Blogs avec images

Réflexions sur le mal derrière les émeutes

Sans pour autant prononcer les termes d’ "islam" ou de "musulmans", Jean-François Mattéi et Christine Boutin livrent des réfexions intéressantes sur ce que révèlent les émeutes de ces derniers jours :

Jean-François Mattéi, dans Le Figaro :

[L]a litanie de la violence s’amplifie à un point tel, dans certains quartiers réputés «difficiles», que l’on ne doit plus parler de guérilla, mais bien de barbarie urbaine. Personne n’ose réfuter les statistiques officielles dont nul n’ignore qu’elles sont sous-évaluées. D’après l’Institut des Hautes études de la sécurité, 31% des violences physiques seulement font l’objet de dépôts de plaintes. […]

[Q]uand on n’ose plus regarder les choses en face, on prend la parole pour mieux les occulter. Appliquons les modifications du sens habituel des mots aux violences que nous connaissons dans les banlieues urbanisées et en d’autres lieux. On ne parlera plus en France d’«émeutes», mais d’«actions de harcèlement» ; de «délinquants», mais de «jeunes» ; de «policiers», mais de «provocateurs» ; de «trafic de stupéfiants», mais d’«économie parallèle»; […]

Lorsque Julien Dray déclare que «des centaines de jeunes» sont victimes de discrimination, et que «ce ne sont ni des voyous ni des racailles», il fait preuve de la même irresponsabilité que SOS-Racisme qui dénonce «l’amalgame fait entre jeunes des quartiers et délinquants». Il est tout aussi irresponsable de minimiser les violences de Clichy-sous-Bois et d’autres cités, en en faisant porter le poids sur un ministre de la République, et non sur leurs auteurs, comme l’a fait un ancien premier ministre de la République en accusant Nicolas Sarkozy d’instaurer «un climat terrible» dans les banlieues. […]

Christine Boutin met, elle, en cause le rôle du relativisme et de la perte des valeurs dans ces troubles :

Les violences urbaines de ces derniers jours, qui s’étendent aujourd’hui en région parisienne ainsi qu’en province, témoignent de l’échec de notre société à proposer et réaliser un projet crédible et intégrateur face aux mutations de ce début de XXIème siècle.

[…] Face à cette situation de manque de repères et d’absence de hiérarchie des priorités, je conteste la tendance actuelle consistant à légiférer à partir de cas particuliers, de remettre en question les fondements institutionnels de notre société, ainsi que le discours démagogique du « tout se vaut » ou du « toute opinion est recevable », sans affirmation de valeurs fortes et partagées par tous.

Et Christine Boutin de remarquer qu’il est incongru que l’Assemblée nationale soit en train de se pencher en ce moment sur la question de l’ "homoparentalité" (la mission "Famille" de l’Assemblée a entendu mercredi l’association des parents et futurs parents gais et lesbiens, nous apprend Présent):

A titre personnel et en tant que responsable politique – notamment face aux problèmes de fond que posent les violences urbaines de ces derniers jours -, je ne pense pas que l’homoparentalité soit la question la plus urgente à soumettre au débat public.

HV

Jean Madiran sur les “zones de non-droit”

…dans Présent de demain :

Le Président de la République et son premier ministre réagissent aux émeutes comme s’il s’agissait d’un trouble accidentel. D’une même voix, ils proclament l’un et l’autre :

"Il ne peut y avoir, il n’y aura pas de zone de non-droit en France."

Dérisoire.

Il y en a depuis plus de vingt ans.

Depuis plus de vingt années, dans les banlieues "sensibles", se sont installées, fortifiées, retranchées des zones d’AUTONOMIE ethnique, religieuse, juridique, économique, avec une AUTONOMIE FINANCIERE assurée souvent par le racket et les réseaux de la drogue.

Ces AUTONOMIES agissent en tant que telles. Elles ont leurs "représentants" et "médiateurs" qui entendent "négocier" avec l’Etat, en faisant valeur leurs "exigences". Par exemple : écarter le ministre de l’intérieur qui "n’est pas un interlocuteur."

HV

Les émeutes de banlieue et l’opinion internationale

Nous avons déjà évoqué la manière dont les médias internationaux traitent les émeutes franciliennes. A l’heure où j’écris, elles figurent par exemple en bonne place sur le Drudge Report aux Etats-Unis, ainsi que sur le site d’Al Jazeera.

Dans les médias anglo-saxons, trois types de réactions sont intéressantes :

Sur le site du Wall Street Journal, on devine une satisfaction narquoise devant ces événements. James Taranto en profite pour mettre en cause le "modèle social européen" : "La France semble avoir de profonds problèmes de société. […] Le chômage global en France est de 9,8%, mais pour les Français de moins de 25 ans il est au taux stupéfiant de 23%. Mais bon, au moins ils ont ‘une couverture maladie gratuite.’ " Ironie injuste et déplacée ? Sans doute, mais pas plus que les sarcasmes de la presse française après Katrina…

– Nous avions remarqué que la presse anglo-saxonne était souvent plus explicite que la notre pour décrire le caractère ethnique et confessionnel des émeutes. Mais certains observateurs trouvent que ces médias aussi s’auto-censurent. Des contributeurs au blog de National Review s’en plaignent :

"Je viens de regarder un reportage de trois minutes sur CNN à propos des émeutes de Paris, où les mots "Islam" ou "musulmans" n’ont pas été prononcés une seule fois. Il n’a désigné les émeutiers que comme des "immigrants ethniques". Qu’on ne me dise pas que ce n’est pas volontaire." (Ici)

"Plus tôt dans la soirée, j’ai écouté un reportage sur [la radio "publique américaine] NPR à propos des émeutes françaises, et ce n’est [qu’au bout de 2 minutes] qu’il y a eu la moindre mention de qui, en fait, participait aux émeutes. Quand elle est arrivée, elle disait des émeutiers que ‘leurs parents sont venus en France d’Afrique du Nord dans les décennies suivant la deuxième guerre mondiale..’ " (Ici)

– La dernière réaction est peut-être la plus inquiétante. C’est celle de EU Referendum, un blog souverainiste britannique. Il trouve que les médias internationaux sont trop bienveillants envers la France. Il met en cause la police française "qui n’emploie pas la douceur", et demande : "Imaginez simplement le traitement médiatique qui serait fait de ces émeutes si elles se déroulaient au centre de Washington."

Cette dernière remarque nous rappelle qu’en effet, la France n’est pas à l’abri, à l’occasion de troubles dans les années à venir, d’une diabolisation internationale à mesure qu’elle réagirait. Vladimir Volkoff, sous le coup de la colère, le demandait après les bombardements de la Serbie en 1999 : "A qui le tour ?" :

"Nous essayons de ne pas voir à quel point certaines de nos banlieues sont déjà devenues des enclaves islamiques, mais il n’est pas exclu du tout qu’un ‘front de libération’, récupérant les énergies qui y sont éparses et dont nous ne faisons rien, ne commence à y commettre des actions terroristes. […]

"Dans ce cas, que fera le gouvernement français ? Cèdera-t-il immédiatement […] ?

"Vraisemblablement, il décidera plutôt de maintenir l’ordre, n’y mettre pas aussitôt les moyens nécessaires, autant par économie que par démagogie, et, quand la police aura été débordée, il enverra l’armée. […]

"Songeons en tout cas que, ce jour-là nous ne serons plus la ‘cible’ de l’opération de désinformation [le public visé, NDR], mais son ‘support’, et que ce n’est pas une situation enviable, comme les Serbes viennent de l’éprouver à leurs dépens." (In Désinformation flagrant délit)

Henri Védas

Philippe de Villiers réagit à la violence

Le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers a affirmé jeudi que les violences à l’oeuvre dans les banlieues de la région parisienne relèvent de la "guerre civile ethnique". "Nous sommes dans une situation non seulement de guérilla urbaine, avec les voitures qui brûlent et maintenant les tirs à balles réelles depuis cette nuit, (mais) de guerre civile ethnique", a affirmé Philippe de Villiers sur RTL.

