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Culture de mort : Euthanasie

“L’aide à mourir sera un geste lourd, complexe, transgressif qui sera chargé d’émotions. La responsabilité donnée fait peur”

“L’aide à mourir sera un geste lourd, complexe, transgressif qui sera chargé d’émotions. La responsabilité donnée fait peur”

Vincent Morel, chef du service de soins palliatifs et président du comité d’éthique du CHU de Rennes, a été interrogé dans Hospimedia. Extraits :

« Très vite, il est apparu une tension entre les valeurs personnelles et le rôle professionnel. L’aide à mourir sera un geste lourd, complexe, transgressif qui sera chargé d’émotions. La responsabilité donnée fait peur. Nous serons face à quelque chose qui engagera la responsabilité personnelle, celle du service et celle de l’institution. Enfin, le risque d’occulter les apports possibles des soins palliatifs est important ». 

« Beaucoup de questions pratiques vont se poser : qui fait le geste ? Quand ? Qui s’occupe des autres patients ? Comment soutenir les collègues ? Après avoir pratiqué une euthanasie, la personne ne pourra plus travailler de la journée. Le cadre devra organiser le service pour que les autres patients soient pris en charge ». 

« Ma crainte sur cette proposition de loi est que la décision soit trop rapide et que le patient ait accès à une aide à mourir avant d’avoir accès à des ressources disponibles en soins palliatifs ou d’avoir le temps d’analyser la situation. Dans notre pratique, la demande à mourir disparaît quand la personne est soulagée ».

« Chacun peut demander à mourir pour plein de raisons différentes, notre compétence est de ne pas aller trop vite et de prendre le temps de soulager et d’écouter. En soins palliatifs, les professionnels sont formés à écouter cette demande, qui reste difficile à entendre. Elle est ensuite atténuée lorsque la prise en charge est correcte. Seulement 0,5 à 1% des demandes persistent ».

« En vingt ans de soins palliatifs, j’ai vu des progrès considérables sur le refus de la souffrance ou le positionnement de la personne comme actrice de la décision par exemple. On oublie souvent les bénéfices, il y a toujours mieux à faire dans le développement des soins palliatifs ou dans l’accompagnement ».

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