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L'Eglise : Foi

Cardinal Sarah : « On ne compose pas avec le mensonge ni avec l’athéisme fluide »

Cardinal Sarah : « On ne compose pas avec le mensonge ni avec l’athéisme fluide »

Lors de son récent voyage au Cameroun, le cardinal Sarah, préfet émérite de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, s’est adressé le 9 avril à la Conférence épiscopale du pays dans un discours centré sur la dictature du relativisme et le devoir des évêques africains et de toute l’Église de défendre l’unité de la foi, seule source de paix. L’Homme nouveau publie l’intégralité de ce discours dont voici des extraits :

[…] les pasteurs, les évêques ont été institués comme un don du Seigneur fait à l’Église « pour que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude ». Voilà donc, chers Frères dans l’épiscopat, notre unique raison d’exister : maintenir l’unité de la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu.

À ce but s’oppose l’état d’immaturité spirituelle que saint Paul nous exhorte à combattre, cet état « des enfants, qui se laissent ballotter et emporter à tout vent de la doctrine, au gré de l’imposture des hommes et de leur astuce à fourvoyer dans l’erreur ». Comme ces paroles semblent décrire la situation actuelle ! L’immaturité spirituelle que décrit saint Paul semble s’être répandue partout dans l’Église d’aujourd’hui ! Des pans entiers des Églises occidentales semblent avoir régressé vers cet état d’enfance dans la foi ! Quel mystère ! Mais précisément saint Paul confie aux pasteurs que nous sommes la tâche de combattre cette immaturité spirituelle que l’on pourrait appeler le relativisme doctrinal. […]

Il est donc capital, chers Frères dans l’épiscopat, que nous ayons une vive conscience que la vérité est la première des charités que nous devons à l’Église et aux fidèles. La charité ne saurait commander le silence complice devant l’erreur. Elle ne saurait inspirer l’ambiguïté d’un discours confortable qui devrait plaire à tous. Nous ne pouvons pas masquer notre lâcheté sous le prétexte trompeur de la bienveillance. Se taire quand la vérité de la foi est en jeu revient à manquer d’amour.

De même, l’unité de l’Église ne saurait être réelle si elle n’est pas fondée sur la vérité de la foi. Seule la foi nous unit. Seule la vérité qui est le Christ, seule la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu  font de nous un seul corps ! « En vivant dans la vérité de l’amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu’à lui qui est la Tête. Et par lui, dans l’harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance », nous disait saint Paul (Éph 4, 15). Le relativisme au contraire divise profondément. Il isole les chrétiens et sépare les communautés. Et en plus de ce travail de sape profonde de l’unité surnaturelle de l’Église, le relativisme se transforme en idéologie, en dictature, et accuse celui qui rappelle la vérité d’être un ferment de division. C’est un mensonge ! L’unité dans le relativisme est une apparence trompeuse et mondaine. Elle n’est que la rencontre fortuite et superficielle des intérêts du moment. En rappelant la vérité de la foi, nous servons l’unité de l’Église ! Laissons-nous interpeller par les paroles fortes de saint Paul ! Ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Ce lien de la paix est le lien de la foi véritable qui seul engendre la charité. Alors que le relativisme dresse opinion contre opinion, individu contre individu. Le relativisme fracture l’Église et détruit son unité. Je voudrais le souligner devant vous, chers frères évêques du Cameroun. Dans votre courageuse et prophétique déclaration du 21 décembre dernier au sujet de l’homosexualité et de la bénédiction des « couples homosexuels », en rappelant la doctrine catholique à ce sujet, vous avez servi grandement et profondément l’unité de l’Église ! Vous avez fait œuvre de charité pastorale en rappelant la vérité. Je me dois de vous le dire : ne vous laissez pas impressionner par ceux qui vous accuseront de mettre en cause l’unité ou la charité. Au contraire, si vous étiez restés silencieux vous auriez profondément blessé la charité et l’unité. […]

Je crois que l’Église de notre temps vit la tentation de l’athéisme. Non pas de l’athéisme intellectuel. Mais cet état d’esprit subtil et dangereux : l’athéisme fluide et pratique. Ce dernier est une maladie dangereuse même si ses premiers symptômes semblent bénins. […] Nous devons en prendre conscience : cet athéisme fluide coule dans les veines de la culture contemporaine. Il ne dit jamais son nom mais s’infiltre partout même dans les discours ecclésiastiques. Son premier effet est une forme de léthargie de la foi. Il anesthésie notre capacité à réagir, à reconnaître l’erreur, le danger. Il s’est répandu dans l’Église. […]

On ne compose pas avec le mensonge ! Le propre de l’athéisme fluide est la promesse d’un accommodement entre la vérité et le mensonge. C’est la tentation majeure de notre temps ! Tous nous sommes coupables d’accommodements, de complicité avec ce mensonge majeur qu’est l’athéisme fluide ! Nous faisons semblant d’être des croyants chrétiens et des hommes de foi, nous célébrons des rites religieux, mais de fait nous vivons en païens et en incroyants. Ne vous y trompez pas, on ne se bat pas avec cet ennemi-là. Il finit toujours par vous emporter. L’athéisme fluide est insaisissable et gluant. Si vous l’attaquez, il vous engluera dans ses compromissions subtiles. Il est comme une toile d’araignée, plus on se débat contre elle, et plus elle se resserre sur vous. L’athéisme fluide est le piège ultime du Tentateur, de Satan. Il vous attire sur son propre terrain. Si vous l’y suivez, vous serez amenés à utiliser ses armes : le mensonge, la dissimulation et le compromis. Il fomente autour de lui la confusion, la division, le ressentiment, l’aigreur et l’esprit de parti. Regardez donc l’état de l’Église ! Partout il n’y a que dissension et soupçon. L’athéisme fluide vit et se nourrit de toutes nos petites faiblesses, de toutes nos capitulations et compromissions avec son mensonge. […]

Face à l’athéisme fluide, la foi acquiert une importance essentielle. Elle est en même temps le trésor que nous voulons défendre, et la force qui nous permet de nous défendre. […]

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