C’est ainsi que s’exprime Morgan B. atteint d’une maladie neuromusculaire dégénérative. « Potentiellement éligible à l’aide à mourir », il s’inquiète.
60% des établissements médico-sociaux sont en déficit, indique le rapport de la Fédération hospitalière de France et du Groupement national des établissements publics sociaux et médico-sociaux. Une situation que le budget 2026 ne semble pas corriger. Ce manque de moyens inquiète également Camille R., atteinte de plusieurs troubles neurodéveloppementaux. Si le texte de loi, tel qu’il est écrit, ne semble pas rendre « éligible » ce type de pathologie, Camille sait qu’elle le serait en Belgique ou au Canada. « L’incertitude sur un hypothétique élargissement de critères l’inquiète. » Pour Morgan B, l’euthanasie « fait écho au regard que les personnes non handicapées posent sur les personnes concernées ». Symboliquement, légaliser l’« aide à mourir » renforce l’idée qu’on lui a « mis[e] dans le crâne depuis toujours qu’il ne méritait pas de vivre ». « Ma grande sœur m’a proposé de me suicider un jour. Elle a vraiment pensé que c’était un cadeau », confie-t-il. Pourtant, « il n’y a pas besoin de marcher pour vivre ». Camille R. abonde : « On te dit direct « de toute façon vous ne pourrez jamais avoir une vie stable, vivre seul, vous êtes dangereux pour les autres ». J’ai l’impression qu’on est déjà en train de nous aiguiller sur le fait que notre vie sera toujours de la merde ».
Source : Gènéthique