Il a dénoncé "l’unité du monde politique dans le mensonge". "Je constate, en écoutant les uns et les autres (…) qu’on ne prononce pas le mot-clé, la cause de toutes les causes: la faillite d’une politique d’immigration massive et incontrôlée". "On donne aujourd’hui sur notre territoire le droit à des bandes d’illégaux de faire la loi chez nous."

Philippe de Villiers a également annoncé qu’il se rendrait jeudi midi en Seine-Saint-Denis, accompagné de son "ami" Jacques Bompard qui vient de quitter le FN. "Nous allons aller à la rencontre des Français qui souffrent, ceux qui sont terrés chez eux", tout en refusant, "pour des raisons de sécurité", d’annoncer la destination précise de ce déplacement. Philippe de Villiers a annoncé qu’il allait créer avec Jacques Bompard le "collectif national des élus de la République contre le droit de vote des étrangers", ouvert à "tous les patriotes".

MJ

NON au ‘mariage’ Homosexuel

La vraie définition du mariage est soumise à plusieurs attaques et votre aide est nécessaire pour la sauver avant que la définition véridique du mariage soit complètement et radicalement redéfinie. Allez sur ce site et signez la pétition soutenant l’amendement de protection de définition du mariage. L’objectif est d’arriver à 1 million de signatures qui seront présentées au gouvernement au moment voulu.

MJ

Banlieues : chronique de la nuit

La France a connu une septième flambée de violence dans la banlieue parisienne dans la nuit de mercredi à jeudi. Depuis mardi soir, ces affrontements se sont propagés à au moins trois autres départements limitrophes de la capitale française.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a évoqué un total de 62 véhicules brûlés, dont 14 à Bondy, 15 à Aulnay-sous-Bois, 10 à Neuilly-sur-Marne, 14 au Blanc-Mesnil, toutes des villes de la banlieue nord. D’autres parties de la banlieue ont été en proie à des tensions, notamment le Val-d’Oise, où de «légers heurts» se sont produits à Goussainville, Argenteuil et Villiers-le-Bel entre jeunes et police, et quelques départs de feux de poubelles ont eu lieu ici aussi mais sans gravité.

Un poste de police a été attaqué à Aulnay-sous-Bois. Dans le même quartier, près de la cité des 3000, trois journalistes de France 2 ont dû abandonner leur voiture après avoir été pris à partie. Leur véhicule a été incendié. Dans le même temps, un autre groupe mettait le feu à une concession automobile Renault. Deux classes d’une école primaire de la ville ont été incendiées et des bandes organisées ont défié à plusieurs reprises les CRS, à coups d’insultes et de jets de pierre. Un gymnase au Blanc-Mesnil a pris feu et le centre commercial de Bobigny 2 a été vandalisé. A La Courneuve, les CRS ont essuyé deux tirs à balles réelles.

Dans les Yvelines, la police a recensé des attroupements «exceptionnels» d’une cinquantaine de jeunes par petits groupes dans le quartier du Val Fourré à Mantes-la-Jolie. Et en Seine-et-Marne, un centre social désaffecté a notamment été l’objet d’un incendie entraînant six interpellations. Les pompiers de Paris ont reçu plusieurs centaines d’appels, cette nuit,  pour des incendies de voitures et de poubelles. L’un d’eux a été brûlé au deuxième degré au visage par un cocktail Molotov lancé à l’intérieur d’un véhicule. Deux de ses collègues ont été légèrement blessés. Plusieurs engins des pompiers ont été endommagés par des tirs de projectiles.

A noter que le Ramadan s’est terminé ce matin et, comme de tradition, des ‘heurts’ sont à prévoir pour en fêter la fin…

Michel Janva

13h02 : Il y a eu 315 voitures incendiées en Ile-de-France dans la nuit de mercredi à jeudi. 4 policiers ont été blessés par des jets de pierres en Seine-Saint-Denis, où 29 émeutiers ont été interpellés. Le dispositif prévu par les forces de l’ordre pour assurer la sécurisation des cités ce jeudi soir, au moment où interviendra la rupture du jeûne du Ramadan, n’est pas encore établi.

Act Up

Le samedi 19 novembre est organisée une manifestation à Paris, place Saint-Michel, afin de demander l’arrêt du versement de subventions au groupe d’agit-prop Act-Up. La manifestation demandera également la dissolution de ce groupuscule "ultra-violent". Mais il est quasiment certain que sans financement public, Act Up ne pourra plus vivre ni faire vivre ses quelques dizaines d’adhérents…

MJ

KTO devant le Conseil d’Etat

Kto a déposé devant le Conseil d’Etat une requête sommaire à titre conservatoire afin de sauvegarder le délais de recours contre la décision du CSA qui a rejeté la candidature de la chaîne dans le cadre de l’appel à candidature pour la TNT. La chaîne dispose de ce fait d’un délais de quatre mois pour procéder à l’établissement et au dépôt du mémoire ampliatif.

La pétition pour que Kto soit diffusée sur la TNT a recueilli plus de 65.000 signatures. Une trentaine de parlementaires soutiennent l’initiative, le député Jacques Godfrain a posé une nouvelle question écrite à M. Renaud Donnedieu de Vabre, Ministre de la Culture et de la Communication, parue au Journal Officiel du 18 octobre : «Le motif invoqué [par le CSA] est qu’’en raison de sa thématique confessionnelle, KTO vise un public restreint’. Compte tenu que, selon de récents sondages, 70 à 80% de Français se disent catholiques, il lui demande de bien vouloir lui indiquer sa position sur le sujet». Le 11 octobre, en réponse au député Philippe Rouault, le ministre écrivait déjà «j’ai demandé à Monsieur Patrick Raude, Directeur du développement des médias, d’étudier ce dossier avec la plus grande attention

Aujourd’hui, 1 Français sur 1000 a signé la pétition ‘Nous voulons Kto sur la TNT’ : aucune ville, aucun village où la pétition ne soit passée. Un succès exceptionnel – compte tenu de la technicité du sujet – et qui montre que les Français savent et veulent se mobiliser pour des projets qui ont du sens. Un beau coup de chapeau à Kto dont le slogan est justement : «la chaîne qui offre du sens à la vie».

Michel Janva

Evénements de Seine-Saint-Denis : rappels de Gollnisch

Selon Bruno Gollnisch, les violences de ces derniers jours appellent quelques mises au point :

"- Le fait de fuir la police, d’escalader deux murs, et de se réfugier dans un transformateur haute tension est une lourde faute et une tragique imprudence dont la responsabilité incombe à leurs seuls auteurs, et, s’ils sont mineurs, à leurs parents.

Les émeutes anti-françaises sont des actes barbares traduisent l’inassimilation des vandales à notre société, quelle que soit par ailleurs leur nationalité de papier.

La prétendue « médiation des grands frères » salués au cri de « Allah Akbar » n’est qu’un aspect parmi d’autres de la capitulation des autorités légitimes.

Les incendies volontaires sont des crimes passibles de la Cour d’Assises."

Quelques rappels omis par les médias qui réduisent, de façon complètement irresponsable, ces actes au seul ‘duel’ Sarkozy-Villepin.

Michel Janva

Rencontre Villiers-Bompard

Communiqué du MPF :

02/11/2005

Rencontre Villiers/ Bompard sur le terrain pour dénoncer la "guerre civile".

