Les éditions Artège ont publié des homélies inédites de Benoît XVI, Le Seigneur nous tend la main, prononcées entre 2005 et 2017, lors des messes privées, célébrées uniquement avec son entourage, ses secrétaires et des religieuses chargées de son intendance. Il prêchait avec une fidélité qui ne s’est jamais démentie, même après sa renonciation au pontificat. À cette petite assemblée, le pape offrait chaque jour des homélies. Ses prédications, enregistrées par ses proches, ont été ainsi retranscrites. À l’approche de la fin de sa vie, Benoît XVI contemple sans relâche le coeur de la foi chrétienne : le mystère de Dieu fait homme, Jésus Christ, source et sens de toute existence. La tonalité spirituelle, épurée et christique confère à ces textes une qualité rare. Ils apparaissent comme le dernier legs d’un homme qui fut à la fois un immense théologien et un prédicateur de haute tenue. En voici un extrait :
Il me semble que nous devons beaucoup prier pour l’Eglise persécutée, pour ceux qui souffrent sous le poids de l’intolérance, et prier pour que le Seigneur les protège, dans la foi et dans la vie. Nous devons être intérieurement proches de l’Eglise persécutée d’aujourd’hui. Il existe aussi une persécution plus insidieuse : la marginalisation culturelle et intellectuelle du christianisme, la création d’une culture antichrétienne qui l’opprime de l’intérieur. Il paraît absurde d’être encore chrétien aujourd’hui. Au nom de la liberté, la liberté de croire est réprimée, le mariage homosexuel est proclamé au nom de la liberté, l’avortement est proclamé comme un droit fondamental, une fausse liberté qui s’oppose à la liberté de notre foi ; à tel point qu’il semble presque absurde d’être encore chrétien dans ce monde. C’est une persécution intérieure : nous devons être ouverts au Seigneur, afin qu’il nous guide et nous préserve, et nous devons aussi aider les plus faibles, afin que, dans ce contexte, ils restent fidèles. [12 mai 2013]
