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Culture de mort : Euthanasie / France : Politique en France

Mais pourquoi le ministre Charlotte Parmentier-Lecocq est de retour à l’Assemblée nationale ?

Mais pourquoi le ministre Charlotte Parmentier-Lecocq est de retour à l’Assemblée nationale ?

D’un lecteur :

Vous ne la connaissez sans doute pas, mais elle était jusqu’au 22 février dernier « ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées ». Parachutée dans la 6ᵉ circonscription du Nord par La République en marche (LREM), Charlotte Parmentier-Lecocq y fut élue une première fois en 2017, avec pour suppléant Nicolas Blaringhem. En 2022, non seulement ce dernier refusa de se représenter à ses côtés, mais il alla jusqu’à appeler publiquement les électeurs à voter contre elle. Elle fut malgré tout réélu, avec les voix de La France insoumise (LFI), qui appela à voter pour elle dans le cadre du «barrage républicain». Aujourd’hui, alors qu’elle devrait se battre pour « sa » loi Grand Âge, déjà repoussée à maintes reprises malgré des promesses répétées, elle choisit de quitter le gouvernement pour retrouver son poste de député, pourtant abandonné en 2024 au profit de son très inexpérimenté (et très jeune !) suppléant.

La raison ? Non pas un désaccord de fond — encore faudrait-il pour cela afficher des convictions propres, non dictées par le parti — mais une « stratégie de la place chaude », pour reprendre l’expression employée par France 3. Car le calendrier ne doit rien au hasard. Son nouveau et jeune suppléant — qui est également son conjoint, de près de vingt ans son cadet (il y a décidément des constantes en Macronie) — est candidat aux municipales à Templeuve-en-Pévèle, en Flandre française. Or, en raison de la loi sur le non-cumul des mandats, si celui-ci venait à être élu maire, une législative anticipée deviendrait inévitable. Or une telle échéance serait très périlleuse, car année après année, le Rassemblement national progresse dans la circonscription !

Ouste la démocratie, donc — trop incertaine. Ouste la continuité de l’action publique — trop orientée vers le bien commun, du moins en théorie, et pas assez vers les intérêts de carrière. Et l’on quitte le gouvernement pour regagner la soupe du Palais-Bourbon et retrouver son fauteuil bien chaud avant qu’il ne devienne brûlant.

Mais le diable porte pierre. Paradoxalement, cet opportunisme cynique et peu soucieux de l’intérêt général pourrait presque apparaître comme un soulagement, tant la Ministre s’est illustrée comme l’une des chevilles ouvrières du projet de loi euthanasie et de son ouverture aux personnes handicapées, placées sous sa protection ! Le comble du glauque ! N’assumant d’ailleurs pas pleinement cette orientation — et à ce stade, ce serait presque rassurant — elle a affirmé, dans une vidéo diffusée en mai 2025, que la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations unies soutenait la légalisation de l’euthanasie pour les handicapés. Autrement dit, elle et la Macronie ne feraient qu’appliquer une dynamique impulsée, voire imposée, par l’ONU.

Or il n’en est rien — et la réalité est même inverse ! Comme l’a souligné la Fondation Lejeune, dénonçant une « fake news » et une « instrumentalisation inacceptable », la Convention ne reconnaît aucun « droit à mourir ». Elle affirme au contraire avec force le droit à la vie des personnes handicapées et impose aux États l’obligation de le protéger. Plus encore, le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU (CRPD), chargé de veiller à l’application de ce texte, a exprimé son « extrême préoccupation » et condamné les politiques qui étendent l’euthanasie ou le suicide assisté aux personnes handicapées.

Alors, Madame Parmentier-Lecocq s’en va… Bon débarras ! On risque néanmoins de retrouver cette pasionaria de cette loi digne de l’Aktion T4 lors des prochaines élections présidentielles, aux côtés d’Édouard Philippe, dont elle est l’un des plus fervents soutiens, alors même qu’il appelait il y a peu à la démission du Président de la République dont elle était la ministre et, en apparence, la servante la plus fidèle et servile (sans doute l’« en même temps » macronien). Démissionner à un an du scrutin, comme pour effacer d’ici là son lien avec une Macronie moribonde — alors qu’elle avait été systématiquement reconduite à son poste, malgré les dissolutions successives — n’est sans doute d’ailleurs, une fois encore, pas étranger à sa tactique de carrière. La boucle est bouclée…

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