Philippe de Villiers, Président du MPF et Jacques Bompard, Maire d’Orange se rencontreront demain, jeudi 3 novemebre 2005 dans deux villes symboles de Seine-Saint-Denis à 11H45 à l’occasion d’une visite de terrain.

HV

Aide aux familles nombreuses

Benoît XVI, lors de l’Angelus d’aujourd’hui, a souhaité l’établissement d’une législation et des mesures sociales favorables aux familles, et spécialement aux familles nombreuses.

«Je souhaite que de nouvelles des interventions sociales et législatives adéquates soient promues pour protéger et soutenir les familles les plus nombreuses, qui constituent une richesse et une espérance. Votre présence m’offre l’occasion de rappeler le caractère central de la famille, cellule fondamentale de la société, et premier lieu de l’accueil et du service de la vie».

"Dans le contexte social actuel, les noyaux familiaux avec de nombreux enfants constituent un témoignage de foi, de courage et d’optimisme, parce que sans enfants il n’y a pas d’avenir !".

Michel Janva

Faut-il se taire devant les provocations médiatiques ?

Liberté Politique nous livre, en réponse à l’ "Affaire Abbé Pierre", l’éditorial de Gérard Leclerc dans le prochain France catholique :

Ce n’est évidemment pas sans tristesse qu’un homme de ma génération est obligé de signifier son désaccord total à celui qui fut si présent dans les années d’après-guerre pour incarner une charité concrète à l’égard des pauvres et des sans-logis. L’abbé Pierre c’était tout simplement pour nous saint Vincent de Paul redivivus. […]

Mais cette fois-ci, l’abbé s’est prêté à une opération, dont il n’aurait peut-être pas imaginé toutes les conséquences – c’est déjà un signe de confondante naïveté – meurtrière à tous égards. Meurtrière tout d’abord pour lui-même, qui y perd toute crédibilité véritable, si tant est qu’elle ait été jusqu’ici fondée sur sa mission de prêtre et de fils de l’Église. Meurtrière pour le message qu’il entendait proclamer, pour peu qu’il se voulût fidèle à l’Évangile. […]

Le site propose également, mûe par cette affaire, une réflexion du père dominicain Thierry-Dominique Humbrecht :

Tout cela pose la question du rapport des chrétiens aux médias, fait d’attraction et de répulsion. Plusieurs attitudes sont possibles.

On peut décider de se retirer du débat, voyant qu’on n’en maîtrise pas les règles et que l’on finira par se faire coincer. C’est parfois sage, mais une telle attitude est timorée à l’excès. On nous a suffisamment fatigué l’esprit avec " l’ouverture au monde " pour qu’on en intègre enfin quelques-uns des meilleurs instruments. Où sont les chrétiens habilités à maîtriser le monde des médias, même modestement ? Les réponses sont trop souvent timides, tardives, locales, empotées, sans éclat, sans esprit et sans style, comme celle que vous êtes en train de lire.

On peut décider de ne jamais se mêler de ces choses, sous prétexte qu’elles sont transitoires, soumises aux modes aussi bien qu’à l’oubli. On dira qu’il ne faut pas s’épuiser en vaines querelles, et construire plutôt en silence les choses qui resteront pour l’éternité.

Certes, la mode ne doit pas happer le meilleur de nos forces mais, sous prétexte d’éternité, on peut pécher par angélisme et aveuglement. Les idées et les opinions sont aujourd’hui produites dans et par les médias, du fait de leur importance dans la vie des gens, et surtout du fait du manque d’autres instances d’enseignement. […]

Mon souhait est que ceux qui peuvent parler parlent, non pour polémiquer mais pour proclamer la vérité chrétienne ; non pour répondre à des agressions, se faisant ainsi de simples suiveurs, mais pour proposer d’autres valeurs, distribuant ainsi les cartes. Les chrétiens n’ont pas à avoir peur de la culture. Ils n’ont en face d’eux que du vent. Puisse leur attraction-répulsion aboutir à une maîtrise et même à un engagement professionnel.

HV

La sémantique des émeutes de banlieue

Toutes sortes de termes sont utilisés pour désigner ce qui s’est passé en banlieue ces dernières nuits : des syndicalistes policiers parlent de "guerre civile", ce qui est un peu fort (ou prématuré), des agences de presse parlent de "troubles", ce qui ne l’est sans doute pas assez.

Jean Cochet, dans Présent de demain, cherche les termes justes :

Ces "tensions" urbaines, comme les nomme pudiquement la classe politico-médiatique, sont avant tout des émeutes. Des émeutes à caractère ethnique, qui prennent la forme stratégique de guérillas dont les forces de l’ordre sont les cibles.

Le caractère ethnique et confessionnel de ces émeutes est évident pour les Français, mais moins pour leur presse – alors qu’il n’a pas échappé à la presse anglo-saxonne, qui accorde beaucoup de place à ces événements. Un lecteur remarque :

En France on ne parle pas d’émeutiers mais de "jeunes" :

"[…] la police a recensé des attroupements ‘exceptionnels’ d’une cinquantaine de jeunes […]"  (Le Figaro)

"[…] bandes incontrôlées de plusieurs dizaines de jeunes." (Libération)

"Nouveaux affrontements entre policiers et jeunes à Clichy-sous-Bois" (Le Monde)

"Affrontements entre jeunes et police à Aulnay-sous-Bois" (Yahoo)

Alors que la plupart des sites anglo-saxons sont beaucoup plus explicites :

"La tention monte dans les banlieues troublées de Paris après cinq nuits d’émeutes par de jeunes musulmans" (Fox News)

"La zone est peuplée principalement de familles d’origine immigrée, souvent de l’Afrique du Nord musulmane […]" (CNN)

"Heurts violents entre la police et des groupes d’immigrés dans les banlieues autour de Paris" (The Guardian)

"Des douzaines de véhicules ont été brûlés par des jeunes en colère, pour la plupart membres de communautés nord-africaines aliénées" (BBC)

"Emeutes de musulmans près de Paris" (TCV News)

Fait intéressant, le site Islam Online établit une relation de cause à effet entre l’incident de la bombe lacrymogène tiré à proximité d’une mosquée et l’extension des violences la nuit dernière.

HV

Abbé Pierre : réaction de Mgr Simon

Suite à la sortie hyper-médiatisée du livre de l’abbé Pierre, Mgr Simon, évêque de Clermont-Ferrand, réagit dans une tribune du Monde. Extraits choisis :

"Ce qui me met mal à l’aise, ce n’est pas tant le contenu de ces prétendues révélations. Depuis l’épisode évangélique dit "de la femme adultère", nous sommes, et heureusement pour nous, délivrés d’avoir à jeter la première pierre (…). D’ailleurs, quand on lit la conclusion que l’abbé tire de son expérience, plutôt malheureuse, selon son propre aveu, on retrouve la doctrine la plus classique de la tradition chrétienne : pour être humaine et gratifiante, la sexualité demande à être vécue dans un projet global qui engage durablement les deux partenaires."

"Le problème est ailleurs que dans le contenu de l’information. L’auteur du livre et l’éditeur dévoilent l’intimité d’un vieillard. Qu’il soit consentant, comme ils le prétendent, ne change rien à la gravité de l’affaire. De toute façon, en faisant cela, ils savent bien que l’opinion publique va se focaliser sur un seul point, et que tout le reste du message spirituel de l’abbé va en être "dévoyé". Car il est triste de voir quelqu’un qui a tant lutté pour défendre l’intimité des pauvres servir aujourd’hui de caution à l’exhibitionnisme et au voyeurisme médiatiques."

