Christine Boutin à l’investiture de Nicolas Sarkozy
Hier, lors du congrès de l’UMP, Christine Boutin, en tant que présidente du FRS, a prononcé un discours. Extrait :
"Au F.R.S. nous croyons à la valeur de la vie dès sa conception, nous croyons à la valeur de la famille, de l’altérité, à celle du travail, de l’initiative, de la responsabilité, de la flexibilité et de la réforme, du développement durable. Nous sommes opposés à l’assistanat et à la démagogie, mais nous croyons que puisque tout Homme porte en lui une part de fragilité, il doit pouvoir s’appuyer sur la solidarité et la compréhension nationale pour être aidé, lorsqu’il traverse des difficultés, plutôt que d’ être jugé. Pour nous, tout Homme doit, en toutes circonstances, toujours être considéré comme une personne humaine. C’est sans doute là, notre spécificité. Il faut absolument que notre candidat l’intègre dans son projet présidentiel."
Michel Janva (merci à M.C.)
H2O, chaîne catholique d’informations
Le Vatican soutient le projet de télévision catholique, H2O news, organisée selon le principe d’une coopérative et conçue comme un fournisseur d’informations aux télévisions et site internet catholiques. Le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, a précisé que le centre de télévision du Vatican CTV, qui détient le monopole de la production des images des manifestations pontificales, apportera sa collaboration à la nouvelle agence :
"CTV est naturellement disponible pour collaborer avec toutes les initiatives qui servent à une meilleure communication dans l’Eglise et sur l’Eglise. C’est sa finalité".
L’idée de la nouvelle agence H2O est née en octobre 2006 lors du congrès international des télévisions catholiques à Madrid. Son principal initiateur, Jesus Colina, est le directeur de l’agence d’informations religieuses Zenit proche des Légionnaires du Christ. Mais H2O "n’a aucun lien avec les Légionnaires du Christ" et sera "absolument indépendant de Zénit", a assuré le père Lombardi. Jesus Colina a déclaré que H2O prévoit un mécanisme "d’autofinancement" pour ses activités. L’objectif de la future agence est de toucher d’ici deux ans "au moins 20 millions d’utilisateurs dans le monde, par la vidéo, internet ou les téléphones portables".
Présidentielles : l’avis des candidats sur l’éducation
Les parents d’élèves de l’école catholique vont adresser aux candidats à la présidentielle une plaquette sur les enjeux éducatifs, a annoncé lundi Véronique Gass, présidente de l’Union nationale des associations de parents d’élèves de l’enseignement libre (Unapel) :
"L’éducation est un des gros dossiers de la présidentielle. Nous sommes une association de parents, apolitique, de toutes les origines sociales et culturelles. Si les candidats ne veulent pas nous répondre, nous le signalerons".
Cette plaquette intitulée "L’éducation, un enjeu majeur", aborde les questions de l’égalité, des aides aux familles défavorisées, de l’intégration professionnelle et du financement des écoles privées. Le document indique :
"Les parents doivent pouvoir choisir librement l’établissement scolaire qui correspond le mieux à leur propre projet familial d’éducation".
La famille, absente du discours de Nicolas Sarkozy
Hormis l’énormité relevée par Henri, on pourra lire l’analyse du Conservateur sur le discours du candidat de l’UMP. On relève que certains silences sont plus éloquents que les 13 pages du discours (pdf) :
"Pas un mot sur la famille, la crise alarmante de la natalité […]. Pas un mot sur le mariage homo et sur l’adoption pour les "couples homos"."
Nicolas Sarkozy emploie le mot "famille" comme synonyme de "UMP" (sa "famille politique") ou juste pour affirmer que la "République réelle", celle qu’il souhaite (par opposition à une "République virtuelle"), c’est celle qui s’emploie à garder après la classe les enfants de ceux qui ne peuvent pas s’en occuper car ils travaillent (p.6). Une République qui se veut substitut de la famille plutôt que soutien véritable, car l’Etat devrait permettre aux familles d’accomplir leur mission -l’éducation- plutôt que de s’imposer comme remplaçant à des parents qui n’ont matériellement pas le choix.
