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Tribune libre

Euthanasie : proposition de lettre pour envoi aux députés

Euthanasie : proposition de lettre pour envoi aux députés

Madame, Monsieur,
Alors que le gouvernement fait le choix d’accélérer le calendrier parlementaire relatif à l’euthanasie, je me permets en tant qu’homme et citoyen français de vous faire part de ma profonde préoccupation à l’approche de ce vote.

J’ai un profond respect des hommes et des femmes élus dans les instances représentatives du peuple français et mes propos sont dénués de toute antipathie ou animosité. Vous comprendrez cependant qu’au regard de la gravité des enjeux des prochains scrutins relatifs à l’euthanasie, je vous fasse part de mes craintes et de mes convictions avec des mots tout à la fois simples et dénués de fioriture.

S’agissant en effet d’administrer la mort à des êtres humains, ce vote interpelle avec force la conscience de chaque homme et de chaque femme au-delà toute appartenance politique, convenance, peur de déplaire ou de cliver, ou encore mot d’ordre de tout courant de pensée.

Au terme de cette loi, supprimer la vie d’un être humain avec l’intention de la supprimer (définition juridique de l’assassinat) relèverait de l’acte licite dès lors que la personne concernée en aurait exprimé le désir ou aurait à tout le moins manifesté son consentement.

Qui ne voit que les mots de ce dispositif législatif ne sont destinés qu’à travestir la réalité matérielle la plus immédiate sous l’habillage faussement compassionnel d’une détresse physique ou psychologique due à l’âge, ou au désir passager d’en finir avec la vie terrestre.

Ne nous y trompons pas, on ne se joue pas de Dieu ! Et nier son existence pour légitimer un choix aussi rédhibitoire ne sert à rien d’autre qu’à tenter de justifier une forme de renoncement volontaire à l’exercice de la raison, fut-elle scientifique.

Quand bien même les discours lénifiants des matérialistes athées sembleraient de nature à justifier un vote en faveur de l’euthanasie, la gravité et la radicalité de l’enjeu vaut bien en de telles circonstances de se souvenir du pari de Pascal. Si Dieu existe, il y a tout à gagner à voter contre ce texte et rien à perdre s’il n’existait pas.

Car ne pas se jouer de Dieu signifie qu’en cas d’adoption de ce texte, chaque parlementaire ayant déposé un suffrage en faveur de l’euthanasie – dès lors qu’il avait le choix de voter contre son adoption – porterait devant Dieu une part de responsabilité dans chaque acte d’euthanasie pratiqué en France aussi longtemps que ce texte demeurerait applicable.

Certes la miséricorde de Dieu est infinie, mais encore faut-il la désirer, et pour cela faire la démarche spirituelle de l’implorer. Il fait nuit noire en enfer, pour l’éternité !
Comment puis-je prétendre sérieusement – fut-ce un instant – que l’éternité céleste n’existe pas ?
Comment imaginer – fut-ce un instant – que mon esprit ne soit pas éternel ?

Permettez-moi de conclure en citant l’Encyclique Evangelium vitae du Pape Jean-Paul II et le Catéchisme de l’Eglise Catholique :

“En communion avec les Évêques de l’Église catholique, je confirme que l’euthanasie est une grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d’une personne humaine.” (Pape Jean-Paul II, Encyclique Evangelium vitae).

“L’euthanasie volontaire, quels qu’en soient les formes et les motifs, constitue un meurtre. Elle est gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur.” (Catéchisme de l’Église catholique -2324).

En vous remerciant vivement de l’attention que vous avez bien voulu accorder à mon message, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mon profond respect.

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1 commentaire

  1. Je suis entièrement d’accord avec le contenu de ce message.
    Néanmoins, l’envoyer à des députés non-chrétiens serait à mon sens extrêmement contre-productif. En effet, la plupart des arguments avancés sont de nature purement confessionnelle alors qu’il en existe beaucoup d’autres, seulement inspirés par la raison, le bon sens et la compassion, qui seraient beaucoup plus susceptibles de toucher des élus non-croyants.
    Le risque en envoyant cette lettre est de provoquer la réaction classique: “Ah, oui, évidemment, les Cathos sont contre, et comme ils ne sont pas nombreux, on s’en fiche!”

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