Pour comprendre pourquoi la question de l’antisémitisme touche au cœur même de la foi chrétienne, il faut remonter jusqu’à Abraham. Dieu lui dit : « Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et en toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Genèse 12.3).
Cette parole n’avait pas pour but de réserver la bénédiction de Dieu à Israël seul. Elle annonçait précisément que, par Abraham et sa descendance, toutes les familles de la terre seraient bénies. Israël reçut donc une vocation qui le dépassait : conserver les oracles de Dieu, porter les promesses, transmettre les Écritures et préparer la venue du Messie.
Le christianisme ne surgit pas d’une réalité étrangère à Israël. Il est enraciné dans les promesses faites aux patriarches, dans la loi, dans les prophètes et dans la venue de Jésus-Christ, le Messie promis.
L’image de l’olivier
L’apôtre Paul emploie une image que tout croyant issu des nations devrait garder en mémoire. Les croyants des nations sont comparés à des branches d’olivier sauvage greffées sur un olivier cultivé. Cette image contient un avertissement très clair contre l’orgueil spirituel :
« Ce n’est pas toi qui portes la racine, mais c’est la racine qui te porte. » Et encore : « Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains » (Romains 11.18 et 20).
Le chrétien d’origine non juive n’a donc aucune raison de regarder Israël avec supériorité. Il entre dans une histoire spirituelle qui ne commence pas avec lui. Il reçoit ; il est greffé ; il dépend d’une racine qui le précède. Cette image ne signifie pas que l’Église serait devenue Israël. Paul distingue précisément les branches naturelles, Israël, et les branches d’olivier sauvage, les croyants issus des nations. L’Église participe aux bénédictions spirituelles liées aux promesses, mais elle ne supprime pas l’identité d’Israël ni les engagements particuliers de Dieu envers ce peuple.
Dieu n’a pas rejeté Israël. Il demeure aujourd’hui un résidu selon l’élection de la grâce (Romains 11.5), et l’Écriture annonce aussi une restauration future de la nation. L’Église et Israël ne doivent donc être ni confondus ni opposés : ils occupent des places distinctes dans l’unique dessein rédempteur de Dieu, dont Jésus-Christ est le centre.
Malachie ajoute une parole d’une grande tendresse : « Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Éternel des armées, au jour que je ferai ; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert » (Malachie 3.17).
Lorsque viendra le jour de l’épreuve, Dieu distinguera et préservera le résidu fidèle. Ce « jour de l’épreuve » est la grande tribulation : lorsque l’Antichrist, reçu par Israël apostat (Jean 5.43), s’installera dans le temple comme dieu, la colère de Dieu s’abattra sur la nation. Le résidu fidèle, lui, demeurera l’objet particulier de Son regard, de Sa compassion et de Ses soins.
Paul écrit : « Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne soyez pas sages à vos propres yeux : c’est qu’un endurcissement partiel est arrivé à Israël, jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée ; et ainsi tout Israël sera sauvé » (Romains 11.25-26).
Cette parole ne signifie pas que chaque Juif, individuellement, serait sauvé sans repentance ni foi en Christ. Le salut demeure toujours par grâce, sur le fondement de l’œuvre de Jésus-Christ. Mais elle annonce qu’un jour, après le temps présent de l’appel des nations, Israël comme nation connaîtra une restauration spirituelle et reconnaîtra son Messie.
Des temps difficiles et une espérance pour Israël
Jérémie parle du « temps de la détresse de Jacob » (Jérémie 30.7), et Zacharie annonce que Jérusalem deviendra « une pierre pesante pour tous les peuples » (12:3). Ces prophéties nous invitent à la prière et à la vigilance, non à la spéculation sensationnelle. Les prophètes annoncent aussi un futur rassemblement et une restauration d’Israël, liés à la fidélité de Dieu envers Son peuple.
Jérémie écrit : « Voici, je les ramène du pays du nord, je les rassemble des extrémités de la terre » (Jérémie 31.8).
