Le Syndicat de la Famille alerte sur les effets délétères de la tendance « no kids » et appelle la SNCF à revoir d’urgence sa copie :
Alors que la natalité en France est entrée en zone rouge, la décision de la SNCF de créer un nouvel espace « premium » dans certains TGV dans lequel les enfants de moins de 12 ans ne seraient pas acceptés suscite une vive et légitime indignation. L’interdiction des enfants dans l’espace « Optimum Plus », qualifiée de quiet zone, est justifiée par le souhait d’un confort accru pour les clients professionnels. « Affirmer que le confort des adultes passe par l’absence d’enfants véhicule un message profondément négatif sur la place des familles dans notre société », dénonce Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille. Cette offre, bien qu’a priori marginale (environ 8 % des places et limitée aux jours de semaine), s‘inscrit dans une tendance plus large qui consiste à exclure les plus jeunes de certains espaces publics ou services, au motif qu’ils seraient “incommodants”.
Les enfants rendent la société mobile et dynamique
Encourager le développement du mouvement « no kids », qui vise à segmenter l’offre de services entre adultes et enfants, n’est pas sans conséquence : marginalisation des familles, isolement des parents avec enfants, banalisation de l’idée que les enfants seraient une gêne plutôt qu’une richesse. Cela va aussi à contre-courant du défi démographique que la France doit aujourd’hui relever.
Dans ce contexte, l’idée de créer des espaces de vie ou de services qui excluent explicitement les enfants est doublement scandaleux : d’une part, elle stigmatise les familles alors que chaque naissance compte pour l’avenir du pays ; d’autre part, elle envoie un signal culturel délétère qui dévalorise la parentalité à un moment où la France cherche toutes les forces vives possibles pour inverser sa trajectoire démographique.
« Cette controverse n’est pas une question de confort ponctuel mais traduit un choix de société. D’une part les symboles ont de l’importance, et d’autre part, concrètement, les transports publics, pas plus que les espaces publics, ne doivent devenir des espaces segmentés selon l’âge des usagers. Voyager en famille n’est ni une anomalie ni un problème à corriger, mais une réalité à accompagner » souligne Ludovine de La Rochère.
Le Syndicat de la famille appelle donc la SNCF à revoir sa politique d’offre premium en tenant compte de l’importance de l’intégration des familles dans le service public ferroviaire mais plus encore, en changeant d’état d’esprit vis-à-vis des enfants : certes, ils peuvent être agités, mais ils changent toute l’atmosphère d’une société, qu’ils rendent mobile et dynamique, et assurent son avenir.
