Mgr Jean-Louis Balsa, archevêque d’Albi (Tarn), a été interrogé dans France catholique à propos de la proposition de loi sur l’euthanasie. Extrait :
Pourquoi est-ce important de vous exprimer en tant qu’évêque ?
Nous ne sommes pas des sous-citoyens, l’Église doit parler. En tant qu’évêque, c’est notre devoir de prendre position pour la vie. Nous avons la mission de perpétuer la mémoire de la mort et de la Résurrection du Christ, et de diffuser le message de l’Évangile. Toute vie humaine est concernée par ce message. Nous sommes ici dans un choix de société radical. Il est inadmissible d’imaginer une société dont la mort serait une solution à la souffrance. Cette loi va résolument contre l’Évangile. La présence des chrétiens doit pouvoir aider la France à garder la tête haute, à marcher droit, à défendre la vie coûte que coûte. La conscience de chacun doit être interpellée par l’évidence même que Dieu est le Dieu de la vie.
À notre échelle de fidèles catholiques, quelle est notre mission ?
Nous ne pouvons rester entre nous et nous lamenter. Notre conscience doit être éclairée. Les catholiques doivent aussi manifester leur position, et voter en âme et conscience. Peut-être n’y a-t-il pas assez de catholiques engagés dans des partis politiques ? Il en faut qui influencent les programmes politiques, pour empêcher les dérives morales. La défense de la vie est la mission de tout baptisé. Quel que soit notre nombre, il faut affirmer haut et fort que la fraternité – si chère à la République – ne peut pas être jetée aux oubliettes de l’histoire ! Je suis persuadé qu’il existe une déconnexion très importante entre ce que la majorité de la population pense en réalité, et les élus qui prennent des décisions « au nom du peuple français ». La grandeur d’une nation et d’une société est de protéger les individus qui la composent. On ne peut pas laisser la société partir à la dérive.
