Lu sur le site de la Charte de Fontevrault ce “mot de M. l’Aumônier”:
Merci au Salon Beige d’avoir mis en ligne « la profession de foi catholique de la FSSPX pour éclairer les âmes face aux erreurs modernes » (voir ici), datée à Menzingen du 24 juin 2026, Nativité de saint Jean-Baptiste. Sans cela, et comme beaucoup d’autres, je l’aurais probablement loupée, et c’eût été dommage car c’est, à mon avis, le texte du siècle !
En une vingtaine de pages resplendit l’architecture classique admirable des dogmes de la Foi catholique, dans une cohérence qui enthousiasme l’intelligence que ces vérités éclairent. C’est d’une limpidité cristalline : on comprend tout, on adhère à tout sans réserve ; et on est confondu par ce sens d’élection gratuite qui nous appelle à connaître dès ici-bas de si grands mystères, avec la possibilité réelle d’y correspondre dans la sainte Église.
Mais la jubilation vient de ce que l’exposé est scandé par le rejet tout aussi lumineux des erreurs opposées à chacune de ces vérités. Comme le bétail qu’on vient de libérer de l’hiver à l’étable, exulte au printemps dans la liberté retrouvée des larges pâturages, on semble bondir d’un paragraphe à l’autre en une litanie triomphale qu’on voudrait sans fin :
Je crois… je professe…
c’est pourquoi je rejette… je réprouve donc…
Je crois fermement… je reconnais…
je rejette donc… je rejette par conséquent avec indignation…
Le coup de maître tient au fait : d’avoir rédigé à la première personne, ce qui renvoie singulièrement chacun au centre de son âme ; mais de faire du document une publication universelle qui permettra au plus grand nombre d’en juger ; précisément dans ces jours où le Consistoire extraordinaire convoqué à Rome par Sa Sainteté Léon XIV, met en présence le Pape et ses collaborateurs institutionnels pour son diocèse de Rome et le gouvernement de l’Église universelle, et ceux-ci les uns en face des autres.
Leurs regards se croisent, ils discutent, ils travaillent ensemble sur les sujets qui leur ont été fixés, mais chacun sait que dans l’esprit des autres comme dans le sien propre, retentissent les pas d’une marche qu’aucun pouvoir humain ne peut arrêter : je crois fermement… je confesse… et donc je rejette… je rejette tout ce qui va contre.. Mais alors moi : serai-je pris, ou bien laissé ? Et à quel prix ? Car voici le meilleur, le plus puissant, pour ne pas dire l’inexorable de cette profession de Foi catholique et du rejet des erreurs qui lui sont contraires : qu’ils en parlent ou qu’ils n’en parlent pas, chacun est dores et déjà assigné implacablement, non pas à sa conscience seulement, ni à la sainte Inquisition romaine, mais d’abord à la raison droite et à la rectitude de son jugement !
Le nœud de forfaiture est ainsi tranché, si vous me permettez l’allusion, latae sententiae : sans qu’il soit nécessaire de le dire. Les masques viennent d’être arrachés, comme à la pointe de l’épée, sans égratigner aucun visage ; du grand art ! Et voilà tous les esprits mis à nu devant la Vérité qui s’impose par elle-même avec autant de fermeté que de douceur. Quand l’Église a officiellement décidé de ne plus condamner les erreurs, on s’est efforcé, disait-on, de reformuler la foi de toujours dans un langage plus accessible aujourd’hui. La doctrine s’estompait sous des montagnes de mauvaise théologie incessamment démodée, pour laquelle on prônait l’exclusivité, en exigeant même la révérence due en principe au Magistère. Or, il s’agit pratiquement d’erreurs en contradiction flagrante avec les vérités immuables les plus hautes du Dépôt sacré de la Révélation et du Salut.
Depuis cinquante ans, ce texte était attendu, et d’aucuns avaient même escompté que ce serait peut-être le premier document du nouveau pontificat, après François. Il n’en fut rien. Quoi qu’il en soit, voilà qui est dit, et magnifiquement accompli : quod scripsi, scripsi, « ce que j’ai écrit, je l’ai écrit » (Jn 19, 22). La crise dite conciliaire est terminée : acta est fabula. L’épreuve de force, si elle devait se poursuivre, ne saurait se dénouer au niveau de l’Épiscopat : elle se joue, plus que jamais, au niveau de tous et chacun des Fidèles ; fondés à revendiquer et obtenir le respect de la Foi qui les sauve, et désormais superbement armés pour défendre les vérités divinement révélées, et rejeter sans concession les erreurs qui leur sont opposées, d’où que viennent les attaques, et quels qu’en soient les suppôts d’occasion ou de conviction.
