Les catholiques en Inde continuent de subir les effets discriminatoires des « lois anti-conversion » récemment promulguées.
Dans l’État du Rajasthan, en Inde, neuf catholiques se sont vu refuser la libération sous caution pour la deuxième fois après avoir passé plusieurs semaines en prison pour avoir empêché des manifestants d’interrompre une messe début mai.
Lors de cet événement, une foule a pris d’assaut une église catholique de la région, accusant les fidèles de tenter de « convertir » la population locale.
Mgr Devprasad John Ganawa d’Udaipur a souligné :
« Nous sommes consternés de voir que nos fidèles se sont vu refuser la libération sous caution une deuxième fois aujourd’hui, sur la base de fausses allégations de conversion ». « Lorsque des hooligans ont perturbé la messe le 1er mai en criant « conversion », nos fidèles les ont chassés. Au lieu de porter plainte contre les intrus, la police a inculpé nos fidèles de « prosélytisme et tentative de meurtre » et a arrêté neuf catholiques de la paroisse de Bandaria. »
Ces accusations ont profondément choqué le père Arvind Amliyar, le prêtre officiant au moment des faits.
« Pendant la communion, une douzaine de personnes ont fait irruption dans l’église en criant “conversion” et ont commencé à filmer ». « Quand l’un d’eux a sorti un couteau, nos fidèles le lui ont arraché et les ont chassés. » « La police est arrivée peu après et ce qui s’est passé ensuite m’a choqué. Au lieu de chercher à comprendre ce qui s’était passé, ils ont arrêté quatre catholiques la même nuit. »
Sous la pression d’une importante foule hindoue, la police a arrêté cinq autres catholiques au cours de la même nuit.
Ce refus de libération sous caution intervient dans un contexte de nouvelles lois en Inde visant à décourager les conversions religieuses, lois qui, selon beaucoup, servent à emprisonner indistinctement les catholiques.
En mars, des projets de loi ont été adoptés dans les États indiens du Maharashtra et du Chhattisgarh afin de mettre fin aux conversions prétendument « forcées » par des responsables de l’Église. Ces textes, cependant, sont perçus comme manquant de neutralité par les dirigeants catholiques. Les évêques catholiques ont déclaré que les nouveaux projets de loi risquaient de promouvoir « la suspicion, la division et l’injustice ».
« La loi semble toucher de manière disproportionnée les communautés minoritaires, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à son intention et à sa mise en œuvre ».