Ézéchiel déclare : « Je ne te ferai plus entendre les outrages des nations, et tu ne porteras plus l’opprobre des peuples » (Ézéchiel 36.15).
Zacharie entrevoit un jour où Jérusalem sera au centre des regards et où le peuple, dans la repentance, tournera les yeux vers Celui qu’il a percé (Zacharie 12.10). Le Nouveau Testament applique ce passage au Seigneur Jésus-Christ (Jean 19.37 ; Apocalypse 1.7).
Le même prophète déclare : « En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront un Juif par le pan de son habit et diront : Nous irons avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous » (Zacharie 8.23).
Ces prophéties ne trouvent pas leur accomplissement complet dans l’Église. Elles regardent vers l’avenir d’Israël, vers sa repentance, sa délivrance, sa conversion nationale et le règne glorieux du Messie.
La création de l’État moderne d’Israël en 1948 et le retour progressif de nombreux Juifs dans leur terre peuvent être considérés avec intérêt comme des événements providentiels, peut-être préparatoires. Toutefois, nous devons garder une grande réserve : le retour politique et national ne constitue pas, à lui seul, l’accomplissement définitif des promesses prophétiques. Selon l’Écriture, la restauration finale d’Israël sera associée à sa repentance, à son retour vers Dieu et à la reconnaissance de Jésus comme Messie. Nous devons donc croire à la fidélité de Dieu sans prétendre fixer Son calendrier ni transformer chaque événement contemporain en prophétie accomplie avec certitude.
Pour situer l’histoire d’Israël dans son cadre biblique, il faut aussi relire le livre du Deutéronome. Au chapitre 28, Moïse expose à Israël les termes de l’alliance : la bénédiction promise à la fidélité et, en cas d’éloignement, la dispersion et l’oppression parmi les nations. Ce texte s’adresse à Israël ; le chrétien n’a pas à s’en servir pour interpréter les souffrances d’autrui. Jésus refuse d’ailleurs d’associer automatiquement une souffrance à une faute particulière (Luc 13.1-5 ; Jean 9.1-3), et l’Écriture tient les persécuteurs pour responsables, même lorsque Dieu se sert d’une nation pour corriger son peuple (Ésaïe 10.5-15). L’antisémitisme demeure donc un péché, et aucun persécuteur ne peut s’abriter derrière ces avertissements. Surtout, la malédiction n’a jamais eu le dernier mot : les mêmes textes promettent le retour, le pardon et la restauration (Deutéronome 30.1-6), et Dieu déclare qu’Il ne rejettera pas les siens, même au pays de leurs ennemis (Lévitique 26.44). Devant l’histoire Juive, la seule attitude conforme à l’Évangile est la compassion, non l’interprétation.
Ce que cela change aujourd’hui pour le chrétien
Le chrétien doit donc refuser toute forme d’antisémitisme, tout discours complotiste, toute généralisation injurieuse et toute justification de la violence contre les Juifs. Ce refus ne peut rester silencieux, ni par confort, ni par crainte de déplaire : lorsque des Juifs sont insultés, agressés ou menacés parce qu’ils sont juifs, nous devons appeler le mal par son nom ; lorsque les vieux préjugés apparaissent sous des formes plus discrètes et plus acceptables en apparence, nous devons les dénoncer avec clarté.
Mais il ne doit pas pour autant transformer Israël en peuple irréprochable, ni considérer que toute décision d’un gouvernement israélien serait automatiquement juste. Les prophètes ont repris Israël lorsqu’il commettait l’injustice. Leur parole était une parole de vérité, non de haine. Aimer le peuple juif ne signifie donc pas approuver sans discernement toutes les décisions de l’État d’Israël. Cela signifie refuser que les actes d’un gouvernement servent de prétexte pour mépriser un peuple entier.
