Moins de deux mois après la condamnation de douze de ses membres pour trafic de substances vénéneuses, l’association Ultime Liberté est de nouveau pointée du doigt dans une affaire de suicide assisté.
Une enquête a été ouverte suite à un signalement le 20 février indiquant qu’une femme de 63 ans se serait procuré un produit létal auprès d’Ultime Liberté, en vue de l’administrer à sa mère, âgée de 85 ans, «présentant des troubles cognitifs débutants, sans pronostic vital engagé, et qui aurait exprimé un souhait de se voir donner la mort», explique le parquet.
La sexagénaire aurait été dénoncée par son psychiatre à qui elle aurait confié son projet lors d’un rendez-vous à l’hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement de la capitale. Le praticien qui l’a dénoncé sera-t-eil prochainement poursuivi pour entrave au suicide assisté, comme le prévoit la proposition de loi adoptée en seconde lecture à l’Assemblée ?
Le SAIP (Service de l’accueil et de l’investigation de proximité) du commissariat du 18e arrondissement s’est rendu chez la mise en cause pour une perquisition de son appartement. Un petit flacon contenant la substance létale sous la forme d’une poudre blanche a bien été découvert. La sexagénaire a été interpellée sur-le-champ et placée en garde à vue. Entendue à son tour, la mère de cette dernière «a confirmé sa volonté d’être euthanasiée de manière affirmée, indiquant ne pas oser pratiquer un suicide», confirme le parquet.
À ce stade, les qualifications pénales retenues sont celles d’«association de malfaiteurs en vue d’un crime puni de la réclusion criminelle à perpétuité», en l’espèce un empoisonnement avec préméditation, et d’«acquisition, détention de substance vénéneuse ou psychotrope» (actuellement en analyse).
