Un ancien chef d’établissement nous propose cet article :
Le silence du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique est assourdissant. Des milliers d’oreilles dans les établissements attendent le son de sa voix depuis quelques jours ! Le temps presse. « Demain pourra toujours causer » comme dit la formule.
Dans l’acharnement médiatique contre le collège parisien dans la tourmente, bon nombre des propos tenus sur les médias ont étalé une parfaite méprise et un parfait mépris de la loi Debré. S’il ne revient pas systématiquement au SGEC de défendre un établissement (et encore..), il lui revient en revanche de défendre le cadre des libertés éducatives qui sont actuellement attaquées et qui regardent les libertés fondamentales de tous les citoyens : liberté scolaire, liberté associative, liberté d’enseignement, liberté religieuse.
On n’a pas entendu le SGEC lorsque le ministère Blanquer a communiqué sa circulaire relative aux élèves dits « transgenres » selon l’abus de langage désormais consacré alors que :
- Cette circulaire n’a pas rang de contrainte et son caractère facultatif exigeait d’être souligné.
- Elle ne s’applique pas aux établissements privés qui n’y sont pas cités et cela doit être proclamé.
- Elle remet en cause l’anthropologie chrétienne au cœur des Projets Éducatifs des établissements.
- Elle méprise l’intérêt supérieur de l’enfant dont le SGEC se doit d’être le défenseur.
Pire, le SGEC a décidé l’an passé de communiquer cette circulaire en toute schizophrénie dans son guide national sur le sujet. Que votre oui soit oui et votre non, soit non.
On n’a pas entendu non plus le Secrétariat Général lorsque le Conseil à l’Évaluation des Établissements a décidé d’étendre cette évaluation aux établissements privés alors que :
- Les établissements privés ne sont pas en contrat avec l’état, ce sont leurs classes (art 4 – Loi de 59). Comment peuvent-ils dès lors faire l’objet d’une évaluation par l’État en qualité d’établissement ?
- Le SGEC a ouvert volontairement le champ éducatif et pastoral pourtant hors contrat au domaine de l’évaluation rendant inintelligibles les limites contractuelles.
Où est la défense des prérogatives de l’autorité de tutelle ecclésiale sur le champ hors contrat de l’établissement ?
On n’a pas entendu non plus le SGEC, lors des attaques sur l’IPS (Indice de Position Sociale) des établissements Catholiques, défendre les élèves et familles ainsi déconsidérées. Méprisant les OGEC et le principe de subsidiarité, le Secrétariat Général a engagé l’Enseignement Catholique (qui n’existe pas comme instance au regard de la loi de 59) dans un protocole, sans consultation des établissements, et sans garantir leur volontariat. Anticiper la baisse démographique en se portant vers les familles les moins aisées ne fait pas un projet éducatif.
On n’entend pas actuellement le SGEC défendre la non mixité, la culture chrétienne obligatoire comme statutaire du Projet éducatif pour tous, la liberté de présenter la pensée chrétienne sur les sujets de bioéthique et rappeler que tout cela est parfaitement légal dans le cadre du statut juridique des Établissements Catholiques. Dès lors, les exhortations à la première annonce, l’évangélisation, la pastorale infusant toutes les dimensions de l’établissement sont des mots creux.
Monsieur Delorme, le compte n’y est pas !
Le SGEC doit rendre des comptes à la Conférence des Évêques de France ! Mais avant tout à l’ensemble des acteurs des communautés éducatives qu’il représente dans les médias.
La loi Debré est une loi d’équilibre. Encore faut-il peser !
Que le SGEC retrouve sa conscience et le courage d’une parole à contre temps. C’est l’heure !
« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. »
Un chef d’établissement fraichement à la retraite et qui ne voit pas les choses d’un bon œil.
Ancien délégué académique d’une organisation professionnelle.

Shako
Tout comme les évêques qui ne s’expriment jamais sur les débats de socièté aussi importants….ou sont-ils?
Ils brillent par leur absence
Collapsus
Vous avez vu également un évêque réagir ? On a un SGEC conforme à nos évêques, à savoir le néant.
Anne Charlotte Lundi
Excellent article, mais l’anonymat est dommage.
C. Chotard
De plus en plus, les écoles catholiques sous contrat n’ont de catholiques que le nom. Ca n’est certainement pas pour rien que de nombreux parents se tournent vers le privé hors contrat, avec tous les sacrifices que cela implique.
Vianney
Impliqué dans un OGEC, je peux témoigner que l’étiquette “catholique ” n’a plus aucun sens. Le mot “catholique ” est désormais totalement dévoyé. Employé en permanence en réunion mais vidé de sa substance, l’enseignement “catholique ” a réalisé une circulaire pour l’accueil des enfants transgenres; imaginez la réinterprétation de l’enseignement de l’Eglise. Peu de professeurs sont pratiquants, parfois aucun.
Les évêques, patrons de ces écoles, ont une lourde responsabilité. S’ils ne veulent pas que leurs écoles soient véritablement catholiques, ils faut qu’ils démissionnent et laissent la place à de véritables pasteurs qui sauront que catéchiser la jeunesse est le préalable à un nouveau printemps de l’Eglise.
Ceci se existe en Pologne, les écoles catholiques sont de vraies écoles catholiques, des patronages sont proposés, les communautés religieuses sont très présentes. En France, il est tout à fait possible d’avoir de vraies écoles catholiques, ils faut justes que les évêques le veulent.
Shako
Hélas c’est très vrai, puisque les évêques ont plié bagage et nous ne savons pas ce qu’ils font puisque les prêtres sont eux aussi très souvent abandonnés…
philippe paternot
les évèques sont des zélites donc font comme les autres, ne s’occupent pas de vulgaires intérets