Le débat sur le communautarisme se poursuit
…sur le blog de Denis Sureau. Il s’agit de l’extrait d’un entretien paru dans Présent daté du 4 août. Extrait :
"Prenez l’exemple très éclairant de l’enseignement. Vous pouvez envisager de réformer le Mammouth. Bon courage ! Mais en attendant le grand soir hypothétique qui révolutionnera l’Education nationale, il y a des enfants à enseigner ici et maintenant. La création d’écoles entièrement libres est une réponse à un besoin concret. Certaines d’entre elles, par leur vitalité, accueillent désormais des enfants issus de familles dont l’identité est plus large que celles du noyau fondateur, apportant la preuve que nous sommes pas en face d’un « communautarisme catho » replié sur lui-même."
La Banque Centrale Européenne n’a de compte à rendre à personne
La Banque centrale européenne a indiqué hier dans un communiqué que "sa politique monétaire avait été exprimée par son président (Jean-claude Trichet) le 2 août 2007". A l’époque – avant que n’éclate la crise boursière -, M. Trichet avait fait savoir qu’une "grande vigilance" était nécessaire concernant les tensions inflationnistes. Cette formule sibylline signifiait qu’une hausse du taux directeur de la zone euro était à prévoir. La BCE entend ainsi signifier que c’est elle et elle seule qui définit la politique monétaire européenne et qu’elle ne se pliera pas aux injonctions extérieures. Injonctions "extérieures" exprimées tout de même par des pays appartenant à la zone euro…
Mercredi soir, Mme Lagarde, interrogée sur Europe 1, a insisté : "Plusieurs pays et des dirigeants de banques et d’entreprises souhaitent que la BCE n’augmente pas ses taux." Dans le même temps, la ministre a toutefois pris soin de souligner que "la BCE est un organisme indépendant".
Le Conseil constitutionnel, coupable ?
Dans Présent, Jean Cochet rapporte cette anecdote :
"Le rejet par le Conseil constitutionnel d’une de ses promesses les plus attrayantes, le crédit d’impôt sur les emprunts immobiliers, a bien sûr déçu et mécontenté de nombreux Français. «Que les mécontents adressent leurs doléances au Conseil constitutionnel», rétorque, agacé, l’auteur du projet retoqué… Oui, mais certains dans la majorité, qui n’hésitent plus à critiquer le président de la République, murmurent que le candidat Sarkozy a fait des promesses dont il savait pertinemment bien qu’elles seraient refusées par le Conseil constitutionnel. Et que non seulement il le savait, mais que, en outre, il espérait bien qu’elle le serait…"
Des policiers français agressés en Guinée
Six policiers français ont été agressés par plusieurs dizaines de personnes à leur arrivée à la mi-août en Guinée où ils reconduisaient par avion deux ressortissants guinéens en situation irrégulière. Ces policiers ont été pris à partie à l’aéroport de Conakry par une partie des passagers de l’avion ainsi que par un "comité d’accueil" au sein duquel figuraient "des policiers guinéens". Le ministère de l’Intérieur n’avait pas réagi dans l’immédiat et celui de l’Immigration n’a pas souhaité faire de commentaire.
MJ
On veut chasser le Saint-Siège de l’ONU
Un article paru le 21 juillet 2007 dans The Economist et consacré à la diplomatie du Vatican affirmait, après deux pages toutes courtoises, que le Saint-Siège devrait :
"Renoncer à son statut diplomatique particulier et se définir comme ce qu’elle est, à savoir la plus grande organisation non-gouvernementale du monde".
Le 9 août, dans un entretien accordé au quotidien de la conférence des évêques d’Italie, Avvenire, Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats, a déclaré :
"Évidemment, cette proposition est irrecevable ! […] Derrière la proposition faite au Saint-Siège de se transformer en simple ONG, on trouve probablement, en plus de l’incompréhension du statut juridique du Saint-Siège, une vision réductrice de sa mission, qui n’est pas sectorielle ou liée à des intérêts particuliers, mais universelle et comprenant toutes les dimensions de l’homme et de l’humanité. Voilà pourquoi l’action du Saint-Siège au sein de la communauté internationale est souvent un ‘signe de contradiction’. En effet, elle ne cesse d’élever la voix pour défendre la dignité de chaque personne et le caractère sacré de chaque vie humaine, en particulier les plus faibles, pour protéger la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme. Elle revendique également le droit fondamental à la liberté religieuse et encourage des rapports entre les hommes et entre les peuples fondés sur la justice et la solidarité.
