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Inde : le fœtus a « un droit fondamental à la vie » selon la Cour suprême

Dans une décision du 15 mai, la Cour suprême indienne a rejeté la demande d’avortement d’une femme célibataire de 20 ans, enceinte de plus de 27 semaines, expliquant que le fœtus « a un droit fondamental à la vie ». La jeune femme contestait l’ordonnance rendue le 3 mai par la Haute Cour de Delhi qui refusait d’autoriser l’avortement.

Le 25 avril, la Haute Cour avait ordonné à l’All India Institute of Medical Sciences (AIIMS) de constituer une commission médicale chargée de vérifier l’état de santé du fœtus et de la requérante. En effet, au delà de la limite légale de 24 semaines de grossesse, l’avortement peut-être autorisé en cas d’anomalie du fœtus diagnostiquée par une commission médicale ou en cas de danger pour la vie de la mère.

Le rapport de la commission

« montre qu’il n’y a pas d’anomalie congénitale chez le fœtus et qu’il n’y a pas non plus de danger pour la mère à poursuivre la grossesse ». « Puisque le fœtus est viable et normal, et qu’il n’y a pas de danger pour la requérante à poursuivre la grossesse, le fœticide ne serait ni éthique ni légalement admissible ».

L’audiovisuel public penche largement à gauche

Du 19 au 23 février 2024, l’institut Thomas More a passé au crible 587 intervenants dans les programmes de trois chaînes et trois stations du service public : France 2, France 5, France Info TV, France Info Radio, France Culture et France Inter. Il les a classés selon leur sensibilité politique, soit qu’ils représentaient un parti, soit par les idées qu’ils exprimaient. Le résultat est édifiant : 50 % des intervenants n’affichaient pas d’orientation idéologique décelable, mais sur les 50 % restants, la moitié entrait dans la catégorie « gauches », 21 % étaient de sensibilité macroniste et 4 % seulement tenaient un discours pouvant être considéré comme de droite.

L’idée est venue de la décision du Conseil d’État d’obliger l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) à étendre son contrôle du pluralisme à la totalité des participants à l’ensemble des émissions de télé et de radio.

Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, expliquait à des députés qui l’auditionnaient en juillet dernier « on ne représente pas la France telle qu’elle est (…) mais telle qu’on voudrait qu’elle soit » et Adèle Van Reeth, directrice de France Inter, revendiquait d’être « une radio progressiste » dans un entretien au Figaro du 28 mars 2024.

  • France Culture est le média qui accorde le moins de place aux idées et opinions de droite, auxquelles peuvent être rattachés 1 % des intervenants.
  • France 2 arrive juste derrière avec 3 %.
  • France Info télé comme radio apparaissent comme les médias les plus « pluralistes » de la sélection de l’Institut Thomas More, avec… 8 % !
  • C’est sur France Inter que les gauches profitent de l’exposition la plus large.

L’ensemble des gauches est systématiquement surreprésenté par rapport à son point électoral, de façon limitée sur France 5 (+ 8 %) et de manière significative sur France 3 (+ 17,5 %). Il en va de même pour la majorité présidentielle : si France 2 est à l’étiage parfait, France 5 (+ 15 %) et France 3 (+ 33,3 %) sont significativement au-dessus. La situation est plus contrastée pour la droite : si France 3 est en dessous (- 12 %), France 5 (+ 35 %) et France Info TV (28 %) sont nettement au-dessus. Les représentants de la droite radicale sont en revanche sous-représentés sur les quatre chaînes : – 50 % sur France 3, – 42 % sur France 5, – 33,5 % sur France Info TV et – 21 % sur France 2.

Les biais idéologiques du service public transparaissent également dans les angles sous lesquels il traite les sujets d’actualité. La période retenue pour le rapport a été marquée par l’annonce par le président de la République du projet de loi sur « l’aide à mourir » , le 10 mars. L’analyse des interventions sur le sujet du 11 au 15 mars, sur les trois radios et les trois émissions de télé sélectionnées (France Info Radio, France Inter, France Culture, les journaux télévisés de 13 heures et 20 heures de France 2 et les émissions « C à vous » et « C dans l’air » sur France 5), montre un net déséquilibre en faveur des partisans du projet présidentiel.

L’Institut Thomas More consacre l’une de ses études de cas au magazine hebdomadaire de France 2 « Complément d’enquête ». Sur les 86 éditions diffusées ces trois dernières années, 37 % d’entre elles reflètent un positionnement idéologique de gauche et 0 % de droite !

Le rapport est en ligne ici.

“La forme conditionnant le fonds, il existe une majesté, une gravité, une solennité du rite ancien qui donne l’impression à beaucoup de fidèles de participer à une messe qui est vraiment un Saint Sacrifice et non une simple assemblée communautaire”

Intéressant regard de Jean-Yves Camus, venu à Chartres découvrir les pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté :

Le pèlerinage de Pentecôte organisé par Notre-Dame de Chrétienté a confirmé l’existence d’un catholicisme traditionnel qui se montre à l’extérieur avec une vigueur certaine. C’est ce qui est apparu, sur place, à l’auteur de ces lignes, observateur extérieur puisque non chrétien, mais néanmoins attentif aux débats qui traversent le catholicisme français.

Le succès de Chartres n’est pas principalement question de nombre : les pèlerins étaient environ 18.000 alors qu’Yves Chiron, dans sa remarquable Histoire des traditionalistes, donne le chiffre de 35.000 en 1987, soit avant l’affaire des sacres qui a séparé les communautés Ecclesia Dei et la Fraternité Saint Pie X. Ce qui frappait au premier abord était la ferveur émanant des fidèles, dont les organisateurs situent l’âge moyen à 20 ans. Ce qui indique qu’ils détiennent une partie conséquente de l’avenir du catholicisme, puisqu’ils donneront des fidèles, des élèves du catéchisme et, sans doute, des vocations. L’un des enjeux de l’avenir est donc de savoir comment l’Église pourra à la fois poursuivre dans les orientations de l’actuel pontificat, et laisser une place à la sensibilité traditionaliste. Or celle-ci se sent blessée par les restrictions apportées en 2021 à la célébration selon le rite extraordinaire, auquel Benoît XVI avait redonné reconnaissance et visibilité. Quand on voit la foule de Chartres, on comprend qu’il serait imprudent pour l’Église de laisser se creuser le fossé entre Rome et les fidèles de tradition. D’autant plus que tout un tissu associatif, un gros contingent du scoutisme et tout le réseau des écoles catholiques proches des communautés Ecclesia Dei sont présents dans le cortège et sont autant de forces vives.

Mais, m’a-t-on dit, ne voyez-vous pas que ces gens sont d’extrême droite ? Que leur propos est politique et qu’ils épousent un catholicisme « identitaire ». Cette interprétation prend la partie pour le tout. Il y avait certes, à Chartres, des militants d’Academia Christiana, des royalistes et même Marion Maréchal. Et l’idée même du pèlerinage est venue à Bernard Antony, qui allait devenir élu du FN. Toutefois la foule des pèlerins était nettement plus diverse, avec des marcheurs plus intéressés par l’expérience spirituelle que par la politique. Que les fidèles de la tradition soient, dans leur grande majorité, politiquement conservateurs et opposés aux grandes réformes sociétales qui vont à l’encontre de l’enseignement de l’Église, c’est certain. Mais s’opposer au projet de loi sur la fin de vie n’est pas une preuve d’extrémisme : c’est être fidèle au magistère de l’Église. Le problème majeur de la perception du pèlerinage de Chartres à l’extérieur du milieu « tradi » tient d’ailleurs à ce que les mots « magistère », « doctrine », « tradition » sont devenus incompréhensibles. Pour les athées, cela s’entend ! Mais même pour des catholiques « culturels », la cohérence des tenants de la tradition est vue comme un anachronisme, alors qu’elle est juste le refus de voir le dépôt de la foi ballotté au gré du vent de l’adaptation au monde, ce faux impératif qui détermine si vous êtes un (bon) progressiste ou un (méchant) réactionnaire.

Certes, il existe des tensions entre le programme des organisateurs et un État constitutionnellement laïc. Notre-Dame de Chrétienté se définit comme voulant « la réalisation, dans la vie de la cité, de la royauté du Christ sur toute la création et, en particulier, sur les sociétés humaines ». Cet objectif, d’ailleurs énoncé par le catéchisme de l’Église, doit être poursuivi sans raviver les anciennes fractures religieuses. Mais cela s’applique aussi bien à ceux dont le combat consiste à faire disparaître de nos paysages les croix et les calvaires. L’association se réclame aussi d’une « volonté de résistance nationale et chrétienne » qui peut passer pour une profession de foi de politique nationaliste. Il serait dommage que cette affirmation, somme toute classique, du rôle éminent de la foi chrétienne dans l’identité nationale occulte la dimension spirituelle de l’événement que j’ai vu.

Mon impression personnelle est d’avoir rencontré des hommes et femmes en quête. De réflexion sur le sens de leur vie, puisqu’ils étaient appelés à méditer sur les fins dernières. D’enracinement, non pas dans une identité ethnique, mais dans une liturgie et des rites pluriséculaires qui les relient aux sources mêmes du christianisme. Observateur extérieur encore une fois, j’ajoute que la beauté du rite traditionnel ne me semble pas faire de ceux qui le pratiquent de simples esthètes. La forme conditionnant le fonds, il existe une majesté, une gravité, une solennité du rite ancien qui donne l’impression à beaucoup de fidèles de participer à une messe qui est vraiment un Saint Sacrifice et non une simple assemblée communautaire. Bref, Chartres est une manifestation de la puissance d’attraction que conservent le rite ancien et la doctrine traditionnelle, dont on doit constater qu’ils suscitent des conversions.

