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Triste constat sur une école catholique qui n’est plus que privée

Triste constat sur une école catholique qui n’est plus que privée

Deux articles montrent ce que beaucoup de parents catholiques regrettent depuis des années : l’école privée catholique n’est plus que privée, sa vocation n’est plus que pédagogique, il n’est plus question de catéchisme ou d’évangélisation. Tel le ministre de l’éducation nationale, Pap N’Diaye, avouant son impuissance face au harcèlement, les évêques semblent constater cette déroute de manière passive.

Alors que le nombre de demandes d’inscription explose, l’enseignement catholique pourrait privilégier les dossiers “catholiques”. Mais non, il faut privilégier le vivre-ensemble, quitte à ouvrir les portes des écoles privées aux musulmans qui arrivent en masse pour échapper au wokisme LGBT du public et à l’absentéisme des professeurs fonctionnaires . Un comble !

Ainsi, de nombreux parents qui ont grandi hors de la sphère catholique et ont toujours cru dans le public se tournent désormais vers le privé :

“Ils ont sauté le pas il y a quelques années. Christine et Jalelle, couple d’infirmiers à l’hôpital public, franchissent calmement les portes du lycée privé Jeanne-d’Arc de Thonon les- Bains (Haute-Savoie). Tous deux se disent “attachés” à l’enseignement public où ils ont effectué leur scolarité, entourés “d’excellents profs”. Mais depuis six ans pourtant, année de l’entrée au collège de leur fille Ambre, ils misent sur le privé, séduits par les “bons” résultats de ces établissements par rapport à un public qu’ils jugent “délaissé” par l’État (…)

Hors de question que leur fille aille au lycée public du secteur. Cette année, le fils d’une de leurs collègues n’a pas eu d’enseignante pendant trois mois. “C’était mon cas aussi l’année dernière”, se rappelle Ambre. Sa mère la reprend immédiatement: “Oui mais d’autres professeurs se sont arrangés entre eux pour assurer les cours…”

Alors que Jalelle est musulman et Christine athée, la famille ne considère pas l’enseignement religieux comme une priorité. “Seule compte l’excellence que semble offrir le privé”, poursuit, en aparté, la mère d’Ambre. Une famille dont le profil se retrouve de plus en plus dans le paysage scolaire privé. “Il y a vingt ou trente ans, 99 % des élèves étaient catholiques, se souvient Philippe Delorme, secrétaire général de l’Enseignement catholique. Ce n’est plus le cas de nos jours, la société a évolué.” (…)

Un phénomène confirmé par Christophe Bansard, le proviseur du lycée Jeanne-d’Arc. S’il assure “ne pas vouloir relancer la guerre scolaire avec le public”, il reçoit souvent des parents n’ayant pas grandi dans une communauté chrétienne et pourtant “séduits par son offre pédagogique”. “L’attractivité de l’enseignement catholique semble désormais une affaire de marché scolaire plutôt que de raisons religieuses“, confirme François Dubet, sociologue et spécialiste de ces questions (…) “Les jeunes parents nés dans les années 1980- 1990 mettent aujourd’hui leurs enfants dans le privé alors qu’ils avaient eux-mêmes fait leurs études dans le public et qu’ils s’affirment de gauche“, analyse le politologue Jérôme Fourquet (…). “Le privé est devenu le refuge contre le sentiment de déclin général de l’Éducation nationale”, décrit à ce propos le politologue Jérôme Fourquet.”

Dans une interview, Philippe Delomme, secrétaire général de l’Enseignement catholique, confirme ce constat de déchristianisation de l’enseignement privé :

C’est ce qui attire les nombreuses familles de confessions non catholiques ou même athées qui se tournent vers vous?

Les motivations des parents sont diverses. Je crois que de nombreuses familles nous choisissent parce que nous sommes catholiques, mais elles n’en sont pas vraiment conscientes. Par exemple, des parents musulmans se tournent vers notre éducation car nous parlons de Dieu. Ce qui m’intéresse, c’est que ces familles se tournent vers nous par choix car notre projet éducatif correspond à ce qu’elles veulent pour leur enfant.

Avez-vous donc changé votre enseignement religieux ?