Dans son action internationale, le Saint-Siège est toujours au service du salut intégral de l’homme, selon le commandement reçu du Christ. Rien d’étonnant à ce que l’on cherche à diminuer la portée de sa voix !"
L’idée de chasser le Saint-Siège de la communauté internationale n’est pas nouvelle. Régulièrement, des campagnes visent à exclure le Saint-Siège de l’Organisation des Nations Unies. La raison invoquée pour justifier l’expulsion est la même que celle avancée aujourd’hui par "The Economist": l’Église catholique est l’unique religion au monde à siéger à l’ONU comme observateur permanent. Un observateur bien encombrant…
La crise politique empire en Belgique
La Belgique est sans gouvernement depuis les élections législatives du 10 juin. Choisi par le roi Albert II pour former le gouvernement, le chef du parti social-chrétien flamand (CDNV), Yves Leterme, doit former une coalition – l’"orange bleue" – entre les partis de droite et du centre, sortis vainqueurs du scrutin. Le parti d’Yves Leterme souhaite que le futur gouvernement réalise une réforme de l’Etat substantielle et doit constituer pour ce faire une majorité des 2/3.
Les revendications flamandes vont de plus en plus dans le sens de l’indépendance de la Flandre. Les partis flamands réclament, entre autres, la régionalisation de la sécurité sociale, de la fiscalité, du code de la route, des plaques d’automobiles, de l’immigration… Autrement dit une plus grande autonomie constitutionnelle. Des propositions auxquelles les Wallons s’opposent. La situation est symptomatique de la crise que traverse le pays : il y a un certain temps, la RTBF, la télé francophone publique, avait diffusé une émission annonçant la fin de la Belgique voulue par les Flamands. L’émission truquée avait provoqué une vive émotion dans le pays. Une scission du pays n’est pas à exclure.
Les négociations sont censées reprendre aujourd’hui. La Belgique a déjà connu de longues négociations post-électorales (celles de 1988 avaient duré près de cinq mois), des blocages institutionnels et des interventions du palais royal. En revanche, la radicalisation des positions des deux communautés et l’absence de perspective de compromis donnent à cette crise des accents inédits.
Addendum : Visiblement, les discussions de ce jour n’ont pas abouti. Le roi pourrait désigner un nouveau Premier ministre.
Arrestation d’un évêque en Chine
Un évêque de l’Eglise clandestine catholique chinoise, âgé de 73 ans, a été arrêté jeudi dans son diocèse de la province du Hebei, dans le nord de la Chine. L’évêque de Zhengding, Jia Zhiguo, qui a déjà passé au total une vingtaine d’années en prison, a été appréhendé par des membres de la police et du bureau des affaires religieuses, a indiqué la fondation Cardinal Kung dans un communiqué.
La fondation se dit par ailleurs préoccupée par le sort d’un autre prêtre catholique du Hebei, Wen Daoxiu, arrêté le 15 août, et en mauvaise santé. Quatre autres prêtres du Hebei reconnaissant l’autorité du pape avaient été arrêtés en juillet pour avoir refusé de rejoindre l’Eglise officielle, avait précédemment annoncé la fondation.
La France est-elle une théocratie ?
C’est ce que pense le bloggueur Fromageplus. Extraits :
"Désormais, il incombe à l’État, et seulement à l’État, de se prononcer sur ce qui est Bien et ce qui est Mal, c’est à dire de définir le champ de la moralité et de la foi. […] La République Française possède son texte révélé, son Décalogue fondateur : la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. […] Assise sur cette légitimité absolument sacrée et inviolable, la Religion Républicaine [RR] organise le service du culte.
La RR possède son catéchisme. […] Dans le camp du Bien, on place les vertus théologales : Tolérance, Vigilance, Citoyenneté, Progrès, Solidarité, Diversité. Dans le camp du Mal, on place les vices funestes : Racisme, Intolérance, Inégalités, Discrimination. […] Le code civil et la morale ne font qu’un.
[…] Avoir des papiers français est l’assurance d’une dignité, l’assurance d’avoir gagné sa place au paradis […] : refuser d’accorder des papiers français, c’est comme refuser de se pencher sur ses petits frères pécheurs pour leur accorder le pardon […].