Lents de cœur, les uns et les autres
Les Juifs étaient lents de cœur à croire tout ce que les prophètes avaient dit concernant les souffrances de leur Messie ; et nous, nous sommes lents de cœur à croire tout ce qu’ils ont dit concernant Sa Gloire. C’est certainement nous qui méritons les plus grands reproches, car il devrait être plus facile de croire que le Fils de Dieu viendra « sur les nuées du ciel, avec sa puissance, et une grande gloire » que de croire qu’Il viendrait comme le petit enfant de Bethléem et comme le charpentier de Nazareth.
Naturellement, nous croyons ce dernier point, parce qu’il s’est accompli, mais non pas parce que les prophètes l’ont prédit, et il est temps de cesser de reprocher aux Juifs leur incrédulité. Si l’on se demande comment il leur était possible d’être aveuglés sur la signification évidente de tant de prophéties non équivoques, nous répondons qu’ils étaient aveuglés exactement comme beaucoup de chrétiens le sont quant à la signification tout aussi évidente de prophéties bien plus nombreuses concernant Sa Gloire terrestre, et ils sont aveuglés par le processus de « spiritualisation » de l’Écriture.
Autrement dit, les scribes d’autrefois enseignaient au peuple que les prophéties concernant les souffrances du Messie ne devaient pas être interprétées littéralement, et exactement de la même manière, des scribes modernes enseignent au peuple que les prophéties concernant la gloire terrestre du Messie ne doivent pas non plus être interprétées littéralement.
Il en résulte une situation symétrique, où chacun a raison sur un point et tort sur l’autre. Les chrétiens ont raison de reconnaître en Jésus de Nazareth le Messie promis, et c’est là que les Juifs se trompent, d’une erreur grave dont les conséquences sont éternelles. Sans obéir à l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, ils demeurent privés du salut (2 Corinthiens 4.3-4). Mais les chrétiens ont tort de ne pas croire aux prophéties qui annoncent le règne terrestre de Jésus à partir d’Israël, alors que les Juifs ont raison d’espérer la venue du Messie en gloire : ce Messie dont ils attendent la gloire, nous savons Son nom.
Rendons donc grâce à Dieu pour Sa fidélité envers Israël. Cette espérance n’est ni vague ni partielle : après les temps d’apostasie et les jugements qui les ont dispersés, tout Israël sera sauvé, rassemblé et réuni, Juda et Joseph (Ézéchiel 37) ne formant plus qu’un seul peuple, béni dans son pays sous le règne du Messie et dans la nouvelle alliance. Dieu n’oublie pas ce qu’Il a promis. Notre cœur s’attriste devant leur aveuglement, mais prions pour eux et aimons-les avec la tendresse de Christ, car le voile qui couvre leur intelligence ne peut être ôté que par Lui.
Revenons donc à la simplicité de l’Évangile. Réjouissons-nous de notre place en Christ dans les lieux célestes, et attendons avec espérance le jour où Dieu accomplira toutes Ses promesses envers Israël.
Cela signifie aussi prier pour la paix de Jérusalem : « Demandez la paix de Jérusalem. Que ceux qui t’aiment jouissent du repos ! » (Psaume 122.6).
Et si nous annonçons l’Évangile au peuple juif, nous devons le faire avec humilité, amour, vérité et respect de la liberté de conscience, jamais par la contrainte, le mépris ou une pression charnelle.
Ne restons pas spectateurs. Aimons le peuple juif avec vérité et tendresse, et demeurons fermes dans l’espérance des promesses de Dieu. Que notre vie chrétienne rende témoignage à la fidélité éternelle de notre Seigneur envers Israël.
Et devant la profondeur de Son dessein, gardons une attitude d’humilité et d’adoration :
« Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que Ses jugements sont insondables, et Ses voies incompréhensibles ! C’est de Lui, par Lui, et pour Lui que sont toutes choses. À Lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » (Romains 11.33, 36).
Shalom Aleikoum !Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Cosaque
Suite de mon commentaire de la Partie 1
Intéressants textes de la messe de dimanche dernier 4 octobre :
Première lecture
« La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël » (Is 5, 1-7)
Psaume idem
Évangile
« Il louera la vigne à d’autres vignerons » (Mt 21, 33-43)
Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »
Ça paraît assez clair : La vigne a été confiée à quelqu’un d’autre. L ‘Église ?
