La sénatrice LR Muriel Jourda rappelle des évidences :
Nous exprimerions tous des opinions personnelles sur la mort – la mort administrée, en l’occurrence – parce que nous en avons tous une expérience personnelle dans notre entourage proche. Mais notre vie ne peut servir d’unité de mesure à l’intérêt général ! Gardons-nous de bouleverser les fondements de notre société sur la base d’expériences personnelles.
La liberté de mourir existe en droit : c’est le suicide. Dès lors que vous faites intervenir un tiers qui fournit, prescrit ou injecte un produit létal, vous créez un droit, avec son créancier mais aussi son débiteur. Or provoquer la mort est le pire des crimes dans notre code pénal. Nous inversons donc totalement les valeurs sur ce point.
Il y aurait beaucoup à dire sur la fraternité, dont le Président de la République a parlé. Que souhaitons-nous à nos frères qui souffrent ? Leur tendons-nous la main ou la seringue ?
Il y va de notre vision de la société. Sommes-nous des désirs juxtaposés attendant de l’État qu’il les réalise tous ? Rappelons-nous que la fin ne justifie jamais les moyens politiques et qu’il faut des principes. Notre pays en a, notre civilisation en a. Ne les bouleversons pas pour répondre à la pulsion d’un moment, qui nous mènerait vers une société très éloignée de la fraternité.