La RR possède ses dogmes. En premier lieu, le dogme de l’Immaculée Conception […]. Il ne s’agit pas de la Vierge Marie, puisque la RR est un détournement du christianisme, mais du Socialisme. […] Les régimes de Fidel Castro, des Khmers rouges ou de Staline n’ont jamais fait l’objet d’une condamnation."
La famille, source de bonheur
Selon une enquête, 65% des jeunes Américains âgés de 13 à 24 ans se disent heureux, et ce bonheur consiste surtout à passer du temps en famille. Le sondage confirme également les études qui montrent que les enfants de parents divorcés sont moins susceptibles d’être heureux.
En revanche, l’argent ne fait pas le bonheur pour les sondés: presque aucun ne le mentionne lorsqu’on leur demande ce qui les rend heureux, même si les plus aisés sont généralement plus contents de leur vie. Le fait d’avoir des parents avec un niveau d’instruction élevé est un facteur plus important de bonheur que le revenu.
Les jeunes pour qui la religion ou la spiritualité joue un grand rôle ont tendance à être plus heureux. Plus de la moitié (55%) estiment que c’est une chose très importante, voire la plus importante dans leur vie. La plupart des sondés affirment que l’école les rend heureux, voient le mariage comme une source de bonheur et veulent fonder un foyer.
La France et Rome
Nicolas Sarkozy pourrait se rendre au Vatican le 13 décembre prochain.
Benoît XVI pourrait venir en France à l’automne 2008. Plusieurs étapes paraissent incontournables : Lourdes où l’on fêtera le 150ème anniversaire des apparitions mariales en 2008, le Mont-Saint-Michel (1300ème anniversaire), Paris (notamment l’Académie des sciences morales et politiques dont le Pape est un des douze membres "associés étrangers"), voire Strasbourg et son Parlement européen.
Hausse des violences aux personnes
L’Observatoire national de la délinquance a présenté hier un rapport montrant que, si entre août 2006 et juillet 2007, la délinquance constatée a baissé de 2,23 %, les violences aux personnes ont augmenté de 2,5%. Cette hausse est due en grande partie à une augmentation de 10,5% "des violences physiques non crapuleuses", dites "gratuites". En hausse"quasi ininterrompue", les violences aux personnes sont l’une des principales tendances de ces dix dernières années. Déjà, lors d’un rapport daté de janvier, l’OND avait noté depuis 2002 une hausse de 42,94% des violences contre les personnes alors que la délinquance générale avait reculé de 9,44 %.
MJ
A quoi sert la prison ?
Interrogée dans Minute, Annie Gourge, présidente de La Mouette, association de protection de l’enfance, s’insurge :
"En tant que présidente d’une association responsable de la protection de l’enfance, je me constitue partie civile lorsqu’il y a […] des internautes qui sont pris la main dans le sac avec […] des images pornographiques infantiles. Je me suis trouvé face à quelqu’un qui a été jugé pour pédophilie. Or j’ai appris que ce monsieur, en prison, grâce à une clé USB, passait son temps à regarder des images à caractères pédophile ! […] J’ai été sidérée d’apprendre qu’en prison ils avaient accès à Internet et pouvaient regarder de telles images."
On apprend par ailleurs qu’après Francis Evrard, libéré le 2 juillet dernier du centre de détention de Caen, un autre détenu pédophile doit sortir samedi du même établissement. Le parquet général de la cour d’appel de Caen a confirmé la libération prochaine (samedi) de ce détenu condamné en mars 1998 à 14 ans de réclusion pour viol sur mineure. 1998+14, cela fait… 2012 ! Du côté des syndicats pénitentiaires, l’inquiétude est de mise. "Ce détenu se vante depuis plusieurs jours qu’il va recommencer et qu’il fera pire qu’Evrard", a accusé Thierry Bouillaux de FO pénitentiaire. "Nous avons prévenu la direction de la possibilité de récidive de ce détenu. La direction du centre de détention n’a pas souhaité s’exprimer."