Les juifs d’aujourd’hui sont pour moi des hérétiques au judaïsme de Moïse.
Le Talmud a d’ailleurs donné la cabbale… pas pour rien que St Louis l’a fait brûler en place publique., non ?
Pour le sionisme, je pense que vous n’êtes pas sans savoir que la Terre d’Israël à en partie été achetée par les Rothschild de 1880 jusqu’à 1948.
Bien à vous.
Berny
Cher Cosaque,
Je vous remercie de vos remarques, qui méritent mieux qu’une esquive. Permettez-moi d’y répondre selon cette règle de Paul : « Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun » (Colossiens 4.6), avec clarté, donc, mais sans céder à la facilité des amalgames.
Vous commencez par une insinuation sur mon origine. Elle ne constitue pas un argument : si une affirmation est vraie, elle l’est quel que soit l’ascendant de celui qui la formule ; si elle est fausse, elle doit être réfutée. Je vous demande donc de discuter le texte, non la personne. Vous avez d’ailleurs raison de douter qu’on puisse prouver une origine par la génétique, et c’est bien pourquoi la haine est absurde avant d’être coupable : elle s’acharne sur un visage qu’elle ne sait même pas définir.
Saint Louis et le Talmud. Il a effectivement fait brûler des exemplaires du Talmud à Paris en 1242, sur la dénonciation d’un converti. Cet acte appartient à une époque où l’Église et les pouvoirs chrétiens ont souvent traité les Juifs avec une dureté contraire à l’Évangile. Le reconnaître n’est pas trahir le Christ : c’est refuser de sanctifier des fautes historiques au nom du christianisme. Un saint reste un homme, et l’Église ne canonise pas chacun de ses actes. Cette même Église, depuis la bulle Sicut Judaeis, a aussi protégé les Juifs contre les massacres. Quant au mot « perfide » de l’ancienne prière du Vendredi saint, employé au sens latin de « sans foi » mais chargé de sombres résonances, Jean XXIII l’a retiré en 1959, avant Vatican II : l’Église a su nettoyer sa propre fenêtre.
« Synagogue de Satan » et « race de vipères ». En Apocalypse 2.9 et 3.9, l’expression ne désigne pas « les Juifs » en général, mais des personnes qui se réclamaient abusivement du nom d’Israël tout en persécutant les croyants : deux communautés d’Asie Mineure en querelle avec les premiers chrétiens, dans une dispute entre frères, écrite par un juif, Jean. De même, « race de vipères » s’adresse aux Pharisiens hypocrites, non au peuple juif comme tel. C’est la rude parole des prophètes, celle d’un père qui reprend ses enfants, jamais une sentence héréditaire. Jésus lui-même dit que « le salut vient des Juifs » (Jean 4.22).
Le sang du Christ. Oui, certains Juifs ont réclamé la crucifixion de Jésus ; mais Jésus, ses apôtres et les premiers disciples étaient eux-mêmes juifs. Le cri de Matthieu 27.25, prononcé par une foule dans un contexte précis, ne saurait fonder une culpabilité héréditaire : Dieu ne charge pas les enfants de la faute des pères (Ézéchiel 18.20). Le catéchisme du concile de Trente rappelle que ce sont nos péchés qui ont cloué le Christ à la croix, et Nostra Aetate précise que sa passion ne saurait être imputée ni aux Juifs d’alors, ni à ceux d’aujourd’hui.
Le mot « goy ». Il signifie simplement « nation » ou « peuple » ; « goyim » désigne, selon le contexte, les non-Juifs. Il peut être employé avec mépris, comme n’importe quel terme, mais il n’est pas en soi une insulte raciale. Le Talmud contient des textes discutables ou choquants, comme toute vaste littérature religieuse ; mais on ne juge pas un peuple entier à partir de pages isolées, sorties de leur contexte et souvent mal traduites.
