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Tribune libre

Ni de droite, ni de gauche

Ni de droite, ni de gauche

Un lecteur du Salon Beige a laissé un commentaire particulièrement instructif sous mon dernier article concernant le collectif Némésis. *

Dans ce commentaire, il s’interrogeait sur le clivage droite-gauche en matière de politique. Pour lui, il se résumerait à une opposition entre catholicisme et marxisme :

« D’un côté, le marxisme rejette Dieu et tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi. À l’opposé, le catholicisme accepte et cherche l’unique vérité qui est Dieu, et où l’homme est créature de Dieu.

Nous pourrions donc très simplement définir la droite comme étant ce qui relève d’une idéologie catholique sans toute fois être obligé d’être baptisé, mais en adhérant simplement à ces principes philosophiques. Et la gauche comme étant ce qui se construit sur le marxisme. »

Toujours selon ce partage de la société actuelle, Emmanuel Macron se situerait à l’extrême gauche :
« Macron se retrouve à l’extrême gauche, la définition de la gauche n’étant ici pas attachée à un système économique en particulier. Il s’est en effet lui-même déclaré comme étant un « humaniste », réclamant toujours plus « d’humanisme » lors de son meeting à la présidentielle 2022. Or l’humanisme est un fondement du marxisme en tant que philosophie plaçant l’homme au centre et au-dessus de tout. »

Comme pour confirmer ces propos, Emmanuel Macron vient justement de se réjouir ce mercredi 25 février du vote de l’Assemblée Nationale en faveur de l’aide à mourir. Il a salué des débats respectueux et un vote allant dans le sens d’un modèle humaniste !

Cette approche de la rivalité entre humanisme et catholicisme n’est pas sans rappeler la vision de Hugh Benson dont j’ai eu l’occasion de parler dans un précédent article. * *

Dans son roman d’anticipation paru en 1906, ce prêtre remarquablement inspiré présentait la fin des temps comme un futur conflit entre catholiques et humanistes !

Tout cela nous ramène à un texte biblique particulièrement étrange remontant aux origines de l’humanité :

« Adam connu Eve sa femme et elle enfanta Caïn. Elle enfanta encore son frère Abel. Abel était berger et Caïn laboureur. Au bout de quelques temps, Caïn fit à l’Eternel une offrande des fruits de la terre, et Abel de son côté en fit une des premiers nés de son troupeau. L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et son offrande, mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et son offrande. Caïn fut très irrité et son visage fut abattu.

Comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur Abel et le tua ! »

Lue comme cela, cette histoire peut paraître difficile à entendre. Certains même y trouveront une situation profondément injuste : pourquoi Dieu accepterait l’offrande d’Abel plutôt que celle de Caïn ?

A présent, si on lit ce récit comme un texte prophétique, il devient immédiatement beaucoup plus compréhensible, on se retrouve alors face à notre fameuse opposition entre catholiques et humanistes !
Caïn s’approche de Dieu avec le fruit de ses efforts. Il préfigure toutes ces personnes qui comptent sur leurs propres forces pour établir un monde plus humain, un monde respectant la déclaration des droits de l’homme. De son côté, Abel se contente d’apporter un agneau de son troupeau. Il s’en remet à Dieu pour faire les bons choix : il offre un agneau nouveau né préfigurant sans le savoir le sacrifice de Christ. Même s’il ne comprend pas forcément la portée de son geste, il a confiance en Dieu et choisit d’écouter sa parole. Ainsi, ces deux frères ennemis symbolisent une lutte éternelle entre humanistes et croyants, entre ceux qui veulent bâtir un monde sans Dieu et ceux qui mettent leur confiance en leur Créateur. Et pour finir, les premiers cherchent toujours à éliminer les seconds par pure jalousie. Dire que ce récit transmit de générations en générations depuis des milliers d’années éclaire aujourd’hui les aléas de notre société, donnant même du sens au meurtre de Quentin !