La polygamie fait débat
… au Canada ! Des mormons installés dans l’ouest du pays sont toujours polygames. Bountiful est une bourgade reculée du sud de la Colombie-Britannique, à plusieurs centaines de kilomètres de Vancouver et de Calgary. Depuis la fondation de ce hameau en 1946, une secte dissidente de l’Église mormone y pratique ouvertement la polygamie. Si, selon le Code criminel du Canada, la polygamie est passible de cinq années de prison, aucune condamnation n’a été prononcée depuis 1937. L’an dernier, le ministère public a renoncé à intenter un procès pour polygamie à Bountiful, craignant que les accusés n’invoquent la liberté de religion, garantie par la Charte canadienne des droits et libertés, pour justifier leur comportement. Le premier ministre et le procureur général de Colombie-Britannique devraient saisir cet automne la Cour suprême du Canada afin que celle-ci décide ou non si la liberté de culte a préséance sur la loi antipolygamie.
Si les Canadiens sont majoritairement opposés à la polygamie, il existe de nombreuses entorses à la législation. L’Ontario reconnaît la polygamie pour les questions de pensions alimentaires et de successions. «L’Ontario accorde aux mariages polygames qui ont été contractés valablement à l’étranger une reconnaissance juridique limitée», explique Nicholas Bala, professeur de droit à Toronto.
Christianophobie en Egypte et en Inde
En Egypte, une fatwa lancée par le recteur de la faculté d’études islamiques de la prestigieuse université Al Azhar du Caire condamne à mort un jeune de 25 ans, Mohamed Hegazy, et sa femme, qui ont embrassé le christianisme. Mohamed Hegazy a abandonné l’islam à l’âge de 16 ans et il a maintenant demandé que le changement de religion soit enregistré sur sa carte d’identité. Constamment menacé, le jeune couple est condamnné à vivre dans la clandestinité.
Selon des tracts distribués dans le district de Chitradurga, dans l’Etat du sud de l’Inde, le Karnataka, les chrétiens «doivent abandonner immédiatement le territoire indien, ou revenir à la religion mère de l’hindouisme». S’ils ne le font pas, ils devront «être tués par tous les bons Indiens, qui démontreront ainsi leur virilité et leur amour de la patrie». Le texte est signé par Bajrang Dal et par l’Hindou Jagrutika Samiti, de groupes extrémistes hindous, qui se déchaînent depuis quelque temps contre l’activité sociale des chrétiens du Karnataka.
Le climat ne doit pas être un bouc émissaire
Un lecteur me signale la tribune de Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l’eau, parue dans Le Figaro du 14 août. Extraits :
"En ce milieu d’été, l’Europe éternue ou suffoque. […] C’est selon, et parfois à l’inverse des logiques géographiques. Et de montrer du doigt, le responsable de tous nos maux : ce changement climatique dont on se demande bien pourquoi l’on a attendu le début de ce siècle pour crier si fort au loup. […]
Au risque d’aller à contre-courant (et c’est bien le mot qui convient) des thèses du moment, disons fortement que le climat a toujours eu de ces variations soudaines, de ces colères imprévisibles, et que l’homme les a subies, payant régulièrement un lourd tribut à ces écarts. Ceux qui le découvriraient liront avec intérêt, Emmanuel Le Roy Ladurie, le meilleur historien du climat, pour s’en convaincre.
Attention, il ne s’agit pas ici, de nier que le climat puisse s’emballer. C’est possible, mais nous n’en sommes pas certains non plus. […]
Non, il est important de le dire, le climat, quelle que soit son évolution, ne doit pas servir de bouc émissaire à nos inconséquences. Non, le réchauffement, quelle que soit son ampleur, ne peut être le paravent derrière lequel nous allons masquer l’incurie et l’insouciance de l’homme."
MJ (merci à VH)
Espagne : rentrée de la guerre scolaire
En Espagne, la nouvelle matière d’“Education à la citoyenneté” sera enseignée dès cette année dans toutes les écoles. Cette matière obligatoire a pour objet la formation de la conscience morale des élèves, selon l’association «Professionnels de l’éthique». Cette association a dégagé les quelques concepts objets de cette matière : différentes réalités familiales, dépassement des préjugés homophobes, refus des discriminations en fonction de la préférence sexuelle, dimension morale des êtres humains, le pluralisme moral et le refus de l’intolérance éthique, processus de socialisation du genre. Indépendamment des contenus, l’association dénonce cette matière, qui
"se fonde sur le fait qu’elle soit, en elle-même, moralisante et qu’elle endoctrine. Pour cette raison de nombreux parents ont présenté le formulaire avec l’objection de conscience afin que leurs enfants n’assistent pas à cette matière".
