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L'Eglise : Vie de l'Eglise

La FSSPX envoie un livre aux évêques italiens pour expliquer les consécrations épiscopales

La FSSPX envoie un livre aux évêques italiens pour expliquer les consécrations épiscopales

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X a écrit à chaque évêque diocésain d’Italie, leur envoyant un livre nouvellement publié expliquant et défendant son intention de procéder à des consécrations épiscopales.

L’ouvrage, intitulé Au service de l’Église, expose en détail les arguments selon lesquels la situation actuelle de l’Église connait une crise si grave qu’elle justifie une action extraordinaire.

Dans une lettre d’accompagnement, le supérieur du district italien, le père Gabriele D’Avino, présente l’initiative comme une « invitation à renouveler la réflexion sur la crise », insistant sur le fait qu’elle vise à encourager le dialogue plutôt qu’à provoquer la confrontation. Pourtant, le contenu du livre est bien plus direct : il affirme que certains membres de la hiérarchie ecclésiastique ont, selon ses propres termes, « altéré la foi », mettant ainsi des âmes en danger et créant une situation où la résistance à l’autorité devient non seulement permise, mais nécessaire.

La déclaration de la Fraternité accompagnant la distribution du livre l’explicite. Elle indique que la publication « réaffirme la justification des consécrations épiscopales annoncées » et présente « les principaux arguments théologiques et canoniques justifiant ce que Mgr Marcel Lefebvre appelait, en 1988, “opération survie” de la Tradition ». Elle s’ouvre sur une citation sans équivoque de saint Paul : « Si nous-mêmes, ou un ange du ciel, vous annoncions un autre évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! » (Ga 1, 8), appliquant cet avertissement non pas aux menaces extérieures, mais à ce qu’elle perçoit comme des erreurs émergeant au sein même de l’Église.

L’ouvrage soutient que l’Église traverse une situation de nécessité « extraordinaire » ou « grave » sur le plan public. Il développe cette idée à travers une série de principes, affirmant que lorsque de nombreuses âmes sont en grand danger spirituel et « sans espoir d’assistance de la part des pasteurs légitimes », les évêques ont le devoir d’agir, même sans autorisation. Il déclare que « le grave besoin du plus grand nombre doit être assimilé au besoin extrême de chaque individu » et qu’une telle situation impose « un devoir d’assistance sub gravi », inhérent à la nature même de la charge épiscopale.

De là, la Fraternité tire sa conclusion la plus controversée : dans de telles circonstances, l’exigence habituelle d’un mandat papal pour les consécrations épiscopales n’est pas applicable. Le texte soutient qu’« en temps de nécessité, le devoir d’assistance est indépendant de la cause de la nécessité » et insiste sur le fait que ce devoir s’applique « même lorsque c’est le supérieur lui-même qui place des âmes en état de nécessité ». Il va plus loin, affirmant qu’un ordre donné dans une telle situation « n’est pas contraignant » et que celui qui n’obéit pas dans ces conditions « ne conteste pas l’Autorité dans son exercice légitime ».

Ce raisonnement est renforcé par le recours à la notion de juridiction suppléante, l’ouvrage affirmant que l’Église fournit l’autorité nécessaire lorsqu’elle fait défaut en raison de circonstances exceptionnelles. Il soutient que « le pouvoir de juridiction émane de la demande des fidèles, et non du consentement du supérieur hiérarchique », une position longtemps contestée par Rome mais essentielle à la conception que la Fraternité se fait d’elle-même.

La publication aborde également de front l’une des questions les plus sensibles : celle de savoir si la consécration d’évêques contre la volonté du pape constitue un schisme. Elle soutient qu’un tel acte n’est pas nécessairement schismatique s’il est accompli dans un véritable état de nécessité et dans l’intention de préserver la foi, rejetant explicitement l’idée que sa position implique une rupture avec l’Église.

L’ouvrage relate les tentatives infructueuses de parvenir à un accord entre Rome et la direction de la Fraternité. Bien que les personnes qui seront consacrées n’aient pas encore été annoncées et que le lieu de la cérémonie reste incertain, il est probable que la consécration des nouveaux évêques, prévue pour le 1er juillet, se déroulera comme prévu, marquant un tournant pour ce groupe traditionaliste et entraînant vraisemblablement l’excommunication des personnes impliquées.

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