"C’est donc cela qui me scandalise : le voyeurisme. A quoi sert de construire des maisons, à quoi sert d’invoquer le droit au logement, si on fait passer tous les Français devant le trou de la serrure ? (…) On me rétorquera que c’est l’abbé lui-même qui a fait ses confidences au rédacteur. Et alors ? Est-ce une raison suffisante pour les mettre sur la place publique ? Tout le monde a le droit de faire des confidences, mais celui qui les reçoit a le devoir de les garder pour lui."

"Si l’abbé Pierre avait réellement voulu nous faire des confidences sur sa sexualité, il aurait pu le faire, il y a trente ou cinquante ans, à une époque où il rédigeait lui-même ses livres. Il y a dix ans, quand il avait, disait-on, "dérapé" dans l’antisémitisme par sa lettre d’encouragement à Roger Garaudy, des journalistes nous avaient expliqué que l’abbé Pierre n’avait peut-être plus assez d’autonomie personnelle pour résister aux sollicitations de ses amis. Et personne ne l’aurait, cette fois, sollicité ?"

"Pour le reste, on habille ces révélations d’un prétendu débat autour de l’ordination d’hommes mariés ou de femmes. Mais, s’il s’agissait vraiment de ces débats, ils pouvaient être menés pour eux-mêmes. Et je n’aurais pas été scandalisé par le fait qu’un journaliste sollicite et utilise les idées bien connues de l’abbé Pierre sur ces points. (…) Pour ma part, je ne refuse pas d’en parler, mais sur le fond. Simplement, je croirais davantage à la bonne foi de ceux qui prétendent en débattre s’ils prenaient la peine de signaler un point de vue différent du leur. Je constate qu’il est impossible de faire entendre un avis divergent. Alors qu’on ne vienne pas me dire que les prétendues "révélations" de l’abbé Pierre sont là pour faire avancer le dossier."

"En réalité, ce débat est, ici, un alibi au voyeurisme et à l’utilisation marchande du rayonnement exceptionnel de l’abbé Pierre."

Michel Janva

Le Gal Poncet : une nouvelle affaire Dreyfus ?

L’ancien commandant des forces françaises en Côte d’Ivoire, le général Henri Poncet, et son adjoint, suspendus dans le courant du mois d’octobre, vont recevoir un blâme et leur mutation a été décidée mercredi en conseil des ministres. Par ailleurs, trois militaires, présents dans le véhicule où Firmin Mahé a été tué, et leur chef de corps vont être traduits devant un conseil d’enquête.

Ces sanctions n’excluent pas des suites pénales, alors que le procureur du tribunal aux armées de Paris (TAP) a ouvert le 17 octobre dernier une information judiciaire contre X pour "homicide volontaire". La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a ordonné la déclassification du rapport d’enquête de commandement et sa transmission au juge d’instruction "afin de permettre à la justice de disposer de tous les éléments en sa possession".

Le rapport de l’enquête de commandement établit que le brigand, violeur et assassin Firmin Mahé a été "tué par étouffement" par des soldats français dans un véhicule blindé, entre Bangolo et Man, le 13 mai dernier. Par ailleurs, le commandement de la force Licorne, "informé des faits", "ne les a pas portés à la connaissance de ses autorités hiérarchiques". "Le rapport fait apparaître deux niveaux de responsabilités, celui de l’implication directe ou indirecte dans l’homicide d’une part, celui de la falsification des rapports et de la dissimulation de l’ensemble des faits d’autre part", ajoute un communiqué du ministère de la Défense qui souligne "la gravité des manquements avérés aux lois, règlements et obligations résultant du statut des militaires".

S’il y a faute (la présomption d’innocence ne fonctionne-t-elle pas pour des militaires ?), celle-ci doit être jugée à l’intérieur de la Grande Muette, et non livrée à la vindicte populaire et médiatique. Car c’est le meilleur moyen d’affaiblir l’armée et de la séparer du reste de la nation. Après cela, quel militaire aura encore envie de faire la guerre ?… Mais peut-être est-ce ce qui est recherché ?…

Michel Janva (de retour…)

Chronique des nouveaux médias

La semaine dernière, Bill Gates (qui, certes, est un peu juge et partie) a mis en garde, dans une interview au Figaro, la presse papier :

Le Figaro : L’édition papier et les journaux sont-ils condamnés ?

BG : Heureusement, l’expertise des entreprises de presse ne réside pas dans leur capacité à couper des arbres mais à fournir de bons articles qui contribuent à la solidité de leur réputation. La qualité du site Internet est cruciale pour les entreprises de presse. Jadis, la barrière d’entrée dans ce métier était élevée, pour des raisons physiques : impression des journaux, distribution, etc. Ce n’est plus le cas et les entreprises de presse sont de plus en plus concurrencées par les médias en ligne. Dans cinq ans, on peut penser que 40% à 50% des gens liront la presse en ligne. Pour conserver leur lectorat, les journaux doivent développer leur approche électronique.

Le propos a été largement remarqué, peut-être parce qu’il est contemporain de l’agonie de France-Soir, mais n’est pas original. Il a moins de portée que celui de Rupert Murdoch au printemps dernier : patron de presse lui-même, Murdoch se montrait pessimiste quant à la capacité des journaux établis à gagner la bataille de l’internet face aux médias émergents, même en investissant dans leur site. Il prenait pour exemple la chute de 23%, en un an, de la fréquentation du portail internet du New York Times.

L’épisode Harriet Miers a également mis en relief l’influence des nouveaux médias et leur capacité à traiter une question complexe, ici celle de la compétence et de la philosophie de Miers. John Fund, dans le Wall Street Journal, en esquisse l’analyse :

[…] Une leçon [de la nomination manquée de Miers] qui mérite d’être étudiée est la manière dont les chances de Miers ont été coulées, avant même que les lobbies à gros budget aient pu sortir leur premier spot TV, par un cycle d’information ultra-rapide, une défense trop lente et la croissance de nouveaux médias tels que les émissions politiques à la radio ou les blogs. […]

Bien que ce ne soit qu’une petite minorité des Américains qui lisent des blogs politiques, ces derniers tendent à attirer des lecteurs de premier plan dans les médias et la politique, qui ont un accès permanent à un ordinateur. […] "L’internet a analysé tous les arguments pour Miers en un temps record, et les a rejetés" d’après Rich Lowry, rédacteur-en-chef de National Review. […]

HV

Derrière l’anti-sionisme iranien, la haine de l’Occident

Les relais diplomatiques et médiatiques iraniens dénoncent "la propagande négative des lobbys sionistes", responsables selon eux de l’émotion soulevée par les déclarations incendiaires de leur président Ahmadinejad. En appelant à "rayer [l’Etat juif] de la carte", "[n]otre respecté président n’a rien dit de nouveau sur Israël qui justifie une telle agitation politique" écrit un éditorialiste de Téhéran.

Mais le "respecté président" a aussi dit bien d’autres choses dans son discours – rien de "nouveau" peut-être, mais qu’on écoute de plus près à mesure que progresse le programme nucléaire iranien. L’institut pro-israëlien MEMRI a pour spécialité de traduire les déclarations de dirigeants islamiques qui tiennent un discours vis-à-vis des occidentaux, et un autre, en vernaculaire, à leurs coreligionnaires. Il n’a pas manqué de traduire le texte du discours de Ahmadinejad. On y comprend que l’anti-sionisme du président iranien est motivé par une haine plus large de l’Occident :

Nous sommes dans le cours d’une guerre historique entre le Monde de l’Arrogance [l’Occident, précise aimablement MEMRI] et le monde islamique, et cette guerre se déroule depuis des siècles.

Dans cette guerre historique, la situation sur les fronts a changé de nombreuses fois. Pendant certaines périodes, les musulmans ont été victorieux et très actifs, et sont allés de l’avant, et le Monde de l’Arrogance a battu en retraite.