Marche pour la vie : J-6
Voici le comité de soutien du collectif 30 ans ça suffit qui organise la Marche pour la Vie de dimanche prochain, 21 janvier. On note parmi ce comité, la présence de 3 évêques catholiques ainsi que du métropolite grec-orthodoxe en France.
Le rendez-vous est fixé à 14h30, Place de la République. L’itinéraire de la Marche, 3 kms adaptés aux poussettes, est accessible ici.
Si vous venez de Province, vous pouvez vous inscrire pour voyager en car.
Ne rien attendre de l’Etat
Philippe Maxence publie la deuxième partie de son entretien avec Denis Sureau (1ère partie ici) sur l’Etat :
"Vous estimez que la modernité a perverti la notion de pouvoir, en donnant naissance à l’État moderne. Pouvez-vous nous expliquer la perversion de l’État moderne ?
«Etat moderne», c’est redondant : l’Etat est moderne. Le prince médiéval n’est pas l’Etat. A moins de l’employer abusivement dans un sens tellement large qu’il s’applique à toute forme d’organisation politique (y compris la tribu !), le concept d’«Etat» est une création relativement récente. Cet élément clé de la modernité politique a été élaboré entre 1450 et 1650, théorisé à partir de Jean Bodin (inventeur de la notion de souveraineté) puis développé par les penseurs du libéralisme tels que Hobbes, Locke. D’abord conçu à travers le modèle de la monarchie absolue, la souveraineté étatique et nationale a pris une dimension encore plus subversive au XVIIIe siècle en s’appuyant sur la souveraineté du peuple exprimée dans le contrat social et dont le totalitarisme fut au XXe siècle l’ultime développement.
L’espace politique et social antérieur à l’Etat est un espace «complexe», pour reprendre l’expression de John Milbank en opposition à l’espace «simple» unitaire moderne. Il présente une richesse de relations personnelles et sociales, une variété de libertés et de droits qui appartiennent aux différentes communautés et s’enchevêtrent : la souveraineté est conjuguée au pluriel. Tandis que l’Etat s’est constitué, notamment à l’occasion des guerres qu’il ne cesse d’attiser à son profit (l’Etat fait la guerre, la guerre fait l’Etat), en absorbant progressivement les droits de ces communautés (guildes, provinces etc.), en s’octroyant le monopole de la violence à l’intérieur d’un territoire déterminé, selon la définition classique.Face à l’État, comment doit agir le catholique aujourd’hui ? Comment notamment faire renaître vraiment de véritables communautés intermédiaires ?
Il y a un préalable d’ordre intellectuel : déconstruire les concepts de la modernité séculière et restaurer une véritable théologie politique. Certes, cela ne suffit pas, mais sans cet exercice, comment concevoir une action politique juste ? Et puis, il faut resocialiser les chrétiens, recommunautariser leur mode de vie. Cela passe par la multiplication d’initiatives de toutes sortes (entreprises, associations, réseaux…) y compris dans le champ économique et social. C’est ce qu’ont fait les militants de Communion de Libération en créant des milliers de coopératives. Ou les entrepreneurs s’inspirant de l’économie de communion des Focolari. Deux exemples parmi beaucoup d’autres. La communauté ecclésiale peut devenir, en tant que contre-société, le site à partir duquel la véritable société peut renaître. Pas demain : dès aujourd’hui. Sans rien attendre de l’Etat."
Soyez les sentinelles de la dignité et de l’avenir de la vie !
Jeanne Smits a traduit l’intégralité de l’homélie prononcée par l’évêque de Fatima, à l’occasion de la messe pour la vie célébrée samedi, premier "13" de l’année. A lire ici en attendant dimanche.
Simone Veil soutient Nicolas Sarkozy
Pour rebondir sur le post d’Henri, signalons que, outre le "comité stratégique" et le "comité politique" chargés d’encadrer la campagne du candidat de l’UMP, ce dernier compte développer également un comité de soutiens, rassemblant diverses personnalités et qui sera présidé par Simone Veil.
Discours de Sarkozy : le pire moment
[La France] a la voix, la figure, la dignité d’une femme, d’une mère, rescapée des camps de la mort, qui s’écrie à la tribune de l’Assemblée : "Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300.000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays." Ce jour-là, elle s’appelle Simone Veil. (Discours pdf)
Ce que ne précise pas M. Sarkozy, c’est que ce chiffre de 300.000, avancé par les pro-avortement, était une pure intoxication. L’estimation de l’INED est de 55.000 avortements par an avant la loi Veil… contre 220.000 aujourd’hui. La France a surtout la voix de ceux qui, dimanche prochain, diront qu’on ne peut plus fermer les yeux sur ces derniers.
