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Culture de mort : Euthanasie

“Si tuer est un crime, l’euthanasie est un crime contre l’humanité”

“Si tuer est un crime, l’euthanasie est un crime contre l’humanité”

Intervention du sénateur Stéphane Ravier à la tribune hier :

Dans la France des Lumières, la patrie des droits de l’homme, le pays de la tolérance, de la bienveillance et du vivre-ensemble la vraie compassion consiste à tuer, le vrai accompagnement à abandonner, le vrai soulagement à se suicider… La mort devient un soin ; ce que l’homme considère comme le plus grand malheur, une douceur. Quelle inversion des valeurs !

La légalisation de l’euthanasie nous fait entrer dans l’ère de la souveraineté individuelle absolue. Plus de limites, tout est possible. Le wokisme et les marchands de mort triomphent. Après avoir déboulonné les statues des figures de notre histoire, ils détruisent une pierre angulaire de notre civilisation helléno-chrétienne, du serment d’Hippocrate au « Tu ne tueras point ».

Cette rupture anthropologique aurait pour conséquence la méfiance et la division dans les familles, la défiance envers le corps médical, un coup d’arrêt à la recherche. Ce serait une dévaluation sans précédent de la vie, la porte ouverte aux pulsions morbides –  bref, la décivilisation.

Face à ce danger, soit le Sénat fait preuve de la sagesse dont il se réclame, soit il n’a aucune utilité et devient lui-même bon pour l’euthanasie. Dans une étude détaillée, la Fondapol montre que les Français ne souhaitent pas l’euthanasie. Mais tout cela serait fait « en responsabilité »… Je crois les rapporteurs sincères lorsqu’ils parlent de garde-fous et autres lignes rouges. Mais, ces lignes prétendument infranchissables, nous les voyons tomber une à une sur tous les textes bioéthiques ! Elles ont pour seul but d’acter une défaite par avance tout en se lavant les mains de la responsabilité de ce qui est décidé.

La perspective d’un homicide légal laisse présager les pires dérives alors que nous ferons face, dans les années qui viennent, à un mur du vieillissement. Une fois que l’interdit de tuer sera levé, quel garde-fou pourra-t-il tenir ? Demain, nous aurons l’euthanasie pour tous. Y seront éligibles les personnes atteintes d’une maladie mentale, les handicapés, les enfants, les encombrants, avant que l’euthanasie ne soit constitutionnalisée.

Certaines personnes en fin de vie connaissent une souffrance extrême. Ce fut le cas de certains de mes proches. Ce sera peut-être le mien. Nous sommes donc appelés à la plus grande humilité, à la plus grande humanité.

Mais, face à cette détresse, je prône, pour ma part, l’aide à vivre ; je suis favorable à un meilleur accompagnement, pas à l’abandon. Je me suis engagé en politique contre l’esprit de défaite, pour servir l’espérance et être un praticien de la solidarité. Voter ce texte serait trahir ma vocation d’élu.

Notre pays commet l’indignité de ne plus parvenir à soigner sur tout son territoire et a pour ambition de faire mourir dans la dignité. Derrière une immense hypocrisie, c’est un renoncement à la fraternité élémentaire, une inversion du sens de l’action politique. Ce qui nous manque, ce ne sont pas des lois, des mots ou des transgressions, mais des soignants, des moyens et des unités de soins palliatifs – 17 départements n’en comptent encore aucune.

Dans ces conditions, nous ferons inévitablement face à des euthanasies par dépit, certaines personnes n’ayant le choix qu’entre l’angoisse d’un hôpital exsangue ou d’un Ehpad déshumanisant et la crainte d’être un poids pour leurs proches.

Mes chers collègues, je vous en conjure : ne cédez pas au chantage, au ringardisme et à l’euthanasie de la conscience. Faisons échec à la culture de mort ! Si tuer est un crime, l’euthanasie est un crime contre l’humanité. C’est donc face à l’histoire de l’humanité que nous devons, en notre âme et conscience, prendre nos responsabilités.

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