L’origine maçonnique du projet de loi sur l’euthanasie

Après la contraception et l’avortement, la légalisation de l’euthanasie s’inscrit dans le programme de « transformation sociétale » des obédiences maçonniques qui ont toujours voulu contrôler la vie, de la naissance jusqu’à la mort. Dans France catholique, Fabrice Madouas écrit :

«Quelle est l’opinion du Grand Orient de France concernant la création d’une journée éducative sur la mort à destination des enfants ?
– Cette éducation nous semble essentielle, dans le cadre de cette loi de liberté et de laïcité. »

Voilà ce dont on parle dans les cénacles de la République : de « l’éducation » des enfants à la mort. Cet échange glaçant s’est déroulé au sein de la « Commission spéciale » de l’Assemblée nationale chargée de préparer l’adoption du projet de loi sur la fin de vie. Les députés en débattront en séance publique à partir du 27 mai. Présidée par Agnès Firmin Le Bodo, ancien ministre de la Santé favorable à l’euthanasie et au suicide assisté, la Commission spéciale auditionnait les obédiences maçonniques le 25 avril. La question sur « l’éducation » des enfants à la mort est de Caroline Fiat, députée LFI qui a déposé, dès 2017, une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. La réponse est de Guillaume Trichard, grand maître du Grand Orient de France (GODF), lui aussi favorable à ce projet, même s’il juge nécessaire de « l’améliorer » : le Grand Orient « a toujours été aux avant-postes du combat pour une mort digne », a-t-il rappelé, soucieux de délivrer les hommes de « l’angoisse de la mort [qui] constitue le terreau sur lequel s’est édifié le pouvoir des Églises sur les hommes ». Dans un communiqué de presse du 30 mars 2021, les organisations maçonniques présentaient déjà l’euthanasie et le suicide assisté comme « la réponse républicaine, laïque et humaniste à la question de la mort ».

« La France, fille des Lumières »…

Le 8 novembre dernier, le président de la République était allé saluer l’œuvre du Grand Orient de France, lors du 250e anniversaire de cette obédience. « Je pense notamment au droit de mourir dans la dignité […]. Et je vous remercie pour les contributions que vous avez produites en lien avec le gouvernement qui va nous permettre de faire cheminer dans les prochains mois ce texte », avait-il déclaré, après avoir relevé que « les francs-maçons n’ont, semble-t-il, jamais été aussi nombreux » en France : 135 000 à 140 000, dont « plein de journalistes », dit Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient. Et de politiques, précise Serge Abad-Gallardo, ancien franc-maçon revenu à la foi chrétienne en 2012, qui estime à 40 % le nombre des parlementaires francs-maçons, dont beaucoup font partie de la Fraternelle parlementaire (FC n° 3821).

En accueillant le chef de l’État, Guillaume Trichard avait réaffirmé la « position de toujours » du GODF : « La libre disposition pour chacune et chacun de son corps, durant sa vie jusqu’à sa mort. » « Par cette loi, la France, fille des Lumières, garantira cette liberté ultime. Après les luttes menées pour ne plus enfanter dans la douleur, après les combats pour le droit à la contraception, puis l’interruption volontaire de grossesse, il s’agit peut-être de la dernière liberté que nous souhaitons conquérir, en tant que franc-maçonnes, femmes et citoyennes », a résumé Catherine Lyautey, grande maîtresse de la Grande Loge féminine de France, devant la Commission spéciale de l’Assemblée. […]

Projet de loi sur la fin de vie : le seul garde-fou possible est l’interdit de tuer

De la Fondation Jérôme Lejeune :

A l’approche de l’examen en séance publique du projet de loi légalisant suicide assisté et euthanasie, la Fondation Jérôme Lejeune dénonce un texte intrinsèquement pervers et dangereux, en particulier pour les personnes porteuses de handicap, et appelle à un sursaut des consciences.

Pas de garde-fou possible pour un texte qui instaure un droit de tuer

Depuis la fin des travaux de la commission spéciale de l’Assemblée nationale, beaucoup de commentateurs se sont inquiétés de la suppression de « garde-fous » et de la remise en question d’un « équilibre ». Le texte du projet de loi amendé par les députés en commission est en effet plus permissif que sa version initiale : création d’un délit d’entrave, euthanasie des personnes ayant perdu conscience de manière irréversible via leurs directives anticipées, suppression de la notion de pronostic vital engagé « à court ou moyen terme »,  possibilité d’écourter le délai de réflexion de deux jours.

Loin d’en détruire l’équilibre, cette évolution révèle au contraire la véritable logique du projet de loi qui supprime l’interdit de tuer, seul garde-fou valable. Transgresser ce repère protecteur fondamental signifie par essence supprimer le principe (le respect de la vie humaine) et la limite (l’interdit de tuer). Tuer, même peu, c’est déjà trop (1). La destruction des limites est donc l’objet propre de ce projet de loi.

Les personnes vulnérables et porteuses de handicap, premières menacées

Vu l’amendement de ce projet de loi, qui aura davantage ouvert l’accès à la mort provoquée en cinq jours que ne l’ont fait en vingt ans les pays les plus permissifs, qui peut encore croire que les personnes porteuses de handicap resteront à l’abri de ce dispositif ? La commission a d’ailleurs rejeté un amendement proscrivant le recours à l’aide à mourir pour toute personne atteinte de handicap. Aux Pays-Bas, des personnes sont euthanasiées au simple motif de leur déficience intellectuelle ou de leur trouble du spectre autistique (2).

En se permettant de légiférer sur ce qui est valable d’être vécu et ce qui ne l’est pas, en laissant entendre que la vulnérabilité et la souffrance rendraient indignes, le projet de loi stigmatise violemment les personnes porteuses de handicap. Il envoie un insultant message d’indifférence envers ceux à qui l’on désigne la porte de sortie, sans retenue et à peu de frais.

La Fondation Jérôme Lejeune exprime sa plus vive inquiétude pour l’avenir des personnes porteuses de handicap intellectuel d’origine génétique qu’elle accueille et qu’elle soigne. Survivants d’une sélection eugéniste qui peut aujourd’hui s’exercer jusqu’à l’heure de l’accouchement, ils seront demain victimes d’une pression sociale plus ou moins consciente et ouverte en faveur d’une euthanasie triant les individus « dignes » de vivre, ou de mourir.

La Fondation appelle tous les députés à se libérer des illusions mensongères véhiculées par des lobbies minoritaires, pour faire face à la grave responsabilité qui leur incombe de protéger la solidarité nationale et la vie des plus vulnérables.

(1) Audition de Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Lejeune, à l’Assemblée nationale le 25 mai 2024.

(2) Une étude publiée en 2023 par la Cambridge University Press portant sur 1,5% des cas d’euthanasie sur l’année 2021-2022 a ainsi dénombré 39 euthanasies de personnes porteuses de déficiences intellectuelles ou de troubles autistiques, dont 8 au simple motif de ce handicap.

Mobilisations le 27 mai contre l’euthanasie

La commission spéciale de l’Assemblée Nationale s’est réunie du 14 au 18 mai pour étudier le projet de loi sur la fin de vie qui doit être examiné en séance plénière de l’Assemblée entre le 27 mai et le 11 juin, date à laquelle un vote solennel devrait avoir lieu.

Malgré la résistance de très nombreux députés à cette nouvelle déconstruction de nos valeurs civilisationnelles, la majorité de la commission a voté à main levée un texte extrêmement transgressif, traduisant la volonté de rompre avec le fondement du droit français qui repose sur l’interdit de tuer.

Dans ce contexte, Alliance Vita, une des grandes associations partenaires de la Marche pour la Vie, organise des rassemblements dans de nombreuses villes de France le 27 mai en fin de journée (Paris, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Dijon, Nantes, Nice…). Nous vous invitons à y participer et à soutenir cette initiative !

Plus que jamais, nous devons nous mobiliser contre la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.

Nous voulons 100% de soins palliatifs, 0 % d’euthanasies. Ne tuons pas la fraternité.

Rejoindre l’une des manifestation.

Objectif 5000 bouteilles de vin pour aider les moines du Barroux à financer l’achat d’un nouveau tracteur

Résumé de l’opération en cours

Depuis bientôt 40 ans, les moines de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux cultivent leur vignoble avec une exigence rare, et leurs vins sont salués par de grands dégustateurs internationaux.

Mais un de leurs tracteurs viticoles qui date de 1985 (!) est devenu vraiment trop dangereux. Après de longues années durant lesquelles ils ont repoussé cet investissement, ils se sont enfin décidés à le remplacer pour éviter les accidents et continuer à améliorer leur travail de la vigne !

Alors pour financer ce tracteur de toute urgence grâce au fruit de leur travail, les moines lancent une grande opération de vente en ligne de leurs vins, notamment en proposant exceptionnellement leurs deux meilleures cuvées “Abbayes”, habituellement confidentielles. L’objectif est de vendre au moins 5000 bouteilles d’ici le dimanche 2 juin !

Envie de remplir votre cave, de déguster des bons vins et d’aider les moines ? Cliquez ici :

Les moines du Barroux en pleines vendanges © Odile Pascal

Quelques mots sur l’abbaye du Barroux et son vignoble

C’est Dom Gérard qui fonde l’abbaye du Barroux en 1970. Quittant l’abbaye de Tournay pour vivre en ermite et vivre “l’expérience de la tradition”, il s’installe près de la chapelle de Bédoin dans le Vaucluse. L’arrivée progressive d’autres moines marque la naissance de l’abbaye du Barroux.

Aujourd’hui, les 57 frères de l’abbaye du Barroux suivent la règle de saint Benoît « ora et labora » : prière et travail. Leurs journées sont ainsi rythmées par les huit offices en grégorien qui débutent à 3h30, et par le travail quotidien dont la boulangerie, la menuiserie, la cuisine, l’hôtellerie, la reliure, la culture des oliviers, le ramassage d’abricots et de figues, et bien sûr… la culture de la vigne !

Le vignoble de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux est situé en contrebas du monastère, entre le Mont Ventoux et les Dentelles de Montmirail. Dès leur arrivée en 1980, les moines ont repris ces terres, issues du premier vignoble pontifical planté en 1309, avec la volonté de produire un vin d’exception. Et leurs efforts ont payé, en témoignent les nombreuses distinctions de la presse (Figaro Vin, Guide Hachette des Vins, Bettane & Desseauve etc…) et de grands dégustateurs (Paul Op Ten Berg, Olivier Poussier, Jean-Michel Deluc etc…).

Avec dix cuvées proposées pour cette opération vin, vous aurez du choix ! Deux vins rosés, quatre vins blancs et quatre vins rouges, des potentiels de garde de 3 à 20 ans selon les bouteilles, des profils aromatiques variés entre le fruit et la complexité, bref. Voilà de quoi remplir votre cave de bons vins, et d’aider les moines au passage !

Un moine du Barroux en train de contrôler la qualité du vin © Abbaye du Barroux

 

Ordinations à Toulon : les Missionnaires de la Miséricorde Divine privés de messe traditionnelle [add.]