Les médias disqualifiés
Près de neuf Français sur dix estiment que le traitement accordé par les médias à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy est anormalement déséquilibré, selon un sondage CSA (réalisé par téléphone auprès d’un échantillon de 1003 personnes) publié par Le Parisien Dimanche.
L’émission de la Réplique reçoit Jean Madiran
On peut écouter ici l’émission de mercredi dernier sur radio Courtoisie, où Bernard Antony et David Fontey ont évoqué avec leur invité les efforts du communisme soviétique pour subvertir l’Eglise.
L’avortement est une « plaie sociale »
Quelques centaines de personnes ont participé samedi à une messe et une procession pour la vie à Fatima. La messe a été concélébrée par douze évêques et une vingtaine de prêtres dans le cadre de deux journées de pèlerinage placées sous le thème "accueillir la vie comme un don de Dieu", à quatre semaines du référendum sur l’avortement. Dans l’homélie qu’il a prononcée au cours de la messe, l’évêque de Fatima, Mgr Antonio Marto, a estimé que l’avortement est une "plaie sociale" conséquence "d’une vision matérialiste qui réduit le concept de la vie humaine à un produit biologique".
"N’ayez pas peur et n’ayez pas honte d’être les champions de la sympathie, de l’estime et de l’amour pour toute forme de vie humaine".
L’évêque a affirmé comprendre le "drame vécu par beaucoup de femmes qui décident d’avorter" mais a affirmé "qu’un drame ne se règle pas par cet autre drame que constitue la destruction d’une vie humaine qui commence".
Dans l’après-midi, quelques dizaines de personnes, en majorité âgées, menées par un prêtre et une religieuse, ont parcouru en procession les rues de la ville. Face à la basilique, douze affiches de grande dimension ont été apposées qui appellent au "respect de la création". L’une d’elles indique, sous la photographie d’un foetus :
"L’avortement provoqué est un meurtre délibéré et direct d’un être humain dans la phase initiale de son existence qui dure de la conception à la mort".
Pour soutenir les Portugais, rendez-vous dimanche prochain, 21 janvier, place de la République à Paris.
Qui a peur de cet enfant ?
Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican, a estimé dimanche que "personne ne devait avoir peur de la crèche" de Noël, alors que quelques initiatives isolées de les retirer de l’espace public avaient semé l’émoi dans la Péninsule fin décembre. La crèche est "un signe de fraternité, d’intimité et d’amitié qui ne fait de mal à personne", a déclaré le numéro deux du Vatican après avoir béni la traditionnelle "crèche des éboueurs" romains installée à l’agence municipale de l’environnement de la capitale italienne.
"Cette année quelques uns ont eu peur des crèches et il a presque semblé qu’on ne les voulait plus dans les écoles, en ville et dans les lieux publics. [La crèche est] une invitation à l’intimité de la famille et a aussi un rapport positif avec Dieu".
La crèche des éboueurs qui compte plus de 200 personnages a été créée en 1972 et a reçu plus de deux millions de visiteurs.
Roman Herzog juge inquiétant le déficit démocratique dans l’UE
Le Welt am Sonntag d’aujourd’hui a publié une tribune, longue et argumentée, co-signée par Roman Herzog, président de la RFA de 1995 à 1999 – un véritable pavé dans la mare européiste. Extrait (p3):
"Les structures institutionnelles de l’UE souffrent, à un degré inquiétant, d’un déficit de démocratie et, dans les faits, d’une abolition de la séparation des pouvoirs.
"La Constitution ne résout pas ces problèmes."
M. Herzog ne renie pas l’intégration de l’UE – les solutions qu’il propose sont le renforcement du rôle du Parlement de l’UE et l’instauration d’un système bicaméral. Mais il a le mérite de mettre explicitement en cause le processus de centralisation rampante à l’oeuvre dans l’UE, en particulier par l’action conjuguée de la Commission et de la Cour de Justice.
