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France : Politique en France

La défense de nos libertés et la préservation de notre modèle social : deux combats prioritaires des élections européennes

La défense de nos libertés et la préservation de notre modèle social : deux combats prioritaires des élections européennes

Tribune de Jean-Frédéric Poisson, président de Via, la voie du peuple et ancien député, dans Valeurs Actuelles :

La France a une place particulière en Europe pour de nombreuses raisons, notamment pour ses politiques socio-économiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Il y avait à la fois une grande ambition industrielle et financière et une grande liberté de manœuvre, équilibrées par une forte influence du catholicisme social. C’est en France qu’ont été inventées, par les patrons chrétiens, les allocations familiales, la protection sociale, la mutuelle et l’assurance maladie. Un système fidèle à notre histoire et nos traditions.

Nous avons grandi dans cette idée que chaque Français pourrait bénéficier du chômage, des transports publics, des soins médicaux et de sa retraite. Ces quatre piliers de notre système social sont les uns après les autres mis en danger par la politique de Bruxelles. Au système universel à la française se substitue petit à petit un système privé individuel de marché contraire à nos intérêts. Contre cette dérive, c’est ce modèle français que nous devons défendre coûte que coûte. Mais ce modèle repose sur la solidarité et le travail. Sa santé ne dépend que de la capacité de la France à créer suffisamment de richesses pour le financer, et à empêcher l’augmentation continue du nombre d’allocataires non contributifs.

Or les politiques économiques et migratoires mises en œuvre aujourd’hui et qui ne relèvent que pour une petite partie – en théorie au moins – de la compétence européenne vont dans un sens contraire à nos intérêts. Les accords européens nous appauvrissent en empêchant par exemple la constitution de géants européens capables de résister à la concurrence chinoise ou américaine. Pire, nos dirigeants français ont largement contribué à brader notre patrimoine industriel parfois à leur profit ; certains étant encore dans les instances gouvernementales. Parallèlement, la politique migratoire récente soutient une immigration de masse qui n’a plus de justification ni économique ni démographique. Nous ne pouvons plus en supporter les conséquences, et les Français ne sont pas prêts à sacrifier leur protection sociale sur l’autel du libéralisme forcené de la Commission européenne.

Le second élément concerne la défense de nos libertés. Je ne suis pas rassuré de voir la manière dont les grandes instances internationales évoluent, supportées par de très gros opérateurs financiers qui ont plus de pouvoir que n’importe quel césarisme ancien. La crise sanitaire a été emblématique de ces attaques contre nos libertés. Comment imaginer pouvoir être sanctionné pour n’avoir pas fait quelque chose qui n’était pas obligatoire ? Ou bien voir son contrat de travail suspendu sans indemnité, sans chômage, sans avoir commis de faute professionnelle ? Je ne pensais pas entendre un gouvernement nous expliquer avoir “sauvé” les restaurants qu’il a lui-même obligés à fermer, et qui auraient parfaitement survécu sans cette obligation inepte. Ils nous ont même obligés à sortir de chez nous uniquement avec une autorisation écrite par nous-même, comme un adolescent imite la signature de ses parents pour justifier une absence. C’est dire dans quel degré de régression cela nous a fait plonger.

Et nous avons laissé faire. Nous avons laissé le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel tordre les principes les plus élémentaires de notre Constitution et de nos règlements publics.  Notre liberté de culte a été bafouée, notre liberté de travailler attaquée, notre liberté de conscience entamée, notre liberté de circulation contestée. Et nous n’avons pas réagi, ou si peu. L’Europe s’apprête à inventer des systèmes de fichage et de surveillance sans précédent, sans contrôle ni contre-pouvoir. Dernièrement encore, le commissaire européen Breton défendait l’idée d’une censure des réseaux sociaux — donc une restriction de la liberté d’expression —, qui s’en émeut ? Il n’y a donc pas de raison pour que nos adversaires s’arrêtent là.

Durablement privés de notre prospérité et de nos libertés, comment pourrions-nous envisager de redresser la France ? Sans prise en compte de ces deux socles, comment les décisions politiques pourraient-elles être efficaces ? Ignorer ces deux conditions indispensables pour la France d’aujourd’hui revient à se condamner à l’inefficacité et à des discours inutiles.

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