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Parmi les exemples de blocages des évêques français au sujet du monde traditionnel, Jean-Pierre Maugendre, directeur de Renaissance Catholique, déclare lors de l’émission du Club des Hommes en Noir de vendredi dernier (17 mai) titré “Faut-il libérer la liturgie traditionnelle ?” :

A Toulon, les ordinations étaient bloquées depuis 2 ans, et certaines ont repris depuis la nomination de Mgr Touvet comme évêque coadjuteur. Dans ce processus de reprise des ordinations, les Missionnaires de la Miséricorde Divine ont été informés que leurs ordinations pourraient avoir lieu mais à la condition que cela soit dans le nouveau rite.

Cette communauté célèbre pourtant usuellement la messe tridentine… L’abbé Barthe précise ensuite que les séminaristes de cette communauté représentent un quart des séminaristes du diocèse de Toulon ! Faut-il supputer que Mgr Touvet a été nommé dans le but précis de garder la ligne globalement conservatrice du diocèse, tout en détruisant le plus possible l’ouverture aux traditionalistes voulue par les évêques précédents ?

Addendum de la rédaction : Les missionnaires de la miséricorde nous indiquent qu’ils ne sont pas privés de la messe traditionnelle pour leurs ordinations mais que la question est en discussion en raison du statut de cette communauté de droit diocésain dont les prêtres sont incardinés à Fréjus-Toulon, mais avec des statuts mentionnant la spécificité de la liturgie traditionnelle. Aucune décision n’est prise. D’autre part, la supputation faite sur la raison de la nomination de Mgr Touvet n’a pas de fondement. Mgr Touvet utilise toute son énergie d’évêque diocésain pour défendre la spécificité des Missionnaires de la Misericorde auprès des autorités plus hautes

Pour visionner l’extrait :

Euthanasie : la colère des juristes et des pharmaciens contre ce projet de loi

Estelle Bailbe, pharmacienne à Lyon, Blanche Streb, docteur en pharmacie, Nicolas Bauer, chercheur associé à l’ECLJ (le Centre européen pour le droit et la justice) ont été interrogés dans l’émission Ligne droite sur Radio courtoisie :

Photos et homélies du 42e pèlerinage de Paris à Chartres

Les homélies, méditations devant le Saint-Sacrement et mots d’envoi sont ici.

Extrait de l’homélie du père Chalufour, prononcée samedi midi sur la prairie d’Igny, pour les chapitres enfants, familles et pastoureaux :

Dieu nous accompagne dans ce grand pèlerinage vers la sainteté. Il nous donne son Fils au Calvaire et dans la Communion. Communiez souvent : « Reçois tous les jours, Celui dont tu as besoin tous les jours », disait saint Ambroise. Profitez de vos camps pour communier et essayez de le faire en vacances. Et si vous n’êtes pas en état de communier, confessez-vous au plus vite. Vous n’accepteriez pas d’être fâché avec votre meilleur ami sans vous réconcilier rapidement. Et bien, réconciliez-vous vite avec le Seigneur Jésus qui connaît vos faiblesses et ne demande qu’à vous pardonner par le ministère de ses prêtres. Il est facile de se confesser au pèlerinage : faites-le. Pensez au Bon Larron qui a tellement regretté ses péchés que Jésus lui a promis le Paradis, le soir même de sa mort, peut-être après quelques heures de purgatoire. Ne vont en enfer que ceux qui refusent de demander pardon, parce qu’ils sont trop orgueilleux pour reconnaître leurs péchés, parce qu’ils appellent bien ce qui est mal.

Les photos sont là.

Le 43ème pèlerinage de Chrétienté aura pour thème : « Pour qu’il Règne, sur la terre, comme au Ciel » !

Mot de clôture du 42e pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, prononcé par l’abbé Jean de Massia, aumônier général de l’association, en la cathédrale de Chartres lundi 20 mai :

Ami pèlerin !

La messe s’achève, mais reste encore un instant. Après la procession, je t’encourage à entrer dans la cathédrale ; alors s’achèvera vraiment ton pèlerinage. En y pénétrant après 3 jours d’efforts, tu goûteras l’espace d’un instant, un infime mais authentique aperçu de ce que sera la joie du Ciel, le sentiment d’être enfin à la maison, avec le Christ. Mais aussi, tu éprouveras en ce lieu l’impression rassurante d’une familiarité, d’une communion de foi à travers les siècles, en découvrant que ces vérités que tu as médités sur la mort, l’Enfer, le Ciel, la fin du monde, prennent vie ici dans la pierre et le vitrail, les mêmes depuis 8 siècles, les mêmes depuis 20 siècles.

En témoigne le célèbre tympan du jugement dernier qui se dresse au portail sud, ou sous le Christ juge et l’archange saint Michel, apparaissent les deux chemins de la destinée humaine, l’un conduisant les méchants dans la gueule de l’Enfer, l’autre menant les justes vers l’éternité bienheureuse du Paradis. Deux chemins : telle est la foi, la même hier et aujourd’hui.

Hélas, la pensée du jugement, le désir de la Cité Sainte a abandonné le cœur des hommes, et le passant qui aujourd’hui contemple ce porche n’y voit parfois que fables et légendes, ou contes pour enfants. Que faire, pour que ces pierres parlent à nouveau aux cœurs des hommes ? La cathédrale nous livre une réponse. Toujours au porche sud, mais cette fois-ci à l’intérieur, juste sous la rosace de l’Apocalypse montrant le Christ en gloire dans la cité sainte, les bâtisseurs ont légués aux générations futures une scène étonnante : le vitrail des 4 évangélistes du Nouveau testament, montés tels des enfants sur les épaules des quatre grands prophètes de l’Ancien : des nains juchés sur des épaules de géants, illustration profonde de la transmission de la foi. Comme si la cathédrale te disait : pèlerin ! Accepte de recevoir, de monter tel un enfant sur les épaules des anciens pour te laisser enseigner, pour être un maillon de cette chaîne ininterrompue de témoins ardents qui, depuis Jésus-Christ, reçoivent fidèlement puis répètent intégralement aux générations suivantes la même vérité qui sauve, enseignent le catéchisme aux enfants, leur font aimer le Ciel mais aussi craindre l’Enfer, rayonnent autour d’eux et témoignent du fait que tout cela est vrai, que ce ne sont pas des fables, que c’est du réel et le plus essentiel qui soit, puisqu’il s’agit du salut éternel.

La foi n’est pas un marché dont on prend ce qui plait et rejette ce qui fâche, dont on adapte le contenu en fonction de l’air du temps, non la foi est adhésion à Jésus-Christ, et à tout son message. Oui, depuis la Pentecôte le Christ suscite des témoins ardents, pour que les vérités de l’évangile ne tombent pas dans l’oubli, pour que les hommes sachent quelle est la splendeur de la destinée que Dieu a préparé à ceux qu’il aime parce que oui, il les aime et a payé de sa vie cet amour ; mais aussi des témoins courageux qui osent dire à la face de l’athéisme contemporain que la vie comporte un risque réel, que ces deux chemins du tympan du porche sud existent vraiment, que le péché est grave et peut mener à l’Enfer, et qu’il y a aujourd’hui des crimes qui se déguisent en bien et dont l’injure crient vers le Ciel ; et que Dieu, à la fin, jugera, récompensera les bons et châtiera les méchants impénitents qui auront résisté jusqu’au bout à son amour. « Telle est la vérité, le reste est imposture. »

Toi aussi, pèlerin, tu sais que ton cœur est à la croisée de ces deux chemins du tympan du porche sud, tu sais les combats qu’il te faudra mener dès demain, et la grâce qu’il te faudra demander, car nul n’est assuré, par ses propres forces, du salut de son âme. Mais nous avons pèleriné et nous reviendrons, nous avons fait pénitence pour expier nos péchés, nous avons prié, et cela compte aux yeux de Dieu. Et surtout, surtout, nous avons confié l’ultime issue de nos vies entre les mains de Marie, qui veille sur nous maintenant, et à l’heure de notre mort ; et cela nous suffit pour repartir d’ici l’âme en paix, avec au cœur les mots par lesquels Péguy achevait sa Présentation de la Beauce à Notre-Dame :

« O reine qui lisez dans le secret du cœur, vous savez ce que c’est que la vie ou la mort ; nous vous prions pour nous. Quand nous aurons joué nos derniers personnages, Quand nous aurons posé la cape et le manteau, Quand nous aurons jeté le masque et le couteau, Veuillez vous rappeler nos longs pèlerinages. Quand nous retournerons en cette froide terre, Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire. Quand on aura sur nous dit l’absoute et la messe, Veuillez vous rappeler, reine de la promesse, le long cheminement que nous faisions en Beauce. Quand nous aurons quitté ce sac et cette corde, Veuillez vous rappeler votre miséricorde. »

Il me reste à remercier le Cardinal Müller : merci éminence, pour votre présence parmi nous, pour la célébration de la messe, pour votre vigoureuse homélie ; merci au nom de tous les pèlerins pour le clair témoignage de la vérité qui nous guide et nous encourage : vous nous rappelez l’importance de la formation dans la foi, et que pour aimer en vérité, il faut connaître droitement.

Merci à vous, cher Monseigneur Christory, et vous cher Père Blondeau, pour votre accueil dans ce trésor de foi qu’est la cathédrale de Chartres : nous vous souhaitons une belle entrée dans l’année jubilaire, qui célèbre à partir de septembre les 1000 ans de la construction de la crypte.

Merci aux très nombreux prêtres, séminaristes, religieux et religieuses qui ont accompagnés les pèlerins, et les ont aidé à contempler les choses d’en Haut.

Merci enfin à l’organisation du pèlerinage, aux directions des pèlerins et des soutiens, à tous les bénévoles, qui ont su relever un défi inédit devant l’affluence des pèlerins cette année.

Je salue également tous les pèlerins anges gardiens qui nous ont suivis et portés par leur prière tout au long du pèlerinage ; et je vous donne rendez-vous, chers pèlerins, l’année prochaine pour le 43ème pèlerinage de Chrétienté dont le thème sera : « Pour qu’il Règne, sur la terre, comme au Ciel » !

Notre Dame de Paris, priez pour vous, Notre Dame de Chartres, priez pour nous Notre Dame de la sainte Espérance, convertissez-nous.

“Comment expliquer cet autoritarisme cléricalisant que nous rencontrons ?”

