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L'Eglise : Léon XIV

Défense de la vie et laïcité

Défense de la vie et laïcité

Hier, dans l’avion de retour vers Rome, le pape Léon XIV a tenu la traditionnelle conférence de presse. Parmi les questions, voici celle de Xavier Le Normand du journal Le Pèlerin :

Très Saint-Père, bonsoir. Tout d’abord, je voulais vous remercier pour votre voyage apostolique en France. Pendant quatre jours, notre pays a vécu au rythme de l’enthousiasme général suscité par votre venue. Ce qui en France est un exploit. Merci Très Saint-Père. La devise de votre voyage apostolique était «Que le monde ait la vie». Le thème des soins palliatifs est revenu à plusieurs reprises dans vos discours. En fait, je crois que vous l’avez évoqué dans plus de la moitié de vos discours en France. Je pense notamment à celui prononcé à l’Élysée et à celui de dimanche à Lourdes, où vous avez déclaré que ce qui est légal n’est pas nécessairement moral, ce qui constituait une référence claire à la récente légalisation de l’euthanasie en France. En France, nous avons également ce principe de «laïcité», qui consiste en une séparation entre la religion et la politique. Pensez-vous que, lorsque c’est important, lorsque les enjeux sont élevés, il faille franchir cette frontière, cette ligne de démarcation, au nom de la primauté de la conscience? Et si tel est le cas, avez-vous franchi cette ligne ?

Merci pour votre question. Je dirais que, selon la conception qu’a l’Église de la séparation entre l’Église et la politique, ou entre l’Église et l’État, je n’ai pas franchi cette ligne. Et je vous invite à lire ou à relire Magnifica Humanitas, où j’aborde la doctrine sociale de l’Église dans la première partie, au cours des deux premiers chapitres, et où j’explique que lorsque l’Église parle de défendre la vie, lorsqu’elle aborde des questions de doctrine sociale, nous n’entrons pas dans le domaine politique, nous appliquons l’Évangile à la vie des gens.

Et il peut s’agir de politiciens, de gauche ou de droite, qui affirment que «la religion ne devrait exister que dans la sphère privée». Que chacun fasse ce qu’il veut dans sa vie privée, mais qu’en tant qu’État, nous restions séparés. Je me suis rendu en France avant tout pour prêcher l’Évangile, pour annoncer la Bonne Nouvelle, pour réaffirmer ce que Jésus-Christ lui-même dit lorsqu’il déclare: «Je suis le chemin, la vérité et la vie», c’est-à-dire pour proclamer la vérité que Jésus nous offre. La défense de la vie est un enseignement auquel, comme vous le savez tous, l’Église adhère profondément. Ainsi, d’une part, sachant évidemment qu’en France une loi a récemment été adoptée, ainsi que dans d’autres pays d’Europe et dans d’autres régions du monde, les questions relatives à la fin de vie font aujourd’hui l’objet de nombreux débats.

Mais se trouver dans un lieu comme Lourdes, où les gens sont en quête de quelque chose de bien plus profond, et comprendre que leur vie, même au milieu de la maladie, du handicap ou de souffrances de toutes sortes, a un sens. L’Église, grâce à Jésus lui-même, souhaite être proche de ces personnes et affirmer les valeurs dont la vie elle-même recèle, je pense, pour chacun d’entre nous. Je dirais donc que, si c’est cela la politique, je l’ai fait, mais ce n’était pas pour m’impliquer dans la politique française. C’était pour enseigner ce que l’Église croit réellement.

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