne lui interdit d’emmener et cacher les enfants. Le père pourrait théoriquement faire la même chose, mais en pratique cela n’existe pas (hormis quand il s’agit d’un étranger qui repart dans son pays avec les enfants ? autre cas ?).
Pendant ce temps, les enfants n’entendent que la version de leur mère.
Mécaniquement, cette version ne peut que se renforcer dans leur esprit, consciemment ou non. La mère ne fréquente plus que ceux qui adhèrent à son discours. Le temps joue pour elle. L’enfant condamne son père, soit parce qu’il l’imagine trop faible pour arriver à organiser une sortie de crise, soit parce qu’il pense que le père l’a abandonné. Un père faible ou lâcheur, dans tous les cas c’est un père dégradé dans l’œil de l’enfant.
L’ENFANT LUI-MEME NE VEUT PLUS SON PERE
Rapidement, l’enfant prend donc lui-même à son compte le narratif maternel.
C’est d’ailleurs une question de survie pour lui : comment pourrait-il vivre dans un contexte où tout le monde lui fait sentir la nocivité de son père ? Une sorte de syndrome de Stockholm.
Ainsi, quand le JAF finit par octroyer un droit de visite au père, il est souvent trop tard. L’enfant ne veut pas. Le JAF peut alors essayer de mettre en place une rencontre « médiatisée » (avec un médiateur). Cela fonctionne parfois. Mais, bien souvent, cela produit l’effet inverse. Cette mesure semble confirmer la dangerosité du père : certes la justice lui dit de voir son père, mais en même temps cette justice lui dit subtilement « ne t’inquiète pas, nous sommes présents pour te protéger ». « Pour me protéger ? Cela prouve que Papa est vraiment violent, comme le dit Maman depuis le début ! Au secours, je ne veux plus jamais voir mon père ! »
CONSEQUENCE PARTICULIERE : RUPTURE DU LIEN ENFANTS-PERE
Notre société se plaint régulièrement de l’« absence des pères », provoquant l’impossibilité de construire des enfants équilibrés et des adultes responsables.
Certes.
Mais la société favorise cette absence des pères, avec « les juges et les lois » qui favorisent la mère (cf la belle chanson de Balavoine « Mon fils, ma bataille »).
Plus encore, dans le milieu catho, comme vu ci-dessus, la seule raison acceptable est l’accusation de violences. Cette accusation est donc souvent considérée comme nécessaire pour la mère qui veut partir.
Il faut mentionner aussi la prudence (lâcheté ?) de chacun d’entre nous, quand nous constatons une telle situation dans notre entourage. Même les prêtres sont très frileux à entrer dans ces questions. Chacun se réfugie faussement derrière l’impossibilité d’aider le couple, alors qu’en réalité il s’agit uniquement d’essayer de préserver le lien enfants-père. La confusion entre la relation de couple et la relation enfants-père permet souvent toutes les excuses et toutes les lâchetés.
Comme dans la parabole du Bon Samaritain, le sort du père « à terre, bafoué, nié, souffrant » nous fait tourner la tête et poursuivre notre chemin…
Notre lâcheté trouve son ultime excuse dans le long terme. Si, à la fin, les enfants finissent par renouer avec leur père, c’est que « tout est bien qui finit bien ». Si le lien est définitivement coupé, c’est qu’il y avait des raisons… Nous jugeons après coup, et dans les deux cas nous sommes rassurés…
CONSEQUENCE GENERALE : DESTRUCTION DE LA VOLONTE D’ETRE PERE
Quand tout se passe mal, le résultat est simple : une relation enfants-père détruite, et un père condamné à payer des pensions alimentaires sans jamais voir les enfants.
Dans la société en général, tout le monde connait de tels cas. Cela ne donne pas envie de s’engager dans la paternité… C’est une des raisons de la dénatalité de notre peuple.
Dans le milieu catho, cela arrive moins souvent, tant mieux. Mais, lorsque cela arrive, les dégâts sont multipliés. Notre attachement légitime à la famille et aux rôles complémentaires des 2 parents est bafoué. Notre admiration du rôle héroïque des mères se fissure : celle qui semblait si solide, voilà comment cela se termine ? En qui puis-je mettre ma confiance, pour fonder un foyer ?
