Le Figaro a consulté une dizaine de contrats et documents relatifs à la maternité de substitution établis au Canada, aux États-Unis, en Ukraine, en Inde, au Cambodge et au Mexique :
Christian est une mère au foyer Américaine de 41 ans. Elle a trois enfants avec son époux et parle avec une pointe de tristesse et beaucoup d’affection de son «quatrième fils», Nathan, dont elle a été la mère porteuse. Comme certaines femmes, Christian a accepté de porter l’embryon de parents d’intention qui, d’après l’agence qui les a mis en contact, ne pouvaient mener une grossesse à terme. Séduite par les opérations de communication pro-GPA (gestation pour autrui) et animée par sa tristesse face à des proches stériles, elle a rejoint une agence en 2018. Son objectif était simple : aider des couples hétérosexuels qui ne pouvaient médicalement pas avoir d’enfants à devenir parents.
Grâce à un système semblable à celui d’une application de rencontre, l’agence l’a associée à un couple dont le profil correspondait, sur le papier, à ses attentes. Pourtant, rien ne s’est passé comme prévu. À peine inséminée, Christian souffre d’une hémorragie subchronique et doit rester alitée pendant toute la grossesse. Elle est prise de violentes nausées, prend énormément de poids, est contrainte de subir des transfusions sanguines «car les médecins craignaient que je me vide de mon sang en accouchant».
Dans son contrat qu’elle a partagé au Figaro, plusieurs clauses interpellent : ses rapports sexuels ne pouvaient avoir lieu sans l’accord de son obstétricien ; elle devait suivre un régime alimentaire très strict ; elle n’avait aucune intimité pendant ses rendez-vous médicaux auxquels les acheteurs souhaitaient être toujours présents…
Le contrat de Christian n’est pas une exception, il est même la norme, puisqu’il a été signé dans un des pays où la GPA est la plus encadrée au monde.