M. Herzog affirme qu’en privé, les responsables politiques de RFA font part d’une inquiétude croissante devant ce processus, mais "presque aucun n’exprime ses inquiétudes et ses doutes en public."
Henri Védas (via EU Referendum)
Erratum
Michel rapportait lundi dernier une déclaration attribuée à Marine Le Pen par Français d’Abord, le magazine du Front national ("l’embryon est un être vivant" etc). Cette dernière nous a écrit pour indiquer que cette déclaration lui avait été attribuée par erreur, et qu’elle est en fait de Jean-Marie Le Pen.
Joseph Daul va-t-il précipiter le départ des Britanniques du PPE ?
David Cameron, qui dirige le Parti Conservateur britannique, a promis de quitter le groupe PPE-DE au Parlement européen, que son parti avait rejoint en 1992. Il devrait créer un groupe plus eurosceptique avec des partenaires tels que l’ODS tchèque à l’issue des élections de 2009.
L’élection de Joseph Daul (UMP) à la tête du groupe PPE (évoquée ici, ici et ici) ne pourra que conforter les Conservateurs dans ce projet. Le nouveau président a en effet le profil idéal pour faire fuir les Britanniques : il ne parle pas anglais et est issu du mouvement agricole français dont les revendications hérissent tant outre-Manche.
Cerise sur le gâteau : le souverainiste britannique Nigel Farage (UKIP) a accusé vendredi M. Daul d’être mis en examen dans une affaire de "complicité et recel d’abus de biens sociaux". Le Telegraph rapporte que M. Daul nie avoir été mis en examen, et menace M. Farage de poursuites – ce qui est étrange, car l’AFP rapportait bien en 2004 la mise en examen de M. Daul.
Conclusion de l’influent blog britannique Conservative Home : "Les députés Conservateurs doivent quitter le PPE, et le plus tôt sera le mieux !"
Henri Védas (via EU Referendum)
Olivier Pichon sur le droit au logement opposable
Editorial du dernier numéro de Monde et Vie :
La France devient un isolat socialiste dans un monde auquel, pourtant, ses dirigeants unanimes, l’ont exposée à la concurrence et à l’ouverture des frontières. La dernière trouvaille est le droit au logement opposable. […]
Entendons-nous bien, nous ne disons pas que les deux millions (trois millions ?) de mal-logés doivent le rester et que les SDF doivent demeurer à la rue. Ce que nous pensons, d’une part c’est que les politiques en voulant rester maîtres de la distribution du parc immobilier ont privé les plus modestes de nos compatriotes de l’accès à la propriété privée, d’autre part, en admettant inconsidérément l’entrée de populations à flot continu avec le parc existant, ils ont accepté que l’on pousse dehors ceux qui étaient en place. […]
Avec cela il faut une rupture, la vraie, elle ne sera pas tranquille au contraire de l’oxymoron sarkozien (« la rupture tranquille ») soufflé par ses conseillers en communication. Cette rupture passe par l’abolition des droits subjectifs et universels sans rapport avec le réel. Ils sont étrangers à la tradition juridique occidentale et constituent une perversion de l’idée de droit et de justice depuis un demi-siècle.
Olivier Pichon évoque le chiffre de trois millions de "mal-logés", que l’on entend partout : cette infographie du Monde en donne le détail. Sont inclus par exemple tous les locataires d’un appartement meublé, ou les familles de 4 personnes vivant dans un deux-pièces.
Angela Merkel respecte le ‘Non’… mais pas trop
Dans un entretien qui sera diffusé dimanche soir dans l’émission "France Europe Express" sur France 3, à 23h15, Angela Merkel affirme :
"Je respecte le non des Français. Malgré tout, ce traité a beaucoup d’éléments qui prennent en compte les soucis des Français : qui fait quoi en Europe ? Est-ce que les régions doivent décider pour elles-mêmes ? Il permet aux Parlements nationaux d’interpeller l’Europe quand elle s’occupe de dossiers qui ne sont pas les siens. Nous devrions donc regarder attentivement ce traité, car il a beaucoup de bons éléments. Tout cela va de pair avec l’Europe concrète. […] L’Europe souffre de son propre succès […].
