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La crise de la natalité n’est que l’ultime avatar d’une crise globale de la transmission

La crise de la natalité n’est que l’ultime avatar d’une crise globale de la transmission

Extrait d’une tribune de Mgr Rougé dans La Croix :

[…] Qu’est-ce qui se cache derrière des revendications apparemment dérisoires d’horaires, de matériel, de température ou de remplacement d’enseignants absents ? Le besoin pour les jeunes d’être considérés, d’être aimés, d’être en vérité éveillés au meilleur d’eux-mêmes.

La crise la plus contemporaine de la natalité n’est que l’ultime avatar d’une crise globale de la transmission, d’une incapacité sociale à enfanter pleinement de nouvelles générations. Comment les jeunes peuvent-ils se sentir estimés et attendus quand le débat politique semble exclusivement rivé sur la retraite des plus âgés ?

Une partie du malaise semble se focaliser sur Parcoursup. Cette plateforme d’orientation est sûrement utile et beaucoup reconnaissent qu’elle s’est progressivement améliorée. Mais il ne faut pas sous-estimer son caractère anxiogène et les dommages collatéraux qu’elle engendre.

Elle constitue une illustration éloquente de ce que Léon XIV qualifie dans son encyclique Magnifica humanitas de « syndrome de Babel » : un paradigme technocratique vertical et standardisant. La « voie de Néhémie », appelée de ses vœux par le pape, passe par la véritable rencontre humaine et l’accompagnement personnalisé.

L’énergie des élèves de terminale depuis plusieurs années s’est déportée de la préparation du baccalauréat, avec tout ce qu’elle impliquait de travail personnel et persévérant, vers la réponse aux questions en ligne de Parcoursup. Une fois celles-ci achevées, les élèves démobilisés attendent le bac comme une formalité.

Des semaines de cours, notamment de philosophie, passent par profits et pertes, installant un climat de paresse et un sentiment de relative inutilité de tout travail en profondeur, pour les élèves comme pour les enseignants, eux aussi en souffrance.

La pression est excessive sur les jeunes lycéens, en raison des conséquences pour Parcoursup des moindres notes du début de leur parcours. À l’inverse, l’absence d’exigence finale donne l’impression que l’acquisition patiente des savoirs manque de pertinence.

À cela il faut ajouter la difficulté pour les jeunes, même fort diplômés, d’accéder à un marché du travail radicalement transformé par la révolution numérique. L’intelligence artificielle, qui est à l’œuvre dans Parcoursup et qui remet en cause les filières mêmes auxquelles la plateforme permet d’accéder, donne l’impression d’être contradictoire et de commencer à dévorer ceux-là mêmes pour qui elle a été créée.

Comment sortir de cette impasse ? En fédérant toutes les énergies éducatives de notre pays, en particulier celles de l’éducation nationale et celles de l’enseignement catholique, en sortant une fois pour toutes des combats d’arrière-garde. En favorisant de manière renouvelée l’acquisition des savoirs fondamentaux, structurante pour les élèves et valorisante pour les enseignants et le sérieux de leur formation académique initiale.

En rompant avec une sorte de déconstructivisme obligé pour que la « question du sens » soit mieux posée. La montée en puissance des technologies elle-même appelle, pour qu’elles ne deviennent pas inhumaines, un réinvestissement dans les points d’appui fondamentaux de la culture et de la sociabilité.

« L’Église qui espère et qui ne craint pas l’avenir », comme l’a décrite Léon XIV en France, veut et peut donner de la considération et de la confiance aux jeunes d’aujourd’hui et de demain. La joie du Stade de France n’était pas un feu de paille mais une promesse et une mission.

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