* https://www.breizh-info.com/2023/04/17/218681/politique-le-clivage-gauche-droite-a-t-il-un-sens/

* * Le Maître de la Terre. – (12 Février)

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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7 commentaires

  1. Ah, mais c’est mon article dont il est question ! 😅 Heureux qu’il suscite des réflexions !

    Il y a effectivement deux regards philosophiques sur le monde qui sont irréductibles l’un à l’autre. L’humanité et l’individu sont amenés en permanence à reposer ce choix : pour et par Dieu, ou pour et par soi-même uniquement.

    En ce sens, j’ai récemment publié “L’Intimité assiégée”. Dans mon livre, je montre que l’aboutissement de l’humanisme est le transhumanisme, qui s’oppose parfaitement et rigoureusement au catholicisme. Le transhumanisme peut être vu, à la suite de Jean Coutrot, comme un mouvement philosophique qui réunit les humanismes (marxisme, libéralisme, fascisme, etc.), mais également comme l’aboutissement de la pensée de Descartes.

    https://cyberethique.fr/%F0%9F%93%96%EF%B8%8F%20L'Intimit%C3%A9%20Assi%C3%A9g%C3%A9e

  2. J’ai bien lu l’analyse que vous faites sur Caïen et Abel. Mais Caïen, dites-vous, s’approchait de Dieu, donc lui aussi offrait le fruit de son travail à Dieu. Par ailleurs, on ne dit pas comment cela s’est fait que Dieu a accepté l’offrande d’ Abel, sur quel signe ?
    Peut-être du Feu, comme dans l’A.T. ?
    Toujours est-il que votre déduction sur le fait que Caïen comptait sur ses propres efforts et Abel sur Dieu me paraît juste. Aujourd’hui encore, combien de croyants, catholiques, comptent sur leurs activités pour se faire reconnaître de Dieu et de la société, pour obtenir un “label” religieux, tout en n’étant pas convertis de coeur au Seigneur…

    • Merci pour l’intérêt que vous avez porté à cet article.
      Vous avez mille fois raison, même parmi les catholiques il y a des humanistes !
      Abel mettait toute sa confiance en Dieu, quitte à en mourir.

  3. Caïn et Abel est un bon sujet, mais tous les deux offrent le fruit de leur travail dans la création de Dieu. Le blé, les fruits et légumes pour le laboureur Caïn et l’agneau pour l’éleveur et pasteur Abel “situation profondément injuste : pourquoi Dieu accepterait l’offrande d’Abel plutôt que celle de Caïn ?”.
    Ce n’est donc pas l’offrande en tant que telle qui est ignorée par Dieu, rien ne le dit dans le texte de la bible.
    C’est plutôt ce qu’il y a dans le cœur de celui qui offre que se situe la décision de Dieu “qui sonde les cœurs et les reins”.
    “L’injustice” de Dieu se rencontre tous les jours et nous frappe tous. Tel est beau et riche et semble recevoir des faveurs alors que tel autre ne reçoit que difficultés et malheurs. Mais Dieu seul sait ce qu’il y a dans le cœur de l’un et de l’autre, et ce n’est pas toujours dans le même sens !

  4. Cette partition de l’humanité entre humanistes et catholiques me gêne un peu. Peut-on qualifier d’humanistes ceux qui militent pour l’avortement, l’euthanasie, le transgenrisme ? Ce qu’ils présentent comme étant fait pour le bien de l’humanité est en fait une abomination de mort et destruction. Difficile de les qualifier d’humanistes alors que cette notion définit ceux qui considèrent l’être humain comme la valeur suprême à fins de favoriser son épanouissement, certes sans Dieu.
    Je pencherais plus pour une opposition partisans/opposants de la loi naturelle, ou loi divine selon son positionnement, ce qui se fonde sur l’ordre divin contenu dans la Genèse établissant l’interdiction de consommer le fruit de l’arbre du Bien et du Mal.

  5. La naissance même de droite et gauche repose sur une référence à l’Apocalypse faite par les révolutionnaires eux-mêmes. La Gauche par définition, c’est l’opposition a Dieu et se ranger avec les damnés comme les jacobins à l’époque.

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