Selon les chiffres publiés par la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie le 20 mars, 4 486 déclarations d’euthanasie ont été enregistrées en Belgique en 2025, ce qui représente une nouvelle hausse de 12,4 % par rapport à l’année précédente. Plus de vingt ans après la dépénalisation de l’euthanasie, l’acte se banalise chaque année un peu plus.
En 2024, moins de 4 000 euthanasies avaient été recensées, et jusqu’en 2022, moins de 3 000 procédures étaient comptabilisées. Depuis, elles n’ont pas cessé d’augmenter. Elles représentent désormais 4 % des décès du pays, soit 12 euthanasies en moyenne par jour.
- Les cancers restent la première pathologie à l’origine des demandes d’euthanasies, même si leur part diminue de 4,2 % cette année. Ils représentent 49,9 % des raisons invoquées en 2025.
- Les « polypathologies » sont en revanche en augmentation. Elles sont en effet à l’origine de 29,6 % des déclarations enregistrées, contre 26,8 % l’an dernier.
- Les maladies neurologiques (8,2 %), les maladies respiratoires (3,3 %) et les maladies cardiaques (2,4 %) viennent ensuite.
- Les euthanasies pour « troubles cognitifs » représentent, elles, 1,7 % des décès après euthanasies, et celles pour « affections psychiatriques » 1,6 %, soit une hausse par rapport à 2024.
Six euthanasies ont également été pratiquées suite à la rédaction de directives anticipées. Parmi les demandes, de plus en plus concernent en outre des personnes dont le pronostic vital n’est pas engagé à court terme (1 117 déclarations en 2025, soit 24,9 %, ccontre 932 en 2024). La loi belge n’exigeant pas que la personne soit en phase terminale, le dispositif ouvre la voie aux dérives qui se multiplient.
En 2025, un nouveau mineur a aussi été euthanasié, « portant à 7 le nombre total de cas depuis l’extension de la loi aux mineurs en 2014 ». 61 personnes de moins de 40 ans sont en outre décédées par euthanasie en 2025, soit 1,4 % du total. La plupart des patients concernés sont âgées de plus de 70 ans (73,7 %), et 45 % d’entre eux ont plus de 80 ans.
Comme en 2024, la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie n’a par ailleurs transmis aucun dossier au procureur du Roi en 2025. Serait-elle une simple chambre d’enregistrement renonçant à exercer un véritable contrôle ?
Source : Gènéthique
