D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
Lorsqu’on parle de la manière dont un musicien d’église doit se comporter, on évoque le respect qu’il doit, à juste titre, à la liturgie, aux prêtres et à l’ensemble du peuple de Dieu. Pourtant, on ne parle pas avec autant de ferveur du respect qui lui est dû à lui aussi. Musicien d’église depuis plus de quarante ans, ayant vécu les expériences les plus diverses, il me semble opportun de dire quelques mots à ce sujet.
Si un musicien d’église commet une erreur, il va de soi qu’il doit être repris. Mais s’il accomplit correctement sa mission, la dignité de sa fonction doit être préservée. Les véritables musiciens d’église sont ceux qui ont étudié pendant des années afin d’assurer leur service, qu’ils possèdent ou non un diplôme. Ils doivent être traités avec le respect qui leur est dû, lequel se manifeste notamment à travers certaines attitudes essentielles de la part de leur supérieur direct.
Tout d’abord, ils doivent être rémunérés équitablement pour leur service, qui exige des années d’études, de sacrifices et de renoncements. Le fait de disposer d’un pouvoir économique sur un musicien ne doit pas amener un supérieur à se croire autorisé à l’exploiter, sous prétexte qu’il ferait n’importe quoi pour conserver son poste et la rémunération qui l’accompagne. Celui qui agit ainsi révèle sa petitesse d’esprit. Lorsqu’un musicien est compétent et bien préparé, il apporte une qualité artistique considérable à la célébration, et il ne faut jamais l’oublier.
Ensuite, sa dignité professionnelle doit être sauvegardée. Lorsque des questions relatives à la musique se posent, il convient de l’écouter et de le consulter, et non de le mettre à l’écart comme s’il était une présence inutile. Le supérieur peut certes prendre une décision différente de celle que préconise le musicien, mais l’avis de ce dernier doit néanmoins être respecté.
Le musicien doit être défendu, parfois même contre d’autres musiciens, car la jalousie et la mesquinerie existent partout. Il ne faut pas le placer dans une situation où il se sentirait constamment sous la pression des autres, car la sensibilité particulièrement vive qui caractérise souvent les musiciens peut engendrer des situations de grande tension émotionnelle. Il ne faut pas chercher, même avec de bonnes intentions, à opposer deux musiciens l’un à l’autre : rien de bon ne peut en résulter. Bien souvent, c’est le musicien lui-même qui décide avec qui il souhaite collaborer, dans l’intérêt du service qui lui a été confié.
Malheureusement, même parmi les musiciens, il existe des personnes mesquines et humainement misérables, qui dénigrent le travail des autres afin d’obtenir, par ce moyen, ce qu’elles ne parviennent pas à obtenir autrement. Il ne faut pas favoriser de telles personnes, dont le comportement n’a rien de chrétien.
Un musicien qui se sent respecté peut transformer profondément les célébrations, en les enrichissant au bénéfice de tous. Celui qui ne se sent pas respecté risque, au contraire, de nourrir une frustration qui le rend méfiant et le prive de toute motivation.
À vous de choisir…