La vigne et les vignerons. Matthieu 21.43 annonce que le royaume sera confié à un peuple qui en portera les fruits. Mais le Christ s’adresse aux chefs du peuple, non à tous, et ce passage ne dit pas que Dieu a définitivement rejeté Israël. Paul écrit : « Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Certainement pas ! » et « les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Romains 11.1, 29) ; les Juifs demeurent « aimés à cause des pères » (Romains 11.28). L’Église ne remplace pas Israël : elle est greffée dans l’olivier d’Israël, et la branche ne doit pas mépriser la racine qui la porte (Romains 11.17-18). Les Juifs d’aujourd’hui ne sont pas des hérétiques : ils sont nos frères aînés, issus du même tronc. Israël demeure l’objet des promesses de Dieu, même si, comme tous les hommes, les Juifs ont besoin de croire en Jésus-Christ pour être sauvés.
Terres et Rothschild. Les achats de terres en Palestine par des familles fortunées relèvent de l’histoire politique du sionisme, qu’on peut discuter librement. Mais ils ne permettent pas de réduire le retour des Juifs ni l’existence d’Israël à une conspiration. Les faits demandent des sources précises, des dates, des responsabilités nommées : les généralités nourrissent la suspicion, non la vérité. Quant à la Cabale, c’est un fleuve mystique du Moyen Âge, qui n’autorise aucun procès en sorcellerie collective.
Au fond, chercher un coupable collectif, c’est refaire le geste du bouc émissaire que le Christ est venu abolir. Je condamne donc toute haine envers le peuple juif, comme je condamne toute injustice commise par quiconque. Mon propos n’est pas d’idéaliser le judaïsme ni de nier les désaccords doctrinaux, mais de rappeler qu’aucun désaccord ne nous autorise à nourrir la haine. Prions pour qu’Israël reconnaisse son Messie, et pour que nous, chrétiens, annoncions l’Évangile sans orgueil, sans calomnie et sans haine, avec des paroles assez douces pour guérir, et assez salées pour ne pas mentir.
Bien à vous, en Christ.
Cosaque
M Berny,
Sur les origines génétiques, elle ne s’adressent nullement à vous, mais aux juifs d’aujourd’hui. Sont ils vraiment juifs après tous ces siècles passés ?
Au moment où St Jean écrit l’apocalypse, il n’est plus juif, il est chrétien. Certes d’origine juive mais désormais de confession chrétienne.
Là où vous faites une grosse erreur, ce ne sont pas « cetains Juifs » comme vous dîtes, qui condamnent le Christ à la mort mais le Sanhedrin lui même. Soit l’autorité suprême du judaïsme de l’époque. Caïphe est donc l’équivalent du pape pour l’Eglise aujourd’hui…
La question n’est donc pas de savoir s’il y a une supposée « haine » des Juifs par les chrétiens ou qui merite le concours de la victimisation mais qui est avec le Christ et qui est contre. Vous semblez le savoir et je le reconnais volontiers : oui il y a eu un antijudaisme chrétien dans l’Histoire et oui cet antijudaisme a été assumé pendant des siècles par l’Eglise. Latran IV si j’ai bonne mémoire pour « la rouelle ». Si l’on veut creuser le fond du problème, il faudrait peut être se poser la question qui fâche mais somme toute logique : quid de l’antichristiannisme du judaïsme depuis le Christ ? Il ne s’agit évidemment pas d’opposer haine contre haine mais quels sont les ressorts idéologiques de chacun ?
Dans le Christ.
PierreMontamat
‘Les Juifs d’aujourd’hui ne sont pas des hérétiques’ et un peu plus loin ‘Prions pour qu’Israël reconnaisse son Messie’ : tout est dit ! Il s’agit surement d’une ‘contradiction doctrinale’ ???
Tout catholique prie pour que les non catholiques rejoignent le Corps Mystique du Christ.
…Alors, pourquoi faire de longs discours alambiqués et partiels, pleins d’amalgames malsains sur ce sujet ? Ce M. accuse qui ici ?
