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Tribune libre

La Vie Chrétienne Victorieuse – La haine envers le peuple Juif : Israël dans le dessein de Dieu (Partie 2).

La Vie Chrétienne Victorieuse – La haine envers le peuple Juif : Israël dans le dessein de Dieu (Partie 2).

Pour comprendre pourquoi la question de l’antisémitisme touche au cœur même de la foi chrétienne, il faut remonter jusqu’à Abraham. Dieu lui dit : « Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et en toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Genèse 12.3).

Cette parole n’avait pas pour but de réserver la bénédiction de Dieu à Israël seul. Elle annonçait précisément que, par Abraham et sa descendance, toutes les familles de la terre seraient bénies. Israël reçut donc une vocation qui le dépassait : conserver les oracles de Dieu, porter les promesses, transmettre les Écritures et préparer la venue du Messie.

Le christianisme ne surgit pas d’une réalité étrangère à Israël. Il est enraciné dans les promesses faites aux patriarches, dans la loi, dans les prophètes et dans la venue de Jésus-Christ, le Messie promis.

L’image de l’olivier

L’apôtre Paul emploie une image que tout croyant issu des nations devrait garder en mémoire. Les croyants des nations sont comparés à des branches d’olivier sauvage greffées sur un olivier cultivé. Cette image contient un avertissement très clair contre l’orgueil spirituel :

« Ce n’est pas toi qui portes la racine, mais c’est la racine qui te porte. » Et encore : « Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains » (Romains 11.18 et 20).

Le chrétien d’origine non juive n’a donc aucune raison de regarder Israël avec supériorité. Il entre dans une histoire spirituelle qui ne commence pas avec lui. Il reçoit ; il est greffé ; il dépend d’une racine qui le précède. Cette image ne signifie pas que l’Église serait devenue Israël. Paul distingue précisément les branches naturelles, Israël, et les branches d’olivier sauvage, les croyants issus des nations. L’Église participe aux bénédictions spirituelles liées aux promesses, mais elle ne supprime pas l’identité d’Israël ni les engagements particuliers de Dieu envers ce peuple.

Dieu n’a pas rejeté Israël. Il demeure aujourd’hui un résidu selon l’élection de la grâce (Romains 11.5), et l’Écriture annonce aussi une restauration future de la nation. L’Église et Israël ne doivent donc être ni confondus ni opposés : ils occupent des places distinctes dans l’unique dessein rédempteur de Dieu, dont Jésus-Christ est le centre.

Malachie ajoute une parole d’une grande tendresse : « Et ils seront à moi, mon trésor particulier, dit l’Éternel des armées, au jour que je ferai ; et je les épargnerai comme un homme épargne son fils qui le sert » (Malachie 3.17).

Lorsque viendra le jour de l’épreuve, Dieu distinguera et préservera le résidu fidèle. Ce « jour de l’épreuve » est la grande tribulation : lorsque l’Antichrist, reçu par Israël apostat (Jean 5.43), s’installera dans le temple comme dieu, la colère de Dieu s’abattra sur la nation. Le résidu fidèle, lui, demeurera l’objet particulier de Son regard, de Sa compassion et de Ses soins.
Paul écrit : « Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne soyez pas sages à vos propres yeux : c’est qu’un endurcissement partiel est arrivé à Israël, jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée ; et ainsi tout Israël sera sauvé » (Romains 11.25-26).

Cette parole ne signifie pas que chaque Juif, individuellement, serait sauvé sans repentance ni foi en Christ. Le salut demeure toujours par grâce, sur le fondement de l’œuvre de Jésus-Christ. Mais elle annonce qu’un jour, après le temps présent de l’appel des nations, Israël comme nation connaîtra une restauration spirituelle et reconnaîtra son Messie.

Des temps difficiles et une espérance pour Israël

Jérémie parle du « temps de la détresse de Jacob » (Jérémie 30.7), et Zacharie annonce que Jérusalem deviendra « une pierre pesante pour tous les peuples » (12:3). Ces prophéties nous invitent à la prière et à la vigilance, non à la spéculation sensationnelle. Les prophètes annoncent aussi un futur rassemblement et une restauration d’Israël, liés à la fidélité de Dieu envers Son peuple.