Forcément, nous ne proposons plus le même enseignement qu’il y a vingt ou trente ans, lorsque 99 % des élèves étaient catholiques. Depuis notre société a évolué. Les élèves n’assistent plus à la messe tous les jours. Notre préoccupation est donc de continuer à assurer un enseignement de qualité dans une société sécularisée et déchristianisée. Il ne s’agit pas de renoncer à parler de catholicisme mais de se rendre intelligible, grâce aux cours de culture religieuse par exemple. Mais on ne peut pas imposer aux élèves de croire ; la catéchèse est donc réservée aux élèves croyants ou ceux qui sont en cheminement.

Ce qu’il faut surtout, c’est qu’au cours de sa scolarité, un élève entende parler du message du Christ. Pour certains élèves, c’est une découverte totale et ils n’ont jamais entendu parler de Jésus. Et pour ceux qui ont déjà des connaissances chrétiennes, ils découvrent d’autres religions. C’est notre force de pouvoir proposer une laïcité ouverte où la liberté religieuse est partagée. Je suis convaincu que cela participe à une société plus fraternelle.

La différence est effectivement sociale comme le montre une étude évoquée dans le premier article qui “conclut que les performances des écoles publiques sont aussi bonnes que celles du privé à situation sociale équivalente des élèves. Le pourcentage d’élèves issus de milieux défavorisés s’élève à 42,6 % dans le public et à 18,3% dans le privé, ce qui n’est pas négligeable mais nettement en dessous.

L’enseignement privé catholique a voulu faire du business plutôt que du spirituel et a ainsi ouvert le flanc à la critique d’avoir sélectionné ses familles sur des critères sociaux, d’où l’attaque récente de Pap N’Diaye. Si l’enseignement privé voulait redevenir catholique, il suffirait que la religion soit un critère déterminant et il faudrait accepter un peu plus d’enfants en difficulté scolaire et être par conséquent moins élitiste.

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14 commentaires

  1. Résultat qu’on voyait venir des accords Lang-Cloupet de 1992 qui ont littéralement asservi les écoles sous contrat. Vive les écoles catholiques hors-contrat !

  2. Vous généralisez trop: il reste des écoles vraiment catholiques, où tous les élèves participent au catéchisme de la PS à la terminale, où il y a des baptêmes et des confirmations en grand nombre, y compris d enseignants ou de parents. Bien sûr les programmes sont rigoureusement ceux de l enseignement national, ce qui ne veut pas dire qu il n y a pas une vraie liberté, et que la foi n y soit pas agissante.
    Il est un peu lassant de vouloir toujours opposer l enseignement catholique sous contrat et hors contrat, les deux ayant leurs défauts et leurs qualités, mais étant pour beaucoup de familles complémentaires.

    • Donnez nous des noms ! Nous sommes curieux ! Vous tenez des propos contradictoires : ” Bien sûr les programmes sont rigoureusement ceux de l enseignement national, ce qui ne veut pas dire qu’il n y a pas une vraie liberté “. Liberté de l’éducation sexuelle et sur le genre dès le primaire ? Les écoles hors contrat se font retoquer justement parce qu’elles refusent certains éléments de ce programme. Quand on est subventionné on perd sa liberté.

  3. Moi qui ai fait toute ma scolarité dans l’enseignement privé catholique dans les années 70-80, je peux vous dire que la messe tous les matins ça n’existait déjà plus. Et pourtant j’étais pensionnaire. Il y avait à peine quelques messes au cours de l’année scolaire. Quant au catéchisme, il n’existait pas non plus (collège et lycée), tout au plus une séance de discussions sur des sujets divers. Dieu merci, on ne nous pas fait découvrir d’autres fausses religions comme cela semble être le cas aujourd’hui.

  4. Je veux bien vous donner des noms, mais pas sur site public, il y a suffisamment de chasse aux sorcières (regardez ce qui arrive à Stan ce printemps). Sachez juste que dans notre école, nous avons plus du tiers des confirmations du diocèse en interne, que les confessions sont proposées à tous les enfants (et que plus de 80% se confessent à ces occasions) , que l education sexuelle est proposée (xy, cycloshow,…) avec l accord et la participation des parents.
    Beaucoup d écoles sous contrat vraiment catholiques ( Stan, Gerson, Saint Jean de Passy) ont été persécutées. Ne vous étonnez donc pas que je ne vous donne pas de liste…

    • Exception confirmant la règle malheureusement. Je pourrais vous donner la longue liste des lycées privés ne pratiquant plus ce minimum religieux, ceux-là ne seront pas persécutés.