Malheureusement, au cours de ces 300 dernières années, le monde islamique a battu en retraite devant le Monde de l’Arrogance… Au cours des 100 dernières années, les [murs du] monde de l’Islam ont été détruits et le Monde de l’Arrogance a transformé le régime qui occupe Jérusalem en un pont pour sa domination sur le monde islamique

HV

Le calendrier chrétien a la vie dure

La presse se fait l’écho de la désaffection croissante que connaît Halloween :

«Cet événement créé de toutes pièces, fondé sur du marketing mais dépourvu de racines culturelles en France, a perdu de sa puissance, analyse lucidement Pascal Métay, patron de César France. Aujourd’hui, Halloween ne représente plus que 8 à 9% de notre activité, contre 25 à 30% en 1999 et 2000.» (L’Express)

Il serait excessif de dire que la fête importée a disparu, mais elle a pris rang aux côtés de la "fête des grands-mères" et autres quinzaines commerciales, pas aux côtés des grandes fêtes chrétiennes. Présent d’aujourd’hui le constate :

A l’époque où certains, chez nous, s’excitaient beaucoup contre Halloween, nous avions expliqué que c’était dépenser beaucoup d’énergie pour rien, disant que cette opération de marketing durerait le temps d’une mode et ne s’ancrerait jamais en France. C’est le cas.

Et c’est le cas en Suisse aussi :

Si aujourd’hui, l’orange des magnifiques citrouilles est toujours à la mode, que reste-t-il de la fête d’Halloween? Rien ou presque rien. La mode est passée.

On ne suivra pas Hugo Chavez dans sa complotite : pour le président vénézuélien, Halloween est un projet américain visant à "instiller la peur dans les autres nations" !

Marche_saints_2005web Mais on constatera que le calendrier chrétien, vieux boxeur que l’on disait fini, a remporté deux matchs cette année : la défense de son titre lors du Lundi de la Pentecôte, et une victoire aux points pour "Toussaint vs Halloween". Bientôt il ne restera plus de la fête de la citrouille que les initiatives lancées pour y réagir, telle la belle Marche des Saints de cet après-midi à Versailles !

HV

Combien de Clichy-sous-Bois pour saturer les moyens anti-émeute français ?

Nicolas Sarkozy a annoncé, à la suite des émeutes de Clichy-sous-Bois, que 17 compagnies de CRS et 7 escadrons de gendarmerie mobile seraient affectées en permanence aux quartiers difficiles. Cette mesure date en fait d’il y a une dizaine de jours. Elle amène toutefois à se poser la question de la possible saturation des moyens anti-émeute si plusieurs "quartiers difficiles" s’embrasaient simulanément.

– La ville de Clichy-sous-Bois compte moins de 30.000 habitants. Il est raisonnable de penser qu’elle représente environ 1% des banlieues difficiles en France. Le nombre d’unités engagées dans les événements récents semble être de 3 ou 4 compagnies ou escadrons – les médias évoquent 300 à 400 fonctionnaires. Un embrasement important, mettons de la moitié des banlieues difficiles, à la suite d’un stimulus moins local que le fait divers de Clichy, pourrait rapidement consommer entre 150 et 200 unités.

– Or la gendarmerie mobile compte 123 escadrons, la police 61 compagnies de CRS. Et toutes ces unités ne sont bien sûr pas disponibles simultanément : certaines sont outre-mer, voire en opération à l’étranger. Le scénario d’une saturation de ces moyens n’est donc pas de la science-fiction.

– Certains imaginent que "l’armée" pourra renforcer, au besoin, ces unités avec des bataillons innombrables. Or les unités militaires capables de procéder à des opérations de maintien de l’ordre avec un degré raisonnable de compétence ne serait que de quelques dizaines.

HV

Cour Suprême : le nouveau choix de Bush plaît aux conservateurs

Après la désignation et le retrait de Harriet Miers, George Bush vient de désigner le juge Samuel Alito pour sièger, sous condition de confirmation par le Sénat, à la Cour Suprême en remplacement de Sandra O’Connor.

Alito devrait recevoir le soutien unanime de la base conservatrice de Bush. Aucun des deux reproches majeurs faits à Harriet Miers ne peut lui être appliqué :

– Miers, qui était avocate d’affaires, n’avait pas d’expérience de juge, Alito a déjà une longue carrière de juge fédéral.

– Les écrits passés de Miers ne montraient aucune réflexion sérieuse en matière de droit constitutionnel, laissant penser qu’elle n’aurait pas la solidité de doctrine nécessaire pour résister aux pressions sociales et médiatiques qui, une fois à la Cour Suprême, la pousseraient vers la gauche. Alito a à son actif de nombreux avis (voir ici) qui dressent le portrait d’un "conservateur judiciaire" – c’est-à-dire non pas d’un activiste conservateur qui se servirait de sa fonction pour faire passer ses idées comme le font les juges activistes de gauche, mais d’un juge soucieux de maintenir les décisions judiciaires dans les justes limites de la Constitution et des lois.

Le juge Alito devrait sans doute faire face à une opposition active des Démocrates lors de sa confirmation par le Sénat. Mais les conservateurs sont ravis : ils sont à nouveau regroupés dans un combat pour leurs principes.

Les enseignements de l’épisode Miers sont doubles :

Pour les conservateurs américains, l’épisode a montré l’importance de distinguer leurs objectifs à long terme des objectifs à plus courte vue des politiciens, Bush inclus. Par leur opposition à Miers, ils ont montré à Bush que leur soutien était conditionnel. Ils gardent à l’esprit qu’ils se doivent d’abord à leurs valeurs, et secondairement au Parti Républicain et à Bush aujourd’hui, à un autre demain. Pour toutes sortes de raisons, les conservateurs français croient plus souvent se devoir à leur "grand homme", et sont prêts à suivre qui un Chirac, qui un Le Pen, qui un Villiers, qui un Sarkozy, où que ces derniers les emmènent.

Bush, quant à lui, a compris que pour sortir des turbulences actuelles que connaît sa présidence, il doit remobiliser sa base, et non chercher vainement à amadouer les Démocrates ou des médias hostiles en se recentrant.

HV

Pologne : vers un gouvernement PiS

[Notre lecteur Marek nous informe des évolutions en Pologne, où l’on attendait un gouvernement PiS-PO après les dernières législatives.]

D’aprés les dernières nouvelles, il semble qu’il soit impossible de former une coalition. Le parti des frères Kaczynski et la Plate-forme civique (PO) ne se sont toujours pas entendus sur un quelconque programme à l’heure où je vous envoie ce message [Samedi, NDLR – l’analyse de Marek s’est depuis révélée juste.]

Pourtant, le futur premier ministre polonais, Kazimierz Marcinkiewicz, entend présenter sa candidature, son nouveau gouvernement et bien entendu son programme dès Lundi. En l’absence de réponse de la Plate-forme civique (PO), le parti Droit et Justice (PiS) gouvernera le pays seul et il sera donc minoritaire (155 sièges sur 460). Cela pourrait sembler à première vue une entreprise périlleuse. En réalité, une telle chose est tout à fait envisageable. Il existe en effet de nombreux points communs entre la politique que souhaitent les frères Kaczynski et celles de Samoobrona, de la Ligue des familles polonaise (LPR) et du parti paysan (PSL).

Nous pourrions citer ici le domaine social (de loin le plus important), l’aggravation des sanctions contre les criminels et les bandits, la peine de mort, les aides pour les paysans (et donc une renégociation des conditions d’entrée de la Pologne dans l’UE, les agriculteurs polonais ne touchant que 25% de ce que reçoivent les agriculteurs des "15"), la décommunisation du pays, une Europe des patries selon l’idée qu’en avait le Général de Gaulle, etc… Andrzej Lepper avait même déclaré aprés la Présidentielle que le programme du PiS était à 70 % compatible avec celui de Samoobrona ( Source ).

