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France : Politique en France / France : Société

Un chaos prévisible

Un chaos prévisible

Selon Jean-Pierre Maugendre :

Après les violences insurrectionnelles et les pillages des 17 et 18 octobre, la France est en colère, partagée entre stupéfaction et honte. Le contraste est saisissant entre ce spectacle et celui des foules priantes et recueillies présentes lors de la venue du Pape en France quelques semaines auparavant. De savants casuistes invitent à ne pas confondre les pillards avec les casseurs et les lycéens. La presse étrangère désigne la France comme l’homme malade de l’Europe. Le président de la République parle pour ne rien dire. Le ministre de l’Intérieur bombe le torse et affirme que toutes les mesures seront prises pour que de tels événements ne se reproduisent pas. Le garde des Sceaux en appelle à une justice exemplaire. Et si tout cela n’était qu’un théâtre d’ombres ? L’inéluctable et très prévisible conséquence de plusieurs décennies, voire de siècles, de mensonges et de tromperies ? « Nous aurons les conséquences » prédisait Jacques Bainville. Nous y sommes !

Une jeunesse déshéritée

La génération Z, les personnes âgées aujourd’hui de 14 à 29 ans, a fourni les gros bataillons des émeutiers et des pillards de ces derniers jours. Elle s’estime injustement traitée et s’inquiète de son avenir. Confinée pendant des mois au moment de la crise du covid 19, biberonnée à l’éco-anxiété, souvent privée de repères familiaux, addicte aux écrans, incapable de gérer la moindre frustration car élevée à l’éducation positive, consciente que son bac plus 3 vaut moins qu’un certificat d’études d’il y a un siècle, cette génération est, à son corps défendant, celle de nouveaux barbares. Les idéologues de la déconstruction sont parvenus à leurs fins : une jeunesse décervelée refuse toutes les contraintes sociales et brûle les symboles de l’ordre ancien. Qui pourrait lui en vouloir ? De même, comment, durant toute une scolarité, exalter la Révolution française, célébrer l’émeute meurtrière du 14 juillet 1789, les têtes du gouverneur de Launay et du prévôt des marchands – équivalent du maire de Paris – Jacques de Flesselles étant promenées au bout d’une pique, puis s’offusquer de quelques incendies de poubelles ? Avide de logique et de radicalité, cette jeunesse plébiscite LFI et Jean-Luc Mélenchon qui ne sont que les héritiers les plus logiques des « grands ancêtres ». De même, le président de la République ayant qualifié en 2017 la colonisation de crime contre l’humanité, il n’est pas injuste que les descendants des colonisés « empruntent » un ou plusieurs sacs Vuitton aux colonisateurs, en modeste compensation des préjudices subis par leurs ancêtres.

Sous un autre rapport, mais toujours dans la rubrique des pompiers pyromanes, Emmanuel Macron s’est précipité au Moyen-Orient afin, dit-il, de sécuriser les approvisionnements en pétrole de notre pays. Ne faudrait-il pas commencer par abroger la loi « Hulot » du 30 décembre 2017 interdisant la recherche, l’exploration et l’exploitation de nouveaux hydrocarbures sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les départements et régions d’outre-mer, avec une extinction progressive des exploitations existantes d’ici le 1er janvier 2040 ? Avec le recul du temps, cette loi ne semble pas briller par sa clairvoyance géostratégique…

L’ennemi et la manœuvre

Très schématiquement notre pays court vers l’abîme conduit par les efforts souvent conjugués, mais parfois contradictoires, de deux courants de pensée :