Plus les cas sont nombreux, plus le doute s’installe. Celle que j’épouse aujourd’hui, m’abandonnera-t-elle dans 15 ans, avec le sort que connaît Oncle Albert ?
LA DEMISSION TOTALE DES EVEQUES
Dans ce domaine comme dans tant d’autres, les évêques ne font pas leur travail.
Le code de droit canon (1152 et 1153) leur donne l’obligation de juger les séparations. En pratique, ils n’ont organisé que le « divorce catho », autrement dit la déclaration de nullité.
Si vous avez connaissance de cas tels que décrits ci-dessus, vous pouvez écrire à [email protected] , nous essayerons de les aider.
Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, [email protected]
(en étant conscient de n’évoquer ici que les cas où la mère quitte le foyer ; nous étudierons prochainement les cas où c’est le père qui quitte le foyer)
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Montalte
Bizarre, pas un mot sur l’adultère du mari qui bafoue sa femme. Et Dieu sait que j’en connais. Des adultères de femmes aussi mais, statistiquement, il y en a nettement moins et je n’en connais pas chez des cathos pratiquantes.
MomoLAR
Effectivement, je connais un père dans ce cas. Tout le monde peut voir ses enfants, tout le monde peut leur parler… sauf lui… Et ce, depuis des années. Nos paroisses devraient se mobiliser dès que ça part en vrille du côté des enfants-otages. Pauvres gamins…
laurencerenardth
Votre analyse est intéressante, seulement elle ne prend en compte que certains aspects, notamment sur la responsabilité de la femme dans la décision de divorcer. J’ai dans mon entourage deux témoignages où le mari était de manière assez soutenue sur les sites pornos et sans le moindre remords (bien que catho). Imaginez la position de l’épouse dans ces cas là… Je pense que c’est un aspect trop souvent négligé et tu dans la décision… et en règle générale c’est un sujet assez peu évoqué
CHARLES37
Chère Madame. Votre propos illustre parfaitement le sujet. Vous évoquez le cas d’un mari indigne. La question est : dans ce cas, avec un mari indigne, les enfants doivent-ils être privés de père, à l’aide d’accusations mensongères, et de manoeuvres de “prises d’otages” ?
julaurdine
Une femme souvent bizarrement laissée seule, ou même à la maison derrière des portes fermées et ces messieurs derrière pour affaires, qu’il ne faut pas déranger … et qui découvre que son « mari » la «trompe » avec des « hommes » de ses amis, entre autres, notaires, dentistes, le livreur, des «hommes» si bien … et … le parrain de … de son fils ! …
Devant Dieu, cette femme n’a qu’un devoir, pour se sauver elle même et ses enfants, c’est de quitter la « maison familiale », fuir avec eux cette ambiance abominable, qui salie tout, ce « père », et ces «hommes» monstrueux, pour la plus-part aussi mariés ! indignes et répugnants.
Sophie
filo
On peut aussi évoquer les divorces (cathos mais pas seulement) à l’amiable ie avec garde alternée et qui se passent bien; puis cassure au bout de 15 ans (enfants devenus majeurs) du fait de la mère!!
Que faire dans un pareil cas? Agiter le chiffon rouge de la déchéance d’être bénéficiaire d’une assurance vie pour les enfants? Tenter une médiation pour que le père (devenu grand’père) puisse voir sa petite fille voire intenter une action en justice (tant que la petite est mineure)?
Oui les mères savent bien être aussi sauvages que certains pères.
CHARLES37
Il y a l’aspect légal : “Article 371-4 « L’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants.” Cela peut d’ailleurs aider un père à voir ses enfants, grâce à une procédure faite par les grands-parents.
Mais ensuite il y a l’aspect relationnel : pour un enfant, c’est difficile d’être obligé d’aller voir Papy, surtout si tout le monde à la maison pense que Papy est méchant. Ou alors il faut commencer quand l’enfant est petit, avant qu’il ne soit formaté.