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France : Société

«L’existence du racisme anti-Blancs, si longtemps cachée, minimisée, voire niée, n’est plus taboue»

«L’existence du racisme anti-Blancs, si longtemps cachée, minimisée, voire niée, n’est plus taboue»

Le Figaro dresse un portrait de Me Jérôme Triomphe, qui a permis que les magistrats de Valence renvoient 11 accusés pour «meurtre» et «tentatives de meurtres», en retenant finalement la circonstance aggravante de racisme, dans l’affaire de Crépol. Extrait :

Dans la vie, Me Jérôme Triomphe est un homme jovial, un faux timide. C’est aussi un conservateur, proche des milieux catholiques traditionnels. Le pénaliste a été l’avocat de militants de la Manif pour tous, et des parents de Vincent Lambert, dont il défendait les intérêts dans la très sensible procédure portant sur l’arrêt des traitements de cet homme. Aujourd’hui, il représente, entre autres, les parents d’ Émile Soleil. Pourtant, sa parole est rare. Me Jérôme Triomphe n’est pas le plus médiatique des avocats. Plutôt de ceux qui se méfient des journalistes, et après qui la presse court, souvent en vain. Quand il accepte l’exercice, en ce mois de septembre, c’est, dit-il, «pour que la vérité éclate». En toute discrétion, Me Triomphe est récemment entré dans la procédure judiciaire portant sur le meurtre de Thomas Perotto. Ses clients sont deux victimes, un père et son fils qui étaient présents dans cet affrontement, à la sortie du bal de Crépol, entre des rugbymen et des jeunes du quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère, le 18 novembre 2023. Tous deux ont été blessés dans la bagarre. Ils connaissaient Thomas Perotto, ce rugbyman de 16 ans tué de deux coups de couteau.

Au cœur de l’été, l’avocat est devenu l’architecte d’une riposte pénale d’ampleur. C’est son arrivée dans le dossier, et ses observations, qui ont commencé à faire tanguer l’instruction sur la question du racisme. Tout s’est passé très vite dans cette affaire. Fin juin, l’information judiciaire entrait dans sa phase finale, quand Me Triomphe a été désigné par ces victimes et a accédé au dossier d’instruction. Après quelques jours passés à éplucher ses milliers de pages dans son bureau parisien, il a remis trente pages d’observations, dont quinze portant sur des témoignages de victimes du bal. Ces 16 témoins rapportent des insultes et menaces racistes de la part des jeunes de la Monnaie. Celles-ci sont présentes dans les investigations depuis les premiers jours de l’enquête. Mais Me Triomphe a insisté pour que les magistrats les réexaminent.

L’avocat a finalement obtenu gain de cause, ce vendredi. Dans ce dossier éprouvé par les commentaires de l’opinion publique et les récupérations politiques, les magistrats instructeurs viennent de rendre une ordonnance de mise en accusation dans laquelle le pénaliste perçoit une «première victoire». Les juges renvoient, devant la cour d’assises des mineurs de la Drôme, 11 mis en cause pour «meurtre» et «tentatives de meurtres», avec la circonstance aggravante que les faits ont été accompagnés et suivis d’insultes et de menaces «contre la race blanche et la nation française». Ils ne retiennent pas un mobile raciste, mais le fait que des insultes et menaces racistes se sont ajoutées à l’explosion de violence, due, elle, à une altercation fortuite entre un rugbyman et un jeune de la Monnaie, plus tôt dans la soirée. «Le combat judiciaire ne fait que commencer mais je suis heureux pour mes clients et toutes les victimes qu’ils aient été entendus», explique Me Triomphe.

«L’existence du racisme anti-Blancs, si longtemps cachée, minimisée, voire niée, n’est plus taboue. Il n’était pas envisageable que le débat judiciaire soit escamoté de la part essentielle de la circonstance aggravante de racisme.»

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