La théologie du corps, développée par le pape Jean-Paul II, inquiète parfois certains, qui y voient une exaltation de l’union charnelle. Dans La théologie du corps à la lumière de la Tradition. La transparence du beau, le père Louis moine bénédictin au Barroux et prêtre, responsable de la formation des novices de son monastère, revient sur l’interprétation de cet enseignement, corrigeant au passage les déformations inévitables, notamment sur le caractère “révolutionnaire” de cet enseignement alors qu’il est enraciné dans la Tradition, sur l’hypertrophie du corps et de la sexualité, la dépréciation de la virginité, la “vocation” au mariage, et sur l’inversion supposée des fins du mariage. Quelles vérités Dieu a-t-il voulu révéler en nous créant homme et femme ? Pourquoi tant de blessures dans la sexualité et comment Jésus vient-il les guérir ? Pourquoi appelle-t-il certains à renoncer au mariage et compare-t-il le bonheur éternel à des noces ?
Bien que conséquente avec plus de 400 pages, cet ouvrage reste accessible et livre un exposé particulièrement clair qui intègre les catéchèses de Jean-Paul II dans la Tradition vivante de l’Église : les Pères et les docteurs, le Magistère, la vie des saints et les auteurs contemporains. Sans exaltation de la sexualité ni puritanisme, l’auteur nous permet de porter un regard équilibré sur la grandeur et la fragilité de l’amour humain, ainsi que sur la beauté et les exigences du célibat consacré.
L’auteur corrige notamment les visions simplistes et maladroites de cette théologie, devenant une caricature :
Une telle mystification de la sexualité déforme la pensée de Jean-Paul II et provoque un rejet de la théologie du corps, tant de la part de ceux qui sont attachés à l’enseignement traditionnel de l’Eglise que des sexologues contemporains. Les uns comme les autres ont raison de s’opposer à cette idéalisation mystique de l’union charnelle des époux, mais ils ont tort d’attribuer cette mystification à la théologie du corps de Jean-Paul II. Ce n’est pas ce qu’enseigne le saint pape, c’est seulement la caricature qu’en font certains auteurs. A les lire, on pourrait croire que l’union des époux est le huitième sacrement que donne Dieu ! Ni huitième sacrement, ni rien à voir avec les sacrements mais partie intégrante du septième !
