Partager cet article

Valeurs chrétiennes : Education

Instruction en famille: Une belle victoire à l’Assemblée nationale

Instruction en famille: Une belle victoire à l’Assemblée nationale

De Gregor Puppinck, directeur de l’ECLJ :

C’est une étape décisive et positive qui vient d’être franchie à l’Assemblée nationale.

La Commission de l’éducation a publié un rapport d’enquête sur l’instruction en famille qui prouve clairement que la réforme de 2021 fut une catastrophe.

La loi confortant le respect des principes de la République de 2021 a interdit par principe l’école à la maison en la soumettant à un régime d’autorisation préalable alors que c’était jusque-là une liberté.

Les députés Corneloup et Trébuchet démontrent dans leur rapport que:

1) La lutte contre le séparatisme islamiste pour justifier l’interdiction de l’école à la maison n’a été qu’un prétexte. Tout ce que voulait le gouvernement, c’était réduire le nombre d’élèves ne fréquentant pas l’école de la République.

2) Contrairement aux promesses du ministre Blanquer, cette réforme a provoqué l’effondrement du nombre d’enfants instruits par leur famille: 60% de baisse d’effectifs entre 2021 et 2026.

3) Cette réforme ne présente que des inconvénients et n’a pratiquement aucun effet positif. C’est une perte de temps pour les familles, un contentieux inutile pour les juridictions, ce que l’Éducation nationale a économisé d’un côté, elle l’a perdu de l’autre, etc. Tout est décrit factuellement dans ce rapport consultable ici.

Les rapporteurs proposent donc de revenir à un régime déclaratif. C’est effectivement la solution de bon sens la plus simple et la plus évidente au terme de cette enquête.

C’est une victoire pour l’ECLJ car Christophe Foltzenlogel, notre chargé de plaidoyer pour les droits parentaux, a été officiellement auditionné par cette mission d’information et notre travail de veille et d’argumentation juridique a été largement repris par les rapporteurs.

Grâce à nous, ils ont pu poser les bonnes questions aux services de l’Éducation nationale et faire toute la lumière sur leurs mensonges.

Tout particulièrement, nous avions démontré que le législateur avait mis fin à une liberté fondamentale et une prérogative parentale, garanties en droit international et paisiblement exercées, sans que cela ne soit nécessaire et proportionné au regard de l’objectif poursuivi.

Et maintenant ?

La recommandation principale de ce rapport doit être légalisée: il faut revenir au régime déclaratif de l’instruction en famille.

Le mouvement lycéen met la question de l’instruction au cœur de la campagne présidentielle: quel type d’éducation voulons-nous pour nos enfants?

Les candidats sont-ils pour le droit des parents d’instruire et d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions religieuses, philosophiques et pédagogiques?

À gauche, l’idéologie est plus que jamais de mise: ils ne veulent que l’école publique, entièrement contrôlée par l’État. «L’argent public doit aller prioritairement, et à long terme exclusivement, à l’enseignement public» a dit le candidat socialiste Emmanuel Maurel globalement soutenu par tous ses collègues socialistes sur cette proposition.

Il faut sortir de ce communisme éducatif.

L’ECLJ va poursuivre son action: nous avons déposé plusieurs recours pour la liberté de l’instruction au Conseil d’État, à la Cour européenne des droits de l’homme et au Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies.

Nous allons en déposer un nouveau aux Nations unies dans quelques semaines, car même si les juridictions ne sont pas favorables, il faut montrer notre détermination et l’ampleur du problème. Nous participerons également dans quelques jours aux 6e Rencontres nationales des écoles libres.

Car ce ne sont pas quelques parents qui se battent pour la liberté scolaire, mais des milliers, des dizaines de milliers. Il faut continuer pour que les candidats à la présidentielle française et les juridictions internationales soutiennent la liberté scolaire telle que consacrée dans les traités internationaux.

Partager cet article