A toutes fins utiles, voici les instructions évangéliques de Jésus pour la paix dans l’Église : « Si ton frère vient à pécher… » d’abord un reproche en particulier ; ensuite une réprimande en présence de deux ou trois témoins ; finalement, « considère-le comme un païen », c’est-à-dire en l’occurrence : ne lui donne plus un sou, ne participe plus à rien de ce qu’il promeut et trouve-toi un autre râtelier où l’on te nourrira, d’une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante. Remarquons que la séquence est conclue par les mêmes mots dits à Pierre pour lui conférer le pouvoir des Clés : « Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel » (Mt, 18,18). C’est dire, par cette analogie du Christ lui-même, quelle assurance doit avoir l’engagement des Fidèles dans l’Église ; sans exclure, par ailleurs, que leur action donne des idées aussi aux Francs pour les problèmes qui sont les leurs, en faisant voir que rien n’est impossible à Dieu !

Montalte
C’est bien de contribuer au débat mais le SB ne s’honore pas dans cette position soi-disant neutre qui n’est en fait que complaisance avec les dérives schismatiques. Ils se croient au dessus l’Eglise une sainte catholique et apostolique, ils confessent que leurs ambitions perso sont supérieures à l’unité de la Tunique du Christ, ils rejettent l’autorité du Pape et la plus élémentaire charité envers leurs frères catholiques. Relire 1 Jean.
Collapsus
Cette remarquable profession de foi de la FSSPX est effectivement à conserver et à opposer à tous les détracteurs patentés missionnés par la nouvelle Eglise issue de Vatican II qu’on veut nous imposer. Ce texte devrait leur être envoyé en vue de leur demander de se positionner par rapport aux vérités de base qu’il contient, loin de tout artifice de langage et de rhétorique : approuvez-vous ou rejetez-vous cette affirmation ?
Le reste n’est que littérature dévoyée, juridisme abusif et tromperie sémantique.
dollie
Pour Montalte :
– Thomas Cajetan écrit : « Il faut tenir tête à un pape qui déchirerait l’Eglise. […] Sinon, pourquoi dire que l’autorité a été donnée pour édifier et non pour détruire (2Co 13, 10) ? Contre un mauvais usage de l’autorité, on emploiera les moyens appropriés, en n’obéissant pas dans ce qui est mal, en ne cherchant pas à plaire, en ne se taisant pas, en reprenant, en invitant les autorités à faire les reproches nécessaires, à l’exemple de Saint Paul et selon son précepte. » (Cajetan, De comparatione auctoritatis papae et concilii, Angelicum, 1936, n°412.)
-François de Vitoria dit : « Si le pape, par ses ordres et ses actes, détruit l’Eglise, on peut lui résister et empêcher l’exécution de ce qu’il commande » (François de Vitoria OP, Obras, BAC, 1960, p. 486 – 487)
– François Suarez, qui est considéré comme le plus grand théologien jésuite, enseigne : « Si le pape prescrit quelque chose qui soit contre les bonnes mœurs, on n’a pas à lui obéir. S’il entreprend quelque chose qui s’oppose avec évidence à la justice et au bien commun, il est permis de lui résister. » (Suarez, Opera omnia, Paris, 1856, X, p.321 (Tractatus de fide dogmatica, disp.10, sect.6, n.16)
– Saint Robert Bellarmin écrit : « Tout comme il est permis de résister à un pape qui commet une agression corporelle, de même il est permis de lui résister, s’il fait du mal aux âmes ou trouble la société et, bien à plus forte raison, s’il cherchait à détruire l’Eglise. Il est permis, dis-je, de s’opposer à lui en n’accomplissant pas ses ordres et en empêchant que sa volonté soit réalisée. » (St Robert Bellarmin, De romano pontifice, livre II, chapitre 29.)
NB : Nous ne savons pas si le pape cherche à détruire l’Eglise, mais objectivement, il accomplit des actions qui détruisent l’Eglise (par exemple en nommant plusieurs évêques pro-LGBT). Les paroles de Saint Robert Bellarmin s’appliquent donc à notre cas.
