Partager cet article

France : Politique en France

Décapiter Méduse – en finir avec l’idéologie républicaine

Décapiter Méduse – en finir avec l’idéologie républicaine

Lu ici :

La révolte contre la politique fiscale qui secoue actuellement la France suscite comme il est naturel beaucoup de réactions et de commentaires, plus ou moins pertinents. En-dehors des analyses sociologiques sur l’origine du mouvement des « gilets jaunes », très justes, force est de constater que l’on reste sur sa faim quant à l’analyse politique, qui n’est pas du tout à la hauteur de ce qui est en train de se jouer.

La plupart, en effet, se contentent de mettre en avant les incuries de l’actuel président et de son gouvernement et, de manière générale, la déconnexion des élites de fait qui dirigent le pays, laissant ainsi sous-entendre qu’un simple changement de politique pourrait résoudre la crise. Les plus osés vont jusqu’à parler de démission de l’Assemblée Nationale, pour de nouvelles élections instaurant une cohabitation, et seuls les “gilets jaunes“ eux-mêmes veulent celle du président lui-même. Les plus perspicaces remontent le fil des décennies en soulignant que la coupure entre les gouvernants et le peuple ne date pas d’hier, la médiocrité du personnel politique non plus : mais pour quelle solution ? Même quelqu’un d’aussi avisé que le maire de Béziers, tout en soulignant l’immense travail accompli en quelques jours par ces Français qui refusent de mourir, ne fait qu’évoquer une séance solennelle des députés à l’Assemblée pour étudier les revendications du peuple.

En vérité, c’est se moquer, ou être singulièrement aveugle. Que M. Macron doive démissionner, en emportant son gouvernement avec lui, cela nous paraît de l’ordre de l’évidence : non seulement son incompétence et sa morgue l’ont définitivement disqualifié, non seulement l’équipe de pieds-nickelés qui l’entoure ferait presque passer les bras cassés de M. Hollande pour des virtuoses de la politique, mais en outre, et surtout, son élection a été, plus encore que les précédentes, une imposture. Que M. Macron ait été placé à l’Elysée pour exécuter l’agenda des libéraux de Bruxelles n’est même plus de l’ordre du secret de Polichinelle : c’est avoué le plus ouvertement du monde par les membres de LREM qui veulent transférer la souveraineté au niveau européen. Que celui qui a des oreilles entende, dit l’Evangile !

M. Macron doit partir, soit. M. Macron part. Qu’est-ce que cela change ? Le changement de personne n’est pas rien, certes, mais cela ne fait pas tout. Lorsqu’on souligne, à raison, les errements des hommes politiques depuis quarante ans au moins, on ne conduit le raisonnement qu’à moitié, sans se demander si, au-delà du manque de vertu de tel ou tel, il n’y aurait pas une raison structurelle à cette médiocrité chronique. On fait comme s’il n’y avait pas une structure du pouvoir, comme si les partis ne prospéraient pas sur un sol nourricier, qui n’est autre que celui de l’Etat, cet Etat qui vampirise la société et s’est développé à ses dépens de manière formidable depuis deux siècles au moins, jusqu’à étouffer le peuple. L’ironie étant que c’est au moment où cet Etat est par ailleurs affaibli par son insertion dans la mondialisation et le bateau ivre qu’est l’UE qu’il devient le plus féroce et le plus dangereux. La révolte du peuple à laquelle nous assistons, c’est celle d’une France qui meurt mais qui veut vivre. En vérité, c’est se moquer d’elle que de lui proposer seulement de suspendre des taxes et d’opérer quelques aménagements de circonstance dans la manière de gouverner.

On a fait des gorges chaudes, à droite, de la référence du président aux années 30, mais sans voir qu’il avait davantage raison qu’il ne le soupçonnait lui-même. Ce ne sont certes pas les ligues qui menacent. Mais par contre, le haut-le-cœur vis-à-vis du régime est bien là. Même s’il est vrai que ce n’est pas encore formulé ainsi par le peuple, une analyse honnête doit conduire à reconnaître que c’est le régime comme tel qui a failli et qui est rejeté. Et quand nous disons le régime, ce n’est pas seulement à la cinquième du nom que nous nous référons, mais bien à la “République française“ comme telle. Près de cent cinquante ans après son instauration, il est temps de faire un bilan du régime républicain, et ce bilan ne sera pas à son honneur. La république n’a eu de cesse depuis ses fonds baptismaux de frayer avec le scandale et la corruption. La république est depuis ses origines une oligarchie de l’argent, une ploutocratie cynique se drapant de l’idéal de la liberté pour mieux asservir le peuple français, le faisant hier massacrer sur le champ de bataille, le laissant aujourd’hui démuni face aux migrations et au dictat de l’argent en général, toujours le corrompant moralement, ce qui atteint aujourd’hui des sommets. On n’a de cesse de se moquer des “valeurs républicaines“, pure fantasmagorie vide de sens. Et avec cela, le régime qui porte ces valeurs serait sain et immaculé ?

La république, c’est Méduse, qui transforme progressivement en pierre le cœur de ceux dont elle sidère les esprits. Il est temps désormais de s’en libérer, et, en lui tournant le dos, de la décapiter spirituellement, avant de la remplacer dans les faits et les institutions.