Jérémie écrit : « Voici, je les ramène du pays du nord, je les rassemble des extrémités de la terre » (Jérémie 31.8).

Ézéchiel déclare : « Je ne te ferai plus entendre les outrages des nations, et tu ne porteras plus l’opprobre des peuples » (Ézéchiel 36.15).
Zacharie entrevoit un jour où Jérusalem sera au centre des regards et où le peuple, dans la repentance, tournera les yeux vers Celui qu’il a percé (Zacharie 12.10). Le Nouveau Testament applique ce passage au Seigneur Jésus-Christ (Jean 19.37 ; Apocalypse 1.7).
Le même prophète déclare : « En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront un Juif par le pan de son habit et diront : Nous irons avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous » (Zacharie 8.23).

Ces prophéties ne trouvent pas leur accomplissement complet dans l’Église. Elles regardent vers l’avenir d’Israël, vers sa repentance, sa délivrance, sa conversion nationale et le règne glorieux du Messie.

La création de l’État moderne d’Israël en 1948 et le retour progressif de nombreux Juifs dans leur terre peuvent être considérés avec intérêt comme des événements providentiels, peut-être préparatoires. Toutefois, nous devons garder une grande réserve : le retour politique et national ne constitue pas, à lui seul, l’accomplissement définitif des promesses prophétiques. Selon l’Écriture, la restauration finale d’Israël sera associée à sa repentance, à son retour vers Dieu et à la reconnaissance de Jésus comme Messie. Nous devons donc croire à la fidélité de Dieu sans prétendre fixer Son calendrier ni transformer chaque événement contemporain en prophétie accomplie avec certitude.

Pour situer l’histoire d’Israël dans son cadre biblique, il faut aussi relire le livre du Deutéronome. Au chapitre 28, Moïse expose à Israël les termes de l’alliance : la bénédiction promise à la fidélité et, en cas d’éloignement, la dispersion et l’oppression parmi les nations. Ce texte s’adresse à Israël ; le chrétien n’a pas à s’en servir pour interpréter les souffrances d’autrui. Jésus refuse d’ailleurs d’associer automatiquement une souffrance à une faute particulière (Luc 13.1-5 ; Jean 9.1-3), et l’Écriture tient les persécuteurs pour responsables, même lorsque Dieu se sert d’une nation pour corriger son peuple (Ésaïe 10.5-15). L’antisémitisme demeure donc un péché, et aucun persécuteur ne peut s’abriter derrière ces avertissements. Surtout, la malédiction n’a jamais eu le dernier mot : les mêmes textes promettent le retour, le pardon et la restauration (Deutéronome 30.1-6), et Dieu déclare qu’Il ne rejettera pas les siens, même au pays de leurs ennemis (Lévitique 26.44). Devant l’histoire Juive, la seule attitude conforme à l’Évangile est la compassion, non l’interprétation.

Ce que cela change aujourd’hui pour le chrétien

Le chrétien doit donc refuser toute forme d’antisémitisme, tout discours complotiste, toute généralisation injurieuse et toute justification de la violence contre les Juifs. Ce refus ne peut rester silencieux, ni par confort, ni par crainte de déplaire : lorsque des Juifs sont insultés, agressés ou menacés parce qu’ils sont juifs, nous devons appeler le mal par son nom ; lorsque les vieux préjugés apparaissent sous des formes plus discrètes et plus acceptables en apparence, nous devons les dénoncer avec clarté.

Mais il ne doit pas pour autant transformer Israël en peuple irréprochable, ni considérer que toute décision d’un gouvernement israélien serait automatiquement juste. Les prophètes ont repris Israël lorsqu’il commettait l’injustice. Leur parole était une parole de vérité, non de haine. Aimer le peuple juif ne signifie donc pas approuver sans discernement toutes les décisions de l’État d’Israël. Cela signifie refuser que les actes d’un gouvernement servent de prétexte pour mépriser un peuple entier.

