Communiqué des Juristes pour l’enfance :
Juristes pour l’enfance est à l’ONU à l’occasion de la 61e session du Conseil des droits de l’Homme, à Genève, pour participer à un dialogue interactif avec la Rapporteure spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants, Madame Mama Fatima Singhateh.
JPE, par une déclaration écrite, demande à la Rapporteuse spéciale de dénoncer la gestation pour le compte d’autrui (GPA) comme une vente d’enfant au sens du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant la vente d’enfants du 25 mai 2000, qui définit la vente d’enfant comme « tout acte ou toute transaction en vertu desquels un enfant est remis par toute personne ou de tout groupe de personnes à une autre personne ou un autre groupe contre rémunération ou tout autre avantage » (art. 2).
« Je suis née, et j’ai été vendue » : Olivia Maurel, née de gestation pour autrui et porte-parole de la Déclaration de Casablanca pour l’abolition universelle de la GPA, prendra la parole par une déclaration orale pour demander que la pratique soit enfin identifiée comme ce qu’elle est, une forme de vente d’enfants (la Déclaration de Casablanca est un groupe international d’experts invitant les États à l’abolition universelle de la pratique).
Lors du dialogue interactif avec la Rapporteure spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants, Olivia Maurel rappellera avec force que la gestation pour autrui est contraire aux droits des enfants et des femmes, en les réduisant à des objets de transaction, et appellera à ce que la gestation pour autrui figure explicitement dans le mandat du prochain rapporteur sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants.
“Nous sommes aux côtés d’Olivia Maurel dans cette intervention importante à l’ONU, qui vise à sensibiliser la communauté internationale sur la triste réalité de la gestation pour autrui”, déclare Aude Mirkovic, Présidente de Juristes pour l’enfance. “Cette pratique réalise une marchandisation du corps de la femme et une réification de l’enfant. Commander un enfant et le recevoir contre un paiement, qu’est-ce d’autre qu’une vente d’enfant ? Même avec de belles intentions, on ne saurait acheter un enfant, c’est tout. Un texte international sur la vente d’enfant existe, il est temps de l’appliquer à cette nouvelle forme de vente qu’est la GPA ».
En marge de cette intervention, des rencontres avec des délégations nationales sont prévues. Ces échanges visent à renforcer les alliances internationales en faveur de l’abolition de la gestation pour autrui et à promouvoir des politiques protectrices pour les enfants et les femmes à travers le monde.
