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L'Eglise : Jean-Paul II

A l’origine des accusations contre Jean-Paul II, les faux dossiers du régime communiste

A l’origine des accusations contre Jean-Paul II, les faux dossiers du régime communiste

Suite aux informations qui sortent actuellement contre Jean-Paul II, et qui voient Isabelle de Gaulmyn s’interroger dans La Croix sur la pertinence de sa canonisation (la voilà plus proche de la FSSPX qu’elle ne le croit…), Benoît-et-moi a traduit un article d’un collaborateur polonais de la Bussola, qui explique les origines de cette sombre machination (qui n’est pas sans rappeler « l’opération Vicaire » contre Pie XII) plongeant ses racines dans l’époque communiste :

Le livre Maxima culpa prétendant que Wojtyła a couvert les abus de prêtres lorsqu’il était archevêque de Cracovie a été lancée en Pologne avec une opération de marketing bien rodée. Des attaques qui viennent de loin, résultat d’un travail rampant de démolition de Jean-Paul II dans sa patrie et réunissant les secteurs anticléricaux, les médias libéraux et les catholiques hostiles à la Tradition. Et à l’origine, les faux dossiers du régime communiste.

Dans le pays qui a vu naître saint Jean-Paul II, il existe des forces qui en ont toujours voulu à celui qui fut d’abord archevêque de Cracovie, puis souverain pontife. Jusqu’en 1989, c’est d’abord l’appareil du régime communiste polonais qui a tout fait pour diminuer l’impact de l’action pastorale du pape dans son pays. Mais les mêmes forces politiques ont continué à critiquer Jean-Paul II même après la percée démocratique de 1989, s’alliant aux milieux libéraux anticléricaux et aux catholiques « ouverts » qui n’appréciaient pas la ligne « conservatrice » de l’Église.

Pendant le pontificat de Jean-Paul II, les attaques étaient liées à son enseignement sur la sexualité, à la défense de la vie de la conception à la mort naturelle, au rôle des femmes dans l’Église et à son « anticommunisme »; mais il semble que ces sujets n’aient pas réussi à écorner sa figure gigantesque dans son pays, où l’on parlait de lui avec le plus grand respect.

Pourtant, sous les radars, des forces étaient à l’œuvre en Pologne pour détruire « le mythe Wojtyła », en premier lieu liées à l’influent journal Gazeta Wyborcza. Des attaques directes contre le saint polonais ont commencé à apparaître dans les pages de ce journal libéral de gauche, portées notamment par d’anciens prêtres comme Stanislaw Obirek : malheureusement, ses attaques de plus en plus vulgaires et primaires n’ont été ni contrées ni stigmatisées. En Pologne, ils ont oublié la règle de Goebbels, le génie de la propagande hitlérienne, selon laquelle il restera toujours quelque chose de mensonges répétés à l’infini. C’est ainsi que certains mensonges sur Jean-Paul II ont commencé à être perçus comme des vérités.

Mais un autre facteur a également facilité l’action de « déconstruction » de la figure du Pontife : le facteur temps. Depuis plus d’une décennie, des personnes travaillant dans le monde de l’information en Pologne ne connaissaient pas directement Jean-Paul II et ne pouvaient pas apprécier son charisme, son travail et son enseignement. De plus, une véritable coalition médiatique s’est formée dans le but de rompre avec l’héritage de Jean-Paul II. Une coalition composée de la Gazeta Wyborcza déjà citée, de l’hebdomadaire Newsweek, de la télévision TVN et du portail Onet (Newsweek et Onet sont liés au géant des médias suisse-allemand Ringier Axel Springer).

Malheureusement, les cas d’abus réels et présumés de mineurs par des prêtres et les accusations contre la hiérarchie de tolérer la pédophilie ont fourni une arme redoutable pour frapper l’Église et Jean-Paul II. Et ces jours-ci, nous assistons en Pologne à l’apogée des attaques contre la figure de Wojtyła.

Le 8 mars, Agora – la maison d’édition de Gazeta Wyborcza – a lancé le livre  » Maxima CulpaJean Paul II savait « , du journaliste néerlandais Ekke Overbeek. Le slogan marketing est le suivant : « Ce que l’Église cache sur Jean-Paul II ». L’hebdomadaire Newsweek lance l’accusation avec en couverture la photo du pape et le titre : « La vérité cachée sur la pédophilie ». Sous-titre : « En cachant les crimes sexuels de ses prêtres, il agissait comme un apparatchik communiste de l’Église ». Pour ne rien arranger, le 7 mars, TVN a diffusé un reportage de Marcin Gutowski sur la responsabilité présumée de Wojtyła dans la tolérance d’épisodes de pédophilie à l’époque où il était archevêque métropolitain de Cracovie.

Mais l’attaque massive, bien synchronisée comme on peut le constater, ne s’arrête pas là : les médias ont ressorti l’histoire des abus sexuels présumés commis par le cardinal Adam Sapieha, longtemps métropolite de Cracovie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le cardinal a organisé un séminaire clandestin dans lequel ont étudié, entre autres, ses deux successeurs, Karol Wojtyła et Franciszek Macharski, tous deux ordonnés par Sapieha. On insinue que Wojtyła a « appris » la tolérance envers les abus de son « mentor » Sapieha ; certains insinuent malicieusement qu’il y avait peut-être « quelque chose » entre Wojtyła et le vieux cardinal qui l’aimait tant. Il s’agit d’une histoire complètement fausse qui révèle à quel point toute éthique journalistique a été perdue. Elle mérite d’être analysée.