Discours du président de Notre-Dame de Chrétienté, jean de Tauriers, à la messe des Courlis, le dimanche de Pentecôte 19 mai :

Chers pèlerins,

« Il était une fois, il y a très longtemps, un brigand qui devait être pendu dans un royaume. La femme du roi fut prise de pitié et demanda la grâce du condamné. Les juges exigeaient une somme de mille ducats pour sa libération. Par amour de sa femme, le roi fournit huit cents ducats. La reine en ajouta cinquante. Les seigneurs complétèrent la somme mais il manquait toujours trois ducats. Alors que le bourreau se préparait à exécuter le jugement, on trouva la somme manquante dans la poche du condamné qui fut sauvé ».

La morale de cette histoire nous est donnée par son auteur, Charles Péguy dans ‘le Mystère de la vocation de Jeanne d’Arc’ :

« L’homme en péril d’être pendu, c’est vous, c’est moi, c’est l’humanité pécheresse : au jour du Jugement rien ne nous sauvera, ni la miséricorde de Dieu, ni l’intercession de la Vierge, ni les mérites des saints, si nous n’avons sur nous trois ducats de bonne volonté ».

Bravo, chers pèlerins, d’être partis hier matin de St Sulpice et d’Igny vers la cathédrale de Chartres et d’avoir montré tant de courage et de ténacité ! Bravo d’avoir offert au Bon Dieu et à la Sainte Vierge ces trois jours pour rassembler ces trois ducats qui vous permettront un jour de voir Dieu, l’unique but de notre vie qui est un pèlerinage sur la terre !

Je m’adresserai tout d’abord aux bénévoles de Notre-Dame de Chrétienté qui permettent que le miracle du pèlerinage ait lieu. Je vous parlerai ensuite chers amis des difficultés que nous rencontrons dans l’Eglise avant de conclure par une supplique au Saint Père.

Vous savez, chers amis, que toute l’année des centaines de personnes travaillent tous les jours pour préparer ce pèlerinage. Rien ne serait possible si plus d’un millier de pèlerins pendant le pèlerinage ne se dévouait au Service d’Ordre, à la Logistique, au Service Cérémonies et Clergé, aux Achats, à la Santé, au Secrétariat général, la Communication, la Trésorerie ou la Formation. Je les remercie de tout cœur pour leur immense générosité. Je n’oublie pas bien sûr l’encadrement des pèlerins marcheurs : les chefs de chapitre et leurs adjoints. Vous avez préparé ce pèlerinage en travaillant les méditations dans vos livrets, en assistant aux récollections, en constituant vos 2 équipes, en préparant vos interventions, l’accompagnement spirituel des pèlerins. Pour certains d’entre vous, vous avez découvert notre petit monde traditionnel, l’histoire de Notre-Dame de Chrétienté que nous voulons transmettre avec fidélité et reconnaissance depuis les premières années héroïques. Nous n’oublions aucun nom de ces quarante et deux années, nous savons ce que nous devons à nos fondateurs des premiers jours. Chers chefs de chapitre, merci d’avoir accepté cet engagement ! Je m’en voudrais d’oublier dans ces mots de remerciements les pèlerins non marcheurs, les anges gardiens, chaque année plus nombreux. Du monde entier, de séminaires, de monastères, d’hôpitaux, de maisons de retraite et même de prisons vous êtes en ce moment même unis au pèlerinage par la prière dans la communion des saints.

L’année passée, je vous avais parlé des tentatives de normalisation de notre pèlerinage. Derrière le mot de normalisation, il faut comprendre la volonté de certaines autorités ecclésiastiques (Dieu soit loué ! pas toutes) de faire appliquer strictement le motu proprio Traditionis Custodes en remplaçant la messe tridentine par la messe Paul VI. Depuis notre dernier pèlerinage et en dépit de son succès historique, nous n’avons constaté ni meilleure compréhension ni plus grande bienveillance, notamment de la part des autorités en charge du monde ex Ecclesia Dei. Je ne peux que constater et me désoler de cette incompréhension des familles catholiques, nous tous, qui ont fait le choix du monde traditionnel pour transmettre la foi à leurs enfants. Comment expliquer cet aveuglement sur la situation actuelle de l’Eglise ? Comment expliquer cet autoritarisme cléricalisant que nous rencontrons ? Je n’en connais pas les raisons mais je peux vous assurer de la détermination de tout l’encadrement de Notre-Dame de Chrétienté pour protéger votre pèlerinage. Rassurez-vous, chers amis, nous ne sommes pas seuls. Des cardinaux, des évêques, de nombreux prêtres et fidèles non étiquetés « tradi » (puisqu’il faut parler ainsi) nous encouragent. Pourquoi ne pas faire l’effort de comprendre l’œuvre de Notre-Dame de Chrétienté qui évangélise grâce à la messe tridentine ? Pourquoi ne pas observer l’œuvre du Saint Esprit pendant ce pèlerinage qui veut faire, tout simplement, l’expérience de la Tradition ?

Nous avons besoin, chers amis, de votre soutien au milieu de ces difficultés, d’abord en priant pour Notre-Dame de Chrétienté, son unité et son rayonnement. Vous pouvez faire encore davantage. Allez rencontrer vos évêques pour leur donner les raisons de votre choix du monde traditionnel. De nombreuses situations individuelles se présentent dans un pèlerinage aussi important. Votre expérience sera éclairante. Et si vous n’êtes pas un pratiquant régulier de la messe tridentine, donnez simplement les raisons qui ont fait de vous un pèlerin de Notre-Dame de Chrétienté, au cœur du milieu traditionnel, horresco referens, au moins pendant ces 3 journées !

Enfin, comme toute dernière demande, j’insisterai sur l’effort intellectuel à faire pour se former. Notre-Dame de Chrétienté est une association de laïcs, dirigée par des laïcs qui doivent savoir défendre eux-mêmes ce en quoi ils croient. Nous vous attendons nombreux demain dans nos formations et nos récollections. Si vous avez suivi récemment l’actualité religieuse, vous avez dû être très surpris d’entendre qu’il était reproché à Notre-Dame de Chrétienté d’avoir une mauvaise théologie politique. Que peut-on encore bien nous reprocher ? Tout simplement, il nous est reproché notre attachement à la chrétienté, c’est-à-dire au règne social de Jésus Christ, rappelé dans l’encyclique Quas Primas de Pie XI de 1925 dont nous fêterons le centième anniversaire l’année prochaine. Ce point classique de la doctrine catholique est présent dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique mais n’est plus guère enseigné depuis plus de cinquante ans. Nous en voyons les conséquences. La récente actualité en France avec l’inscription dans la constitution de l’avortement ou la prochaine loi sur l’euthanasie et le suicide assisté démontrent bien qu’une société qui abandonne toute référence à Dieu conduit les hommes à transgresser la loi naturelle en se transformant en structure de péché. L’effacement, l’enfouissement de l’Eglise, le refus de Dieu conduisent nos sociétés à ces lois diaboliques. Qui se souvient encore des enseignements de saint Jean-Paul II, notamment dans Centesimus Annus quand il nous disait qu’« une démocratie sans valeurs se transformait facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois » ? Déplorer ces lois iniques est une bonne chose mais n’est-il pas meilleur encore de remonter aux principes. Seule la foi chrétienne donne à la raison la force de comprendre le vrai bien humain et la volonté de l’accomplir. Notre-Dame de Chrétienté en rappelant l’espérance de cette société chrétienne, cherche à en faire comprendre ces principes.

Chers amis pèlerins, marcheurs et anges gardiens, je voudrais terminer ces mots en m’adressant au Saint Père, le pape François, en votre nom à tous : Très Saint Père, Vous avez toujours insisté sur l’importance du sens de la foi des fidèles. Vous avez ainsi parlé de « cet instinct infaillible de la vraie foi que l’Esprit de Vérité entretient dans le peuple de Dieu ». Nous sommes des catholiques attachés à la messe tridentine au service de l’Eglise. Nous avons choisi cette spiritualité traditionnelle pour mieux transmettre la foi à nos enfants. Et nous avons fait ce choix en nous appuyant sur le sens de la foi des fidèles. Les catholiques traditionnels sont aujourd’hui persécutés dans certains diocèses en France. Des baptêmes, des mariages, des messes, des confirmations, des catéchismes sont interdits en raison de Traditionis Custodes. Des prêtres subissent des pressions et en souffrent parce qu’ils veulent donner les sacrements dans la forme traditionnelle à leurs fidèles. Nous ne pouvons croire que vous restiez insensible à la situation actuelle de ces fidèles, clercs, laïcs, et nous espérons que vous voudrez prendre les mesures de paix nécessaires au salut des âmes. Tous les pèlerins de Chartres prieront cet après-midi aux intentions de votre pontificat en espérant que les mots de cette supplique auront trouvé le chemin de votre cœur.

Très chers amis, je vous souhaite une belle fin de pèlerinage.

Notre-Dame de Paris, priez pour nous, Notre-Dame de Chartres, priez pour nous, Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous.

« Dégagez, on n’entend pas si la police arrive. Vous nous empêchez de travailler »

Mercredi 22 mai, dans le cadre d’une animation proposée par un centre d’action sociale, un trio de chanteurs devait jouer dans le quartier du Blosne à Rennes. Ils ont été expulsés par les dealers, qui jugeaient que la musique pouvait empêcher les guetteurs d’entendre les policiers arriver. Douce France :

« D’habitude, c’est plutôt la police qui nous demande de partir. Mais de la part de dealers, c’est la première fois ». « Une animation musicale autour des langues. On devait jouer quelques morceaux. »

« Ils nous ont insultés et menacés. Ils ne voulaient pas que l’on reste là. L’un d’eux nous a dit : « dégagez, on n’entend pas si la police arrive. Vous nous empêchez de travailler ». » « C’est vraiment la première fois que ça nous arrive et pourtant on a l’habitude de jouer dans la rue. »

« Nous avons alors décidé d’aller jouer près de la station de métro TriangleMais en arrivant sur place, on s’est rendu compte qu’il y avait aussi des dealers. Alors nous sommes allés les voir et on leur a demandé si on pouvait jouer là. Eux étaient d’accord. C’est quand même hallucinant comme situation. »

La prison en France, c’est le Club Med

Quelques jours après la mort de deux agents pénitentiaires tués au cours d’une attaque de leur fourgon au péage d’Incarville (Eure), on apprend que des détenus du centre pénitentiaire de Toul (Meurthe-et-Moselle) sont invités le 27 juin à visiter le château de Versailles et à déjeuner dans les jardins.