Luis Carbonel, président de la Concapa (Confédération catholique nationale des pères de familles et pères des élèves) a affirmé que
"s’opposer à la matière est une obligation pour toute famille responsable. C’est une question de liberté, de défense du droit fondamental et supérieur à éduquer nos enfants selon nos principes […] le gouvernement utilise la matière pour usurper le rôle des parents et éduquer les consciences de nos enfants comme si c’étaient les leurs […] de plus en plus de familles s’opposent à l’arrogance d’un gouvernement qui prétend coloniser l’âme de nos enfants, qui s’oppose au dialogue, qui cherche seulement à imposer son modèle de citoyen, insensible à la valeur de la liberté et de la dignité que mérite chaque personne".
Immigration : les chiffres des expulsions
Le ministre de l’Immigration Brice Hortefeux a reconnu que le nombre d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière était pour l’heure "légèrement en-dessous" de l’objectif de 25000 reconduites fixées pour l’année 2007. "En tendance, on est légèrement en-dessous". Le ministre n’a pas souhaité citer de chiffres. Laurent Dandrieu précise, lui,
"que sur les 24 000 expulsions de clandestins dont le ministère se flatte pour 2006, pas moins de 16 000 ont concerné des Comoriens expulsés de Mayotte, ce qui ne laisse plus que… 8 000 expulsions effectuées en tout et pour tout sur le reste du territoire français !"
Et parmi ces 8000, on en compte environ 6000 qui ont été expulsés vers la Bulgarie et la Roumanie, pays qui sont entrés dans l’UE en janvier dernier.
Sans compter que, début août, Arnaud Folch s’interrogeait sur le nombre d’immigrés clandestins en France :
"La très étrange déclaration de Brice Hortefeux expliquant qu’« il y a en France entre 200 000 et 400 000 étrangers clandestins » prépare-t-elle une « reculade » du gouvernement […] ? Ces chiffres sont sous-évalués. La preuve ? Il y a deux mois notre ambassadeur en Algérie reconnaissait que le nombre d’Algériens en situation irrégulière s’élève déjà à 350 000. A rajouter aux 250 000 à 450 000 chinois et 75 000 maliens clandestins recensés par le ministère de l’Intérieur il y a un an (période Sarkozy !)."
Têtu en crise
Le journal du lobby gay connaît quelques difficultés : en 3 mois six personnes ont été licenciées (sur une vingtaine de salariés), dont le rédacteur en chef, deux rédacteurs en chef adjoints et un journaliste. Trois d’entre eux ont confirmé "l’ambiance délétère" régnant dans ce magazine fondé par Pierre Bergé, en 1995, et dirigé par Thomas Doustaly. Ils mettent tous en cause le comportement du directeur de la rédaction, jugé "autocratique", "colérique" et "violent". Ils évoquent même "des vexations et des humiliations". La tentative de suicide d’un salarié dans les locaux du journal, lundi 23 juillet, a alourdit le climat. Cette personne explique son geste par des "mauvaises relations avec son supérieur hiérarchique direct".
Les difficultés remontent à plusieurs années, mais la crise est devenue plus aiguë à l’automne 2006. Fin octobre, l’ensemble des salariés signe alors une lettre à Pierre Bergé pour se plaindre du comportement de Thomas Doustaly, qui bénéficierait d’un salaire mensuel d’un peu plus de 11000€. Avec un tirage de quelque 50000 exemplaires, le titre ne se porte pas très bien et la nouvelle formule, lancée cette année, n’a pas réussi à atténuer l’érosion du lectorat.
Municipales 2008 : nouvelle tentative d’union de la droite nationale
Interrogé dans Minute, Nicolas Bay annonce qu’il souhaite un rapprochement MNR-FN-MPF pour les municipales :
"Très concrètement, nous proposons, pour les élections municipales, de présenter partout des listes d’union afin d’être présents dans un maximum de villes. […] Treize secrétaires départementaux du FN ont d’ores et déjà répondu par écrit Douze ont clairement manifesté leur accord pour la constitution de listes d’union. Un seul a refusé […] Contrairement à certaines personnalités du FN qui pensent que l’électorat de notre courant politique reviendra mécaniquement vers nous s’il est déçu par Sarkozy, je pense que la reconquête électorale nécessite que la droite nationale soit à nouveau attractive."
