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Tribune libre

L’itinéraire d’un imam salafiste devenu chrétien suscite un fort écho médiatique

L’itinéraire d’un imam salafiste devenu chrétien suscite un fort écho médiatique

Ancien imam salafiste, formé dans les cercles les plus rigoristes de l’islam sunnite, Bruno Guillot a quitté cette fausse religion après seize années d’engagement. Son témoignage, exposé notamment dans son livre Adieu Soulayman – Itinéraire d’un imam salafiste, constitue un document précieux pour notre époque.

Une jeunesse sans enracinement religieux
Né en 1986 à Charleroi, de parents français non pratiquants, Bruno Guillot grandit sans véritable transmission religieuse. Bien que d’origine catholique, sa famille ne lui donne ni formation doctrinale, ni pratique spirituelle. Il décrit une enfance marquée par un manque d’encouragements et une profonde carence affective, en particulier de la part de son père. Adolescent, il nourrit une ambition sportive intense. Passionné de football, fervent supporter de l’Olympique de Marseille, il s’entraîne quotidiennement dans l’espoir de devenir professionnel. Son talent est repéré : un club de première division belge, la RAAL La Louvière, lui propose un contrat semi-professionnel. Mais ce projet s’effondre brutalement lorsque son père s’y oppose en raison de résultats scolaires jugés insuffisants. Cette rupture marque un tournant décisif. Bruno se replie sur lui-même, nourrissant colère et ressentiment.

La rencontre avec l’islam : une conversion fulgurante
C’est dans ce contexte de désillusion et d’isolement qu’il fait la rencontre de deux jeunes Marocains de son âge, puis de leurs frères aînés, musulmans pratiquants. Il découvre alors un univers familial chaleureux, structuré, accueillant. Les repas partagés, l’attention portée à sa personne et le sentiment d’appartenance le touchent profondément. Progressivement, il s’initie à l’islam. On lui fait découvrir les conférences de l’apologète Ahmed Deedat, dont les ouvrages — majoritairement polémiques à l’encontre du christianisme — marquent durablement son esprit. En février 2002, à moins de quinze ans, il entre pour la première fois dans une mosquée. L’atmosphère, la discipline des fidèles, l’appel à la prière, l’impression d’humilité collective le frappent. Quelques minutes suffisent : il prononce la profession de foi islamique et devient musulman sous le nom de Soulayman. Il soulignera plus tard combien cette conversion est aisée : deux phrases suffisent pour entrer dans l’islam, ce qu’il interprète alors comme un « signe de Dieu» .

Du rigorisme à l’idéologie salafiste
Très rapidement, Bruno Guillot ne se satisfait pas d’un islam culturel ou modéré. Internet lui ouvre l’accès à des courants plus rigoristes, qu’il juge plus cohérents et plus fidèles aux textes. Il s’éloigne de la mosquée de Charleroi pour se rapprocher de cercles salafistes à Bruxelles. Là, il trouve ce qu’il cherchait : une pratique littérale, une séparation nette d’avec le monde non musulman, une discipline stricte jusque dans l’apparence. Il se plonge dans l’étude de l’arabe littéraire, qu’il maîtrise rapidement. Marié très jeune à une autre convertie, il part à dix-huit ans étudier en Égypte, puis, en 2009, est admis à l’université islamique de Médine, institution prestigieuse formant les cadres de l’islam sunnite mondial. Brillant étudiant, il se distingue par sa capacité d’analyse comparative des textes religieux. Il devient imam, prédicateur, et participe activement au prosélytisme. Il reconnaît avoir contribué à la conversion de nombreux Européens, convaincu alors de servir Dieu.

