D’Olivier Frèrejacques, Président de Liberté politique :
L’entre-deux-tours des élections municipales de 2026 a confirmé ce que nous écrivions ici il y a quelques mois déjà : le cordon n’est pas coupé avec Jean-Luc Mélenchon. Pour gagner, la gauche sait s’unir et elle ne devrait pas s’en priver en 2027, même si cela ne se concrétise qu’au second tour.
La diabolisation n’a pas fonctionné. Certains le disaient hors jeu après ses petites provocations et ses attaques incessantes contre ses alliés socialistes, mais Jean-Luc Mélenchon est encore là et joue le juge de paix dans une majorité de grandes villes du pays. À Lyon, Toulouse, Nantes, Strasbourg, Besançon… la gauche se rejoint même quand les édiles pestaient, il y a encore peu de temps, contre les sorties médiatiques de Jean-Luc Mélenchon et ses troupes.
LFI est du bon côté du manche
Les quelques voix qui s’opposent à ces alliances sont inaudibles, et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, avant le message, le problème est celui du messager. François Hollande, président tellement méprisé qu’il est le seul à ne pas avoir osé briguer un second mandat ; Raphaël Glucksmann, le donneur de leçons, et son petit parti, tellement outrancier dans ses attaques contre Mélenchon ou Marine Le Pen qu’il peine à être audible. Enfin, quelques barons locaux tiennent aussi cette ligne : Catherine Trautmann à Strasbourg, Carole Delga dans le Sud-Ouest, mais elles ne pèsent finalement pas. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, lui, sait que le parti de Mitterrand doit sa survie à la locomotive LFI. Et pour cause, LFI n’est pas très différente de ses alliés socialistes, écologistes ou communistes. Les Insoumis sont un accélérateur du discours de gauche sur tous les sujets : économique, social, sociétal. Seules les questions internationales peuvent poser des problèmes dans une gauche française assez atlantiste et pro-israélienne, mais ces convictions se transforment vite en détail quand il convient de sauver une place d’élu ! Mélenchon se sait en position de force. Avant même les résultats des premiers tours, il avait qualifié les socialistes de « combinards » et ajouté : « Quand ils disent pas d’accord national, ça veut dire faites votre tambouille localement ». Ses troupes aussi, et elles se permettent de piétiner l’allié docile. Ainsi, le député Paul Vannier se moque-t-il sur les réseaux sociaux du revirement du maire de Nantes, qui avait fermé la porte à un accord avec les mélenchonistes avant de changer d’avis au soir du premier tour.
Par ailleurs, les socialistes n’ont plus le choix. S’allier avec les macronistes, même dans une version très gauchère, est voué à l’échec, le parti présidentiel étant balayé électoralement et marqué du sceau usé du président.
Mélenchon ou le syndrome de Stockholm en route vers l’Élysée
Fort de son statut de faiseur de roi, Mélenchon ne met pas le pied sur le frein mais sur l’accélérateur. Le 18 mars, il a déversé tout son fiel antiblanc de vieux colon atteint du syndrome de Stockholm, ethnomasochiste. Estimant que la France doit tout à l’Afrique ou au monde musulman, il s’est lancé dans un discours pour le moins étonnant : « Il a bien fallu un jour qu’un ou une se mette debout sur ses pattes, à l’autre bout du continent africain, pour qu’à la fin, ici, vous soyez en train de faire les malins, tout blancs, tout moches que vous êtes ». Il suffirait de changer « blanc » par « noir » (ou autre chose) pour avoir un scandale national… Par ailleurs, si son racisme envers les Blancs ne fait pas de doute, la sortie est également raciste envers les Noirs et les musulmans, dont il dénigre l’héritage au point d’en inventer un de toutes pièces.
Ces déclarations ne sont pas remises en cause à gauche, où l’on tient beaucoup trop au segment électoral qui est ici flatté. Là encore, Mélenchon a un coup d’avance. 2027 est sa dernière fenêtre de tir électoral et il jouera crânement sa chance ; il aurait tort de se gêner.