La France a intérêt à ce que les choses avancent. Nous avons toujours des élections en Europe. Nous allons faire notre travail. Le débat énergétique ne dépend pas du résultat des élections françaises. Mais, en revanche, nous ne pourrons pas vivre dans cette Europe si nous ne parvenons pas d’ici à la présidence française, fin 2008, à trouver un moyen de repartir sur la Constitution : nous devons avoir une Europe capable d’agir, de savoir comment nous votons, quelle est la taille de la Commission. […]
[S]i l’Allemagne peut commencer à trouver une solution, ce serait déjà important : nous allons mener des consultations confidentielles avec les différents Etats membres et leur demander très clairement les dispositions du traité qu’ils ne peuvent pas accepter. Nous verrons les points où nous devons peut-être apporter des modifications. Mais je rappelle que dix-huit Etats membres ont ratifié le traité, ils ne doivent pas être mis de côté."
Belgique : délitement de la famille
Selon une enquête Eurostat publiée jeudi 11 janvier (pdf), la Belgique détient le triste record européen du nombre de divorces pour 100 couples mariés…avec 75 divorces pour 100 mariages ! Elle devance l’Estonie (70%) et se situe très loin devant la déjà forte moyenne européenne de 40%. La France compte 45 divorces pour 100 mariages. Chypre détient le record de stabilité avec 12,8 divorces sur 100 mariages.
Italie : le lobby gay veut faire taire le Pape
Environ 200 personnes ont manifesté place Saint-Pierre, à l’appel de l’organisation de défense des droits des homosexuels Arcigay, pour dénoncer l’opposition de l’Eglise catholique à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles en Italie. Sur les banderoles on pouvait lire "Plus d’autodétermination, moins de Vatican", "No taliban, no Vatican".
Tandis que la commission justice du Sénat italien a entamé mercredi l’examen de propositions de loi sur cette reconnaissance juridique, les manifestants entendaient "protester contre l’ingérence de l’Eglise" et notamment contre "les interventions papales quasi-quotidiennes":
"le Parlement doit discuter de ce sujet en toute liberté, sans pressions du Vatican, et décider en toute indépendance comme tout Parlement souverain d’un Etat laïc".
En clair, le Pape doit se taire ou changer d’avis.
La « préférence nationale » au programme de l’UMP ?
C’est la question qu’on se pose après avoir entendu les déclarations de Nicolas Sarkozy, sur le droit au logement opposable :
"il va de soi que les sans-papiers ne doivent pas y avoir accès. Je ne souhaite pas non plus que tous les étrangers en situation régulière y aient droit".
Le député UMP du Vaucluse Thierry Mariani précise qu’il déposera un amendement pour réserver les nouvelles dispositions sur le droit au logement opposable
"aux étrangers parfaitement intégrés qui ont obtenu une carte de résident de dix ans. […] Quand on n’a pas de papiers, ou quand on a seulement une carte de séjour temporaire d’un an, on n’a pas à bénéficier d’un logement social aux frais du contribuable."
De même pour l’Aide Médicale d’Etat (AME) –pour les étrangers en situation irrégulière-, Sarkozy a estimé qu’elle devait être réformée et réservée aux "étrangers vraiment nécessiteux" :
"On ne doit pas immigrer en France pour bénéficier d’aides sociales. Notre pays n’a pas vocation à être un guichet social universel !"
Evidemment, à l’approche des élections, ces soudaines déclarations peuvent susciter le scepticisme. Mais après tout, il reste encore un peu de temps avant avril pour commencer à les mettre en oeuvre… Chiche !
Les évêques du Chili contre les « normes » sur la fertilité
Le Comité Permanent de la Conférence Episcopale Chilienne a publié une déclaration intitulée “Accueillir et promouvoir la vie” afin de
"partager, spécialement avec les croyants et les personnes de bonne volonté, les dangers contre la vie qui filtrent de diverses instances dans notre cohabitation, [parmi lesquelles les] Normes nationales sur la régulation de la fertilité" (émanant du Ministère de la santé).
"nous ne voulons pas pour le Chili ce qui est arrivé ou arrive dans d’autres latitudes où la démocratie, malgré ses règles, parcourt un chemin de totalitarisme fondamentaliste. L’Etat (…) se transforme en Etat tyran, qui prétend pouvoir disposer de la vie des plus faibles et des sans défense, de l’enfant encore non né jusqu’à la personne âgée, au nom d’une utilité publique qui n’est autre, en réalité, que l’intérêt de quelques-uns."