De retour dans le Salon
Après cette longue période estivale passée sur d’autres lieux beiges plus aérés…, vos bloggueurs rentrent de vacances. Comme on pouvait s’y attendre, le mois d’août a été riche en évènements. En voici l’essentiel :
- Sur le front de la vie et de la mort, Jeanne Smits rappelle que les premiers avortements légaux ont eu lieu au Portugal, mais les chiffres s’annoncent beaucoup moins élevés que prévus. En Angleterre, une première agence d’adoption catholique ferme en raison des nouvelles règles de non-discrimination en vigueur dans le cadre du "Sexual Orientation Regulations Act", qui interdit de refuser l’adoption aux homosexuels.
- La Conférence de la famille n’a pas eu lieu. Après la disparition de toute mention de la famille dans l’organigramme gouvernemental. Attaqué dans Le Monde, Christian Vanneste a réagi contre les "ayatollahs du politiquement correct". Présent nous informe que, par une lettre de mission adressée au début du mois à Xavier Bertrand, ministre du Travail et de la Solidarité, Nicolas Sarkozy a demandé que soit créé "un statut du beau-parent". De nombreuses associations commentent ce projet qui bouleversera très profondément la manière de considérer la filiation en France. Sans compter qu’explicitement, le candidat Sarkozy avait promis cette réforme en réponse aux revendications des communautés gay. L’association « SOS-Papas » trouve «curieux d’envisager un statut de beau-parent alors que le simple statut de parent est lui, très loin d’être garanti en cas de séparation». Le Mouvement mondial des mères dénonce : «Franchement, au lieu d’institutionnaliser les rapports enfant-beau-parent, le législateur ferait mieux de se pencher sur la consolidation du mariage.»
- Sur le plan international, la Pologne a annoncé des élections législatives le 21 octobre, tandis que le nouveau président turc sera certainement le musulman Abdullah Gül, malgré un échec hier. Il devrait passer le 28 août.
- Concernant la politique intérieure, Gérard Gachet a dénoncé la complicité des médias en faveur des immigrés clandestins dans le nord tandis qu’Yves Daoudal a jugé ignoble l’exploitation du drame d’Amiens. Le coût des vacances de Nicolas Sarkozy outre-Atlantique ne poserait pas de problème si l’on était certain que le président ne renverra pas l’ascenseur à ses riches hôtes un jour ou l’autre. Enfin, le problème des récidivistes a refait tristement surface avec la libération de Francis Evrard alors que sa peine courrait jusqu’en 2016.
- L’observatoire de l’islamisation nous informe que celle-ci est bien en marche, malgré le rappel de trois universitaires au maire de Marseille. La justice italienne vient de donner raison à un couple de musulmans ayant battu leur fille ayant osé s’occidentaliser.
- La christianophobie n’était pas en vacances, mais les médias devaient l’être : pas un quotidien n’a rapporté la destruction de la chapelle Saint Marc à Marseille par un incendie criminel. La manifestation "culturelle" au sein de l’abbaye de Lagrasse s’est mal terminée puisque des milliers d’ouvrages ont été aspergés d’huile de vidange.
- Le 15 août, en la fête de l’Assomption, Benoît XVI a rappelé que le dragon rouge de l’Apocalypse, qui se caractérise aujourd’hui par l’idéologie matérialiste, sera écrasé malgré l’aspect désarmé de l’Eglise. A propos de la réforme des institutions, Jacques Trémolet de Villers souhaite que le 15 août, véritable fête nationale, reprenne officiellement la place du 14 juillet, qui ne signifie plus rien.
- Enfin, Requiem in pace pour ceux qui nous ont quitté dernièrement, et notamment le cardinal Jean-Marie Lustiger, l’acteur Michel Serrault et l’historien Henri Amouroux.
Construction de mosquées : et la réciprocité ?
Intervenant dans la controverse sur le projet de construction à Cologne d’une des plus grandes mosquées d’Allemagne, l’évêque d’Augsbourg, Mgr Walter Mixa, a affirmé :
"Dans les pays et cultures majoritairement musulmans, les chrétiens n’ont à ce jour quasiment pas le droit d’exister. Si ceci ne change pas, on serait en droit en Allemagne de dire aux musulmans, en toute amitié: alors justement il n’y a pas lieu d’avoir de grandes mosqués, d’aspect ostentatoire, avec de hauts minarets, car il devrait suffire dans un pays de tradition de culture chrétienne pour les musulmans d’avoir des lieux de prière modestes".
