Cette photo d’illustration prise à Vanves devant le lycée François Villon (le pauvre…) dit tout de l’absurdité si symptomatique de la « mobilisation lycéenne ».
Depuis des décennies, la République française fait tout pour soustraire les enfants à l’autorité légitime des familles : collège unique, scolarisation légale à trois ans (il y a peu, l’inénarrable Bruno Le Maire, appelait à une scolarisation obligatoire dès un an), limitation drastique de l’instruction en famille, prétentions éducative et catéchisation (« valeurs républicaines », conscience écologique, inclusion, éducation sexuelle…). La démagogie et l’idéologie tiennent lieu d’enseignement. Revendiquant la liberté, l’égalité, la fraternité, l’éducation nationale ne cesse d’engendrer des iniquités. La Révolution française et la Libération sont les deux seules racines sur lesquelles les enseignants entendent faire pousser l’intelligence des enfants qui leurs sont confiés. L’autorité, toujours suspecte, est presque partout meurtrie par le tutoiement et l’avachissement des maîtres…
Occupés depuis leur plus jeune âge des heures durant dans des locaux sans âme et promis à un avenir noir fait de fonte des glaces et de canicule, de prédation capitaliste et de péril fasciste, avalés par la machine administrative et logicielle, voués à des emplois prétentieux ou futiles, menacés par « l’intelligence » artificielle, les lycéens manipulés par l’extrême gauche se plaignent de l’inanité de leur condition. On ne leur a rien appris d’autre que le mépris, la revendication, la consommation, la liberté conditionnée et collective… On ne leur a rien promis d’autre que la contraception gratuite, la climatisation et la retraite à soixante ans…
Alors quelle surprise que des lycéens finissent par brûler le décor de ce piteux théâtre, tirer les cheveux des professeurs, jeter des pavés sur la police ?
Certains thuriféraires de « l’ordre Républicain » prétendent maintenant faire payer les familles pour les dégradations de ces adolescents tatoués, casquettés, dégingandés, révoltés, quelle blague ! La République a tout fait pour qu’il n’y ait plus de famille. La « libération » des femmes par le salariat a cloué le couvercle du cercueil sur la famille française déjà gravement meurtrie par la Révolution de 1789 et les idées des Lumières. Il n’y a plus de famille : des crèches, des nounous, des tickets restaurants, des parents isolés et des familles recomposées en tiennent lieu. Ce ne sont pas les ersatz de familles qui doivent payer ; ce sont les Sarkozy, les Hollande, les Macron et tous leurs ministres et tous leurs conseillers et les parlementaires qui ont voté les lois et les journalistes qui leur ont servi la soupe qui doivent payer les voitures incendiées et les magasins pillés.
Nous ne sommes ni du côté du ministère de l’éducation, ni du côté des lycéens émeutiers, ni du côté des CRS, ni du côté des ultra-urbains apeurés par les abris-bus éventrés et leurs publicités de lingerie déchirées.
Nous sommes du côté de la jeunesse qui a soif d’exigence et de beauté, de transcendance et d’amour. Nous sommes du côté de la liberté d’enseignement. Nous sommes du côté des maîtres qui transmettent les savoirs de notre civilisation. Nous sommes du côté des familles premières éducatrices. Nous sommes du côté du pape qui appelle cette jeunesse à la sainteté.
« La jeunesse n’est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l’héroïsme » disait Claudel.
Cyril Farret d’Astiès
