A la vue des convulsions secouant notre pauvre France et plus largement le monde, on ne peut qu’entendre saint Paul les deux derniers dimanches nous avertir de jours mauvais. Le XXe Dimanche après la Pentecôte, l’Apôtre nous appelait à la prudence (Ephésiens V, 15-21). Dimanche dernier, il nous exhortait au combat spirituel contre des entités plus puissantes que nous et très instruites des moindres faiblesses de la nature humaine (Ephésiens VI, 10-17).
Dans ce combat asymétrique, Dieu nous confie ses propres armes, sa « vertu toute puissante ». Cet armement est essentiellement défensif : le baudrier de la vérité, la cuirasse de la justice, le bouclier de la foi et le casque de l’espérance. Sur le plan offensif, le glaive à deux tranchants de la Parole de Dieu est assorti des sandales du zèle apostolique, la mobilité subjuguant un ennemi supérieur en nombre jusqu’à percer les lignes adverses au secours de frères en détresse. En ces temps troublés où, sans la grâce vigilante, même les élus pourraient s’égarer (Matthieu XXIV, 24), les hommes de coeur se rallieront toujours au panache de « la vérité, la mansuétude et la justice » (Psaume XLIV, 5), idéal universel tranchant de part en part toutes les « valeurs » partisanes et autres narratifs électoraux des mois à venir.
Cependant, si cette armure spirituelle nous garde de la souillure, elle ne nous préservera pas des blessures : périls, souffrances et trahisons dont saint Paul nous dresse une liste non exhaustive (2 Corinthiens XI, 23-29). A notre dernière heure, aux yeux des insensés, nous paraitrons mourir (Sagesse III, 2), mais si, en ce moment ultime, nous nous approprions la devise de Maurice et de sa sainte Légion « Même si tous, moi non ! », alors nous remporterons la victoire. Paisiblement nous attendrons la consolation du Jugement dernier où la gloire des saints sera dans la louange et l’exécution de la justice divine contre un monde apostat.
L’abbé
Les saints tressailliront dans la gloire ; ils se réjouiront sur leurs couches. Les louanges de Dieu seront dans leur bouche, et des glaives à deux tranchants dans leurs mains, pour exercer la vengeance parmi les nations, le châtiment parmi les peuples ; pour lier leurs rois avec des entraves, et leurs princes avec des chaînes de fer, et pour exécuter contre eux l’arrêt qui est écrit. Telle est la gloire réservée à tous Ses saints. Alleluia (Psaume CXLIX, 5-9)