NB:
Une étude précise de l’histoire de l’Etat d’Israël (des antécédents de 1948 à aujourd’hui) serait précieuse pour mieux comprendre qu’il y a tromperie ici. On pourrait étudier aussi le rôle des juifs dans la République française… il y aurait beaucoup à dire de leur anti-catholiscisme, cad de leurs persécutions et de leur pouvoirs actuels… En réalité, ce M. semble vouloir nous cacher les juifs sanguinaires de l’équipe de Netanyahou ?!? Convient-il de les laisser continuer leurs folies ???
BMN
Extraits de l’introduction de »L’ANTISÉMITISME, SON HISTOIRE ET SES CAUSES » de l’Israélite Bernard LAZARE (1865-1903)
…Si l’on veut faire une histoire complète de l’antisémitisme — en n’oubliant aucune des manifestations de ce sentiment, en en suivant les phases diverses et les modifications — il faut entreprendre l’histoire d’Israël depuis sa dispersion, ou, pour mieux dire, depuis les temps de son expansion hors du territoire de la Palestine.
Partout où les Juifs, cessant d’être une nation prête à défendre sa liberté et son indépendance, se sont établis, partout s’est développé l’antisémitisme ou plutôt l’antijudaïsme, car antisémitisme est un mot mal choisi, qui n’a eu sa raison d’être que de notre temps, quand on a voulu élargir cette lutte du Juif et des peuples chrétiens, et lui donner une philosophie en même temps qu’une raison plus métaphysique que matérielle.
Si cette hostilité, cette répugnance même, ne s’étaient exercées vis-à-vis des juifs qu’en un temps et en un pays, il serait facile de démêler les causes restreintes de ces colères ; mais cette race a été, au contraire, en butte à la haine de tous les peuples au milieu desquels elle s’est établie. Il faut donc, puisque les ennemis des Juifs appartenaient aux races les plus diverses, qu’ils vivaient dans des contrées fort éloignées les unes des autres, qu’ils étaient régis par des lois différentes, gouvernés par des principes opposés, qu’ils n’avaient ni les mêmes mœurs, ni les mêmes coutumes, qu’ils étaient animés d’esprits dissemblables ne leur permettant pas de juger également de toutes choses, il faut donc que les causes générales de l’antisémitisme aient toujours résidé en Israël même et non chez ceux qui le combattirent.
Ceci n’est pas pour affirmer que les persécuteurs des Israélites eurent toujours le droit de leur côté, ni qu’ils ne se livrèrent pas à tous les excès que comportent les haines vives, mais pour poser en principe que les Juifs causèrent — en partie du moins — leurs maux.
Devant l’unanimité des manifestations antisémitiques. il est difficile d’admettre — comme on a été trop porté à le faire — qu’elles furent simplement dues à une guerre de religion, et il ne faudrait pas voir dans les luttes contre les Juifs la lutte du polythéisme contre le monothéisme. et la lutte de la Trinité contre Jéhovah. Les peuples polythéistes, comme les peuples chrétiens, ont combattu, non pas la doctrine du Dieu Un, mais le Juif.
Quelles vertus ou quels vices valurent au Juif cette universelle inimitié ? Pourquoi fut- il tour à tour, et également, maltraité et haï par les Alexandrins et par les Romains, par les Persans et par les Arabes, par les Turcs et par les nations chrétiennes? Parce que partout, et jusqu’à nos jours, le Juif fut un être insociable.
Pourquoi était-il insociable ? Parce qu’il était exclusif, et son exclusivisme était à la fois politique et religieux, ou, pour mieux dire, il tenait à son culte politico-religieux, à sa loi….
Berny
Réponse à BMN
Je vous réponds avec bienveillance, non parce que votre commentaire la mérite, mais parce que la charité chrétienne ne se règle pas sur la qualité de ce qu’elle reçoit. Je vous réponds aussi avec fermeté, car certaines paroles, laissées sans réplique, finissent par passer pour des évidences.