Bernard-Henri Lévy
source : ici
  • ceux qui se reconnaissent dans le manifeste publié en 1985 dans Globe par Bernard-Henri Lévy : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, “ franchouillard ” ou cocardier, nous est étranger, voire odieux ». Ceux-là ont la haine de la France, de son histoire, de ses traditions, de sa cuture, de son peuple. Ce sont les destructeurs de calvaires et les contempteurs du « Canon français », les députés LFI et les maçons du Grand Orient. Ils sont parfois rejoints dans leur francophobie par des populations immigrées animées d’une farouche volonté de revanche contre la France, au nom d’une histoire coloniale qui ne passe pas ou par conviction religieuse.
  • ceux qui, porteurs d’idées fausses, déplorent les conséquences logiques des principes auxquels ils restent néanmoins attachés. Il n’est pas possible d’exalter le primat de l’individu et de la liberté individuelle, puis de déplorer l’éclatement de la famille et la perte du sens du bien commun. Il n’est pas cohérent de s’inquiéter de la crise démographique et de subventionner l’avortement et la contraception tout en pénalisant financièrement les familles nombreuses. On ne peut pas transformer le ministère de l’Instruction publique en ministère de l’Éducation nationale puis venir se plaindre que les parents n’assument pas le rôle éducatif dont l’État les a privés. Les châtiments corporels (fessée, gifle) sont strictement interdits en famille mais la CRS 8 a le droit d’interpeller et mettre en garde à vue le mineur délinquant. Où est la logique ? De même prétendre conduire 80% d’une classe d’âge au baccalauréat, c’est inéluctablement dévaloriser le diplôme, créer de pseudos intellectuels qui pour certains auraient fait de bons plombiers et électriciens, tout en créant un inéluctable appel d’air pour une population immigrée sous qualifiée.

Ce qu’ils ne feront pas

À l’issue du pacte Molotov-Ribbentrop, signé le 23 août 1939, le gouvernement de Front populaire, dirigé par Edouard Daladier, décréta la dissolution du Parti Communiste Français et fit voter l’internement des députés et sénateurs communistes qui refusaient de dénoncer le traité. L’ennemi de l’intérieur existait donc déjà ! Monsieur Darmanin annonce une réponse judiciaire exemplaire. Le drame est que les prisons sont pleines, que les peines de moins d’un an de prison ne sont jamais exécutées, que de nombreuses erreurs procédurales vont rendre certaines poursuites judiciaires impossibles et qu’une bonne partie des juges est en fait, par idéologie, au côté des émeutiers et des pillards. M. Darmanin ne pourrait-il pas crédibiliser son action sécuritaire en faisant appliquer les OQTF dont un certain nombre des heureux titulaires fait partie des émeutiers de ces derniers jours ? Le préfet des Alpes-Maritimes notait ainsi que 30% des personnes interpellées étaient étrangères. L’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler note, quant à elle, que les événements de ces derniers jours s’apparentent aux razzias menées régulièrement par les populations musulmanes d’Afrique du Nord à l’encontre de leurs malheureuses victimes en Afrique ou en Europe. Dénier toute place à l’Islam militant dans ces émeutes est peut-être un raccourci rapide. Laurent Nunez affirme avoir manqué d’anticipation et s’engage à mettre en œuvre les moyens d’assurer la sécurité des citoyens. Il est permis de douter de la pertinence de cette affirmation.

Laurent Nunez
source : ici

La réalité la plus probable est que M. Nunez vit sous la coupe du magistère moral de Mediapart et de Libération. Les blindés Centaure de la gendarmerie nationale contre les « gilets jaunes » et les « sans dents », c’est bien ; contre les black-blocs et les « jeunes de banlieue » c’est mal. Ces mâles résolutions laissent pendantes de nombreuses questions : pourquoi les black-blocs connus et les fichés S ne sont-ils pas déjà en prison ? Suffira-t-il de scander « Vous n’aurez pas ma haine » pour éradiquer et juguler un phénomène révolutionnaire qui trouve dans le bilan désastreux de dix ans de macronisme un terreau ô combien favorable ? M. Nunez est-il prêt à réduire les nombreuses zones de non droit répertoriées en France, d’où est issue une bonne partie des pillards de ces derniers jours ? Où en est-on de la lutte contre le narco trafic et la DZ Mafia ?

Ces tragiques événements confirment malheureusement le diagnostic sévère qu’impose la réalité. Une partie de la population résidant sur notre territoire national est étrangère, voire franchement hostile à notre civilisation. Les valeurs de la République, aussi confuses qu’imprécises, sont un mantra pour fin de banquet républicain et officines maçonniques. Le règne du mensonge laisse apparaître ses ultimes conséquences. Ce n’est pas de nouvelles compagnies de CRS ni d’aides financières dont a besoin ce pays, c’est de renouer avec les principes qui assurent la paix et la prospérité des nations : respect du décalogue, stabilité de la famille, liberté de l’enseignement, possibilité de jouir du fruit de son travail, fidélité à ses traditions nationales et religieuses. Il est à craindre que ces sujets ne soient pas au cœur des débats de la prochaine élection présidentielle. C’est néanmoins d’eux que nous essayons de vivre sans amertume ni désespoir, dans l’espérance et la confiance.

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