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Culture de mort : Euthanasie

Réponse à Jean-Luc Roméro

Réponse à Jean-Luc Roméro

Pour discréditer la Marche pour la Vie d’hier, Jean-Luc Roméro m’a fait le discutable honneur d’un tweet :

Favorable à la peine de mort, éditeur des Mémoires de Jean-Marie Le Pen, condamné pour injure homophobe, contre toutes les libertés individuelles… N’en jetez plus ! Il a, semble-t-il, oublié de préciser que je mangeais des enfants au petit-déjeuner. Mais je ne doute pas que ce soit pour la prochaine fois.

Plus sérieusement, pour que cet énergumène se sente obligé de mentionner la Marche pour la vie ou votre serviteur, il faut croire que la journée d’hier a été un succès. Nous le pensions. Mais je suis ravi qu’un observateur aussi « avisé » le confirme. Cependant, je voudrais préciser tout de même quelques éléments – les inepties non contredites ayant la fâcheuse habitude dans le monde bizarre où nous vivons à devenir des « vérités ».

Tout d’abord, je ne vois pas bien en quoi mes défauts ou mes péchés (que je connais, hélas, mieux que M. Roméro) devraient être assumés par tous ceux qui marchaient avec nous hier. Je ne pense pas, par exemple, que tous étaient « pour la peine de mort ». Et donc, à supposer que ce soit scandaleux, pourquoi donc cela devrait-il concerner tous les manifestants ? Avec ce genre de « raisonnement », on peut dire tout et le contraire de tout. Par exemple, ceci : la fiche Wikipédia de M. Roméro montre que c’est une girouette qui a été élue tour à tour sous l’étiquette UMP et sous l’étiquette PS (sans doute pour justifier l’existence de l’UMPS que dénoncent régulièrement certains adversaires des deux partis…). Comme il a été président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), devrais-je, pour suivre sa brillante « logique », supposer que tous les militants de l’ADMD sont des girouettes ? C’est tout simplement idiot.

Mais, à vrai dire, si je suis donc bien conscient d’avoir des défauts (et j’aurais par conséquent été ravi que de meilleurs que moi prennent la présidence de la Marche pour la vie – je ne désespère d’ailleurs pas : croyez-moi, il y a dans ce merveilleux vivier de jeunes et magnifiques militants de quoi assurer mieux que la relève et là, le sieur Roméro aura autrement plus de souci à se faire !), j’ai beaucoup de peine à voir pourquoi ce qu’il me reproche constituerait des défauts. Je crains même qu’il ait imprudemment attiré l’attention sur la logique totalitaire que je soupçonne précisément dans la loi euthanasie contre laquelle nous marchions particulièrement cette année.

Alors, prenons ses griefs un par un.

Je suis donc « pour la peine de mort ». C’est vrai. Mais il est assez paradoxal qu’un militant de l’ADMD me le reproche. Car, pour ma part, je suis favorable à ce que les coupables de certains crimes particulièrement graves puissent subir cette peine. Mais je suis très hostile à ce que des innocents soient mis à mort. Lui tient à nous faire savoir qu’il est pour l’euthanasie et pour l’avortement, c’est-à-dire pour la mise à mort des innocents, tout en la refusant pour les coupables. Je dois être idiot mais j’avoue que je ne comprends pas sa position. En tout cas, s’il y a quelqu’un qui devrait s’interroger sur l’incohérence de sa doctrine, je ne suis pas sûr que ce soit moi…

J’ai été l’éditeur des Mémoires de Jean-Marie Le Pen. C’est encore vrai. Le vieux royaliste, le plus vieux encore militant « catho » que je suis a eu mille sujets de désaccord avec Jean-Marie Le Pen – y compris certains que j’ai publiquement exposés – mais je confirme que j’ai trouvé ahurissant qu’aucun grand éditeur ne veuille publier ces Mémoires. Cela ne me semble pas un excellent signe de la santé de notre débat public. Comment expliquer qu’un personnage politique de cette importance soit ignoré et censuré ? Au passage, il est assez singulier que quelqu’un qui m’accuse de refuser « toutes les libertés individuelles » m’accuse ici d’avoir défendu la liberté d’expression. A moins que M. Roméro ne soit, en réalité, pour certaines libertés individuelles et contre d’autres…