La DITIB, la plus importante organisation islamique en Allemagne, contrôlée par l’Etat turc, veut construire à Cologne une nouvelle mosquée dotée de deux minarets de 55 mètres de haut, d’une coupole de verre de 34 m, et d’une capacité de 2000 personnes.
Vandalisme au Mémorial de l’avortement
Le Mémorial du Milliard français, à côté du sanctuaire St Joseph du St Sauveur, à Chantemerle les Blés, Drôme, a été béni par Mgr Wach, le 28 décembre 1997. Il comporte une grand Croix et cent petites, à raison d’une petite croix pour dix millions d’enfants tués "légalement", par avortement, dans le monde, jusqu’en 1997 : chiffres reconnus par l’O.N.U.
Ce mémorial vient d’être vandalisé.
MJ
Menace musulmane sur l’Europe
George Gänswein, secrétaire particulier de Benoit XVI, a déclaré :
"Les tentatives pour islamiser les pays occidentaux ne doivent pas être dissimulées. La menace que cela fait peser sur l’identité de l’Europe ne devrait pas être ignorée sous prétexte de respect mal placé."
MJ
La colonisation, un crime contre l’Humanité ?
Nicolas Sarkozy a affirmé que la colonisation avait été une "grande faute", même si l’Afrique avait "sa part de responsabilité dans son propre malheur", citant les guerres, les génocides, la corruption, les gaspillages :
"Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’Homme, un crime contre l’humanité. Nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées [et] nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères".
Des pères qui doivent se retourner dans leur tombe : il est facile de salir la mémoire de ceux qui sont morts. L’esclavage, lui, existe toujours (France–Paris, EAU, Chypre, Afrique…). Qui le dénoncera ?
L’identité : objet non identifié que chacun fabrique
Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, Brice Hortefeux, estime que
"L’identité se base avant tout sur ce que chacun souhaite apporter à son pays plus que ce dont il peut hériter".
Exit le baptême de la France : le musulman apportera l’islam plutôt que d’hériter du christianisme.
MJ
La détermination des Serbes du Kosovo
Valeurs Actuelles consacre un reportage au sursis des chrétiens serbes au Kosovo :
"De confession chrétienne orthodoxe, les Serbes continuent à être les principales victimes de la haine interethnique qui règne au Kosovo, cette province historique de la Serbie, peuplée majoritairement d’Albanais musulmans (90% des 2 millions d’habitants). Il suffit de lire la chronique des faits divers de ces derniers mois : tabassage d’une femme serbe à Mitrovica, attentat à la roquette contre le monastère de Decani, destruction d’une station d’essence d’un Serbe à Novo Selo, agression d’un fermier dans l’enclave serbe de Gojbulja. […]
"La fin du mois de juin a été marquée par une forte tension avec la traditionnelle commémoration du 618e anniversaire de la célèbre bataille du Champ des merles, à Kosovo Polje, au cours de laquelle l’armée du prince chrétien Lazar fut défaite par celle du sultan Murat. Les Serbes ont fait de cet affrontement le mythe fondateur de leur nation. Ils l’ont célébré, les 27 et 28 juin, dans le calme et la dignité, mais, avec la perspective de l’indépendance bientôt accordée par l’Onu, aucun n’a caché son sentiment de revivre l’une des pages les plus sombres de leur histoire.
Les autorités religieuses et civiles ont proclamé leur détermination à ne pas lâcher le Kosovo, à protéger les Serbes. Le 27 au soir, après l’office religieux dédié à la mémoire des “héros tombés au champ d’honneur”, l’évêque de Raska et Prizren, Mgr Artemije, a évoqué «l’interminable Golgotha du peuple serbe» : «La bataille de Kosovo se poursuit pour que la justice et la paix finissent par triompher de l’aveuglement de ceux qui veulent priver les Serbes du berceau de leur état et de leur religion.»
Les évêques d’Australie plaident contre l’avortement
Les évêques de l’Etat australien de Victoria ont adressé une lettre au parlement, l’exhortant à rejeter toute initiative qui viserait à dépénaliser l’avortement. Candy Broad, membre du parlement, encourage un projet de loi qui permettrait aux femmes d’avoir accès librement à l’avortement durant la première période de la grossesse. L’Etat de Victoria, dans le sud-est de l’Australie, enregistre un des taux d’avortement les plus élevés au monde. Une grossesse sur quatre se termine par un avortement, à cause du décret Menhennitt de 1969 qui autorise cette pratique si la santé physique ou psychique de la mère est menacée.
