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France : Laïcité à la française / France : Société

Jacques Julliard : La République… Notre-Dame de France

Jacques Julliard : La République… Notre-Dame de France

Intéressantes réflexions sur les rapports entre la République en France et le christianisme fourni par l’historien et éditorialiste Jacques Julliard dans Le Figaro de ce 6 mai 2019. Extraits :

« Il a fallu cette étrange conjoncture, qui a vu l’incendie de Notre-Dame combiné avec cet avachissement moral pour que je comprenne toute la portée du mot de Péguy en ouverture à Notre jeunesse : « Le mouvement de dérépublicanisation de la France est profondément le même mouvement que le mouvement de sa déchristianisation. C’est ensemble un même, un seul mouvement de démystication. C’est du même mouvement que ce peuple ne croit plus à la République et qu’il ne croit plus à Dieu (….) on pourrait presque dire qu’il ne veut plus croire aux idoles et qu’il ne veut plus croire au vrai Dieu, (…) c’est proprement la stérilité moderne. »

Tout est-il pourtant joué ? Je ne le crois pas. Comme dit encore Péguy : « Je ne dis pas que c’est pour toujours. ». D’abord parce que le « décrochage terminal » de l’Église catholique ne me paraît pas aussi évident que cela (…). Après tout Jésus-Christ n’est pas venu sur terre pour faire du chiffre, comme on dit dans la police et dans la gendarmerie, mais pour sauver l’humanité tout entière comme un seul homme.

(…) Que l’on me comprenne bien. Je n’entends nullement, ni de près, ni de loin, identifier le devenir du christianisme et celui de la République dans le moment difficile qu’ils traversent l’un et l’autre. Car chacun, à sa manière, dépasse infiniment l’autre. À chacun ses affaires, c’est le fondement de la laïcité, cette sublime invention du Christ. Mais je prends acte que l’un et l’autre, dans ce mouvement d’« archipélisation » qui ne touche pas seulement les groupes sociaux, mais les idées et les valeurs elles-mêmes, se présentent comme les représentants de l’universel, c’est-à-dire de ce qui est tourné vers l’Un. Oui, le tronc commun au christianisme et à la République, c’est l’idée qu’il y a une identité et une unité du genre humain, et que donc ce qui unit les hommes est infiniment plus fort que ce qui les divise. Pas plus que les catholiques, les républicains en France ne sont morts.

(…) En vérité, ce que l’on reproche donc aux hommes politiques de droite, de gauche et du centre, et qui prend la forme du « dégagisme », ce n’est pas leur ambition, mais au contraire leur absence d’ambition. Il faut faire de la reconstruction de Notre-Dame un grand acte d’unité nationale, chrétienne et républicaine, fondé sur les valeurs universelles qui se confondent avec l’âme de la France ».

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2 commentaires

  1. Attribuer à N.S le fondement(invention) de la laïcité est sans aucun doute une interprétation scabreuse et malhonnête tirée de la question “doit t-on payer le tribut à César”réponse ” rend à césar ce qui est à césar et à dieu ce qui est à
    Dieu”.Or la laïcité se garde bien de rendre à Dieu ce qui lui est dû et pire de le fuir ,de l’enfuir et de nier.

    • C’est bien le sens de la vraie laïcité, telle qu’enseignée dans l’Evangile. Auparavant, César se faisait dieu. C’est bien Notre-Seigneur qui opère cette distinction.

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