Avec 122 voix pour et 181 contre, la proposition de loi profondément remaniée a été rejeté. Par conséquent, l’Assemblée nationale examinera en 2e lecture le texte voté en 1ère lecture et non le texte qui avait été réécrit au Sénat. Comme l’écrit Stéphane Ravier, le Sénat honorait sa réputation de sagesse en supprimant l’acte létal du texte sur la fin de vie, y ajoutant même l’interdiction de l’euthanasie. Mais une partie des LR (36 contre 82) vient de voter avec la gauche pour le rejeter… Voir ici le détail des votes.
Communiqué de la Fondation Lejeune :
Ce mercredi 28 janvier, les sénateurs ont rejeté la proposition de loi sur l’aide à mourir, preuve d’une absence de consensus sur la mort administrée. Ce rejet ouvre cependant la voie au retour, à l’Assemblée nationale, du texte initialement voté au printemps 2025, le plus permissif au monde en matière d’euthanasie. La Fondation Jérôme Lejeune alerte sur l’urgence absolue de la mobilisation citoyenne.
Le vote du Sénat envoie un signal politique clair : les sénateurs refusent de participer à l’instauration d’un droit à la mort organisée. Il confirme que ce projet ne s’impose ni comme une évidence démocratique, ni comme une attente des Français. Mais ce rejet a une conséquence immédiate : le texte initialement adopté au printemps 2025 par l’Assemblée nationale — le plus permissif au monde en matière d’euthanasie — reviendra lors de la deuxième lecture. La menace demeure donc, et elle est majeure.
La mobilisation citoyenne est donc plus urgente que jamais. Lors de la première lecture, les députés n’ont pas entendu les Français, qui s’opposent majoritairement aux dispositions prévues par le texte de l’Assemblée nationale. Ils devront les entendre lors de la seconde lecture. La Fondation appelle donc chaque citoyen à interpeller son député et à participer aux manifestations qui seront organisées. Le processus de légalisation de l’euthanasie est engagé ; il peut encore être stoppé. Il y a urgence à agir pour protéger les personnes les plus fragiles et refuser que la mort devienne une réponse sociale à la souffrance. D’ici là, un maximum de citoyens doivent se rassembler grâce à la pétition de la fondation Jérôme Lejeune, stop-euthanasie.fr, à signer et faire connaître largement autour de soi.
Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, “le vote du Sénat n’est pas une victoire, mais c’est un avertissement : la résistance à la mort administrée est plus profonde que prévue. Il est temps que les citoyens prennent conscience de l’urgence et se mobilisent pour faire comprendre cela aux députés.”
Le Syndicat de la famille alerte sur ce vote lourd de conséquences pour les personnes vulnérables et leurs familles :
Le Syndicat de la famille prend acte avec une profonde inquiétude du rejet par le Sénat, à 181 voix « contre » et 122 « pour », de la proposition de loi sur l’assistance médicale à mourir que les sénateurs avaient réécrite en séance publique le 21 janvier.
Ce vote ouvre la voie à un retour, en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, du texte initial adopté par les députés, qui vise la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Pourtant, les débats au Sénat avaient permis de mettre en lumière une autre voie : celle de l’accompagnement, du soin et de la solidarité. En supprimant l’article ouvrant « l’assistance à mourir » et en consacrant un droit opposable au soulagement de la souffrance, les sénateurs avaient rappelé une évidence trop souvent oubliée : la priorité doit aller au développement effectif des soins palliatifs pour garantir leur accès à tous et partout.
Le rejet de l’ensemble du texte fait peser un risque majeur : celui de voir s’imposer une réponse brutale et définitive à des situations de détresse qui relèvent d’abord d’un manque de soins, de moyens et de soutien humain.
Le Syndicat de la famille alerte les parlementaires : légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, c’est introduire une rupture éthique profonde et créer une pression silencieuse sur les personnes âgées, malades ou handicapées, ainsi que sur leurs familles qui seraient confrontées à des déchirures profondes. La société doit au contraire protéger les plus fragiles et ne pas leur faire porter le poids de leur vulnérabilité.
A défaut du texte final, le Syndicat de la famille appelle les députés à prendre en compte le contenu des débats au Sénat. Ce serait une faute politique de renoncer à une fin de vie fondée sur le soin et la présence humaine, et à engager enfin un investissement massif et durable dans les soins palliatifs.
« La fin de vie mérite mieux qu’une réponse létale et brutale. Elle appelle des moyens, du temps, des soignants et une présence » souligne Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille.