Les premières fissures
Malgré son immersion totale, certaines réalités troublent peu à peu sa conscience. Lors de son pèlerinage à La Mecque en 2014, financé par l’Arabie saoudite, il est témoin d’une bousculade meurtrière. Des dizaines de pèlerins meurent piétinés. Cette scène l’ébranle profondément : « Est-ce là la religion de Dieu ? » s’interroge-t-il. D’autres éléments accentuent son malaise. Il refuse à plusieurs reprises des mariages précoces impliquant sa propre fille, encore enfant. Il rejette également des propositions de polygamie et des sollicitations explicites pour rejoindre le djihad armé, que ce soit en Irak ou en Syrie.
Surtout, une question théologique devient centrale : celle de la crucifixion du Christ. L’islam nie formellement cet événement fondamental. Or, ses recherches approfondies le conduisent à reconnaître l’évidence historique de la mort de Jésus sur la Croix. Lorsqu’il exprime ses doutes à des autorités religieuses, la réponse est sans appel : dans l’islam, le doute n’a pas droit de cité.

Le témoignage du père et la rupture
Un tournant intervient lors de l’agonie de son père, atteint d’une tumeur au cerveau. Celui-ci, peu avant sa mort, s’est rapproché du catholicisme. Bruno, encore salafiste, espère alors le convertir à l’islam. Mais il est bouleversé par la paix profonde qui émane de cet homme mourant, par son attachement paisible au Christ, par sa sérénité face à la mort. Ce témoignage silencieux fissure définitivement l’édifice idéologique. Peu après, Bruno Guillot quitte l’islam. Il devient apostat aux yeux de ses anciens coreligionnaires, s’exposant à des menaces, à l’isolement et à une profonde dépression. Il découvre alors une réalité qu’il analysera lucidement : l’islam rigoriste tient davantage par la peur que par l’amour.

La rencontre avec Jésus-Christ
Fin 2017, lors d’une nouvelle lecture des Évangiles, associée à l’étude de textes islamiques traditionnels, il vit une expérience intérieure décisive. En janvier 2018, il prononce pour la première fois une prière non musulmane. Quelques semaines plus tard, dans une prière d’abandon total, il se convertit intérieurement au Christ. Il découvre alors la figure de Jésus dans toute sa plénitude : Fils de Dieu, unique Sauveur, offrant sa vie par amour pour les hommes. En juin 2018, il reçoit le baptême dans un contexte protestant évangélique. Toutefois, son cheminement se poursuit. Progressivement, il s’approche de l’Église catholique et reconnaît en elle l’unique dépositaire de la Révélation transmise par le Christ. Il confiera plus tard : « J’ai tout perdu en quittant l’islam, mais j’ai tout gagné en suivant le Christ. »

Un témoignage pour notre temps
Le parcours de Bruno Guillot est révélateur des conséquences dramatiques de la déchristianisation. Là où la foi catholique n’est plus transmise, des idéologies étrangères et destructrices trouvent un terrain fertile. Son témoignage rappelle l’urgence, pour les catholiques, de transmettre intégralement la foi, sans compromis ni dilution, et d’être apostoliques sans peur ni respect humain. la conclusion s’impose d’elle-même : il est temps d’œuvrer pour un véritable renouveau chrétien, courageux et décomplexé. C’est la mission que s’est donnée Nour Al Aalam. Plus que jamais, il est nécessaire de montrer les failles intellectuelles et historiques de l’Islam tout en annonçant la Bonne Nouvelle du christianisme aux musulmans. Car face à une foi qui s’affirme, seule une Foi encore plus vivante et fondée dans la Vérité pourra offrir une alternative salutaire.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/islam/29619-adieu-soulayman-itineraire-d-un-imam-salafiste.html

Adieu Soulayman itinéraire d’un imam salafiste, de Bruno Guillot & Marie Bourgois, journaliste spécialisée en histoire des religions.
Postface de Rémi Brague, membre de l’institut de France, Editions Nour Al Alam, 256 pages, 19.90 €.
Site à consulter : Nour Al Aalam – Sources : La Porte Latine pour cet article – Le Figaro – Cathobel – Marie de Nazareth

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