Très remontés contre cette décision, les syndicats de police expriment leur mécontentement et demandent l’annulation immédiate de cette sortie.

Tony Vallée, le secrétaire départemental du syndicat Un1té, déclare :

«Ce n’est vraiment pas le bon moment». «Le trajet entre la prison et Versailles est long de 350 kilomètres et il faut sécuriser tout le convoi». « Est-ce que c’est vraiment nécessaire de faire 350 kilomètres pour un pique-nique ? »

Ailleurs, des détenus sont invités à faire du surf :

Mohamed Amra, recherché depuis son évasion, bénéficiait aussi de conditions très favorables en détention. Il avait notamment en sa possession un téléphone portable, une chicha et pouvait aussi se faire livrer colis et nourriture. Le tout, en restant en contact avec son réseau. Depuis sa cellule, Mohamed Amra aurait alors été amené à commanditer des enlèvements et séquestrations avec demande de rançon et des extorsions. En novembre 2022, il aurait aussi tenté d’acheter des armes de guerre depuis sa cellule ainsi que des fusils d’assaut « tirant en mode rafale » qu’il négociait au prix de 6.000 euros pièce.

L’encadrement de « l’aide à mourir » est illusoire

L’Assemblée nationale débattra dans l’hémicycle à partir du 27 mai du projet de loi sur la fin de vie, à partir d’un texte profondément remanié par les 70 députés de la commission parlementaire spéciale, qui ouvre considérablement le champ de la loi, en faisant sauter plusieurs critères qui en bornaient l’application. La présidente de la commission, l’ex-ministre de la Santé Agnès Firmin-Le Bodo, a fait part publiquement de ses désaccords. 3412 amendements ont été déposés.

Après débat et vote à l’Assemblée, le texte sera examiné par le Sénat. Le sénateur LR de Vendée, Bruno Retailleau, est interrogé dans Le Point :

Comment réagissez-vous au texte sorti de la commission spéciale de l’Assemblée nationale ?

Tous les cadres ont sauté. Je ne suis pas surpris. J’ai toujours dit que l’encadrement de « l’aide à mourir » était illusoire. En cinq jours, cette commission spéciale a accompli une trajectoire que la Belgique avait mis vingt-deux ans à effectuer, et le Canada huit ans. C’est la démonstration de ce que je dénonce, avec d’autres, depuis le début : à partir du moment où l’on épouse la logique du droit à mourir, les engrenages s’enclenchent et la machine des « droits à » s’emballe pour aller toujours plus loin, franchir toujours plus de limites. C’est ce qui s’est passé.

Le texte va être soumis à un débat parlementaire en hémicycle. Ce n’est pas donc pas celui-ci qui sortira tel quel de l’Assemblée…

Je n’en sais rien. Ce que je sais, en revanche, c’est que, depuis le départ, Emmanuel Macron a fixé une trajectoire en masquant ses intentions. On a biaisé le débat, en tordant les mots, au point de ne pas parler d’euthanasie et de suicide assisté alors que c’est bien cela dont il s’agit. C’est d’une hypocrisie absolue : cachez ces mots que je ne saurais voir ! Quant à la « fraternité » évoquée par Emmanuel Macron, nous sommes dans l’exact inverse. Être fraternel, ce n’est pas donner la mort, mais donner la main, c’est adopter une éthique de la vulnérabilité pour aider les plus fragiles jusqu’au bout, pas les abandonner, seuls, devant une alternative radicale. Un tel texte, s’il est adopté, conduira les plus vulnérables à se poser cette question insupportable : suis-je un fardeau pour mon entourage, pour la société ? Ce serait l’expression d’un individualisme poussé à son extrême limite, où les liens ultimes sont abolis.

Le texte initial prévoyait des verrous pour cantonner le champ d’application du texte. Beaucoup ont sauté en commission spéciale, mais il sera toujours possible de les rétablir…

Il faut évidemment mener le combat. Et je veux saluer nos courageux députés qui, dans cette commission, n’ont rien lâché. Mais les « verrous » dont vous parlez n’en étaient pas, en réalité. Car le but de ce texte n’est pas tant d’abréger les souffrances, ce qui était déjà l’objet de la loi Claeys-Leonetti, mais d’aller un cran plus loin dans la logique progressiste de la revendication prométhéenne d’émancipation. Dans cette perspective, tout garde-fou est perçu comme une restriction, un obstacle à la liberté personnelle qu’il convient d’éliminer. Le seul intérêt que je perçois dans cette commission est qu’elle nous a permis de voir en accéléré ce qui pourrait se passer si un tel texte était adopté, à savoir un enclenchement mécanique inexorable. C’est ce qui s’est passé en Belgique, aux Pays-Bas, au Canada. Au départ, on parle de maladie en phase terminale ; à l’arrivée, on passe à des maladies incurables. Au départ, on cantonne aux adultes ; à l’arrivée, on intègre les enfants. Au départ, seuls les malades disposant de leurs capacités de discernement sont concernés ; à l’arrivée, le droit est ouvert aux handicapés. Dans tous les pays qui ont autorisé simultanément le suicide assisté et l’euthanasie, le second finit par prendre le pas sur le premier. Quant à intégrer dans un même texte les soins palliatifs et l’euthanasie, la pente descendra naturellement vers cette dernière, tellement plus simple, tellement moins chère également. Il existe un « Quality of Death Index » qui mesure la qualité du bien mourir dans chaque pays, et qui montre qu’on meure toujours moins bien dans les pays qui autorisent l’euthanasie. Dans ce classement, la Belgique a été rétrogradée entre 2015 et 2021 de 21 places, et le Canada de 11 places.

La Cour des comptes a souligné que 400 personnes par jour meurent sans soulagement nécessaire en France, que 22 départements ne disposent pas d’unités de soins palliatifs. C’est un vrai scandale.

Même si l’enveloppe allouée est très en deçà des besoins, selon les praticiens, le texte prévoit de développer les soins palliatifs…

Mais il n’y a pas besoin d’une loi pour cela ! Tout est déjà prévu par un texte de 1999. Ce qui manque, surtout, ce sont les moyens. De nouveaux moyens, pas une nouvelle loi : c’est ce que demande une majorité de soignants dans les services concernés. Pourquoi ne sont-ils pas écoutés ? La Cour des comptes a souligné que 400 personnes par jour meurent sans soulagement nécessaire en France, que 22 départements ne disposent pas d’unités de soins palliatifs. C’est un vrai scandale. Alors même que la plus grande crainte des Français, qui motive leur position sur la fin de vie, c’est la souffrance. Tous les spécialistes le disent : quand la souffrance physique et psychologique est apaisée, la demande de mort recule toujours. Le volet sur les soins palliatifs dans ce projet est donc un alibi pour faire passer la pilule. On se donne bonne conscience. Emmanuel Macron est le président qui aura été le plus loin sur le plan sociétal, en promouvant la constitutionnalisation de l’IVG, la PMA pour toutes, et maintenant l’euthanasie. Les dirigeants qui échouent à améliorer le quotidien des Français se réfugient toujours dans le sociétal.

Dans les détails, que reprochez-vous au texte qui sera présenté dans l’hémicycle ?

Ce qui s’est passé dans cette commission spéciale de l’Assemblée nationale est très grave. Dans le texte initial, l’euthanasie n’était autorisée qu’en cas d’impossibilité physique de se donner soi-même la mort. Ce critère a sauté. Désormais, donc, l’euthanasie est une option parmi d’autres, au même niveau que le suicide assisté. Pis, l’euthanasie devient un soin, car elle entre dans le Code de la santé publique. On fait disparaître aussi la notion de « pronostic vital engagé » ; après la commission spéciale, on passe à la notion de phase terminale avancée. Résultat, comme je le soulignais précédemment, on élargit considérablement le périmètre des maladies éligibles, en l’étendant aux maladies dégénératives, aux cancers métastasés. Et les députés veulent créer un délit d’entrave à l’aide à mourir puni de 15 000 euros d’amende. Un anesthésiste qui, demain, réanime quelqu’un qui a souhaité mettre fin à ses jours pourra-t-il être accusé de délit d’entrave ? Tout comme les bénévoles d’associations qui accompagnent des personnes en fin de vie ? Nous sommes dans une rupture anthropologique. Le Conseil d’État avait ainsi mis en garde le gouvernement début avril en disant que ce projet de loi introduisait une double rupture. D’une part, parce qu’il inscrit la fin de vie dans un horizon qui n’est plus celui de la mort imminente. D’autre part, parce qu’il autorise pour la première fois un acte dont l’intention est de donner la mort. Si ce texte est adopté, il sera plus facile de demander la mort que d’accéder à des soins pour être accompagné et soulagé. C’est une conception de la médecine qui aura des répercussions très graves sur l’idée que nous nous faisons de la dignité humaine et, pour le coup, de la fraternité que nous devons aux plus fragiles d’entre nous.

La majorité sénatoriale que vous conduisez fera-t-elle rempart contre le texte ?

Conformément à sa tradition, le Sénat n’examinera pas ce texte sous un biais idéologique, mais en rappelant que derrière la satisfaction de revendications individuelles, nous sommes face à un nouveau projet de société. Chacun a bien évidemment son intime conviction, et je pense pour ma part justement que, dans ces domaines si délicats et si fondamentaux, la loi doit avoir la sagesse de ne pas vouloir prétendre régenter tout ce qui relève de l’intime. La frontière entre la vie est la mort est une zone grise, une zone mystérieuse et parfois difficilement discernable, qu’il faut savoir préserver.

Une proposition de loi pour “encadrer” les transitions de genre chez les mineurs

Le 22 mai, la proposition de loi portée par la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio (LR) visant à encadrer les transitions de genre chez les mineurs a été largement remaniée lors de son examen devant la commission des affaires sociales du Sénat, avant d’être adoptée. Le texte, inspiré des conclusions d’un groupe de travail composé uniquement de sénateurs Les Républicains qui ont publié un rapport de 340 pages, fruit de 67 auditions, sera examiné en séance publique le 28 mai.

Qualifié d’« offensive transphobe » par la gauche et plusieurs associations, le texte envisageait dans sa version initiale d’interdire le recours aux bloqueurs de puberté et les interventions chirurgicales de changement de genre pour les mineurs.