Vous convoquez Bernard Lazare comme on invoque un oracle. Ses pages ont été maintes fois détournées par ceux qui cherchaient une caution à leur ressentiment, et vous venez d’ajouter votre nom à cette longue liste en isolant quelques phrases du tout. Lazare lui-même concède que les persécuteurs « se livrèrent à tous les excès que comportent les haines vives ». Il faut croire que vous n’avez retenu que ce qui vous flattait.
Car le raisonnement que vous endossez est un sophisme aussi vieux que la haine elle-même : les Juifs ont été détestés partout, donc la cause réside en eux. Mais l’universalité d’une aversion ne prouve que la ténacité du préjugé, jamais la faute de celui qu’il poursuit. Les chrétiens des premiers temps connurent le même sort. Les notables juifs de Rome le disaient déjà à Paul : « Nous savons que cette secte rencontre partout de l’opposition » (Actes 28:22). Personne, je pense, n’oserait en conclure que les disciples de Jésus avaient mérité leurs persécuteurs. Dire des Juifs qu’ils ont « causé leurs maux », c’est tenir le langage de tous les bourreaux, qui n’ont jamais manqué de raisons de rejeter sur leurs victimes le poids de leur crime. Il n’y a là rien de nouveau, et surtout rien de chrétien.
Quant à leur prétendue insociabilité, c’est un récit qu’il faut remettre à l’endroit. Pendant des siècles, on a fermé aux Juifs les corporations, interdit la terre, assigné des quartiers et des métiers, puis on leur a reproché de vivre à l’écart. On ne verrouille pas la porte d’un homme pour lui faire grief de ne pas sortir. Et si l’on veut parler d’« exclusivisme » religieux, qu’on se souvienne que ce culte est celui que Dieu lui-même a donné à Israël, et que le Christ en est né.
Vous prétendez vous appuyer sur l’enseignement des Écritures. Écoutez-les donc jusqu’au bout. Dès le commencement, la parole est prononcée, et elle n’est pas d’un homme : « Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai celui qui te maudira » (Genèse 12:3). Cette sentence n’est pas une menace que je brandis contre vous ; c’est une loi que Dieu a posée, et elle pèse sur chacun de nous, vous comme moi. L’apôtre Paul, aux chapitres 9 à 11 de l’épître aux Romains, ne laisse aucune place à l’équivoque. À Israël appartiennent « l’adoption, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses, les patriarches, et le Christ selon la chair ». Dieu, demande-t-il, aurait-il rejeté son peuple ? « Loin de là ! » Et il met en garde les chrétiens venus des nations contre la tentation de l’orgueil : « Ne te glorifie pas aux dépens des branches ; ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte. » Même pour ceux qui n’ont pas reçu l’Évangile, l’Apôtre atteste qu’ils demeurent « bien-aimés à cause de leurs pères », car « les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables ».
Il est un dernier point sur lequel je veux m’arrêter, parce qu’il est le plus grave. Sur la croix, Jésus a prié pour ceux qui le mettaient à mort : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23:34). Ils ne savaient pas. Vous, vous savez. Les Écritures ont parlé, clairement et à plusieurs reprises, au sujet du peuple juif, et vous persistez. L’ignorance appelle l’indulgence ; la persévérance dans l’erreur, une fois la lumière reçue, appelle un tout autre jugement. « Celui qui sait faire le bien et qui ne le fait pas, commet un péché » (Jacques 4:17).
Je ne nie pas que, au fil des siècles, des hommes se réclamant du Christ aient persécuté le peuple de Jésus. C’est une honte, mais c’est une honte qui condamne ces hommes, non l’Évangile : chaque fois, ils ont agi contre l’Évangile et contre Romains 11, jamais en leur nom. Notre tâche n’est pas de prolonger cette faute, mais de la réparer.
Je n’engagerai pas de nouvelle polémique sur ce terrain. Je prierai pour vous, sincèrement, afin que vous cherchiez la vérité dans la Parole plutôt que dans la haine des hommes. « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien » (Romains 12:21).