Natacha Polony estime que l’AfD « assume son positionnement néo-nazi », Bruno Le Maire que c’est un parti « ouvertement néo-nazi », Valérie Hayer la qualifie d’«extrême droite nostalgique du IIIe Reich » et Jean-Noël Barrot souligne que son programme consiste au « placement des étrangers dans des camps ». Sic.
Dans son éditorial pour Liberté Politique, Olivier Frèrejacques remet les pendules à l’heure :
Qu’est-ce que l’AfD ? Que propose ce parti ?
Le parti nationaliste AfD est avant tout libéral, ce qui le différencie du NSDAP, qui était foncièrement hybride, empruntant au socialisme comme au libéralisme dans une doctrine économique finalement assez opportuniste.
La patronne de ce parti est une femme lesbienne, ancienne de Goldman Sachs, en couple avec une Sri-Lankaise ; elle est pacifique là où la droite allemande « classique » entend remilitariser le pays (ce qui peut se défendre d’un point de vue allemand).
Le parti est par ailleurs largement philosémite, dispose d’une organisation juive interne et soutient l’État d’Israël. Mais s’il faut chercher la raison des levées de boucliers contre l’AfD, c’est plutôt du côté de sa russophilie assumée, qui pourrait être susceptible de bousculer les équilibres existants en cas de succès électoral « total », si l’on peut se permettre l’expression.
L’AfD est un parti qui défend en outre une sortie de l’UE et le retour au Deutsche Mark ou, à défaut, une fracturation de la zone euro en blocs, ce qui inquiète certains de ses voisins sans être hautement révolutionnaire. […]
