Malgré son statut de langue officielle, la langue française est de moins en moins pratiquée au sein des institutions internationales. Le langage inclusif risque d’accentuer ce déclin, jusqu’à la disparition du français diplomatique, prévient dans Valeurs Actuelles Nicolas Bauer, chargé de plaidoyer au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), ONG accréditée à l’ONU et au Parlement européen :
« Le français figure parmi les langues officielles des Nations unies et du Conseil de l’Europe : c’est un privilège pour les francophones qui y travaillent au quotidien. J’en fais partie. Malheureusement, ces institutions ont ajouté une nouvelle exigence à la pratique du français, qui doit dorénavant respecter des lignes directrices sur l’inclusivité. Cette langue devient difficile à maîtriser, y compris pour les francophones, et ce n’est ni du français ni “inclusif”. Le français diplomatique, déjà en déclin, pourrait ne pas survivre à cette évolution » […]
Face à ce français inclusif des institutions internationales, la seule réaction publique du gouvernement est une réponse à une question écrite posée par la députée Marie-France Lorho. Le gouvernement a affirmé s’engager pour défendre les fondements et la lisibilité de la langue française au sein des institutions internationales. Il a indiqué notamment que le Représentant permanent de la France au Conseil de l’Europe, Pap Ndiaye, se chargera de cette mission. Cette réponse n’est qu’à moitié rassurante, quand on sait que M. Ndiaye s’était exprimé en faveur du « français inclusif » lors de son passage au ministère de l’Éducation nationale.