Lents de cœur, les uns et les autres

Les Juifs étaient lents de cœur à croire tout ce que les prophètes avaient dit concernant les souffrances de leur Messie ; et nous, nous sommes lents de cœur à croire tout ce qu’ils ont dit concernant Sa Gloire. C’est certainement nous qui méritons les plus grands reproches, car il devrait être plus facile de croire que le Fils de Dieu viendra « sur les nuées du ciel, avec sa puissance, et une grande gloire » que de croire qu’Il viendrait comme le petit enfant de Bethléem et comme le charpentier de Nazareth.

Naturellement, nous croyons ce dernier point, parce qu’il s’est accompli, mais non pas parce que les prophètes l’ont prédit, et il est temps de cesser de reprocher aux Juifs leur incrédulité. Si l’on se demande comment il leur était possible d’être aveuglés sur la signification évidente de tant de prophéties non équivoques, nous répondons qu’ils étaient aveuglés exactement comme beaucoup de chrétiens le sont quant à la signification tout aussi évidente de prophéties bien plus nombreuses concernant Sa Gloire terrestre, et ils sont aveuglés par le processus de « spiritualisation » de l’Écriture.

Autrement dit, les scribes d’autrefois enseignaient au peuple que les prophéties concernant les souffrances du Messie ne devaient pas être interprétées littéralement, et exactement de la même manière, des scribes modernes enseignent au peuple que les prophéties concernant la gloire terrestre du Messie ne doivent pas non plus être interprétées littéralement.

Il en résulte une situation symétrique, où chacun a raison sur un point et tort sur l’autre. Les chrétiens ont raison de reconnaître en Jésus de Nazareth le Messie promis, et c’est là que les Juifs se trompent, d’une erreur grave dont les conséquences sont éternelles. Sans obéir à l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, ils demeurent privés du salut (2 Corinthiens 4.3-4). Mais les chrétiens ont tort de ne pas croire aux prophéties qui annoncent le règne terrestre de Jésus à partir d’Israël, alors que les Juifs ont raison d’espérer la venue du Messie en gloire : ce Messie dont ils attendent la gloire, nous savons Son nom.

Rendons donc grâce à Dieu pour Sa fidélité envers Israël. Cette espérance n’est ni vague ni partielle : après les temps d’apostasie et les jugements qui les ont dispersés, tout Israël sera sauvé, rassemblé et réuni, Juda et Joseph (Ézéchiel 37) ne formant plus qu’un seul peuple, béni dans son pays sous le règne du Messie et dans la nouvelle alliance. Dieu n’oublie pas ce qu’Il a promis. Notre cœur s’attriste devant leur aveuglement, mais prions pour eux et aimons-les avec la tendresse de Christ, car le voile qui couvre leur intelligence ne peut être ôté que par Lui.
Revenons donc à la simplicité de l’Évangile. Réjouissons-nous de notre place en Christ dans les lieux célestes, et attendons avec espérance le jour où Dieu accomplira toutes Ses promesses envers Israël.

Cela signifie aussi prier pour la paix de Jérusalem : « Demandez la paix de Jérusalem. Que ceux qui t’aiment jouissent du repos ! » (Psaume 122.6).
Et si nous annonçons l’Évangile au peuple juif, nous devons le faire avec humilité, amour, vérité et respect de la liberté de conscience, jamais par la contrainte, le mépris ou une pression charnelle.

Ne restons pas spectateurs. Aimons le peuple juif avec vérité et tendresse, et demeurons fermes dans l’espérance des promesses de Dieu. Que notre vie chrétienne rende témoignage à la fidélité éternelle de notre Seigneur envers Israël.

Et devant la profondeur de Son dessein, gardons une attitude d’humilité et d’adoration :

« Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que Ses jugements sont insondables, et Ses voies incompréhensibles ! C’est de Lui, par Lui, et pour Lui que sont toutes choses. À Lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » (Romains 11.33, 36).

Shalom Aleikoum !Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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