Angleterre : crucifix interdit à l’école
Une jeune écolière britannique s’est vue refuser le droit de porter en pendentif un crucifix pendant les cours. Les professeurs de l’établissement de Gillingham (sud-est de l’Angleterre) ont déclaré à Samane Devine, une catholique de 13 ans, que le port du crucifix enfreignait les règles de sécurité et d’hygiène. Sa famille a déclaré qu’elle combattrait cette décision, accusant l’école de discrimination à l’égard des chrétiens, les élèves musulmans et sikhs, ayant eux, le droit garder leur symbole religieux. La fillette s’est engagée à porter le crucifix à la rentrée des classes, après les fêtes de Noël, la semaine prochaine :
"Je suis fière de ma religion et c’est mon droit de porter une croix autour de mon cou. Je ne peux pas comprendre pourquoi l’école pense que le port d’un minuscule crucifix sur un fin collier en argent présente un danger pour l’hygiène et la sécurité".
L’individu, l’Etat et la famille
Nous rappelons souvent, à la suite de l’Eglise, que la famille est la cellule de base de la société. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Sur Caelum et Terra, Denis Sureau répond aux questions de Philippe Maxence :
"[V]ous avez remis en cause l’idée de salaire parental financé par l’État. Est-ce à dire que vous refusez de reconnaître l’apport des familles à la vie de la société ?
Non, bien sûr, mais je conteste l’idée que les familles devraient normalement attendre des subsides de l’Etat. Dans une société bien ordonnée, les familles devraient pouvoir vivre de leurs activités économiques et non dépendre d’un tiers. Je me situe dans une perspective à long terme, non dans le contexte actuel où chacun se bat contre tous pour maximiser son profit.
Votre critique de l’État est-elle une critique « libérale » de celui-ci ?
Pour les libéraux, seul l’individu et l’Etat existent. Pour la tradition catholique sociale, la famille (et non l’individu) est la cellule de base, et elle est insérée dans un environnement social aux multiples composantes communautaires (organisations professionnelles, communes, associations, paroisses etc.). Les libéraux s’emploient à détruire cette réalité sociale qui, à leurs yeux, empêche le libre échange, entrave le fonctionnement libre du marché. Dans ma critique, ce sont les communautés d’appartenance qui doivent, subsidiarité oblige, disposer de la plénitude de leurs ressources (économiques, sociales, législatives, juridiques, fiscales etc.) et enchâsser les pratiques sociales en poursuivant des fins communes objectivement bonnes.
Vous reprenez le slogan du mouvement catholique italien « Communion et libération » : "moins d’État ; plus de société". Mais concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ?
C’est une formulation disons publicitaire de cette conception. Par exemple, cela peut entraîner que les accords collectifs riment sur un droit du travail uniforme. Ou, dans un autre ordre d’idée, que la Corse ait son organisation législative spécifique, conforme à ses traditions (sous cet angle, on revient à un authentique fédéralisme, que Pie XII avait encouragé). Ou encore que l’école soit séparée de l’Etat et rendue aux familles. Ou que le monopole de la sécurité sociale soit aboli au profit de mutuelles professionnelles, familiales ou régionales. Que du concret !"
Les lecteurs peuvent réagir directement sur Caelum et Terra.
L’évêché de Fréjus-Toulon adresse ses « vifs encouragements » à la Marche pour la Vie
La Commission bioéthique du diocèse a adressé hier aux organisateurs une lettre de soutien :
La Commission Bioéthique et Vie humaine du diocèse du Var salue chaleureusement l’organisation de la 3e Marche pour la Vie qui se tiendra à Paris le dimanche 21 janvier 2007 et souhaite exprimer son soutien au Collectif d’associations mis en place à cette occasion.
Trente-deux ans après la loi de 1975 dépénalisant l’avortement, alors même que plus d’une femme française sur deux connaîtra ce drame dans sa vie, votre réflexion et votre action veulent souligner le contexte de pression psychologique disproportionné qui pèse sur les femmes et l’absence d’alternative proposée par les pouvoirs publics en faveur de l’accueil de la vie. Alors que 78% des femmes souhaitent de l’aide pour éviter le recours à l’IVG et que 86% d’entre elles considèrent que l’avortement laisse des traces psychologiques […]vous souhaitez interpeller les responsables politiques, en cette année d’élections importantes pour notre pays, sur l’ampleur d’un drame que beaucoup commencent à reconnaître.