Dernièrement, les relations entre le parti des frères Kaczynski et la Plate-forme civique se sont encore envenimées à cause de la candidature de Bronislaw Komorowski (PO) au poste de président du Parlement. Celui-ci est en effet considéré comme  particulièrement hostile aux Kaczynski. Résultat: c’est le candidat du PiS, Marek Jurek, qui est devenu président du Parlement avec les voix du PiS, de Samoobrona, de la LPR et du PSL. Les post-communistes du SLD se sont quant à eux abstenus. Parmi les 5 vice-présidents du parlement (1 pour chacun des autres partis), se trouve en particulier Andrzej Lepper élu avec les voix du PiS. Cela a valu une fois de plus au parti des Kaczynski les foudres du PO. Donald Tusk a même prétendu dernièrement que les Kaczynski avaient préparé une coalition secrète avec Andrzej Lepper (Samoobrona), Roman Giertych (l’un des dirigeants de la LPR) et le père Rydzyk (fondateur de Radio Maria) (Source). Ses allégations ne se sont pourtant pas vérifiées, le PiS refusant toute autre coalition qu’avec justement la Plate-forme civique (PO).

Enfin, 150 chefs de police et de pompiers d’une région du sud de la Pologne sont partis ou partent, soit en retraite anticipée, soit en démissionnant, à cause de l’arrivée des Kaczynski au pouvoir. Ces personnes auraient en effet bénéficié de l’aide des communistes pour accéder à leur fonction. La plus grande peur est ressentie par les anciens agents des services secrets communistes. Il est vrai que Lech Kaczynski est parfois surnommé le Shérif, à la suite de son passage au ministère de la justice en 2000-01. Ainsi, une chose est certaine : le nettoyage commencera très bientôt… Ludwik Dorn, pressenti pour être ministre de l’Intérieur, a d’ores et déjà été baptisé par les anciens agents communistes : "Ludwik le Sanguinaire"… ( Source ).

Marek

Ceu913 PS : l’intéressante carte ci-contre, empruntée à The Economist, montre la répartition géographique des voix au 2e tour de la présidentielle. Cliquer dessus pour l’agrandir. HV

Affaire de l’abbé Pierre : Réactions

Le Journal du Dimanche d’hier rapportait une réaction du cardinal Lustiger citée par La Repubblica : "Il a plus de 90 ans. Il a un peu perdu la tête. Les gens le font parler, lui tendent un micro et puis…"

La porte-parole de la Conférence des évêques de France a déclaré (encore dans le JDD), à propos du livre que l’abbé Pierre a cosigné avec Frédéric Lenoir : "C’est avant tout un témoignage de confiance envers Dieu, très touchant. Mais sur certaines questions, ce livre pose problème. Le célibat sacerdotal reste un don précieux." Je trouve que cette réaction trouve le ton juste : ne pas entrer dans la polémique, ni céder de terrain.

Mais comme le remarque ce blog, ceux qu’on entend le plus alimenter la machine médiatique sur "le sexe et l’Eglise" "ce sont des non-catholiques qui voudraient voir l’Eglise donner sa bénédiction à toutes les dérives morales, éthiques, politiques…"

Le JDD (toujours !) a ainsi sollicité les avis éclairés d’ "un imam, un pasteur, un rabbin" sur ce qui doit changer dans l’Eglise.

Le pasteur Marcel Manoël, président du Conseil national de l’Eglise réformée de France, s’exécute avec brio : "Je constate que beaucoup de catholiques se posent la question du célibat des prêtres. Mais leurs représentants, qui estiment que c’est une condition de l’exercice du ministère, continuent de faire la sourde oreille. C’est dommage." Ce qui est dommage, c’est que M. Manoël s’imagine que le Pape, les évêques, les prêtres sont les "représentants" des catholiques, plutôt que du Bon Dieu.

L’imam marseillais Mourad Zerfaoui a la pudeur de préciser qu’il ne peut "juger la position de l’Eglise de France", mais précise que sans relations sexuelles, "il n’est pas concevable d’avoir, que l’on soit représentant religieux ou pas, une vie équilibrée", bien sûr "dans le cadre du mariage". Mais l’imam, par pudeur encore sans doute, ne précise pas combien d’épouses sont nécessaires à une "vie équilibrée". On remarque que l’imam reprend curieusement, englobant les prêtres, le terme de "représentant" qu’avait utilisé le pasteur Manoël.

Seul le rabbin Michel Serfaty conserve une réserve de bon aloi : "La question du célibat des prêtres est un problème interne à l’Eglise. […] Aujourd’hui, je m’impose de respecter la religion telle qu’elle fonctionne. Pour mieux comprendre les raisons qui conduisent les prêtres catholiques à cette mesure, il m’est arrivé d’en discuter avec eux. Ils ont des arguments. Ils ont surtout conscience que c’est difficile."

Merci au rabbin Serfaty : sa délicatesse, quand il parle de l’Eglise, fait plaisir – surtout au 40e anniversaire de Nostra Aetate (texte).

Henri Védas

Analyses sur la dérive à gauche de la politique française

Ce week-end apporte une série d’analyses intéressantes, et concordantes, sur le mal dont souffre le discours politique français.

A l’occasion de la recension d’un livre sur la myopie des intellectuels français dans l’affaire Battisti, Jean Sévillia esquisse dans le Figaro Magazine un historique du "tropisme à gauche de la vie politique française". 

En vertu du «sinistrisme immanent» naguère analysé par Albert Thibaudet, ce mécanisme est typique du tropisme à gauche de la vie politique française. Le phénomène connaît cependant des variables, qui tiennent à l’idéologie dominante du moment. La fin des années 40 et les années 50, on l’a dit plus haut, sont sous influence communiste. C’est l’époque où Aragon chante les louanges de Staline et où Emmanuel Mounier affirme que «l’anticommunisme est la force de cristallisation nécessaire et suffisante d’une reprise du fascisme». Pendant les années 60, l’heure est à l’anticolonialisme. «Abattre un Européen, écrit Jean-Paul Sartre, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé.» Viennent Mai 68 et ses suites immédiates, où l’on entend ou lit un nombre incalculable de sottises. […]

Mais au début des années 80, les désillusions sont cruelles : le socialisme ayant partout apporté dictature ou pauvreté, les intellectuels de gauche se replient vers une sorte de protestation morale qui érige les droits de l’homme en critère absolu de jugement politique. C’est le temps de l’antiracisme triomphant, où il convient de s’afficher dans les cocktails en ayant épinglé sur son vêtement la petite main jaune des amis de Harlem Désir. «Tout ce qui est terroir, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux», clament Pierre Bergé, Georges-Marc Benamou et Bernard-Henri Lévy, dans le premier numéro de Globe, en 1985. […] C’est également à cette époque que Robert Badinter dénonce la «lepénisation des esprits», expression qui permet de diaboliser n’importe qui.

[…] Le multiculturalisme et le différentialisme post-soixante-huitards ont aussi conduit certains à nier qu’il pût exister un danger islamiste.

Mais le pouvoir de la gauche est renforcé par le tropisme centriste de la "droite". Gérard Gachet le constate encore une fois dans Valeurs actuelles, à propos des récentes évolutions de Nicolas Sarkozy : "À quoi pense un homme de droite ? À se recentrer"

Ivan Rioufol, enfin, s’interroge dans le Figaro sur le "mal français" : "c’est le conformisme des élites qui est une des racines du mal français. Et l’UMP n’est pas épargnée par ce besoin d’imiter la gauche."

