L’improbable condamnation de Marine Le Pen a de quoi choquer !
Pourtant, elle n’est que la parfaite illustration d’une ancienne fable de Jean de la Fontaine. Dans cette nouvelle version des « Animaux malades de la peste », les responsables politiques sont atteints d’un terrible mal : un mélange de détournement d’argent public et de prise illégale d’intérêts !
Pour en guérir, ils décident de punir le plus coupable d’entre eux, sorte d’offrande pour apaiser les dieux. Prenant la parole en premier comme il se doit, notre Président reconnaît humblement avoir traficoté avec l’agence McKinsey pour financer sa première campagne présidentielle, et se dit prêt à payer pour ses fautes. Aussitôt, Eric Dupond-Moretti en bon professionnel du Barreau relativise la gravité du délit et explique à son public que tous parmi eux ont déjà trempé dans de semblables magouilles, ma foi bien insignifiantes. S’adressant tout d’abord à François Bayrou puis à Richard Ferrand, il obtient sans trop de peines leur assentiment : tout cela n’est que broutille. Lorsque vient le tour de Marie Le Pen, le discours change subitement. Cette dernière ayant la malchance de n’être guère appréciée par la gente politique, il est alors facile de lui trouver tous les torts. Habituée à être diabolisée pour ses convictions, elle trouve tout normal d’attirer sur elle un courroux, ma foi bien légitime. Elle aurait soi-disant fait travailler des assistants parlementaires, acte délictueux que l’on pourrait assimiler à une nouvelle forme d’esclavagisme certainement !
Aussitôt la sentence tombe, sans plus attendre elle doit finir au fond d’un cachot avant que le malheur ne s’étende à tout le pays. Et comme le dirait aujourd’hui Jean de la Fontaine :
« Selon que vous serez du côté des puissants ou bien trop gênants, les jugements de cour vous rendrons noir ou blanc ».
Il y a de cela quelques semaines, j’avais déjà comparé Emmanuel Macron à la grenouille d’une fable bien connue. * *
Plus récemment, sa « Coalition des volontaires » mise en place pour soutenir Volodymyr Zelensky dans sa guerre contre la Russie rappelle curieusement « La mouche du coche », autre texte tout aussi connu. Dans cette fable revisitée, notre Président s’active de tous côtés, rassemblant les dirigeants européens les mieux disposés à aider l’Ukraine, sermonnant les plus récalcitrants. Il sait mieux que personne les dispositions à prendre pour l’organisation d’une trêve entre les deux pays belligérants. Tandis que les deux principales puissances impliquées dans le conflit en cours se réunissent régulièrement pour signer un accord de paix satisfaisant pour tous les partis concernés, Emmanuel Macron se permet de juger leurs démarches, les trouvant pas assez rapides ou plutôt trop lentes, mais en tous cas pas très efficaces. N’étant pas invité à participer aux négociations, il ne se prive pourtant pas de donner son avis, critiquant le manque de bonne volonté de Vladimir Poutine ou la soumission évidente de Donald Trump au terrible despote russe. Alors que de plus en plus de dirigeants occidentaux se rallient au projet des deux grands chefs d’état, notre président persiste dans sa veine agitation. Tel la mouche de la fable, il croit faire avancer le coche grâce à son zèle, alors qu’en réalité il agace tout le monde, le cheval, le cocher et même les passagers. Ainsi que le rappelait Jean de la Fontaine en son temps :
« Certaines gens faisant les empressés s’introduisent dans les affaires, ils font partout les nécessaires, et partout importuns devraient être chassés. »
Aujourd’hui encore, ces récits d’autrefois restent d’actualité, et comme le disait l’Ecclésiaste : « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ». L’être humain ne change guère à travers les siècles, les situations peuvent paraître différente, en réalité nos agissements restent identiques. Tous ces textes anciens demeurent ainsi une source inépuisable de sagesse pour chacun de nous, et non seulement les fables, mais les paraboles aussi !
Jésus aimait raconter ces petites histoires pleines d’enseignements à ses plus proches disciples. L’une d’elles, rapportée par Saint Luc, pourrait bien concerner directement notre président :
« Quel roi, s’il va faire la guerre à un autre roi, ne s’assied pas d’abord pour examiner s’il peut avec dix mille hommes marcher à la rencontre de celui qui vient l’attaquer avec vingt mille ?
S’il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix ! »
Tous ces personnages qui se croient importants devraient avoir l’humilité parfois d’écouter ces histoires d’apparence naïve : de nombreux peuples s’en trouveraient bien mieux !
* * Journal de la fin des temps de 2025 – Une bande de va-t-en-guerre
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