Communiqué de L’Oeuvre d’Orient :
L’Œuvre d’Orient exprime sa profonde préoccupation face à l’offensive israélienne au Liban, déclenchée dans le contexte de l’attaque menée par le Hezbollah contre Israël. Cette escalade militaire plonge le pays dans une guerre aux conséquences humaines et sociales dévastatrices.
Plus d’un million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile, soit près d’un Libanais sur cinq. Le bilan humain s’alourdit chaque jour, avec plus d’un millier de morts, dont plus d’une centaine d’enfants.
Cette guerre frappe durement, et souvent indistinctement, les populations civiles. Elle survient dans un contexte d’extrême fragilité : depuis plusieurs années, les Libanais subissent une succession de crises, économique, sociale et politique. En l’absence d’un État pleinement opérationnel, ce sont aujourd’hui les associations libanaises, les ONG internationales, les Eglises et communautés religieuses locales qui portent le poids de la réponse humanitaire, avec des moyens dramatiquement insuffisants dans un contexte mondial de recul de l’aide internationale.
Les villages du sud-Liban : des communautés menacées de disparition
Au Sud Liban des villages chrétiens, qui remontent aux premiers temps du christianisme, sont désormais presque totalement isolés du reste du pays. Ces communautés incarnent un témoignage vivant de foi, mais aussi de coexistence dans une région profondément éprouvée.
Malgré les ordres d’évacuation répétés, les bombardements, les destructions d’habitations et d’églises, les morts civils dont un prêtre, plus de 10 000 chrétiens font le choix courageux de rester chez eux. Ces populations ne sont pas armées et sont un témoignage de paix et de résistance pacifique.
Aujourd’hui, ces villages du Sud Liban font face à un risque existentiel. Les écoles chrétiennes, qui accueillaient plus de 10 000 élèves, chrétiens comme musulmans, ont été endommagées ou détruites. Le risque de rupture éducative est majeur une nouvelle fois dans ce pays.
La perspective d’une incursion terrestre élargie et de la création d’une zone tampon pourrait entraîner l’exil irréversible des habitants.
À cela s’ajoute une inquiétude concernant le patrimoine de la région. Le site archéologique de Tyr, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et placé sous protection renforcée depuis novembre 2024, est aujourd’hui directement menacé par les frappes israéliennes.
L’action de L’Œuvre d’Orient : une solidarité au cœur de la crise
Face à cette situation dramatique, L’Œuvre d’Orient est pleinement mobilisée. Présente au Liban à travers une équipe locale et des volontaires, elle intervient au plus près des besoins des populations. Elle apporte un soutien direct aux personnes déplacées, accueillies dans les congrégations religieuses, et les associations locales, sans distinction de confession.
L’Œuvre d’Orient soutient les hôpitaux chrétiens, tel que l’hôpital Geitawi et l’hôpital des Filles de la Charité. Elle vient également en aide à la préservation du patrimoine via la fondation ALIPH notamment en soutenant le projet de protection physique du site archéologique de Tyr. Les travaux seront réalisés en étroite coordination avec la Direction Générale des Antiquités (DGA).
Enfin, L’Œuvre d’Orient organise des convois d’aides humanitaires vers le Sud Liban, en coordination avec le nonce apostolique, Mgr Paolo Borgia, la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban) et d’autres partenaires comme Caritas Liban. A date quatre camions ont transporté 50 tonnes de produits de première nécessité à des villages isolés et d’autres convois sont prévus prochainement.
L’Œuvre d’Orient appelle la communauté internationale à :
- œuvrer sans délai à un cessez-le-feu durable ;
- garantir la protection des populations civiles, conformément au droit international humanitaire ;
- préserver l’accès humanitaire aux zones les plus touchées ;
- mobiliser des financements à la hauteur de la crise ;
- protéger le patrimoine culturel et religieux du Liban.
Aujourd’hui, la population libanaise est prise en étau dans un conflit qu’elle n’a pas choisi. Sans action rapide, le risque est immense : celui de voir disparaître des communautés entières, porteuses d’une histoire, d’une foi et d’un modèle unique de coexistence.
Depuis 2020 L’Œuvre d’Orient grâce à ses 80 000 donateurs particuliers français, a pu soutenir 2 986 projets à la hauteur de 46 millions d’euros.