Ce qui m’amène à la « condamnation pour injure homophobe ». D’abord, sauf erreur de ma part (et l’erreur est loin d’être exclue car j’ai dû dépasser la vingtaine de procédures…), la condamnation de 2024 à laquelle il fait allusion n’est pas définitive. Je suis en tout cas en première instance, en appel et même en cassation dans plusieurs procès pour « homophobie » parce que je ne crois pas que la légalisation du “mariage pour tous” a rendu caduc l’enseignement du Catéchisme de l’Eglise catholique. J’imagine que cela aggrave mon cas. Mais, cela pourrait également aggraver celui de mon censeur. Car figurez-vous que dire de quelqu’un qu’il est condamné alors que la condamnation n’est pas définitive relève de la diffamation. Seulement voilà, personnellement, je ne suis pas un grand fanatique de ces méthodes totalitaires qui consiste à demander à la justice de régler les différends politiques. Décidément, nous n’avons effectivement pas la même conception de la liberté.

Mais il y a plus grave. Ces procès pour « homophobie » que je subis de la part des petits camarades du sieur Roméro sont des conséquences plus ou moins lointaines de la loi Taubira – dont on nous avait pourtant clamé, la main sur le cœur, comme à chaque loi « sociétale », et en particulier comme on nous le serine aujourd’hui sur l’euthanasie, qu’elle ne faisait que donner de nouveaux droits à certains sans en enlever à personne. Nous disions nous – et, malheureusement pour moi, la justice, instrumentalisée par le lobby LGBT, nous donne raison – qu’au contraire, la loi Taubira enlèverait des droits à beaucoup. Bien sûr, d’abord, aux enfants le droit d’avoir un père et une mère. Mais aussi à nous tous, et notamment aux religieux, le droit de défendre le mariage traditionnel. Nous y sommes donc, M. Roméro a la délicatesse de nous le rappeler. Et, naturellement, il attire ainsi l’attention des distraits sur le fait que la légalisation de l’euthanasie ne fera pas exception : elle créera peut-être de nouveaux droits pour certains, mais elle en enlèvera aussi à beaucoup. Par exemple, si la version de l’Assemblée est adoptée, elle entraînera la fermeture de tous les hôpitaux liés à des congrégations religieuses et donc supprimera des milliers de lits dans un système de santé déjà exsangue : croit-on vraiment que cela n’aura aucune conséquence sur personne ? Et, bien sûr, tôt ou tard, nous aurons des situations sordides où l’on dira aux vieillards : à votre âge, ce traitement n’est plus remboursé, mais rassurez-vous l’euthanasie est remboursée par la Sécurité sociale. D’ores et déjà, certains diabétiques sont éligibles à l’euthanasie. Et tout le monde sait bien que, dès le vote de la loi, les promoteurs de la culture de mort sont prêts pour l’étape suivante : il y aura l’euthanasie des mineurs, des dépressifs, et combien d’autres lois permissives… A chaque fois en n’enlevant aucun droit à personne, naturellement !

M. Roméro dit s’être senti insulté par la Marche pour la vie. C’est tout à fait regrettable pour lui. Mais, personnellement, j’ai trouvé magnifique cette jeunesse ardente, joyeuse, priante (car oui, pour aggraver notre cas, nous avions aussi une veillée de prière pour la vie le samedi soir et une messe des bénévoles le dimanche matin, sans parler de manifestants qui récitaient le rosaire en fin de cortège, comme chaque année !…). Dimanche était l’une de ces journées qui nous donnent de l’espérance pour l’avenir de notre France. Je comprends que ce soit douloureux pour des individus qui n’ont que la mort à contempler. En tout cas, il est désormais évident que, si nous n’avons pas gagné – loin de là ! –, eux, du moins, ont déjà perdu : la jeunesse de France est pro-vie. Eh bien, oui, M. Roméro, je n’ai aucune honte à le reconnaître : je préfère être avec ces merveilleux marcheurs d’hier que dans vos cénacles morbides et macabres !

Guillaume de Thieulloy

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2 commentaires

  1. Vous devriez quand même porter plainte pour diffamation. Ca marche de temps en temps et vous êtes bien placé pour savoir que cela aide à lutter contre des adversaires. C’était un honneur de marcher hier, des membres de ma famille qui ne venaient jamais se sont mobilisés cette fois-ci. Il faut dire que, outre les jeunes, des Gen X voient mourir leurs parents après une période de dépendance et une fin de vie pas toujours facile. Ils voient comment ils seraient liquidés sans pitié et sans soins si la loi était déjà passée. Et il faisait moins froid que l’an dernier

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