Basé[es] sur le respect inconditionnel de la dignité de la personne humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, vos propositions pour une politique moderne d’accueil de la vie ne peuvent qu’enrichir un débat qui commence à poindre dans notre société, de la promotion de la vie humaine à tous ses stades, fussent-ils les plus vulnérables.
Le texte se conclut en adressant ses "vifs encouragements à tous les organisateurs et participants" à la manifestation.
Il est à remarquer que, rédigé à la demande de Mgr Rey par sa Commission Bioéthique, le texte a été validé par lui-même vendredi 12 janvier sous l’intitulé Communiqué de l’Evêché.
PS : des lecteurs demanderont sans doute à quelle adresse remercier Mgr Rey de son engagement : [email protected]
Marche pour la Vie : idée N°5
Le site 30 ans ça suffit suggère 7 idées d’actions pour contribuer au succès de la Marche nationale
pour la Vie du dimanche 21 janvier.
Idée N°5 : Inviter des amis pro-vie à déjeuner pour aller ensemble à la manifestation
Vous avez des amis ou parents qui iraient bien à la manifestation ? Invitez-les à déjeuner (ou simplement pour le café) le dimanche 21 midi – ainsi, vous pourrez vous y rendre tous ensemble, ce qui est beaucoup plus sympathique et motivant. Et évitera les crises de paresse de dernière minute !
7e concours de légende : les résultats
La photo à légender était la suivante :
Sélection retenue sur la foultitude de réponses envoyées, bravo à Artemus, grand gagnant :
1 : "Bisous du pays des Samouraïs" MP alias Artemus
2 : "Brrr… ! Fait pas vraiment chaud-chaud à cette altitoure !" BB
3 : "La bravitude tranquille…" E&CH
4 : "Des goulags en Chine ?????, pourquoi pas des murailles pendant que vous y êtes !" A
5 : "Français, il vous suffira de dire : j’étais à la grande muraille, pour qu’on vous réponde : voilà une bravitude !" BV"
6 : Dicton du jour "C’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur" BF
Et une mention spéciale à Oxbridge, auteur de ce doux poème :
"Sur la muraille de Chine, toute de fortitude,
La reine poitevine pleine de bravitude
Fait royale mine malgré la caillitude
Jamais chagrine, c’est la Ségolène attitude."
Bravo à tous pour votre participation.
Le Salon Beige
Faut-il parler d’un « droit d’instruire ses enfants » ?
Philippe Maxence s’interroge sur l’expression : l’impératif de la liberté scolaire découle du devoir, plus que du droit, des parents de veiller à l’éducation de leurs enfants.
Il ne s’agit pas d’une simple querelle de mots, mais bien de deux façons de concevoir la place de la famille, et partant de l’organisation sociale et de la vie en société elle-même.
Le monde catholique me semble habité d’une véritable crainte, une crainte de perdants, dès qu’il s’agit d’école à la maison. En soi, cette crainte pourrait n’être pas si grave, si elle ne concernait que l’instruction à domicile. Mais, de la même manière, que les adversaires de l’école à la maison s’attaquent en fait à la famille comme cellule de base de la société en mettant en cause la liberté d’instruction à domicile, de la même façon, en acceptant un simple doute sur la légitimité de l’école à la maison, les catholiques scient la branche sur laquelle la liberté scolaire repose. Ils tuent, dans l’œuf, leurs arguments de défense de l’école à l’extérieur de la famille.
Des jeunes Italiens à la Marche pour la Vie
Un groupe de jeunes militants pro-vie italiens sera de la partie le 21 janvier. A leur tête : Leo Pergamo, président national
des Jeunes pour la Vie, et Elisabetta Pittino, présidente des JPV de Lombardie.
Certains jeunes monteront en train, d’autres dans le "Camping-car pour la vie" (photo) du Movimento per la Vita – un mouvement que le Pape a encouragé nommément et publiquement.




