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Pays : Liban

Il pleut des bombes sur le Liban, dès demain des roses ?

Il pleut des bombes sur le Liban, dès demain des roses ?

De notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur de Arthur, le petit prince du Liban

Il n’y a pas un jour d’accalmie, pas une minute, pas une seconde. Les drones, eux, survolent sans cesse le ciel bleu du Levant si angélique et si pur. En un instant, il est devenu un ciel de nuages, d’orages, de tempêtes et de ténébres. Un ciel de violence, une terre de cendre.

Ici, c’est encore l’hiver. Les sommets enneigés du mont Liban et de l’Anti-Liban, cette chaîne de montagne qui sert de frontière naturelle avec la Syrie, ressemblent à des collines de lait. Les réfugiés, plus d’un million maintenant, sont éparpillés tels des chapelets de prières tout du long de la route principale qui longe la côte beyroutine. De l’autre côté, la Méditerranée.

Netanyahou, sous prétexte de combattre le Hezbollah, les a bombardés. Oui, il a bombardé des réfugiés, des familles entières ! Les crimes de guerre s’accumulent au-dessus de la tête d’un “homme” qui est comparé par certains à Hitler ou à Staline.

A date, ce samedi 21 mars, au Pays du Cèdre, à deux jours de la fête de l’une des saintes les plus réputées du Liban et du Moyen-Orient, sainte Rafqa, depuis le 2 mars, les victimes ont atteint les chiffres incroyables de 1030 morts et de plus 2650 blessés. Qui arrêtera la guerre, alors que la France de Macron et de Barrot fait son voyage diplomatique éclair – même pas 48h ? Qui remplacera les drones, les missiles et les roquettes par les fleurs et les roses ? Il ne reste plus qu’une seule chose à faire à notre humanité incapable d’arrêter cette marche funèbre vers une guerre encore plus élargie, vers la Troisième Guerre mondiale : prier, prier sans cesse…

Ce 2 mars, en réponse à la guerre déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, le bras armé du Hezbollah, parti politique qui est représenté par 13 députés élus au Parlement, tire 6 roquettes dans le nord d’Israël, à partir des villages du sud du Liban… Le début d’une descente aux enfers.

Le communiqué du Hezbollah… à faire pâlir les morts !

“Au nom de Dieu, le Tout-Puissant et le Miséricordieux

« Il a été permis à ceux qui sont combattus de se défendre, car ils ont été injustement attaqués. Et Dieu est tout à fait capable de les soutenir ».

Par la grâce de Dieu, le Tout-Puissant et le Sage, en vengeance du sang pur de l’Imam suprême des musulmans, Son Éminence l’Ayatollah Ali Khamenei, que Dieu repose son âme en paix, versé injustement et perfidement par l’ennemi sioniste criminel, et pour défendre le Liban et son peuple, et dans le cadre de la riposte aux agressions israéliennes répétées, la Résistance islamique a visé, dans la nuit du dimanche au lundi, le 2 mars 2026, avec une salve de missiles de précision et un essaim de drones, le site de défense antimissile de Mishmar HaEmek appartenant à l’armée israélienne, au sud de la ville occupée de Haïfa. La direction de la Résistance a toujours affirmé que la poursuite des agressions israéliennes et l’assassinat de nos dirigeants, de notre jeunesse et de notre peuple nous donnent le droit de nous défendre et de riposter au moment et à l’endroit appropriés. L’ennemi israélien ne peut pas poursuivre son agression qui dure depuis quinze mois sans recevoir une riposte dissuasive pour mettre fin à cette agression et se retirer des territoires libanais occupés. Cette riposte est légitime et défensive, et les responsables et les parties concernées doivent mettre fin à l’agression israélo-américaine contre le Liban. « La victoire ne vient que d’Allah, le Tout-Puissant et le Sage ».”

Ce communiqué fait froid dans le dos. Il entraîne, depuis, le Liban dans une terrible guerre, qu’il ne peut gagner.

Ce 21 mars, Marwan Hamadé lors d’une conversation téléphonique, l’ancien ministre (6 fois) druze de 86 ans, actuel député, redit que “la majorité de la classe politique et la majorité de la population s’opposent au Hezbollah…”

Retour sur le cessez-le-feu du 27 novembre 2024

Oui, il faut prendre du recul, pour bien comprendre la situation. Dans la nuit du 26 au 27 novembre, les trois derniers missiles du Mossad s’abattent sur la banlieue sud de Beyrouth, à 500 mètres du centre-ville, à vol d’aigle. Je suis réveillé par le souffle des missiles avant leur impact sur le sol. Les déflagrations sont terribles.

Le lendemain, c’est le cessez-le-feu. Jour de fête. Jour de la fête de la Médaille Miraculeuse ! Est-ce un hasard ?

Le lendemain, plus aucune frappe sur Beyrouth. Par contre, en quinze mois, entre novembre 2024 et mars 2026, Israël n’a pas arrêté ses bombardements et son invasion du sud du Liban. Des dizaines de villages sont détruits, partis en poussière sous des tapis de bombes. Les tunnels du hezbollah et les maisons abritant les missiles sont rasés, partis en fumée.

Entre novembre 2024 et mars 2026, les dizaines de milliers de réfugiés tentent de rebatir une vie en retournant dans leur village et essaient de reconstruire, en vain. Ils sont chassés par Israël. Qu’ils soient chiites ou chrétiens. Chrétiens ?

