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L'Eglise : Foi

La dédramatisation de la mort chrétienne et le silence sur les fins dernières

La dédramatisation de la mort chrétienne et le silence sur les fins dernières

Dans un article intéressant sur les changements apportés par la réforme liturgique dans le sacrement des malades, autrefois appelé “extrême-onction”, l’abbé Claude Barthe souligne, et c’est un aspect à prendre en considération dans le débat de fond autour de l’euthanasie et de l’accompagnement des personnes en fin de vie :

[…] Pastoralement, l’onction des malades à l’ancienne, individuelle, s’est raréfiée, soit que les familles n’appellent plus le prêtre au chevet du mourant, soit que le prêtre lui-même se refuse à donner le sacrement à des comateux.

Mais c’est surtout la multiplication des cérémonies communautaires d’onction des malades, dans les lieux de pèlerinages, à Lourdes spécialement, parfois annuellement dans les paroisses, dans les maisons de retraite, qui a signé la disparition de ce que représentait l’extrême-onction de jadis. L’onction des malades est devenue une célébration pour personnes âgées. De rite accompagnant le mourant pour l’aider à être sauvé, le sacrement est largement devenu un moyen de réconfort spirituel.

Comme toujours dans la réforme liturgique, où l’aspect de « retour aux sources » des rites s’est conjugué avec la dévaluation de leur signification. Car la mue de ce sacrement a accompagné  une dédramatisation générale de la mort, médicalisée, localisée à l’hôpital. « Le nouveau rituel de l’Onction des malades s’inscrit dans le mouvement qui tend à déritualiser, désacraliser même la mort en tant que mutation essentielle », écrivait François-André Isambert. La mort, devenue un tabou dans les sociétés occidentales. « On pourrait dire, pour citer une dernière fois Guillaume Cuchet, que la dédramatisation de la mort chrétienne et le silence sur les fins dernières sont la version catholique de ce nouveau tabou, l’Église ayant rompu avec son ancien discours sur la mort parce que les contemporains n’étaient plus en état de le supporter, ou qu’il ne faisait déjà plus sens pour eux depuis un certain temps. »

N’était-ce pas cependant une ultime charité qui était faite au mourant d’entendre prononcer ces paroles de la recommandation de son âme : « Quittez ce monde, âme chrétienne ; au nom de Dieu le Père tout-puissant, qui vous a créée ; au nom de Jésus-Christ Fils du Dieu vivant, qui a souffert pour vous ; au nom du Saint-Esprit qui s’est donné à vous » ?

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