Partager cet article

11 commentaires

  1. C’est une évidence. Le peuple français n’a jamais réussi à faire le deuil de son Roi. Le pacte de Reims doit être rétabli pour qu’il retrouve le bonheur. Sans son Roi très-chrétien, le peuple français est comme une poule sans tête : il court dans tous les sens sans savoir où il va. L’acte le plus dramatique pour notre pays depuis la Révolution fut le Ralliement : non, on ne peut pas être à la fois un catholique français et un républicain. Léon XIII porte une bien lourde responsabilité dans ce que nous vivons aujourd’hui… Un catholique français est fidèle à son Roi, jusqu’à la mort, comme l’avaient bien compris nos aînés vendéens. Pas d’ordre ni de prospérité sans Roi, c’est le testament de Saint-Rémi et la Triple Donation de Jeanne. Prions pour que Dieu nous donne Celui qui doit reprendre le flambeau jeté à terre il y a deux cent vingt-six ans, et cessons de perdre notre temps avec ces Jacobins de tout poil !

  2. Et j’ajouterai : quel plaisir de voir défigurée l’immonde Marianne sous son démon ailé !

  3. La république, c’est 2 guerres mondiales et des millions de morts, remplacés par des migrants. C’est une machine à décerveler le peuple français avec sa (dés)Éducation (anti)nationale.
    Et ses représentants, tant de la majorité que de l’opposition, ont le culot de se plaindre de la violence dans les manifestations alors qu’ils fêtent tous les ans la prise de la Bastille, événement fondateur éminemment violent de leur régime de malheur !

    • Vous plaisantez j’espère ?
      La République a lancé les peuples entiers dans les guerres ce qui ne s’était jamais vu auparavant .
      On lui doit pléthore de guerres en sus des 2 guerres mondiales
      Elle a crée le premier génocide en Vendée qui a servit de modèle à tous les génocides à l’échelle planétaire.
      Elle a crée le socialo-communisme et son idéologie intrinsèquement perverse conduisant au fascisme et au nazisme puis au mondialisme.
      Elle broie les peuples sacrifiés sur l’autel de son idéologie et n’hésite plus à génocider son propre peuple !
      Née dans un bain de sang, elle ne survit que dans le sang et sur les monceaux de cadavres et son agonie sera sanglante.
      Ce fut déjà le cas dans l’antiquité avant que certains n’aillent la ressortir des poubelles de l’histoire pour détruire les monarchies chrétiennes.

  4. Enfin le principe même de la République est contesté, ceux qui le faisaient depuis 1945 étaient aussitôt taxés de “fâchisme” mais on a redécouvert aujourd’hui que c’est la République qui est le plus attentatoire aux libertés.
    Comment en sortir? D’abord par un gouvernement d’union nationale type Salut Public établit en Algérie en 1958, avant confiscation par le général. La France est toujours tentée par l’homme providentiel, en fait le seul qui ait réussi était une femme et même une jeune fille, il est vrai qu’elle était mandatée par le Seigneur. Le rétablissement de la royauté, solution de bon sens, passe par l’acceptation du principe, avant de discuter du prince, ce qui ne peut se faire que par un gouvernement autoritaire, comme le général Monck en Angleterre ou le général Franco en Espagne. Il est possible que les français y soient aujourd’hui préparés. La référence au général de Villiers entendue ces jours-ci n’a pas soulevé les cris d’orfraie habituels.

  5. Il y a effectivement 2 branches capétiennes, mais vos doutes n’ont pas lieu d’être :
    – l’aînée est ‘de jure’, càd de droit selon les lois de succession, la LÉGITIME (Louis d’Anjou),
    – la cadette, maçonnique et issue de Philippe d’Orléans ‘Egalité’, régicide de son cousin Louis 16, est la SEULE PRÉTENDANTE, et prétentieuse ! (Henri d’Orléans).

  6. merci de cet article et des commentaires ; j’ajoute qqs compléments :
    – la France est de fait en état de guerre civile depuis la Révolution de 1789, avec la multiplicité des régimes qui ont succédé et leur instabilité,
    – le génome de la France est par essence une royauté catholique (pacte de Reims, onction sacramentale des rois, triple donation de J d’Arc, etc …)
    – la Révolution est une tentative de manipulation génétique de type CRISP, selon la possible définition ”Ciseaux Révolutionnaires Internationaux de Soumission des Populations Résignées (ou Révoltées)” ; mais l’hybride en résultant est un monstre démocratique, non viable à terme, appelé République, dont l’organisation (= les institutions et leur fonctionnement) porte en elle-même l’auto-destruction de sa propre substance, à savoir ses cellules (= les français)
    – Interprétation humoristique avec l’actualité des G.J. : si la France a la JAUNISSE, c’est dû à sa crise de FOI(e) bicentenaire, donc tout s’explique simplement.

  7. Si vous êtes catholique vous devez savoir que la monarchie est évidemment la solution du moment qu’elle est fondée sur Dieu…
    Rien n’empêche d’inaugurer une nouvelle dynastie !
    La Providence sera là au moment voulu.

  8. Le problème c’est que ce n’est pas parce qu’on decapite la République qu’on aura mieux après
    Cf Saddam Hussein et Kadhafi…

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services