Les mensonges concernant l’homosexualité présumée du cardinal Sapieha et les abus qu’il aurait commis à l’égard de séminaristes ont été publiés dans Gazeta Wyborcza.

Les accusations se fondent sur les déclarations d’Anatol Boczek, un prêtre collaborateur du régime communiste qui voulait organiser une église nationale contrôlée par le parti en Pologne. Boczek appartenait à un groupe de prêtres dits patriotes et était en conflit ouvert avec le cardinal Sapieha lorsqu’il rédigeait ses déclarations pour les services secrets polonais. Il a été suspendu par le cardinal précisément en raison de sa collaboration avec le régime communiste. Boczek était alcoolique et ses déclarations étaient si manifestement fausses que même les communistes n’ont pas osé les utiliser pour cibler Sapieha à l’époque. Finalement, il a été retiré de la liste des collaborateurs.

Il convient de rappeler que les années 1950 ont été celles de l’apogée de la répression exercée par le régime communiste contre l’Église. Le cardinal Sapieha est mort en 1951 et, peu après, les autorités communistes ont fait arrêter les évêques des diocèses de Katowice et de Cracovie, qui ont ensuite organisé le faux procès des prêtres de Cracovie, typique de la période stalinienne.

Le père Andrzej Mistat, l’aumônier du cardinal, a lui aussi été amené à accréditer les mensonges du collaborateur du régime communiste. Son témoignage, extrait des archives des services secrets communistes, est censé prouver les tendances homosexuelles du cardinal. Mais personne n’explique aujourd’hui que ce témoignage a été écrit par le père Mistat dans les bureaux des services secrets. Il a été arrêté, battu et menacé et, dans l’incertitude de son sort, il a fait cette déclaration. Ce genre de témoignage, arraché à des prêtres, a été utilisé pour organiser des simulacres de procès contre des évêques. On ne peut donc qu’admirer la sagacité du père Mistat qui, risquant la prison et devant écrire quelque chose, a formulé des accusations sexuelles qui lui semblaient probablement « inoffensives ». Quelle est la valeur de ce type de documents des services secrets ? Ils ne devraient avoir aucune valeur juridique, mais entre-temps, ils sont rendus publics et utilisés par les médias comme des preuves « sûres » de la culpabilité.

Les médias lancent d’autres accusations purement dénigratoires: le fait que, pendant la guerre, le cardinal Sapieha a hébergé des séminaristes dans son palais serait la « preuve » qu’il était homosexuel, mais les mêmes médias cachent l’information selon laquelle les bâtiments du séminaire avaient été occupés par les Allemands.

On est rempli de tristesse devant l’attitude des rédacteurs de l’hebdomadaire Tygodnik Powszechny, fondé par cardinal Sapieha, qui se demandent si le jeune Wojtyła n’a pas été abusé par le cardinal. Ces thèses iconoclastes atteignent le summum du mensonge mais ne servent pas à convaincre les historiens qui peuvent facilement les réfuter : leur but est de détruire l’autorité de ceux qui font justement autorité pour nous, catholiques ordinaires, qui n’avons généralement pas les outils pour vérifier ces mensonges honteux.

Frapper une personne morte il y a soixante-dix ans ne permet pas une défense équitable car les gens ne connaissent pas le contexte historique des faits, le conditionnement politique, etc. Les milieux qui ont lancé l’attaque contre Wojtyła comptent sur cela.

En frappant le cardinal Sapieha, on veut frapper, il faut le souligner fortement, la figure de saint Jean-Paul II. Mgr Jan Machniak, professeur à l’Académie théologique pontificale de Cracovie, dit : « Frapper Jean-Paul II et les personnes qui lui sont liées, c’est détruire le grand héritage que le pape a laissé non seulement à l’Église, mais aussi à l’humanité tout entière ».

Nous devons garder cela à l’esprit lorsque nous lisons les nouvelles « sensationnelles » concernant Wojtyła qui nous parviennent de Pologne ces jours-ci.

Le Premier ministre Mateusz Morawiecki a déclaré de son côté que les preuves citées contre le défunt souverain pontife étaient « très douteuses ». Il a également affirmé que la question avait été soulevée par des cercles désireux de mener une « guerre culturelle » contre les Polonais et de bouleverser leur vie.

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5 commentaires

  1. J’ai lu l’article d’Isabelle de Gaulmyn dans La Croix : infect.

  2. Ces ragots ont peu d’importance pour cette église qui veut plaire au monde… Ce qui est factuel, c’est qu’embrasser le coran et convoquer Assises où toutes les religions se valent au dire de ce triste vicaire (qui ne l’était que de nom !) est une insulte faite à Dieu !

  3. Ils nous refont le “coup” du Vicaire avec Pie XII qui devrait être canonisé depuis longtemps. et ça marche malgré l’escroquerie révélée.

  4. Isabelle de Gaulmyn est très constamment un agent du diviseur, cependant il y a une chose sur laquelle je suis d’accord: les canonisations trop rapides ou systématiques ne sont pas bonnes, et d’ailleurs ce n’est pas la tradition de l’Eglise !

  5. Ce qu’on lui reproche en tant que catholiques, ce ne sont pas ces ragots de caniveau, mais d’avoir baisé le Coran, reçu le signe de Shiva et organisé la « rencontre » d’Assise, toutes choses indignes d’un successeur de Saint Pierre. Doit-on rappeler que toute l’action de la première chrétienté a été de lutter contre les fausses religions, de détruire leurs idoles, et de préférer mourir que de donner le moindre de signe de respect pour un objet venant de ces fausses religions?

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