Rioufol voit cependant poindre un "nouveau conservatisme" :

Ce nouveau conservatisme est clairement apparu en France à l’occasion du référendum sur la Constitution (Bloc-notes du 20 mai 2005). Partagé par la droite et la gauche, il s’attache à des valeurs longtemps méprisées comme la nation et le patriotisme, mais aussi le civisme, la culture, l’autorité, le mérite, la responsabilité individuelle, la famille, etc. Ce mouvement de fond, plus réactif que réactionnaire, ne peut être méprisé des politiques.

HV

Une “catholique pratiquante” comme Libé les aime

Nadine Morano, député UMP, "mère de trois enfants, catholique pratiquante" :

NM : […] Je suis favorable à l’adoption par un couple de même sexe. Et ce pour la sécurité de l’enfant, pour sa protection.

Libé : Etes-vous pour autoriser l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) à laquelle de nombreux couples de lesbiennes ont recours en allant dans des pays européens voisins ?

NM : Pourquoi faut-il que nos concitoyennes s’expatrient, comme certaines auparavant pour l’IVG, ou d’autres pour l’aide à mourir. Il n’est pas normal qu’une femme qui, de toute façon, se fera inséminer à l’étranger, s’exile ainsi. On ne peut pas interdire le désir de maternité. Au nom de l’égalité, il faut les laisser avoir accès à la PMA en France.

L’argumentation squelettique de Mme Morano est un peu développée ici. Le député prétend être motivé par le réalisme vis-à-vis d’un état de fait qu’il faut "regarder en face" :

"Si vous prenez le cas d’une mère biologique qui décède, sa compagne n’a pas de statut vis-à-vis de l’enfant. Si les grands parents veulent lui retirer l’enfant qu’elle a elle aussi élevé, ils le peuvent. Où est l’intérêt de l’enfant ?"

Elle joue son rôle à la perfection : celui de la "catho" de service qui, après avoir sans doute beaucoup réfléchi et beaucoup prié, reconnaît la sagesse des revendications de la gauche subversive en matière d’avortement, d’adoption par des couples homosexuels et d’euthanasie. Peut-être Mme Morano gagnerait-elle du temps en reconnaissant qu’elle adopte ces positions parce que le faire lui offre, au prix d’un effort minime, une notoriété et une sympathie médiatique inespérées.

HV

La Pologne sous surveillance ?

C’est Présent d’aujourd’hui qui attire notre attention sur cette information parue dans le Guardian (le "Libé" anglais) mardi dernier :

La Commission européenne a averti hier que la Pologne pourrait perdre son droit de vote au sein de l’UE si son président nouvellement élu continuait à s’opposer aux droits des homosexuels et cherchait à rétablir la peine de mort.

[…] [L]a Commission a déclaré que tous les pays membres doivent respecter les règles de l’UE qui protègent les minorités et interdisent la peine de mort.
Ne pas respecter cela pourrait mettre en branle un processus spécial prévu par le Traité de Nice, qui prive des états membres fautifs de leurs droits de vote lors des réunions ministérielles. "Nous allons suivre la situation de très près", a déclaré [lundi] le principal porte-parole de la Commission, Jonathan Todd.
Lors de l’affaire Buttiglione, les instances de l’UE – en l’occurence le Parlement européen – avaient signifié qu’on ne pouvait adhérer à l’enseignement de l’Eglise en matière de moeurs et prétendre siéger au sein de la Commission. C’est maintenant la Commission qui semble saisie de la même réaction horrifiée devant le catholicisme de Kaczynski que devant la grippe aviaire. Jean Monnet est bien loin ! Est-ce que cette déclaration ouvrira les yeux de certains catholiques européistes ?

Harriet Miers renonce à la cour suprême

Henri avait largement commenté cette possibilité. Depuis aujourd’hui, c’est officiel, Harriet Miers a décidé, devant les pressions et les critiques dont elle fait l’objet, de renoncer à la cour suprême. Georges Bush devra donc désigner une autre personne pour ce poste si stratégique.

Philippe Carhon

L’abbé Pierre est-il catholique ?

Trop c’est trop ! Combien de temps encore l’Eglise de France va-t-elle laisser certains de ses prêtres dire ou écrire le strict contraire de l’enseignement de l’Eglise et de ce qui dit notre Très Saint Père le Pape Benoît XVI ?

L’abbé Pierre, dans un livre intitulé Mon Dieu ….pourquoi ? , qui paraîtra jeudi, se dit favorable au concubinage pour les prêtres, à l’ordination des femmes et est ouvert aux unions homosexuelles et à l’homoparentalité.

Alors qu’au synode des évêques sur l’Eucharistie, le patriarche maronite, le cardinal Pierre Nasrallah Sfeir avait tenu à souligner que le célibat était " le joyau le plus précieux de l’Eglise catholique", l’abbé Pierre au contraire écrit : "(…) puisque l’Eglise catholique permet depuis des siècles à ses communautés orientales d’ordonner des prêtres mariés je vois mal pour quelle raison Jean Paul II a pu affirmer récemment qu’il était hors de question de revenir sur le célibat des prêtres pour le reste de l’Eglise catholique". Autre extrait concernant l’ordination des femmes : "pourquoi refuser à des femmes qui s’en sentent la vocation et les capacités l’accès aux ministères ?" Enfin, la révélation sur sa vie intime ("j’ai donc connu l’expérience du désir sexuel et de sa très rare satisfaction") aurait toute sa place dans l’intimité d’un confessionnal mais ,publiée dans un livre, pourrait avoir des effets néfastes sur de jeunes séminaristes ou de jeunes prêtres.

On peut ségalement se demander si Frédéric Lenoir, directeur du Monde des religions et co-auteur de ce livre, n’est pas responsable de l’orientation progressiste et même anti-catholique des propos de l’abbé Pierre qui est agé de 93 ans.

Le plus grave dans cette pitoyable médiatisation des écrits de "la personnalité préférée des Français", qui vont à l’encontre de la foi catholique, c’est que des milliers de catholiques vont être influencés et vont douter d’autant plus qu’un journal comme La Croix, qui se dit pourtant chrétien, évoque la sortie de ce livre sans rappeller l’enseignement véritable de l’Eglise catholique.

le Salon Beige, ne jugeant pas les personnes mais seulement les propos tenus, suggère à tous les catholiques fidèles à Rome et à l’enseignement des Pères de l’Eglise de prier pour l’abbé Pierre.

Philippe Carhon

Un président catholique pour la Pologne : réactions et perspectives

(Nous vous livrons ci-dessous l’analyse de notre lecteur Marek sur les réactions et les perspectives suite à l’élection dimanche de Lech Kaczynski à la tête de la Pologne)

"La Pologne a besoin de régler ses comptes mais elle a davantage encore besoin de paix … Monsieur le Président, la mission est accomplie". C’est en ces termes que peu après l’annonce des premiers résultats de l’élection présidentielle, Lech Kaczynski, nouveau Président de la république polonaise, s’adressa à ses militants ainsi qu’à son frère jumeau Jaroslaw, chef du parti Droit et Justice qui refusa de devenir premier ministre après les dernières législatives pour ne pas empêcher son frère Lech d’atteindre le poste suprême. Selon les sondages, des jumeaux à la tête de l’état auraient en effet été mal vus par les Polonais. Entouré de sa famille et de ses plus proches amis et collaborateurs mais également soutenu par ses nombreux militants, L. Kaczynski a été acceuilli par une ovation au sein du Palais de la culture de Varsovie. L’hymne national polonais "La Pologne n’est pas encore morte" a tout de suite été entonné suivi du célébre chant Sto lat ("Cent ans") pour souhaiter longue vie au nouveau Président.