Les villages chrétiens du Liban-Sud

“Je ne veux pas partir. Je veux rester vivre dans mon village”, s’écrie Charbel un jeune homme du village chrétien endeuillé de Aïn Ebel. Youssef et ses copains âgés d’une vingtaine d’années disent la même chose. Youssef rajoute : “Je ne veux pas faire la guerre. Je veux vivre en paix dans mon village. Israël doit rentrer chez lui. Et, le Hezbollah doit rendre ses armes…” (les prénoms ont été changés).

En plein Carême et alors que le Ramadan vient de se terminer (dans la nuit du 19 au 20 mars), tous les chrétiens disent, témoignent et veulent la même chose : rester dans leur village ancestral et vivre en paix. La paix ?

Naji est guide et voyagiste, son activité est tombé à zéro. De plus, il ne peut plus retourner dans sa ville de Tyr : “La ville de Tyr s’est vidée des ¾ de sa population. Moi, je ne peux plus y retourner. Mon oncle, Raymond, qui gère l’hôtel Al Fanar, a dû partir pour se mettre en sécurité à Beyrouth.”

Plein sud, les villages chrétiens du Liban se comptent par dizaines : Aïn Ebel, Alma el-Chaab, Baraachit, Cana, Debel, Deir Seryan, Qlayaa, Rmeich (à 4 km de la frontière), Tebnine, Yaroun, etc.

Des roses dès demain ?

Comment faire ? Comment arrêter une guerre entre le Hezbollah et Israël ? Comment arrêter une guerre qui, en plus, pour les Libanais pourraient se transformer en guerre civile ? Le pape Léon XIV le pourrait-il, lui qui est venu tel l’ange, telle la colombe, tel l’homme en blanc, lui, l’apôtre de la Paix ? Faudra-t-il que le Liban attende et subisse encore les abominations et les affres de la guerre, jusqu’à la fête de l’une des saintes les plus répétées du Liban : sainte Rafqa ? Et saint Charbel peut-il comme Padre Pio lors de la Seconde Guerre mondiale apparaître dans le ciel et dérouter, supprimer tous ces missiles ?

Saint Rafqa est fêtée le 23 mars, lundi prochain. La paix sera-t-elle effective dès demain, dès dimanche?

Cette sainte qui est la patronne des malades et des personnes qui souffrent va-t-elle intervenir bientôt? Rappelez-vous, elle avait été évoquée par le pape Jean-Paul II, qui l’avait béatifiée en 1985, lors de sa venue au Liban en 1997.

Il l’a, également, élevée sur l’autel des saints, en 2001 : « En canonisant Rafqa Choboq Ar-Rayes, l’Église met en lumière le mystère de l’amour donné et accueilli pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Moniale de l’Ordre libanais maronite, elle a désiré passionnément aimer Dieu et donner sa vie pour ses frères. Puisse sainte Rafqa veiller sur ceux qui connaissent la souffrance, en particulier sur les peuples du Moyen-Orient affrontés à la spirale destructrice et stérile de la violence ! »

 

Sainte Rafqa, sauvez le Liban !

Pendant ces semaines où j’ai vécu sous les bombes au Liban, j’ai vu les chrétiens adorer, crier, pleurer, prier, faire pénitence et jeûner. Les Libanais sont sur la croix, en ces temps de Carême et de crucifixion qui durent depuis 1975. 50 ans !

Ces derniers jours, les frappes iraniennes et sa résistance démontrent que les Etats-Unis et Israël n’ont pas fini de faire la guerre. De l’autre côté de la frontière Tel Aviv et d’autres villes ont été frappé comme jamais. Et, l’Iran semble monter en puissance. De part et d’autre, des milliers de frappes. Plus de 30 000 ! Et, au bout du tunnel, les lumières se sont éteintes. Toujours la nuit.

Qui pourra arrêter cela ?

Le 23, tous les regards vont se tourner vers sainte Rafqa (1832-1914). En 1860, les Druzes attaquent les chrétiens. Rafqa sauve un enfant des massacres. Alors qu’elle termine ses jours dans un couvent près de Batroun (dans le nord du pays), elle devient aveugle et subit les souffrances d’une tuberculose osseuse. Ses compagnes, les autre soeurs, pour la déplacer, la disposent sur un drap, ses membres se disloquant. Elle vécut 82 ans, dont 29 dans des souffrances qu’elle supportait avec joie, patience et prière pour l’amour du Christ. Le 23 mars 1914, Rafqa meurt après avoir reçu la Sainte Communion. Elle fut enterrée au cimetière du monastère Saint Joseph-Jrabta. Comme pour saint Charbel (1828-1898), le soir même, une lumière céleste scintilla sur son tombeau pendant deux nuits consécutives.

La veille du 23 mars, dans un songe, des jeunes ont vu tout le peuple Libanais (avec sa diaspora) se mettre à genoux et crier vers sainte Rafqa : SAUVEZ LE LIBAN ! Elle apparut, alors, dans un rayon plus cristallin que le cristal, plus lumineux que la lumière. Elle n’était pas seule. Il y avait, avec elle, saint Charbel, saint Maron, et la myriade des saints du Pays foulé par les pas de la Sainte Famille, du Christ et de ses apôtres !

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos A. Bordier et Raghda

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