Il prévoit désormais que les bloqueurs de puberté puissent être prescrits au sein de « centres de référence pluridisciplinaires » listés par arrêté et après un suivi médical d’une durée d’au moins deux ans. Il exige également la « vérification par l’équipe médicale de l’absence de contre-indication », ainsi que de « la capacité de discernement du patient ». Des modifications proposées par le sénateur LR Alain Milon qui assure que

« cela permettra aux familles confrontées à ce syndrome de pouvoir avoir à disposition des équipes pluridisciplinaires spécialisées dans le diagnostic et le traitement ». « La nature a horreur du vide. Et rien n’interdit actuellement de pratiquer des chirurgies de réassignations de genre sur des mineurs. En attendant les recommandations de Haute Autorité de Santé (HAS) nous avons besoin d’adopter une loi forte mais avec beaucoup de tolérance, maintenant ».

Les recommandations du groupe de travail mis en place par la Haute Autorité de Santé devraient être présentées dans les mois qui viennent.

L’interdiction des traitements hormonaux et des interventions chirurgicales de changement de genre est, elle, conservée au même titre que l’article 2 qui fixe les sanctions pénales. La violation de ces interdictions pourra entraîner une peine de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, ainsi qu’une peine complémentaire d’interdiction d’exercer pendant dix ans « au plus ».

Malgré les modifications adoptées par la commission, la gauche a continué à manifester sa vive opposition au texte. Les sénateurs de ce bord politique envisagent de déposer une motion de rejet préalable en séance publique.

Source : Gènéthique

Les Français sont fiers de leur identité

Du père Danziec dans Valeurs Actuelles :

Le résultat est sans appel. A l’issue d’une large enquête d’opinion publiée début mai, le sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro atteste que les Français sont fiers de leur identité. Ils sont 91 % à se sentir en priorité français contre 8 % européen. Certes, en cas de guerre, un sondé sur deux se déclare prêt à s’engager dans l’armée mais malgré la repentance coutumière à laquelle sont serinées les jeunes générations, et la culture du “nobordisme”, force est de reconnaître que le sentiment de priorité nationale n’a pas dit son dernier mot. Les Français se reconnaissent… Français. Mieux encore, ils aiment leur pays.

Ode amoureuse à la France

En 2022, dans sa comédie Irréductible, Jérôme Commandeur filmait Gérard Depardieu dans un faux JT. Face à Anne-Sophie Lapix, celui qui était encore le Gégé national laissait libre cours à sa mélancolie française dans une scène devenue virale sur les réseaux sociaux :

 « La France est le plus beau royaume après celui du ciel. La France me manque douloureusement comme une part de moi-même. Et vous savez ce qui me manque le plus ? Les odeurs. Ce qui me manque, c’est l’odeur du foin à Châteauroux quand j’étais gamin. Le crottin de cheval bien chaud déposé sur un petit chemin de Normandie. Le petit noir dans une tasse mal lavée au comptoir d’un bouge dans le XIXe à Paris. La France, c’est des pétards qui éclatent les tympans des dames au bal du 14 juillet. C’est une deux-chevaux qui tousse sur un goudron brûlant dans les Cévennes. Les cigales, les marcassins, les goélands. Des petits vieux qui discutent sur un banc en Corse. La France elle est partout. »

Oui, la France est partout, pour qui veut bien se donner la peine de la voir, pour qui a la chance de l’avoir reçue. Un paysage, une mélodie, un héros, un monument. « La France, mère des arts, des armes et des lois » écrivait du Bellay. La France, c’est Clovis et saint Louis, Cyrano et Surcouf, la marquise de Sévigné et Madame Elisabeth, Louis Pasteur et Marie Curie. La France, c’est l’impertinence d’un Clément Marot sous François 1er et celle d’un Coluche sous Mitterrand. C’est Brassens et Sardou, comme elle fut autrefois chansons de gestes et chœurs grégoriens. C’est un salon Louis XV et celui, aujourd’hui, de l’Agriculture. C’est la présentation de la Beauce à Notre-Dame, mise en vers par Péguy et celle d’un nouveau-né à sa famille, mise en poème par Hugo.

La France, c’est un mas provençal, un refuge alpin, un phare armoricain. L’accueil du Nord, la bravoure du Béarn, la joie de la Bourgogne, la douceur angevine. Ce sont les moutons rouges du Roussillon, les cochons culs noir Limousin ou les chèvres de fossés de la Manche.

Alors je cherche et je trouverai, cette France qui me manque tant

Mais aimer la France, cela s’apprend. On apprend à la découvrir. On s’émerveille de l’observer. On ne se lasse pas de la savourer. On pleure ses morts et on honore ses héros, les mères de famille comme les pères de la patrie. Blanche de Castille et Anne de Bretagne. Le chevalier Bayard et le colonel Beltrame. Oui, Gégé avait raison : la France est partout.

Lors d’un récent passage en région parisienne, je goûtais mon bonheur de parrain en emmenant mon filleul de neuf ans dans le parc France Miniature. Situé aux portes des Yvelines, sur un espace de cinq hectares aménagé en forme de carte de France, le parc donne à voir les principaux monuments et sites français, reproduits en miniature à l’échelle 1/30e (117 édifices en tout !). Le soleil était radieux et l’atmosphère engageante. Après une déambulation en Savoie, une escapade sur le port de Saint-Tropez, nous remontions tranquillement vers le Centre sans manquer la gare de Limoges. Situés alors au cœur du parc, bénéficiant tous deux d’une vue à 360°, nous ne voyions émerger de la végétation et des parterres de fleurs qui nous entouraient, que des monuments remplis d’histoire et de prière. Châteaux de Vaux-le Vicomte et de Pompadour, de Chambord et de Versailles, l’abbaye de Sénanque et celle de Fontgombault, la Cathédrale d’Orléans et la basilique de Vézelay. Nous étions doucement cernés par des châteaux et des églises, des donjons et des clochers. Posant ma main sur l’épaule de mon filleul, je balayais cet horizon hexagonal et lui soufflais : « Tu vois Alban, c’est cela la France : les cathédrales et les châteaux, l’Eglise et les Rois. » D’un regard espiègle, il acquiesça, évidemment. Pour ajouter cependant sitôt : « Et la noblesse aussi ! » Avec la spontanéité que lui donnait son jeune âge et l’assurance que lui conférait sa naissance.

Le mot seul me frappa. Il n’avait pas dit « les nobles », il avait dit « la noblesse ». Plus qu’une classe sociale, il avait désigné de ses bientôt dix ans une qualité morale, une attitude spécifique. Celle qui donne à l’expression des choses, à la tenue du cœur, au maintien à table, à l’attitude de l’âme, à la façon de s’exprimer une dimension toute particulière. L’ambition et l’exigence. L’ordre et la discipline. Le dévouement et la franchise. L’élégance et la prévenance. La noblesse oblige dit-on, et en cela elle avait, bien entendu, façonné la France.

« On a volé la France aux Français, depuis qu’on leur a mis dans la tête que la France était uniquement l’œuvre de l’Etat, non la leur, que le seul devoir des bons Français était de faciliter la tâche de l’Etat » écrivait déjà Bernanos dans son journal Les enfants humiliés. A l’heure de TikTok et de la culture rap, la noblesse voilà ce qui sans aucun doute donnerait de nouvelles lettres à la France et la possibilité de réconcilier ses enfants avec son histoire. Ceux qui ont charge des destinées du pays seraient bien inspirés de se rendre à France Miniature et d’y puiser de quoi apprendre à voir la France en grand. Et à la transmettre.

Les revendications du Syndicat de la famille pour les Européennes

En vue des élections européennes de juin 2024, Le Syndicat de La Famille fait connaître aux candidats les revendications suivantes pour la législature 2024-2029. Elles concernent la natalité/démographie, l’éducation, la protection des mineurs, l’exploitation reproductive (GPA) et le respect de la subsidiarité.

Démographie :

Dans son rapport 2020 sur la démographie, la Commission européenne a acté la baisse de la natalité. Mais elle n’a établi aucune ligne directrice pour l’avenir de la démographie européenne. L’Union a pourtant les moyens d’encourager les Etats à agir pour le redressement démographique et ce, en respectant le principe de subsidiarité.

 Le Parlement a un rôle majeur pour que la Commission engage des initiatives législatives concrètes, telles que :

1.  Améliorer les données Eurostat relatives au taux de fertilité, à la composition des foyers et à l’espérance de vie afin de fournir une vue claire et actuelle de la situation démographique dans les États membres.

2.  Établir un classement annuel des États membres selon le principe de la Méthode ouverte de coordination : les politiques familiales nationales seront comparées afin d’évaluer leur impact en termes de progrès ou de régression de la natalité.

3.  Congé de maternité : clarifier l’article 8 de la directive 92/85/CEE du 19 octobre 1992 et augmenter à 16 semaines la durée minimale de congé de maternité recommandée par l’UE.

4.  Congé parental : augmenter nettement la durée minimale recommandée par l’UE, qui est de 4 mois seulement.

5.  Valoriser l’éducation des enfants : reconnaitre et chiffrer la valeur non-marchande de l’activité des parents qui diminuent ou cessent leur activité professionnelle pour élever leur(s) enfant(s), que ce soit la mère ou le père.

6.  Valoriser la solidarité familiale : reconnaitre et chiffrer la valeur non-marchande l’activité des proches aidants.

7.  Faciliter le travail à temps partiel librement choisi.

8.  Agir effectivement pour la fin du harcèlement maternel, conformément à la résolution 2018/2055(INI) du Parlement européen du 11 septembre 2018, afin que les femmes puissent réaliser leur désir d’enfant sans subir ni pression ni conséquences négatives dans leur vie professionnelle.

Éducation :

Les parents ont le droit d’éduquer et d’instruire leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques. Mais l’Union européenne prend des positions et légifère sans respecter ce droit, notamment par ses recommandations en matière d’éducation sexuelle. Elle doit revoir ses pratiques :

9.  Légiférer pour faire respecter l’âge, l’intimité et l’éducation reçue à la maison par les mineurs dans le cadre de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle faite à l’école.

Protection des mineurs :

L’Europe doit protéger les mineurs, conformément à l’article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Or, volontairement ou involontairement, les mineurs sont confrontés de plus en plus jeunes et fréquemment à des contenu inappropriés en ligne, notamment sur les réseaux sociaux : pornographie, banalisation de la transition sexuelle, violences diverses, harcèlement sexuel, emprise sectaire.