Aprés avoir remercié les millions de polonais qui avaient voté pour lui, mais également sa maman et son épouse qui étaient présentes à ses côtés, sa famille, ses amis, les ténors du parti et bien évidemment son frère jumeau Jaroslaw, Lech Kaczynski s’est adressé à son rival malheureux Donald Tusk en le félicitant pour cette magnifique bataille qu’il a livré. Visiblement très ému, il passa la main à son frère jumeau qui poursuivit les nombreux remerciements et ceux en particulier destinés au père Rydzyk, le fondateur de Radio Maria, qui a en effet offert à Lech Kaczynski un appui constant sans doute décisif tout le long de la campagne. Une véritable course aux voix avait été entreprise. La "machine à gagner" s’était mise en marche au plus grand désespoir des post-communistes. Les gens étaient appelés à convaincre leur famille, leur voisin, leur collègues de travail à voter pour le seul candidat représentant les valeurs de la Pologne catholique Lech Kaczynski. A la propagande menée par les instituts de sondages et les médias s’opposait donc la force titanesque de Radio Maria, de la télévision catholique Trwam ("Je résiste") et du journal catholique Nasz Dziennik ("Notre journal"). C’est parce qu’elle était devenue un danger pour le pouvoir post-communiste que Radio Maria avait régulièrement été une cible à atteindre au travers des nombreuses campagnes diffamatoires à son encontre. Mais Dieu était toujours présent à ses côtés et il lui a permis d’atteindre son objectif, celui de donner à un homme de foi profondemment catholique la possibilité de siéger au poste suprême du pays. "C’est l’homme réel qui l’a emporté et non une certaine création marchande " poursuivit J. Kaczynski( http://wiadomosci.gazeta.pl/wybory2005/1,67805,2981865.html ) en faisant ici référence au fléau que représente la société libéral qui souhaitait voir D. Tusk représentait ses propres intérêts.

Parmi les réactions, nous avons celle du Président Kwasniewski qui félicita Lech Kaczynski et qui s’est dit persuadé qu’un juriste saurait faire régner la loi dans le pays. Jan Rokita, l’homme qui devait devenir premier ministre en cas de victoire de la Plate-forme civique (PO) lors des dernières législatives déclara pour sa part: "Lech Kaczynski est mon Président, je souhaiterais que sous ses gouvernements, la Pologne soit fière" (http://fakty.interia.pl/kraj/news?inf=678921 ).

Soutenu par les plus pauvres qui représentent les laissés-pour-compte du système libéral, Lech Kaczynski aura à coeur de mettre en place, avec son frère jumeau Jaroslaw, le futur premier ministre Kazimierz Marcinkiewicz, les cadres du parti Droit et Justice (PiS) ainsi qu’avec ses députés (155 sur 460) et sénateurs (49 sur 100), une véritable politique de protection sociale consistant à une intervention directe de l’état dans l’économie du pays. Les attentes sont en effet très grande dans une société touchée par un chômage qui s’éleve officiellement à 18 % de la population active. La mission consistera tout d’abord à former le nouveau gouvernement et à s’entendre avec l’allié de droite dont est issu Donald Tusk : la Plate-forme civique (PO) qui a obtenu 133 sièges au parlement. Un échec dans les négociations obligerait les frères Kaczynski soit à se tourner vers les partis minoritaires tels que Samoobrona d’Andrzej Lepper, la Ligue des familles polonaises (LPR) et le parti paysan (PSL) soit à provoquer de nouvelles élections législatives.

Marek

Les craintes émises par Marek dans les dernières lignes semblent pour le moment se réaliser car les négociations pour former un gouvernement ont toutes échouées aujourd’hui.

Philippe Carhon

Un président catholique pour la Pologne

(Notre lecteur Marek nous livre quelques informations sur la victoire de Lech Kaczynki en Pologne qui a été peu relayée par les médias français)

Lech Kaczynki, 56 ans, est devenu dimanche le nouveau Président de la IIIème république de Pologne. Il succéde ainsi à Lech Walesa (1990-1995) et à Aleksander Kwasniewski (1995-2005) qui aprés deux mandats ne pouvait plus se représenter.

Aprés une campagne acharnée, parfois brutale et des instituts de sondages bien peu crédibles le candidat conservateur Lech Kaczynski est parvenu à devancer de manière très confortable le libéral Donald Tusk crédité pourtant depuis des mois d’une large avance. Les premières estimations sorties des urnes peu après 20h dimanche donnaient L. Kaczynski en tête avec 52,8 % et 53,5 % des voix contre respectivement 47,2 % et 46,5 % pour D.Tusk selon les différents instituts de sondage (Informations receuillies sur la chaîne Euronews). Le dépouillement des bulletins de vote durant la soirée n’a fait que confirmer et accroître l’avance du candidat ouvertement catholique. Son avance a même atteint jusqu’à 11 points (55,5 % contre 44,5 %). Les résultats officiels sont sans appel : 54,04 % pour L.Kaczynski contre 45.96 % pour le candidat libéral. Le taux de participation s’éleve quant à lui à 50,99 % (1er tour : 49,74 %) (http://wiadomosci.gazeta.pl/wybory2005/1,67805,2983090.html ).

Le report des voix du premier vers le second tour de la Présidentielle apparaît révélateur des soucis touchant la société polonaise. Ainsi, d’aprés les sondages, 83% des électeurs d’Andrzej Lepper (Samoobrona, 15,11% au 1er tour), 76 % de ceux de Jaroslaw Kalinowski (PSL, parti paysan) et même 29% des électeurs du social-démocrate Marek Borowski (Sdpl, 10,33 % des voix au 1er tour) auraient voté pour L.Kaczynski contre respectivement 17 %, 24 % et 71 % pour D. Tusk. Même les polonais qui s’étaient abstenus au 1er tour ont davantage assuré de leur soutien L.Kaczynski (54 % contre 46 %). En outre, parmi les chômeurs dont le taux s’élève en Pologne officiellement à 18 %, 53,7% ont voté pour L.Kaczynski alors que 58 % des entrepreneurs ont préféré plébisciter D.Tusk. (http://wybory2005.interia.pl/aktualnosci/news?inf=678905 )

Autre leçon du scrutin, les habitants des campagnes et des petites villes (jusqu’à 50 000 habitants) ont davantage voté en faveur de L.Kaczynski avec respectivement 68 % et 52 % des votants alors que le candidat libéral a plutôt bénéficié de l’apport des villes moyennes (de 50 à 200 000 hab.) et des grandes villes (plus de 200 000 hab.) avec successivement 52 % et 58 % des voix. Enfin plus généralement, le centre et l’est du pays ont voté pour L. Kaczynski tandis que l’ouest et la diaspora polonaise ont majoritairement soutenu le libéral D.Tusk.

Marek

Fin du synode des évêques sur l’Eucharistie

Le synode des évêques sur l’Eucharistie s’est achevé dimanche place Saint-Pierre par la canonisation de cinq bienheureux. Les évêques, au cours de ce synode, ont réaffirmé de manière ferme les positions de l’Eglise notamment sur des points comme la communion des divorcés remariés ou le mariage des prêtres. Un texte "non officiel" et "de travail" a été produit et contient cinquante propositions des évêques qui serviront de base pour un éventuel document pontifical.

Benoît XVI a prononcé des paroles très fortes à l’issue de l’Angélus où il a tenu à recentrer la vie catholique sur le mystère eucharistique : " Pour les laïcs également, la spiritualité eucharistique doit être le moteur intérieur de toutes leurs activités, et aucune dichotomie ne peut être admise entre la foi et la vie dans leur mission d’animation chrétienne du monde".

Philippe Carhon

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services