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L'Eglise : Vie de l'Eglise

La FSSPX nierait en pratique la gouvernance suprême du successeur de Pierre

La FSSPX nierait en pratique la gouvernance suprême du successeur de Pierre

De Thomas Fontana pour Le Salon beige :

La question soulevée ici n’est pas uniquement d’ordre disciplinaire, mais relève de la soumission à l’enseignement constant de l’Eglise catholique. En effet, la discipline évolue, peut diverger
d’une église particulière à une autre, le meilleur exemple étant le célibat presbytéral.

La fidélité à l’enseignement constant de l’Eglise jusqu’au deuxième Concile du Vatican est l’axe majeur de l’argumentaire de la FSSPX. Pour ce faire, elle n’hésite pas à se dérober à la discipline catholique romaine lorsqu’elle le juge nécessaire ; elle pratique une casuistique parfois douteuse, invoquant perpétuellement ce qu’elle appelle un « état de nécessité ».

Le Pape François a reconnu (quelques furent ses arrière-pensées) la grande efficacité de la FSSPX dans le domaine de l’apostolat catholique, et a accordé à ses membres de façon inédite et
surprenante, des facultés en matière de d’administration des sacrements.

Par une déclaration en date du 2 février 2026, le supérieur de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani a provoqué un séisme en annonçant la consécration épiscopale de nouveaux évêques, sans mandat pontifical, le 1er juillet 2026.

Plusieurs autorités qualifiées (les cardinaux Sarah et Müller, Mgrs Eleganti et Musaert) ont déjà argumenté sur le plan canonique des conséquences de ces consécrations épiscopales. On entend notamment que ce sera un schisme. Le canon 751 du code de droit canonique de 1983 défini qu’ «on appelle schisme le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis ».

On soulignera ici la première partie du canon 751 qui donne la définition de l’hérésie :

« On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité; apostasie, le rejet total de la foi chrétienne ; ». (canon 751 du code de droit canonique de 1983)

Pourquoi évoquer une hérésie pratique à propose de la FSSPX ? De quelle négation s’agit-il ? Simplement de la nature du sacrement de l’Ordre puisque la FSSPX ne veut des évêques que
comme « distributeurs de sacrement ». La FSSPX s’arrogeant le droit de ne pas se soumettre au code de droit canonique de 1983, on se réfèrera aux canons suivants du code de 1917 :

« Canon N° 218

§1. Le Pontife Romain successeur de Saint Pierre dans sa primauté, a non seulement la primauté d’honneur, mais le pouvoir de juridiction suprême et entier sur l’Eglise Universelle, tant dans les matières qui concernent la foi et les mœurs, que dans celles qui se rapportent à la discipline et au gouvernement de l’Eglise répandue dans le monde entier.
§2. Ce pouvoir est vraiment épiscopal, ordinaire et immédiat, s’exerçant tant sur toutes les églises et chacune d’entre elles que sur tous les pasteurs et tous les fidèles et chacun d’entre eux ; ce pouvoir est indépendant de toute autorité humaine.

Canon N° 329
§1. Les évêques sont les successeurs des apôtres et d’institution divine ; ils sont préposés aux Eglises particulières qu’ils gouvernent en vertu d’un pouvoir ordinaire, sous l’autorité du Pontife
romain. §2. Le Pontife romain nomme librement les évêques. »

L’Eglise nous enseigne que l’évêque, successeur des apôtres a trois charges : sanctifier, enseigner et gouverner. Il est maître de doctrine, prêtre du culte sacré et ministre de gouvernement.
Ces charges sont inhérentes et indissociables du caractère de l’épiscopat. Il existe deux catégories  d’évêques : diocésains et titulaires. Les deux ont la charge d’une église particulière, celle du titulaire est en terre infidèle (in partibus infidelium). L’évêque a toujours au moins radicalement une charge de gouvernement. Lorsqu’il exerce son pouvoir d’ordre, un évêque titulaire le fait sous la juridiction d’un évêque diocésain ou d’une Supérieur religieux qui a juridiction sur ses sujets. Ce pouvoir de juridiction, il le reçoit du Souverain Pontife et l’exerce en communion avec lui et avec tout le corps des évêques catholiques.

En voulant consacrer des évêques de sa propre autorité, la FSSPX tomberait pratiquement dans l’hérésie. Elle nierait en pratique la gouvernance suprême du successeur de Pierre, elle nierait le caractère de gouvernement indissociable au caractère épiscopal. Nous serions donc bien non pas seulement dans une situation de schisme, mais dans une situation d’hérésie pratique : un groupe de prêtres sans situation canonique régulière, sans en avoir l’autorité, s’arroge le droit de charger deux évêques, en situation litigeuse avec le Saint-Siège, de consacrer des évêques, sans charge de gouvernement, et en désaccord avec la doctrine catholique sur la nature de l’épiscopat.

Espérons qu’il n’existe pas de souhait de la FSSPX de « fauter pour être pardonné », c’est-à-dire de mettre le Saint-Siège devant un fait accompli pour espérer sa miséricorde ultérieure. Ce serait une faute lourde, comme celui qui se dit « je commets un acte impur, mais ce n’est pas grave, j’irai me confesser », un péché contre l’Esprit.

Dans cette crise on ne peut que reconnaître la griffe du Malin qui cherche à diviser, comme son nom le « diable » le signifie. Il souffle de ne pas se soumettre au serment anti moderniste que la FSSPX promeut pourtant.

Une erreur serait de faire le parallèle entre les sacres de 1988 et ceux, éventuels, de 2026. Depuis bientôt quarante ans, la situation a changé et les sacrements ont pu continuer à être prodigués selon les livres anciens, avec l’autorisation de Rome, malgré des frictions régulières avec certaines autorités. L’ordination sacerdotale de prêtres selon les livres anciens est une constante continue, autorisée malgré le motu proprio Traditionis custodes. La prétendue nécessité invoquée est-elle simplement un manque de confiance envers le Saint-Père, le Vicaire du Christ ou, plus grave, un doute général sur la validité des sacrements conférés par l’Eglise ?

Thomas Fontana

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