– Saint Robert Bellarmin approuva la proposition 15ème des théologiens de Venise, qui disaient que « quand le Souverain Pontife fulmine une sentence d’excommunication qui est injuste ou nulle, on ne doit pas l’accepter ».
La soumission au pontife romain n’implique donc pas une obéissance sans limites. Ce qu’il faut, pour ne pas être schismatique, c’est accepter le principe de la soumission à l’autorité du pape, si celui-ci était un bon pape.
– Cajetan explique cela :
« Si quelqu’un, pour un motif raisonnable, tient pour suspecte la personne du pape et refuse sa présence et même sa juridiction, il ne commet pas le délit de schisme, ni n’importe quel autre, pourvu qu’il soit prêt à accepter le pape s’il n’était pas suspect. Il va de soi qu’on a le droit d’éviter ce qui est dommageable et de prévenir les dangers. De fait, il peut se faire que le pape gouverne de façon tyrannique, et cela est d’autant plus facile qu’il est plus puissant et ne redoute sur cette terre aucun châtiment de la part d’autrui. » (Thomas Cajetan OP, Commentarium in II-II, 39,1)
Collapsus
Bravo pour cette réponse richement dotée et référencée.
lecer
La tragédie de la Charte de Fontevrault aujourd’hui (son fondateur et penseur initial ayant jeté l’éponge) n’est pas de soutenir la démarche de la FSSPX, c’est de le faire de plus en plus ouvertement sous les auspices d’un prophétisme ésotérique prétendument providentialiste. Au point de n’être plus aujourd’hui qu’une désolante coquille vide.
Chouandecoeur
A lecer,
1. Le Président-Fondateur de la Charte de Fontevrault, M. Alain Texier n’a pas jeté l’éponge comme vous dites. Il est toujours présent mais a jugé opportun et utile de déléguer ses pouvoirs au Connétable de la Charte qu’il a nommé lui-même lors du Chapitre général de la Charte du 25 août 2024, par prudence et pour préparer sa succession. Il sera surpris certainement d’apprendre qu’il “a jeté l”éponge”.
2. La Charte de Fontevrault défend et soutien la vérité.
. Quand la FSSPX affirme une vérité, pourquoi ne la soutiendrions-nous pas ?
. Quand la FSSPX dit des inepties, pourquoi la soutiendrions-nous ?
3. Vous avez dit “Tragédie”.
La Charte de Fontevrault ne vit aucune tragédie… ni en interne, ni en externe. C’est vous qui l’affirmez péremptoirement, sans doute parce que l’orientation de la Charte, qui n’a pas changé depuis 1988, ne vous sied sans doute pas. C’est bien plus plutôt la France qui en vit une et ce depuis 235 ans, tragédie que personne ne veut nommer parce que tabou, et qui est le rejet du Droit divin le 14 septembre 1791, cause ontologique de tous nos maux et de l’instabilité chronique de tous les régimes qui ont suivi. Sachez qu’en 235 ans, la France a changé 11 fois de régime, soit tous les 21 ans c’est-à-dire à chaque génération. C’est à comparer aux 1295 ans de Royauté Très Chrétienne.
4. “Soutenir la FSSPX de plus en plus ouvertement sous les auspices d’un prophétisme ésotérique prétendument providentialiste”.
C’est la FSSPX qui va être contente d’apprendre ça…!
Que je sache, l’ésotérisme n’est pas la tasse de thé de la FSSPX… la FSSPX a suffisamment de tasses d’absinthe à boire pour que vous lui ajoutiez celle-là.
5. “prophétisme ésotérique prétendument providentialiste” ?
La Charte de Fontevrault est le seul organisme du Royalisme providentialiste revendiqué.
Rien d’ésotérique (syn. initiatique, occulte) dans ce que la Charte dit ou fait !
La Charte s’appuie sur des prophètes exotériques (divulgation publique), d’abord ceux des Écritures, mais aussi Jeanne la Pucelle d’Orléans qui a été prophétesse, et des religieuses moins connues, mais si vous voulez être à la pointe de l’information, lisez donc dans le texte Marie-Julie Jahenny : actuellement on la suit à la trace dans le cours des événements
Bien à vous,
Le Connétable de la Charte
Cjouandecoeur