L’Union européenne doit notamment :

10.  Obliger les sites internet de contenu « adultes » à ouvrir leur accès au moyen d’une pièce d’identité attestant de l’âge. C’est techniquement sans difficulté aujourd’hui.

11.  En ce qui concerne les hormones sexuelles utilisées comme bloqueurs de puberté et pour des « réassignations sexuelles », faire respecter l’obligation de suivre les indications correspondant aux autorisations de mises sur le marché, quitte à interdire explicitement ces molécules pour les mineurs hors des indications prévues.

12.  Interdire les actes de chirurgie de « réassignation sexuelle » pour les mineurs, y compris la double mastectomie chez la jeune fille.

Exploitation reproductive :

L’Union européenne, signataire de la Convention d’Istanbul, s’est engagée à lutter contre les violences faites aux femmes.

 La gestation pour autrui (GPA), qui constitue une exploitation reproductive de la femme, a été condamnée plusieurs fois par le Parlement européen. La lutte est néanmoins largement insuffisante comme l’atteste la pratique décomplexée de la Grèce et de Chypre.

L’Union européenne doit assurer une lutte contre toutes formes de GPA, l’exploitation de la femme ne pouvant être ni « encadrée », ni « éthique ». A cette fin :

13.  Reconnaître officiellement toutes formes d’exploitation reproductives comme trafic international d’êtres humains, suivant les recommandations du Parlement européen.

14.  Conformément à l’article 83 § 1 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne, qui concerne les domaines de criminalité particulièrement grave revêtant une dimension transfrontière, adopter une directive établissant des sanctions communes minimales pour les intermédiaires et commanditaires agissant dans le cadre de l’exploitation reproductive.

15.  Soutenir la Déclaration de Casablanca pour l’abolition universelle de la gestation pour autrui.[1]

16.  Décider que l’Union européenne quitte et dénonce le groupe de travail « Filiation/Gestation pour autrui » de la Conférence de La Haye.

18.  Conformément à la Convention d’Oviedo, protéger par une directive les produits issus du corps humain et abandonner le règlement « SoHO », visant à autoriser et réguler le trafic et la commercialisation des produits du corps humain.

Subsidiarité :

Le principe de subsidiarité en matière de droit de la famille s’impose à l’Union européenne du fait des traités établissant ses compétences et celles des États membres. Dans les faits, cette répartition n’est pas toujours respectée.

 L’Union européenne doit viser :

18.  Le respect de la subsidiarité en matière de droit de la famille.

19.  L’arrêt de toutes tentatives visant à imposer aux États un changement de leur droit de la famille.

20.  Le renoncement au « Certificat européen de filiation », non respectueux du principe de subsidiarité et consistant à imposer la reconnaissance de facto de la PMA sans père et de la GPA.

Libération, le journal qui sent les années 70 ?

Quand Libération a besoin d’une image qui sente les années 70… C’est que Libération sent les années 70. Cette vidéo raconte le making-of d’une photo du journal Libération, choisie pour figurer en illustration d’un article sur le pèlerinage de Chartres 2024 de Notre-Dame de Chrétienté.

Si la photo sent les années 70, c’est parce qu’elle a été réalisée selon les moyens des années 70…

Citation :

Après trois jours de marche sous le soleil et la pluie, dans la brume, la boue et les chemins de terre, je me retrouve sur le parvis de la cathédrale de Chartres. Il y a un homme, avec un appareil photo à la main. L’appareil est très rudimentaire, argentique, pas même reflex, avec un viseur sur le côté. Et puis le lendemain, je découvre cet article de Libération, et en illustration de cet article, je vois cette photo…

I-Média – Le succès croissant du pèlerinage de Chartres

Cette semaine dans “I-Média”, Jean-Yves Le Gallou et Lucas Chancerelle reviennent dans l’image de la semaine sur le succès croissant du pèlerinage de Chartres, avec le retour à la Foi et la Tradition.

Le dossier du jour est consacré aux différentes thèses possibles pour expliquer la situation en Nouvelle-Calédonie.

Les pastilles de l’info abordent :

  1. Carton rouge : Mandat d’arrêt contre Netanyahou, le loupé de l’AFP
  2. L’idiot du village global : Le petit Duhamel vs Sébastien Chenu (RN)
  3. Décryptage : Agression antisémite, le deux poids deux mesures médiatique
  4. Ça décoiffe : Foot et homophobie ?

Pour conclure, le portrait piquant du jour en partenariat avec l’OJIM est consacré à Benjamin Duhamel, un journaliste qui fait les choses en famille…

Conflits d’intérêt à la HAS: demande de modification du groupe de travail « Parcours de transition des personnes transgenres »

L’association Juristes pour l’enfance demande à la Haute Autorité de Santé la modification du groupe de travail « Parcours de transition des personnes transgenres » :

En 2021, le Ministère des Solidarités et de la santé a confié à la Haute Autorité de Santé (HAS) l’élaboration des recommandations de bonnes pratiques professionnelles concernant l’organisation des parcours de transition médicale pour la prise en charge des personnes « transgenres », dès l’âge de 16 ans.

Le Tribunal Administratif de Montreuil, le 20 février 2024, a ordonné à la HAS la communication de la composition du groupe de travail à Juristes pour l’enfance (décision ICI).

En raison du refus de la HAS d’exécuter ce jugement, Juristes pour l’enfance a dû déduire la composition actuelle probable de ce groupe à partir des informations disponibles sur le site gouvernemental

La liste du site comprend 28 membres : l’examen des profils conduit à craindre que vingt-et-un membres sur les vingt-huit recensés, soit l’immense majorité des membres du groupe de travail, présentent :

  • soit une situation de potentiels conflits d’intérêts,
  • soit un parcours militant permettant de mettre en doute leur neutralité, leur impartialité et leur objectivité.

Le groupe de travail, dans sa globalité, apparaît ainsi particulièrement orienté vers la seule approche trans-affirmative dans la prise en charge des mineurs, et les autres courants scientifiques, particulièrement l’approche prudentielle, semblent en être absents.

Il est temps que le groupe de travail de la HAS reflète la diversité des opinions scientifiques et médicales dans un souci d’objectivité, compte-tenu des récents apports en faveur de l’approche prudentielle que constituent :

  • le rapport du Sénat « La transidentification des mineurs » du 20 mars 2024,
  • le rapport final anglais du Dr Hilary Cass d’avril 2024,
  • la déclaration de la Société européenne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (ESCAP) du 27 avril 2024 prescrivant notamment de ne pas recourir en dehors du milieu de la recherche à des interventions expérimentales aux effets potentiellement irréversibles, ou aux conséquences à long terme inconnues » et appelant à ne pas promouvoir des traitements expérimentaux et inutilement invasifs ayant des effets psychosociaux non prouvés,

Juristes pour l’enfance demande en conséquence à la HAS de modifier la composition du groupe de travail ainsi que celle du groupe de lecture afin d’y inclure l’ensemble des courants scientifiques concernés et d’obtenir ainsi une approche objective et scientifiquement équilibrée, concernant la prise en charge des mineurs de 16 et 17 ans.

L’association demande également que soient examinées soigneusement les situations éventuelles de conflit d’intérêt et que soient écartés les membres qui seraient placés dans une telle situation.

L’ARCOM a encore frappé

CNews vient d’être condamnée par l’Arcom à 50.000 euros d’amendes pour des propos de tenus par Geoffroy Lejeune le 28 septembre 2023 dans “L’Heure des Pros”, de “nature à encourager à des comportements discriminatoires”. Le directeur de la rédaction du “Journal du dimanche” avait déclaré en direct que

“la cause de l’antisémitisme (…) comme une partie du trafic de drogues, comme la surpopulation carcérale comme l’abaya comme tout ça” était “la conséquence de l’immigration arabo-musulmane.

Selon l’Arcom,

“Ces propos n’ont fait l’objet d’aucune réaction de la part des autres personnes présentes en plateau”.

Normal puisqu’ils sont justes.

Selon une enquête Ifop/Fondapol 2014, p.21 – “Les musulmans sont deux à trois fois plus nombreux que la moyenne [nationale] à partager des préjugés contre les Juifs.”

Les noms des 10 plus gros trafiquants de drogue en France ne sonnent pas vraiment français.

Marie-France Garaud RIP

Marie-France Garaud, née le 6 mars 1934 est morte le 22 mai 2024 . Elle fut une avocate, haut fonctionnaire et femme politique française. De 1969 à 1974, avec Pierre Juillet, elle est une conseillère du président Georges Pompidou.

Soutien du jeune Jacques Chirac, elle rédige en 1978 l’appel de Cochin contre la droite pro-européenne incarnée par l’Union pour la démocratie française (UDF). Tous deux quittent l’entourage de Jacques Chirac après l’échec relatif du RPR aux élections européennes de 1979. Elle se présente à l’élection présidentielle de 1981, où elle obtient 1,33 % des voix. L’année suivante, elle fonde et prend la présidence de l’Institut international de géopolitique (IIG). Élue sur les listes du Rassemblement pour la France, elle est députée européenne de 1999 à 2004.

Elle est très critique envers Jacques Chirac après l’avoir soutenu. Elle aurait dit : « Je pensais que Jacques Chirac était du marbre dont on fait les statues, il est en fait de la faïence dont on fait les bidets », allusion à Bernadette Chirac, artisane de son éviction et fille de Jean-Louis Chodron de Courcel, le directeur commercial des Émaux de Briare.

Elle jugeait non démocratique le Traité constitutionnel européen rejeté en 2005 et imposé en 2008.

“Elle est tout sauf démocratique. Une Constitution garantit contre l’arbitraire, en assurant à la fois la séparation des pouvoirs et leur contrôle. Celle-ci prolonge l’actuelle confusion et laisse un Parlement européen sans pouvoir réel face à un exécutif puissant et largement irresponsable, centré sur la Commission.”

 

Elle vote pour Marine Le Pen en 2017.

Elle militait en faveur du rétablissement de la peine de mort.

Le jeune italien Carlo Acutis va être canonisé

Le Dicastère pour la cause des saints a présenté un certain nombre de décrets reconnaissant des miracles attribués à des bienheureux.

Un miracle a été attribué à l’intercession du bienheureux Carlo Acutis, laïc italien né en 1991 et décédé en 2006 des suites d’une leucémie.  Passionné d’informatique, il a été surnommé le « geek de Dieu ». Le jour de sa canonisation devrait être annoncé lors d’un prochain consistoire.