Dans une lettre signée par l’archevêque de Melbourne, Mgr Denis Hart, l’évêque de Ballarat, Mgr Peter Connors, l’évêque de Sale, Mgr Jeremiah Coffey et l’évêque de Sandhurst, Mr Joseph Grech, les prélats affirment que le «mouvement pour la dépénalisation de l’avortement serait un pas en arrière pour les femmes et pour leurs familles».
"Décriminaliser l’avortement ne peut rendre acceptable une chose aussi peu éthique. Nos représentants politiques devraient essayer de trouver de nouvelles voies pour réduire ce taux élevé d’avortements dans l’Etat de Victoria, au lieu de risquer un nouveau pas qui pourrait en accentuer la propagation.
Aucune femme ne devrait avoir à choisir entre son bien-être et la vie de son enfant. Trop souvent, les femmes sentent qu’elles n’ont pas d’autre choix. L’avortement est devenu leur seul et unique choix et le reflet d’une situation où la femme finit par être livrée à elle-même. Nous condamnons toute violence à l’égard des femmes et des enfants avant et après leur naissance et nous exhortons tous les parlementaires de cet Etat à refuser toute tentative de dépénalisation de l’avortement dans l’Etat de Victoria".
Les pays démocratiques et totalitaires convergent dans leur lutte contre la morale
Extrait de la suite de l’entretien avec Andrea Morigi, coordinateur depuis 1998 du Rapport de l’Aide à l’Eglise en Détresse sur la liberté religieuse dans le monde :
"[A]ux Etats-Unis la distinction entre la sphère religieuse et la sphère civile s’est transformée en contradiction qui alimente une idée privative de la liberté religieuse. Il y a ceux qui estiment que la foi est un facteur de civilisation et qui luttent contre ces interprétations. Mais ceux-là sont accusés de fondamentalisme et de fanatisme. Par conséquent, dans le reste de l’Occident aussi, la séparation tend à devenir une invasion, comme en Espagne où, en juin dernier, a été introduit l’enseignement « Education à la citoyenneté et aux droits de l’homme » qui, dès la prochaine rentrée scolaire, insèrera dans la liste des matières obligatoires, l’éducation à l’acceptation de divers types de famille et d’affectivité, dont les homosexuels.
Curieusement, le gouvernement totalitaire de Cuba pense en ce moment lui aussi à réformer son Code de la famille pour accorder aux couples homosexuels la reconnaissance juridique de leur union, l’adoption d’enfants mineurs et l’accès à la fécondation assistée. Ainsi, la convergence dans la lutte contre les principes moraux semble être l’unique dénominateur commun entre les pays démocratiques et ceux qui ne le sont pas."
Un gouvernement de salut public : pour quel danger ?
Dans Valeurs Actuelles, Chantal Delsol s’interroge sur l’ouverture du gouvernement :
"Si Nicolas Sarkozy n’avait été élu avec un suffrage si confortable, on aurait compris que “l’ouverture” voulait compenser un résultat mitigé. Mais offrir des fonctions aussi nombreuses à une opposition aussi perdante et décatie… on cherche à comprendre. […]
N’y a-t-il pas une incohérence à se faire élire sur des convictions pour ensuite s’entourer de responsables affichant des convictions contraires ? […] (Évidemment, c’est une tactique comme une autre que de déshabiller l’adversaire en utilisant ces ruses homériques. Je crains cependant que Nicolas Sarkozy ne le paye en désillusions dans son propre camp. Mais c’est une autre histoire). […]
Mais il pourrait arriver aussi que les décisions promises à la droite majoritaire, soient gauchies par l’ouverture. Ce qui reviendrait à une tromperie. […]
Nous confondons le consensus avec la tolérance, parce que nous sommes incapables de parler avec un adversaire sans supprimer d’abord l’adversité, c’est-à-dire les convictions qui nous séparent. La tolérance consiste au contraire à vivre en bonne intelligence au milieu des opinions diverses : nous n’avons pas appris cela. Ce qu’on appelle la politique d’ouverture est un procédé nécessaire en situation exceptionnelle, lorsque devant un danger toutes les tendances de la nation doivent ensemble sauver la société. […] On dirait que nous avons un gouvernement de salut public. Et pourtant nous ne sommes ni en guerre ni en danger. Un comportement de salut public, manifesté à temps et à contretemps, exprime le dédain de la démocratie.
MJ