    • Que des écoles parisiennes en somme.
      Le fait est que, même si certains établissements privés sont encore vraiment catholiques, je pense que vous ne nierez pas qu’ils soient devenus extrêmement minoritaires.
      Mais je suis d’accord avec vous, le sous contrat et le hors contrat se révèlent souvent complémentaires dans les faits.

      • Il y a des écoles de province, même si en effet elles sont extremement minoritaires. Donner leur nom ne ferait que les mettre sous les feux de la rampe, et attirer sur elle une persécution. Il y a aussi dans le Supérieur des écoles vraiment catholiques.

        • Peut-être avez-vous raison.
          Cela dit, cela permettrait aussi incidemment d’y l’être nos enfants, voire de soutenir ces écoles le cas échéant.

  5. Une fois n’est pas coutume, je pense qu’un peu plus de radicalisme ferait du bien aux lecteurs du SB.

    L’idée d’une “éducation nationale” est monstrueuse, et profondément révolutionnaire. Permettez moi quelques citations :

    « La patrie a seule le droit d’élever ses enfants ; elle ne peut confier ce dépôt à l’orgueil des familles ni aux préjugés des particuliers. » Robespierre, 18 mai 1794
    « Mon fils ne m’appartient pas, il est à la République » Danton, 13 août 1793
    « Les enfants appartiennent à la République avant d’appartenir à leurs parents » Danton, 12 décembre 1793
    « Les enfants appartiennent à la famille générale, à la République, avant d’appartenir aux familles particulières » Bertrand Barère, 13 juin 1794
    « II est temps de rétablir ce grand principe qu’on semble méconnaître : que les enfants appartiennent à la république avant d’appartenir à leurs parents. Nous avons assez fait pour les affections, devons-nous dire aux parents, nous ne vous les arrachons pas, vos enfants, mais vous ne pouvez les soustraire à l’influence nationale. » Danton encore, 22 frimaire an II (1794).

    Albert de Mun rétorque : « Formule odieuse mais précieuse en même temps, qui démasque les rhéteurs, qui résume nettement les déclamations, et qui exprime en quatre mots ce que M. Spuller met aujourd’hui cent pages à dire moins bien ».

    Aussi, la première nécessité est de garder une vive indignation à la prétention insensée de l’état à “éduquer” des enfants sur lesquels il n’a aucun droit. L’éducation nationale, en plus d’être une gabegie financière, un instrument de formatage à la sauce républicaine, et actuellement une usine à crétins, est un scandale par sa nature même.

  6. Certes il ne faut pas généraliser, il y a encore peut-être 20 % d’établissement privé sous contrat qui peuvent être qualifiés de catholique. Ces derniers sont persécutés comme Stan mais le directeur et son corps enseignant dans sa majorité tient bon.
    Les parents d’élève sont parfois les premiers à vouloir faire perdre le caractère catholique de l’établissement où ils mettent leurs enfants pour des critères liés au niveau et au recrutement des élèves.
    La vraie question est qui est le patron de ces établissements catholiques et qu’en attend-t-il ?
    En principe le patron c’est l’évêque et ces établissements sont à son service pour réaliser sa mission d’Eglise : évangéliser et enseigner la foi de l’Eglise.
    Mais quel évêque aujourd’hui s’assure que c’est bien la priorité des établissements qu’il a sous sa coupe ?
    Là encore leur principal souci c’est “pas de vague” et quand un chef d’établissement comme à Gerson veut être fidèle au caractère proprement catholique de son établissement il n’est pas soutenu par sa hiérarchie diocésaine. Le pas de vague reste le maître mot et voilà le drame. Quand aurons nous pour évêques des profils du type de St Irénée, st Athanase, St Grégoire de Tours, St Augustin etc…ou plus récemment Karol Wojtyla qui fut un courageux évêque de Cracovie à l’époque du communisme, Monseigneur Romero du Salvador ou Mgr Sarah dont la tête était mise à prix quand il était évêque en Guinée. Le contexte général nécessite de telles personnalités à tête de nos diocèses.

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