Les pèlerins de Chartres avaient justement Carlo Acutis comme saint patron de la journée du lundi.

« Ami pèlerin, sais-tu quelle est ta destinée ? »

Voici l’homélie prononcée par le père Augustin-Marie Aubry, prieur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, le dimanche de Pentecôte devant les milliers de pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté ainsi que les téléspectateurs de CNews :

Venez, Saint-Esprit, envoyez du Ciel
un rayon de votre lumière
pour éclairer nos âmes
sur le mystère de notre destinée !

À vous tous qui êtes au pied de l’autel, à vous tous pèlerins non marcheurs du chapitre des Anges gardiens, à vous tous qui suivez à distance cette messe de Pentecôte du pèlerinage de Chartres, je pose cette question :

Ami pèlerin, sais-tu quelle est ta destinée ?

En partant de Paris hier matin, nous connaissions notre destination : Notre-Dame de Chartres. Et nous savions qu’il nous faudrait marcher, sans nous égarer ni nous décourager, pour atteindre le but. Notre pèlerinage de trois jours est une métaphore de la vie humaine.

La Cité sainte

Le but de notre marche, c’est une cathédrale. Cette cathédrale de pierre représente la Jérusalem céleste, cette Cité que saint Jean a vue et qu’il a décrite dans son Apocalypse : « Je vis la Cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s’est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J’entendis alors une voix clamer, du trône : “Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. » (Ap 21, 2-3)

Le but de notre vie, c’est la Cité sainte. Dans la Cité sainte, Dieu demeure avec les hommes. Et que font les élus en sa présence ? Ils chantent ! Mais que chantent les élus ? Un Sanctus sans cesse renouvelé, un Te Deum avec toute la cour céleste, un Magnificat en chœur avec Notre-Dame, la Reine du Paradis. Ils chantent la gloire de Dieu. Et cette gloire, ils la saisissent enfin, car désormais ils vivent dans la lumière.

Face à face

Au Ciel, la foi et l’espérance disparaissent, il ne reste que la charité, qui anime tout. Dieu se fait connaître : « et nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’Il est » (1 Jn 3, 2). Tu peux regarder le soleil et tu deviens soleil dans la lumière du soleil. « Nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face », écrit saint Paul (1 Co 13, 12). Face à face, voilà ta destinée !

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui nous accompagne pendant cette journée de pèlerinage, a composé un grand poème sur le Ciel, qui résume toute sa doctrine et qui se conclut par ces mots :

« De son amour je veux être embrasée
Je veux Le voir, m’unir à Lui toujours
Voilà mon Ciel…. Voilà ma destinée :
Vivre d’amour !!!…. »

(Vivre d’amour, 26 fév. 1895)

 

Vision de Dieu, union à Dieu : voilà notre destinée !

Danse avec les anges !

Quand le dominicain Fra Angelico représente l’entrée au Paradis, il montre comment les hommes sont accueillis dans la compagnie des Anges. Ils dansent ensemble, dans une aimable farandole : un homme, un ange, un homme, un ange. Qui veut manquer la fête ? Qui est assez sot pour arriver en retard ? Il faut se presser à la porte, ne pas manquer l’entrée dans la salle du festin !

Pèlerin de Chartres, ta destinée, c’est le Ciel. Mais une nouvelle question se pose : ton désir est-il à la hauteur de ta destinée ?

Dignité du chrétien

Ton désir doit se fonder sur deux choses : ce que tu es ; ce que tu veux.
Ce que tu es, je vais te le rappeler. Dieu t’a créé. Il t’a créé à son image et à sa ressemblance. Tu es un fruit de sa sagesse et de sa bonté. Ton âme est immortelle.
Tu es façonné pour l’éternité ! Tu es modelé pour la gloire ! Souviens-toi, chrétien, de ta dignité !

Et maintenant, que veux-tu ? Rentre en toi-même et dis-toi ceci. Les saints du paradis ne sont pas faits d’un autre bois que moi. S’ils ont pu accomplir leur destinée, pourquoi ne le pourrais-je pas ?

Notre désir s’éduque, il s’apprivoise pour lui donner peu à peu la force, l’ampleur, l’envergure du désir qui anime les saints de tous les temps. « Le cœur qui aime, disait Thérèse, travaille avec amour, c’est-à-dire avec ferveur ; il court, il vole, il ne trouve rien d’impossible et rien ne l’arrête. »

Telles sont la grandeur et la force du désir quand il est ouvert à la grâce.

Perversion du désir

Mais tu as aussi en toi le triste pouvoir de faire échouer le plan de Dieu. À la suite du Christ, l’Église a toujours enseigné que le sort éternel des âmes dépend de leur manière d’agir ici-bas. Je cite le Symbole (dit) de saint Athanase, témoin de la foi de l’Église des premiers siècles, spécialement dans la Gaule chrétienne :

« Ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique, et quiconque ne gardera pas cette foi fidèlement et fermement, ne pourra être sauvé. »

Créé libre, tu peux trahir l’amour de Dieu en toi. Quand tu pèches, tu piétines le mystère, tu annules le désir, tu chasses l’Esprit Saint reçu au baptême. Par le péché – injustice, impureté, impiété –, tu défigures en toi l’image. Si ton désir se tourne vers les créatures, alors ta destinée sera sans le Créateur. Si ta vie est pour les créatures, alors ton éternité sera sans le Créateur. Ne pas voir Dieu, manquer pour l’éternité sa destinée véritable…

Pèlerin de Chartres, rallume ton courage. Restaure en toi l’image, sois digne de ta destinée ! Tu crains ta vie passée, la multitude et l’horreur de tes fautes ? Le péché est l’aliment de la miséricorde de Dieu. Aujourd’hui, change ta vie, purifie ton désir. Tourne ton regard, non plus vers les créatures, mais vers le Créateur.

Si nous sommes ici à marcher, c’est que nous avons la certitude d’avoir un chemin à parcourir pour passer du péché à la grâce, de la médiocrité à la ferveur, d’une vie banale à la sainteté.

La vraie question n’est pas de savoir combien nous sommes à marcher sur la route de Chartres, la question est de savoir combien parmi nous seront vraiment convertis à l’arrivée !

Esprit de Pentecôte

Ami pèlerin, que cette Pentecôte soit pour toi l’occasion d’une fervente confession ! Que la contrition rallume en toi le désir de Dieu, le désir de contempler sa face, le désir d’accomplir ta destinée ! Que cette Pentecôte soit pour toi l’occasion d’écouter l’appel de Dieu à son service ! Nous avons besoin d’apôtres pour allumer partout le désir de Dieu.

Immense cohorte, qui marche derrière la croix dans les pas des saints, accompagnée des Anges, si tu restes fidèle à ta vocation de louange, ton chemin de la terre sera ton chemin du ciel. Et le temps de la foi s’achèvera pour toi par la vision de l’adorable Trinité. Notre vraie Patrie, c’est l’éternité !

Fr. Augustin-Marie Aubry, prieur

Le règne du Sacré-Coeur

Geneviève Vignes, coordinatrice depuis plus de quinze ans au siège international de la Garde d’honneur du Sacré-Cœur de Jésus à Paray-le-Monial, reçoit plus de 700 personnes chaque année. Elle constate combien ceux et celles qui franchissent la porte de sa permanence ont faim et soif de Vérité. Le message de Jésus à sainte Marguerite, toujours d’une brûlante actualité, répond bien souvent à leurs attentes spirituelles. Encouragée par ceux qui ne se satisfont pas d’une miséricorde qui ne leur parle pas ou d’une rigueur exacerbée qui les rebute, elle tente dans cet ouvrage préfacé par Mgr Schneider de concilier les deux en reprenant l’essentiel du message pour parler au cœur de chacun.

Aujourd’hui, trop nombreux sont les ministres de Dieu qui pensent que le Sacré-Coeur de Jésus est une dévotion passée et ne fait plus recette auprès des fidèles. Une amie me disait qu’un jour, abordant la dévotion du Sacré-Coeur auprès de son curé, il n’aurait pas réagi de la pire manière si elle lui avait parlé du diable ! C’est dire l’idée qu’on se fait du Sacré-Coeur aujourd’hui !

Concernant le règne du Sacré-Coeur, l’auteur rappelle ce qu’écrivait Léon XIII dans sa Lettre encyclique Annum Sacrum en 1899, sur la Consécration du genre humain au Sacré-Cœur de Jésus :

Son empire ne s’étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l’Eglise même s’ils sont égarés loin d’elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme ; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l’empire du Christ Jésus, c’est, en stricte vérité, l’universalité du genre humain.

L’auteur insiste sur le règne de Notre-Seigneur et évoque l’encyclique de Pie XI Quas Primas qui institue la fête du Christ-Roi.

Quand nous prions le Notre Père, mesurons-nous vraiment ce que nous demandons en exprimant “que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel” ?  […] Au-delà des mots qui siéent à nos oreilles, désirons-nous vraiment que Dieu gouverne toute la terre dans toute sa gloire et sa majesté, et que le règne de Dieu en son Fils Jésus Christ se manifeste ? Souhaitons-nous véritablement son triomphe ? […]

Certes, on rétorqueras que des réformes ont été apportées, “relativisant” la Royauté unniverselle du Christ qui ne s’exercerait plus que dans l’Eternité après le jugeme,nt dernier… d’ù sans doute le déplacement de la fête juste avant la Toussaint. Mais quand le Seigneur dit à Marguerite-Marie “Je règnerai malgré mes ennemis”, Il ne parle pas de la fin des temps. Ce n’est pas non plus ce que nous demandons dans la prière du Notre Père : “que ton règne vienne”, ni dans cette autre oraison formulée non pas au futur mais bien au présent : “car c’est à toi qu’appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles.” et dans l’Evangile : “Toi, Père, glorifie-moi maintenant auprès de toi : donne-moi la gloire que j’avais auprès de Toi avant le commencement du monde.” (Jean 17,5) La gloire dont parle Jésus n’est rien d’autre que son éclatante royauté universelle ET éternelle : celle d’hier, d’aujourd’hui, de demain, de toujours !

La solennité du Christ Roi a été promulguée par Pie XI en 1925, et bien qu’elle soit assez contemporaine, on a déjà tendance à en faire une fête de seconde classe.

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